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Journée d’Etudes FABRIQ’AM « Patrimonialisation et régimes d’historicité – Nostalgie et patrimoine » – 26 mars MAE Université de Nanterre

by sur 20/03/2014

Dans le cadre des journées d’études fabriq’am, « la fabrique des patrimoines: mémoires, savoirs et politique en amérique indienne aujourd’hui », (http://fabriqam.hypotheses.org) aura lieu mercredi 26 prochain  :

PATRIMONIALISATION ET RÉGIMES D’HISTORICITÉ (I)

NOSTALGIE ET PATRIMOINE

 Présentation. La nostalgie : entre expression émotionnelle, discours et pratique de circonstances
Laurence Charlier (CERMA-Mondes Américains)
Nostalgie cherche preneur(s). Les peintures d’Amatiwana Trumai 
Emmanuel de Vienne (EREA-LESC) et Sophie Moiroux (EREA)
Les Trumai (Amazonie brésilienne) sont des familiers de la nostalgie. Elle est même la tonalité principale de l’appartenance à ce groupe “pauvre” de la société pluriethnique et Haut Xingu. Les Trumai échouent en effet depuis plusieurs décennies à exhiber les mêmes signes spectaculaires d’indianité que leurs voisins et parents de la région. Dans ce contexte, Amatiwana occupe une place singulière : il a dû renoncer à la chefferie à cause de maladies répétées et graves depuis la fin de son adolescence. Cette vie de souffrances et d’exils chroniques le rend emblématique de son propre groupe. Dans cette présentation, on s’efforcera d’éclairer par ce contexte les peintures à l’huile sur toile qu’Amatiwana exécute depuis les années 60. Figurant pour la plupart la vie qu’il estime avoir perdue (la mythologie, les rituels, la faune et la flore du Xingu), ces toiles  produisent autant la nostalgie qu’elle ne l’expriment. Nous chercherons à comprendre comment, en dépassant la seule analyse des oeuvres pour examiner leurs parcours et leurs destinataires idéaux ou réels.
Nostalgies en miroir. Chamanismes inter-ethniques et représentations patrimoniales  en  Colombie
Anne Marie Losonczy (EPHE, CERMA-Mondes Américains)
L’urbanisation et l’élitisation de pratiques rituelles amérindiennes emblématisées comme ‘chamaniques’ et impliquant la prise rituelle de l’ayahuasca (‘yajé’ en Colombie) créent des scènes ritualisées dans de nouveaux espaces, privés ou institutionnels (universités, centres médicaux, etc) où se déploie une alternance entre conflit, échange et malentendu performatif autour de diverses représentations patrimoniales du rituel et du breuvage hallucinogène. Cette alternance est soutenue par des dispositifs nostalgiques : celui  d’une « nostalgie globale » ou d’une « nostalgie d’ancêtres » des usagers de l’élite urbaine internationale ou locale et celui, récemment approprié d’une nostalgie structurelle qu’expriment et mobilisent chamans et leaders indiens. L’apprentissage de cette dernière fait partie des nouvelles formes de transmission ethnique de la « culture ». Les figures de la perte et de la renaissance, qui sont communes à ces dispositifs articulent cependant des rapports au passé à des échelles différentes.
Attachements nostalgiques et patrimonialisation du troc dans les Andes argentines
Olivia Angé (Musée du Quai de Branly)
Les foires de troc andines furent importées par les Espagnols pour approvisionner les centres urbains et miniers sur lesquels s’articulait la société coloniale. L’organisation économique précolombienne se caractérisait quant à elle par l’absence générale de marché. La circulation des denrées s’inscrivait plutôt dans le cadre des relations de parenté qui unissaient les habitants des différentes zones écologiques de la cordillère. Le système de troc contemporain est publiquement reconnu comme un vestige de ces réciprocités interécologiques, de même que les foires lors desquelles ces transactions se trouvent condensées. A l’heure actuelle, ces scènes d’échange sont envisagées comme des pratiques culturelles emblématiques de l’identité indigène, en dépit de leur origine européenne. Dans la cordillère argentine, des institutions étatiques et non gouvernementales prêchent pour la sauvegarde de ces rencontres  dites  « ancestrales » qu’elles estiment menacées par l’intégration croissante des paysans à l’économie capitaliste. Dans le but explicite d’inciter les paysans à « préserver cette tradition », de nombreuses institutions consacrent des fonds à la perpétuation d’anciennes  rencontres et à l’implémentation de nouvelles. Néanmoins, l’ethnographie des foires révèle l’existence de conceptions divergentes concernant les pratiques que ces interventions visent à conserver. En comparant les représentations que les paysans se font du troc, avec celles des instances  patrimoniales, cette présentation montre que la coopération entre ces différents acteurs repose sur une nostalgie structurelle partagée pour un système d’échange ancestral dans lequel la réciprocité parfaitement équilibrée n’aurait pas été mise à mal par la décadence moderne. Ce faisant, cet examen des différentes appréciations du troc dans les Andes argentines montrera que la nostalgie continue de constituer un moteur important des interventions patrimoniales, en dépit des définitions post-modernes des concepts de culture et de patrimoine désormais en vigueur sur la scène internationale. English version
14h-18h – Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative – Salle 308
Maison Ethnologie et Archéologie René-Ginouvès, Université de Nanterre
Pour plus d’informations
Laurence Charlier : charlier.laurence@yahoo.fr
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