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Séminaire 2018-2019 Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones

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Coordonné par Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS (IIAC-LAIOS) et Emmanuelle Ricaud Oneto, doctorante à l’EHESS (IIAC-LAIOS)

 29 novembre 2018, de 9h à 13h. Salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris

Droits des peuples autochtones : 

Vers une extension des droits humains aux non-humains ?

Sans titre

Photo : Nathalie Le Bouler Pavelic


Intervenant.e.s :

Alexandre Surrallés, Directeur de recherches au CNRS (Laboratoire d’anthropologie sociale)

Nathalie Le Bouler Pavelic, Doctorante UFBA/EHESS (IIAC/LAIOS)

Célia Tupinamba, Représentante Tupinamba (Membre ONU-Femmes, Présidente de l’Associação dos Indios Tupianambá da Serra do Padeiro-AITSP et professeur au Colégio Estadual Indígena Tupinambá de Serra do Padeiro)

Jéssica Tupinamba, Représentante Tupinamba (Colégio Estadual Indígena Tupinambá de Serra do Padeiro-CEITSP)

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Résumés des interventions

Alexandre Surrallés

Les non-humains et les droits des peuples autochtones : une histoire paradoxale  

Si la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 établit leur autodétermination comme un droit humain, beaucoup de ces peuples autochtones croient qu’ils partagent leur territoire avec d’autres non-humains. Dans cet exposé, j’explore quelques-unes des conséquences de ce paradoxe. Je montre d’abord comment au XVIème siècle, il était nécessaire d’inventer un non-humain sans droits afin de permettre un droit qui englobe tous les êtres humains, y compris les peuples indiens. Au XXIème siècle, c’est le processus inverse, qui consiste à considérer les non-humains comme des personnes, qui s’est révélé nécessaire pour atteindre le même but.

À lire :  SURRALLÉS, A. “Human rights for nonhumans?”, Hau: Journal of Ethnographic Theory 7 (3): 211–235, 2017.

 

Nathalie Le Bouler Pavelic

Tupinamba : des siècles de résistance

Projection d’un extrait du film : Tupinambá. La Voz de Los Sin Voz, 2018, 26’ 

En 2002 le gouvernement brésilien a officiellement reconnu les Tupinambas de Olivença et en 2004, la Fondation Nationale de l’Indien (Funai) a commencé les processus de délimitation de la Terra Indígena (TI) Tupinambá de Olivença qui s’étend sur 47 000 hectares dans l’Etat de Bahia. La même année, ils ont entrepris un processus de récupérations de parcelles de leur territoire envahies par les non autochtones. En 2012, le processus a été transféré au ministère de Justice dont le cabinet s’est prononcé favorablement à l’étude de la Funai. Cependant, aucun ministre n’a signé l’arrêté administratif de la TI. Les Tupinambas vivent une constante criminalisation de la part d’individus et groupes opposés à la démarcation. Malgré cette situation d’insécurité et d’omission/connivence du gouvernement, ils continuent de lutter pour la reconnaissance et l’application de leurs droits.

 

Célia Tupinamba

Le rôle politique des encantados dans la lutte pour la démarcation de la Terra Indígena Tupinamba de Olivença – Bahia, Brésil 

Les encantados sont des entités de notre cosmovision. Le territoire leur appartient et notre rôle est d’en prendre soin. Dans la lutte pour nos droits, les encantados nous guident en nous délivrant des messages. Ils nous ont autorisé à revendiquer le droit à notre terre ancestrale et à dire qui ils étaient, ce qui nous a permis de commencer à récupérer des parties de notre territoire. On a souffert et on continue d’être la cible d’attaques, de violences et de persécutions de ceux qui s’opposent à la démarcation de notre territoire et le gouvernement, en ne prenant pas ses responsabilités, aggrave le conflit. Dans ce contexte, les encantados nous conduisent dans la lutte pour vivre en harmonie sur terre. Cette communication a pour objectif de mettre en évidence le rôle des encantados dans la lutte pour l’application de nos droits et contribuer aux dialogues sur la reconnaissance de leur rôle politique.

 

Jéssica Tupinamba

Marcher sur la terre de Tupinamba : la rencontre du peuple bantou sur la terre des encantados (Exposition photo)

 À lire (et à voir) : 

ALARCON, D. F. O retorno da terra. As retomadas na aldeia Tupinambá da Serra do Padeiro, sul da Bahia. Dissertação de Mestrado, Programa de Pós-Graduação, Universidade de Brasília, 2013.

Tupinambá – O Retorno da Terra, documental, 2014. Version sous-titrée FR (VIMEO)

COUTO, P. N. de A. Morada dos encantados: Identidade e religiosidade entre os Tupinambá da Serra do Padeiro, Buerarema, BA. Dissertação de mestrado (Antropologia). Salvador, Universidade Federal da Bahia, 2008.

 Informations générales

Séminaire coordonné par Irène Bellier et Emmanuelle Ricaud Oneto

Jeudi de 9 h à 13 h (salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 29 novembre 2018, 31 janvier, 14 février, 11 avril, 9 mai et 13 juin 2019

À la suite des travaux réalisés dans le cadre du projet ERC/SOGIP sur les échelles de la gouvernance, depuis l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA 2007), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones », développement du/des droits et « processus globaux ». Les changements juridiques, politiques et sociaux découlant de cet instrument international font partie des évolutions d’un ordre global sensibilisé aux problèmes des peuples autochtones. Les caractéristiques de la gouvernance mondiale, les consensus et les contradictions sur lesquels s’appuie la gouvernance des questions autochtones comme les résistances qu’elle rencontre, mettent en tension ce qui s’observe dans les villages, les communautés ou encore dans les « lieux » apparemment « neutres » des institutions où sont prises les décisions globales.

Dans une perspective comparative et à partir d’études de cas contextualisées, nous suivons les processus de reconnaissance légale, les impacts des politiques de « développement », les conflits de territorialité mais aussi les défis que pose la production des connaissances sur les autochtones, les savoirs autochtones, et la participation des autochtones à la prise de décision sur les affaires qui les concernent. Nous nous intéressons aux acteurs politiques se reconnaissant autochtones (organisations et individus), à leurs positionnements dans les scénarios de gouvernance planétaire, à l’impact des méga-agents du changement (parmi lesquels les firmes transnationales, les industries extractives). Le séminaire 2018-2019 s’appuiera sur les travaux du Réseau thématique international CNRS (RTI-JUSTIP Justice et Peuples autochtones) coordonné par Irène Bellier.

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire, veuillez envoyer un mail à : ibellier@ehess.fr

Pour plus d’informations :  http://www.sogip.ehess.fr/     https://justip.hypotheses.org

Prochaines séances

31 janvier :  Droits des peuples autochtones et extractivisme

Intervenants :

Jean Leclair (Professeur à la faculté de droit à l’Université de Montréal, Canada, réseau DIALOG)

Gilles Lhuilier (professeur de droit privé à l’Ecole Normale Supérieure de Rennes)

 

14 février : Savoirs autochtones et propriété intellectuelle

Intervenant.e.s :

Samir Boumediene (Chargé de recherche CNRS. IHRIM – ENS de Lyon)

Adriana Muñoz Sanchéz (Doctorante à l’EHESS -Cermes3, Inserm)

Leandro Varison (Post-doctorant au Musée du Quai Branly, docteur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

 

11 avril : Anthropologie de la mine et peuples autochtones

Intervenant.e.s :

Pierre Yves Lemeur (Directeur de recherche à l’IRD, membre de l’unité de recherche du GRED – Gouvernance, Risque, Environnement, Développement – à Montpellier)

Karine Vanthuyne (Professeure agrégée à l’École d’études sociologiques et anthropologiques de l’Université d’Ottawa, Canada, Directrice du Groupe de recherche interdisciplinaire sur les territoires de l’extractivisme – GRITE)

Sofia Cevallos (Doctorante à l’EHESS, LAIOS-IIAC)

 

9 mai : Systèmes alimentaires autochtones et souveraineté alimentaire

13 juin : Violence envers les femmes autochtones

 

 

 

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Université Nomade : Savoirs autochtones et politiques publiques

La 15ème édition de l’Université Nomade se tiendra du 24 au 28 septembre 2018, à l’EHESS, 105 Boulevard Raspail, 75006 Paris.

 

SAVOIRS AUTOCHTONES ET POLITIQUES PUBLIQUES: EXPERIENCES INTERNATIONALES

Le programme est disponible sur le site de JUSTIP (Justice and Indigenous Peoples Rights) : https://justip.hypotheses.org/universite-nomade

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La 15ème édition de l’Université Nomade est organisée par l’INRS (Canada), le CNRS (France), à travers le Réseau Dialog (Québec), SOGIP et JUST-IP, sur le thème « Savoirs autochtones et politiques publiques. Expériences internationales ». L’objectif est de faciliter les échanges entre personnes autochtones et non autochtones, chercheurs et praticiens.
L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Si vous êtes intéressé.e.s à participer, merci de bien vouloir contacter Irène Bellier : ibellier@ehess.fr

Les droits des peuples autochtones à l’épreuve du tourisme

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Séminaire Perspective comparative sur les droits des peuples autochtones

17 mai 2018, 9h-13h : Salle AS1_08
54 boulevard Raspail, 75006 Paris

La rencontre de « l’autre » : les droits des peuples autochtones à l’épreuve du tourisme

 Intervenants :

Magali Demanget (Maîtresse de conférences, U. Paul-Valéry Montpellier) :

Tourisme, magie et « autochtonie ». Images ethniques et pluralité des appartenances dans les hautes terres mazatèques (Mexique)

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’anthropologie du tourisme a conduit à ne plus considérer ce phénomène social sous le seul angle négatif d’agent corrupteur des traditions locales. Suivant cette perspective, nous montrerons comment, dans le municipio Huautla de Jimenez (Sierra mazateca), les acteurs politiques locaux se sont emparés de la rencontre touristique pour en faire la matière de leurs politiques culturelles. Ces initiatives se sont tout d’abord inscrites dans les nouvelles dispositions des politiques indigénistes, pour composer plus récemment avec un programme de développement touristique gouvernemental (celui des pueblos mágicos), lui-même inspiré d’orientations plus globales. En partant d’une approche dialogique et multiscalaire, on s’interrogera sur les consensus, mais aussi les luttes et fractures qui émaillent les opérations de mise en images de soi, tout comme sur les décalages entre les productions touristiques et les appartenances des habitants.
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Aurélie Condevaux (Maîtresse de conférences, U. Paris I)

Usages marchands de la culture et propriété intellectuelle : les enjeux pour le tourisme dans les sociétés « autochtones »

 Le tourisme est souvent présenté comme un vecteur de marchandisation des pratiques culturelles. Donner une valeur marchande à la culture pose notamment la question de la redistribution des bénéfices économiques et donc de la définition de qui sont les « propriétaires » de ces pratiques culturelles. Dans le Pacifique, des réflexions ont été menées au cours des dernières années – portées par les organisations internationales mais aussi des acteurs divers : artistes, associations etc. – sur la possibilité de développer des cadres législatifs qui prennent en compte la spécificité de la protection de la propriété intellectuelle ou du droit d’auteur au sein des sociétés dites « autochtones » ou « traditionnelles ». Ces réflexions, qui ont abouti à la « Loi type de 2002 sur la protection des savoirs traditionnels et des expressions de la culture en Océanie », font suite à de nombreux cas d’utilisations commerciales abusives de noms, de motifs, d’expressions culturelles etc. Elles s’inscrivent également dans un mouvement porté par différentes organisations (UNESCO, OMPI, PNUD notamment) pour faire de la culture une ressource économique pour le développement des petites nations insulaires. Le tourisme est perçu, dans ce contexte, comme l’un des secteurs permettant de développer des bénéfices économiques à partir des ressources culturelles.

Si cette prise en charge légale est une nécessité pour faire face à des formes de dépossession culturelle bien réelles, elle soulève cependant un certain nombre de problèmes ou difficultés dans la manière dont elle est conduite. Cette communication propose d’examiner d’un point de vue critique les enjeux liés à la mise en place de tels systèmes légaux ou réglementaires à partir de cas océaniens, en particulier ceux du Royaume de Tonga et de la Nouvelle-Zélande. Nous examinerons quelles sont les conceptions emic relatives à la « propriété » et aux droits d’usage des pratiques musicales et chorégraphiques et les transactions économiques qui les entourent. Il s’agira de comprendre comment celles-ci s’articulent aux nouveaux régimes de « propriété intellectuelle » et aux nouvelles formes d’utilisation marchande qui se développent autour de ces pratiques. Bien que les utilisations commerciales décriées soient plus souvent le fait d’entreprises multinationales que du tourisme, nous verrons quels seraient les enjeux de la mise en place de telles lois pour les contextes touristiques.

 

Contact : Irène Bellier
Directrice de recherches au CNRS, Anthropologue
Responsable du LAIOS, Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations sociales – IIAC
Responsable ERC : SOGIP – Scales of governance and Indigenous Peoples
www.sogip.ehess.fr (ERC 249236)
EHESS – 54 boulevard Raspail, 75006 Paris  France

Du Chiapas au Rojava, expériences d’autonomie

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Séminaire Expériences de l’anticapitalisme. « Que faire ? »
Vendredi 4 mai 2018 de 9 h à 13 h à l’EHESS, 105 bd Raspail 75006 Paris, salle 10

Du Chiapas au Rojava, expériences d’autonomie

On a comparé l’expérience du Rojava, soit un Kurdistan libertaire, révélé à l’opinion occidentale en 2014, à l’expérience des communautés autonomes du Chiapas, nées de l’insurrection zapatiste du 1er janvier 1994. Toutes deux ont en commun d’expérimenter à leur manière des alternatives à l’État-nation, fondées sur la démocratie directe, l’auto-organisation, le refus du capitalisme, l’écologie, l’égalité entre femmes et hommes. Cette séance sera l’occasion de mettre l’accent particulièrement,  d’une part, sur le lien entre rituel et politique, i.e. entre le temps traditionnel et le temps révolutionnaire, d’autre part, sur des possibilités d’une émancipation micro-politique par l’écologie sociale.

Avec la participation de

Rocío Noemí Martínez

Entre tradition et autonomie : rituel, réciprocité et nouvelles configurations du politique dans la commune autonome zapatiste de San Pedro Polho

Les peuples originaires développent, dans leurs pratiques du rituel, des formes de politique et de communication qui leur permettent de se reconnaître dans un territoire commun avec des histoires partagées à travers le temps. A cet effet, je vais essayer de cerner les formes du politique impliquées dans un rituel maya tsotsil nommé k’in tajimol (les jeux du soleil). Ce rituel, qui fait la jonction entre la fin et le début de l’année dans le calendrier tsotsil, donne à voir un « moi collectif » incarné par les autorités de la fête liés aux ancêtres notamment à une mère ancienne (autorité principale des morts). Les morts (les ancêtres) sont une référence indispensable pour la manière d’agir des vivants dans la reconfiguration et le type de relations établies entre la tradition et l’autonomie. Elles sont associées à des propositions inédites quant à la pratique politique du « Bon Gouvernement » chez les peuples indiens du Mexique, qui construisent également de nouvelles relations entre indiens et non-indiens.

Rocio Noemi Martinez présentera à cette occasion des extraits de son film K’IN TAJIMOL, un carnaval maya-tsotsil à la la commune autonome zapatiste de San Pedro Polho (CD Film, 2014)

Rocío Noemí Martínez est historienne de l’art et anthropologue, enseignante à la FCS/Université Autonome de Chiapas (UNACH) et membre du seminaire Wallerstein, Université de la Terre, SCLC.

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et de

Engin Sustam 

Les rituels d’une révolution moléculaire du confédéralisme démocratique dans l’espace kurde : Bakûr et Rojava

La force de l’« énonciation collective » de la nouvelle subjectivité kurde change les codes de la lecture de l’État-nation et ainsi la mécanisation raciale de la société majeure au Moyen-Orient. Il s’agira de saisir l’émergence d’une micropolitique de société sans État qui alimente l’espace de l’insurrection urbaine et les rituels d’une résistance hétérogène, qui produisent une réflexion transgressive sur la modernité de la culture dominante, et défendent une position subalterne émancipatoire/postcoloniale face aux dispositifs sécuritaires du macro-pouvoir. Nous proposons de problématiser l’expérience du Mouvement politique kurde du Bakur (Kurdistan du Nord en Turquie) et les expériences politiques et culturelles de municipalités autogérées et d’écologie sociale dans l’espace kurde du Rojava (appelé auparavant « Petit Kurdistan »). Perçue comme une anomalie, la subalternité kurde traduit une discontinuité micropolitique, un motif d’altérité envers la société majeure, et incarne une forme de subversion maudite de la contre-culture à l’encontre de la souveraineté de la culture coloniale. La dynamique de l’écologie sociale et du confédéralisme démocratique rejette la domination coloniale de l’Etat-nation, s’appuie sur une définition de l’éco-géographie (Rojava et Bakur) en tant que « géographie décolonisée » dans le cadre de la révolte autogérée, de l’insurrection urbaine kurde et mobilise ainsi toutes sortes d’acteurs-réseaux au cœur de la question politique et culturelle. Avec ses controverses et ses insurrections de micro-identités, celles des femmes, des LGBTI, des enfants, des acteurs de l’écologie sociale, l’espace kurde se configure à la manière d’une sorte de « révolution moléculaire ».

Engin Sustam est maître de conférences invité à l’Université de Paris 8 St. Denis, lauréat du programme PAUSE et chargé de cours à l’Institut de la Citoyenneté de l’Université de Genève. Il a récemment publié Art et subalternité kurde. L’émergence d’un espace de production subjective et créative entre violence et résistance en Turquie (L’harmattan, 2016).

Séminaire : Après-coups de la violence au Canada et au Mexique

La prochaine séance du séminaire Perspective comparatives sur les droits des peuples autochtones portera sur les après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice): 11 janvier 2018, de 9h à 13h, salle BS1_28, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris

Après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice)

 

Edith Cloutier (Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or) et Carole Levesque (Réseau DIALOG, INRS)

« La violence envers les femmes autochtones : quels chemins de compréhension et d’action? »

À la suite de demandes répétées de la part des principales organisations de femmes autochtones du Canada devant la multiplication des cas de disparitions de femmes autochtones, le gouvernement canadien a enfin annoncé en décembre 2014 la tenue d’une enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées; cette enquête est toujours en cours. Dans la foulée, en octobre 2015, une série de dénonciations pour des situations de racisme, d’abus et d’agressions perpétrées à l’encontre de femmes autochtones de la ville de Val-d’Or faisait la une des médias nationaux et internationaux. Une seconde commission, cette fois-ci québécoise, a débuté en décembre 2016. La présente conférence fera état des contextes sociaux, politiques et juridiques ayant conduit à la mise en œuvre de ces initiatives gouvernementales et examinera les réponses et pistes d’action déjà offertes.

 

Sabrina Melenotte (LAIOS/IIAC/FMSH)

« Violences politiques et criminelles vs. justices autochtones au Mexique »

 Les chiffres officiels de la lutte contre le narcotrafic au Mexique font état de plus de 235 000 morts et 32 000 disparus depuis 2007, faisant du pays le cadre du deuxième conflit armé le plus meurtrier après la Syrie. Les autochtones en paient un lourd tribut, comme le confirme le rapport de l’ONU sur les droits des peuples autochtones de novembre 2017. Pour autant, la communication portera sur la surprenante créativité politique et les réactions citoyennes des autochtones face aux violences politiques et criminelles. Après avoir mené des recherches doctorales sur le conflit armé au Chiapas et l’organisation politique des zapatistes dans une municipalité tsotsil de la région des Hautes-Terres, je mène désormais de nouvelles enquêtes ethnographiques dans l’État du Guerrero, fortement marqué par les violences criminelles contemporaines. Ces deux États ont vu émerger des justices autochtones qui contrastent avec l’impunité régnante, et s’expriment par des expériences d’autonomie politique, de police communautaire ou de proposition d’une candidate autochtone aux élections présidentielles de 2018.

Séance suivante du 8 février 2018 :

Ré-appropriation de soi : ethnogenèse, diaspora

Diego Muñoz Azocar (post-doctorant, EHESS-Marseille) : Hau Māori Rapanui. Le chantier politique de l’île de Pâques.

Eric Glon (Université de Lille) : Ce que (re)nommer les lieux nous dit des territoires autochtones. Un exemple canadien.

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire veuillez envoyer un mail à ibellier@ehess.fr

Pour plus d’informations : consultez http://www.sogip.ehess.fr/

 

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Séminaire LAIOS 21 décembre 2017 : Irène Bellier « Conflits de savoirs et d’usages en territoire autochtone » (Colombie)

Irène Bellier « Conflits de savoirs et d’usages en territoire autochtone (Colombie) »

La prochaine séance du séminaire du LAIOS « Globalisation : normes et tensions » vous invite à voyager en compagnie de réalisateurs autochtones qui se sont emparés de la caméra pour évoquer leurs situations au Nord de la Colombie.

Jeudi 21 décembre 2017, 14h-17h

EHESS, 54 boulevard Raspail, salle AS1_08

Consacrée à la question des conflits de savoirs et d’usage, la séance s’appuiera sur la présentation du film Resistencia en la linea negra, réalisé par Amado Villafana Chaparro, Saul Gil et Sivestre Gil Salabata (2011), durée 1 :24, sous-titré en français.

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Synopsis :

Pourquoi ne pouvons-nous plus ramasser les coquillages au bord de la mer ? Pourquoi nous enlever les pierres de quartz « gardiennes » ? Pourquoi détruisent-ils les coeurs de la Mère Terre? Pourquoi nous faisons-nous assassiner ? Transgressant leurs normes traditionnelles, les autorités wiwas, koguis et arhuacas de la Sierra Nevada de Santa Marta décident de se présenter au monde. À travers un voyage révélateur, et partant d’une intimité rarement divulguée publiquement, une équipe de réalisateurs autochtones se saisit de caméras pour montrer au monde les actions que leurs autorités spirituelles – les Mamos – ont entreprises pour faire face aux graves menaces pesant sur leur territoire ancestral.

Alors que ce documentaire nous plonge au cœur de leur territoire, nous nous interrogerons sur les efforts que les peuples autochtones doivent faire pour maintenir —c’est leur responsabilité, disent-ils — l’équilibre d’une relation entre eux et avec la nature, relation fortement perturbée par des voisins encombrants (industries, militaires, narcotrafiquants, guérillas et touristes). Il invite à réfléchir sur les conflits de légalité et de rationalité, sur les conditions de possibilité de reproduire une culture vivante, avec ses formes d’organisation sociale, politique et juridique, sur la mise à distance des objets que renferment les musées nationaux et sur la nature des connaissances offertes aux touristes qui découvrent des restes archéologiques.

Cette année, le séminaire du LAIOS proposera une approche anthropologique et politique des rapports entre « normes » et « pratiques ». L’enjeu est d’éprouver sur plusieurs terrains les cadres analytiques permettant de se saisir de ces univers où les normativités sociales se superposent, s’entrecroisent, s’entrechoquent, et de comprendre le sens de ces croisements. Les travaux sur les échelles de la gouvernance ont montré l’interpénétration du global et du local, contribuant à brouiller les frontières du politique (en regard de la territorialité notamment) sans effacer leur pertinence sociale pour les sujets et les non sujets de droits. L’étude de la fabrique des normes internationales montre que le droit n’a pas pour seule fonction de réguler l’ordre social, puisqu’il peut être porteur de logiques d’émancipation tout en induisant un sens de la dépossession : ses branches – pouvant englober le droit canonique, les chartes locales ou la « coutume » – parfois s’opposent les unes aux autres par leurs logiques constructives, discursives et performatives, et peuvent aussi donner lieu à des systèmes hybrides. L’observation des controverses autour du rôle des technologies reproductives, agricoles ou numériques témoigne des rapports de force en oeuvre et des empreintes idéologiques sous-jacentes. À partir des recherches sur les questions de responsabilité (mafia, État), de rapport à la terre (paysans, peuples autochtones), de parenté (embryologie), de différentes formes d’appel à la « justice », entre autres, nous examinerons ce que « norme » veut dire dans une perspective anthropologique, prise dans une historicité et définie par des logiques d’acteurs et actrices situé.e.s.

Les savoirs autochtones : quelle place dans la gouvernance mondiale du climat ?

Prochaine séance du séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones coordonné par Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, SNI-CONACYT/IIAC-LAIOS.

Séance 2 – 7 décembre 2017, 9h-13h. Salle Maurice et Denys Lombard, 96 boulevard Raspail, 75006 Paris
Les savoirs autochtones : quelle place dans la gouvernance mondiale du climat ?

Intervenants :
arton1136-08575Jean Foyer (Chargé de recherche CNRS, Institut des sciences de la communication (ISCC) : « Objectiver les savoirs traditionnels, réenchanter la lutte contre le changement climatique »
Cette présentation explore comment la question des savoirs traditionnels des populations autochtones est entrée dans le champ de la gouvernance climatique ces dernières années en proposant une généalogie de cette « climatisation ». Cette dernière s’apparente à un processus de traduction débouchant sur des formes d’objectivation différentes, scientifisation et politisation notamment. Sur la base d’observations ethnographiques durant la COP21, on reviendra sur les trois grands récits qui lient changement climatique et savoirs traditionnels : celle du victime/héros résilient, celle de l’intégration des savoirs et enfin, celle de l’écologie sur-naturelle.

profil203Florent Kohler (Maître de conférences, Université François Rabelais et CREDA/IHEAL) : « L’intégration des savoirs autochtones dans les évaluations internationales au risque de l’essentialisation. A propos de l’IPBES, le ‘GIEC de la biodiversité’. »

L’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) a, dès son origine, montré sa volonté d’intégrer les savoirs locaux et autochtones dans les évaluations (pollinisateurs, dégradation et restauration des terres, évaluations régionales). Cette volonté est venue buter sur deux obstacles : d’abord, les stéréotypes pesant sur les visions du monde indigène, pensées comme uniformes – lien sacré, Terre-Mère, Pachamama – et ensuite la difficulté pour les ethnologues et représentants autochtones d’expliciter leurs savoirs tout en respectant les modalités et surtout les finalités d’une évaluation destinée aux politiques. Le résultat est un compromis, qui reflète aussi l’effort des scientifiques pour considérer ces savoirs comme des données à part entière : une série d’exemples ad hoc, incapables de s’extirper de la dimension locale, et le passage sous silence d’aspirations autres que le maintien des traditions et des activités ancestrales.

Présentation générale du séminaire

À la suite des travaux réalisés dans le cadre du projet ERC/SOGIP sur les échelles de la gouvernance, depuis l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus globaux ». Les changements juridiques, politiques et sociaux découlant de cet instrument international font partie des évolutions d’un ordre global sensibilisé aux problèmes des peuples autochtones. Les caractéristiques de cette nouvelle gouvernance, les consensus et les contradictions sur lesquels elle s’appuie, les accords et les résistances qu’elle rencontre, se manifestent dans les villages et les communautés ainsi que dans les « lieux » apparemment « neutres » où sont prises les décisions globales. Dans une perspective comparative et à partir d’études de cas contextualisées, nous suivons les processus de reconnaissance légale, les enjeux de développement, les conflits de territorialité, les défis dans le champ de l’éducation, de la citoyenneté et de la participation politique, les disputes dans le domaine de la culture (patrimoine, musée, tourisme, propriété intellectuelle). Nous nous intéressons aux acteurs politiques se reconnaissant autochtones (organisations et individus), à leurs prises de position dans les scénarios de gouvernance planétaire, à l’impact des méga-agents du changement (parmi lesquels les firmes transnationales, les industries extractives). Le séminaire 2017-2018 s’appuiera également sur les travaux du Groupe de recherche internationale (GDRI-JUSTIP/CNRS) coordonné par Irène Bellier.

Prochaine séance

11 janvier 2018 : Après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice) 

Edith Cloutier et Carole Levesque (Réseau DIALOG) : La violence envers les femmes autochtones : quels chemins de compréhension et d’action? 

Sabrina Melenotte (IIAC-LAIOS /FMSH) : Violences politiques et criminelles  vs. justices autochtones au Mexique 

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire veuillez envoyer un mail à ibellier@ehess.fr. Pour plus d’informations : consultez http://www.sogip.ehess.fr/

Seminario Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones : à 10 ans de l’adoption de la Déclaration des Nations unies

Le séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones reprend ses travaux le 9 novembre, EHESS, salle BS1_28 : 54 bd Raspail 75006 Paris de 9:00 à 13:00

9 novembre 2017 Les droits des peuples autochtones, 10 ans après l’adoption de la Déclaration des Nations unies : quelles perspectives ?

Intervenants :

Irène Bellier (CNRS) : Introduction au séminaire.

Des discours aux pratiques politiques : qu’en est-il des droits des peuples autochtones ?

 

Nigel Crawhall (UNESCO) :

L’engagement de l’Afrique avec l’ONU sur les questions autochtones.

La (nouvelle) politique de l’UNESCO en regard des peuples autochtones.

 

Information générale

Séminaire coordonné par Irène Bellier et Veronica Gonzalez-Gonzalez

2e jeudi du mois de 9 h à 13 h (salle BS1_28, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2017 au 14 juin 2018. Les séances des 14 décembre et 14 juin se dérouleront en salle AS1_08

À la suite des travaux réalisés dans le cadre du projet ERC/SOGIP sur les échelles de la gouvernance, depuis l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA 2007), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus globaux ». Les changements juridiques, politiques et sociaux découlant de cet instrument international font partie des évolutions  d’un ordre global sensibilisé aux problèmes des peuples autochtones. Les caractéristiques de cette nouvelle gouvernance, les consensus et les contradictions sur lesquels elle s’appuie, les accords et les résistances qu’elle rencontre, se manifestent dans les villages et les communautés ainsi que dans les « lieux » apparemment « neutres » où sont prises les décisions globales. Dans une perspective comparative et à partir d’études de cas contextualisées, nous suivons les processus de reconnaissance légale, les enjeux de développement, les conflits de territorialité, les défis dans le champ de l’éducation, de la citoyenneté et de la participation politique, les disputes dans le domaine de la culture (patrimoine, musée, tourisme, propriété intellectuelle). Nous nous intéressons aux acteurs politiques se reconnaissant autochtones (organisations et individus), à leurs prises de position dans les scénarios de gouvernance planétaire, à l’impact des méga-agents du changement (parmi lesquels les firmes transnationales, les industries extractives). Le séminaire 2017-2018 s’appuiera également sur les travaux du Groupe de recherche internationale (GDRI-JUSTIP/CNRS) coordonné par Irène Bellier.


couverture de [NUMERO_TITRE_ABREGE]

Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone », EPHE (Paris), 7 mars 2017

Sogip

Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone » Appréhension de l’altérité et circulation de modèles classificatoires

Mardi 7 mars – Salle 115 – EPHE, 190, av de France – Paris 13e

vignette-indiens-je-7marsOrganisée dans le cadre de l’Axe 1                « Américanisation et américanité : dynamiques spatio-temporelles et enjeux multiculturels »

À partir de l’époque de la conquête, les occupants du continent américain ont fait l’objet de diverses classifications de la part des Européens. Ce processus, qui s’est accentué au cours du 19e siècle, a débouché sur la construction d’une image de l’indien qu’on peut dire générique, mais qui assume cependant des contours différents selon les projets nationaux. La journée d’étude vise à ouvrir un espace de discussion entre anthropologues et historiens, spécialistes de plusieurs pays américains, autour cette thématique à partir de quatre axes de réflexion. Tout d’abord, il s’agit d’explorer, dans une perspective comparative, la constitution de la…

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Publication SOGIP : Quelle éducation pour les peuples autochtones ?

Sogip

9782343108636rSous la direction de Irène Bellier et Jennifer Hays
Ed. SOGIP / L’Harmattan, collection Horizons autochtones.
ISBN : 978-2-343-10863-6, 28 €, 296 pages

De nombreux mécanismes internationaux sont censés garantir un droit à l’éducation pour chacun. Cependant, les peuples autochtones sont partout en lutte pour trouver une place et une voix, dans les systèmes éducatifs qui sont dessinés par les institutions dominantes pour les populations majoritaires. Certes l’éducation formelle peut donner accès aux compétences requises pour faire partie d’une société, travailler et participer à l’espace public, mais cette éducation-là est aussi associée à la disparition des cultures et des langues autochtones comme à la désuétude des savoirs traditionnels. L’éducation représente ainsi un immense paradoxe.
Partout dans le monde, les peuples autochtones se sont mis à réfléchir à l’éducation qu’ils souhaitent pour leurs enfants et à produire des savoirs sur leur propre société. Ils mettent en place des écoles et des centres…

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