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Anthropologie de la mine et droits des peuples autochtones / EHESS 11 avril

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11 avril 2019, de 9h à 13h

EHESS – Salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris

Anthropologie de la mine

Pierre-Yves Le Meur, Anthropologue, Directeur de recherche à l’IRD, GRED – Gouvernance, Risque, Environnement, Développement – Montpellier

Négocier les règles du jeu minier en Nouvelle-Calédonie

Dans les négociations entre projets miniers et populations locales, on peut très schématiquement avancer que l’articulation territoriale et foncière qui autorise (ou refuse) leur ancrage peut obéir à deux logiques : soit les populations locales se mettent aux normes de l’intervention extérieure, soit elles tentent d’attirer l’opérateur sur le terrain local, celui de leurs normes et représentations. Les instruments et dispositifs concrets de cette articulation sont rarement des expressions pures de l’une ou l’autre logique, empruntant aux deux et évoluant en fonction des conflits et négociations qui surviennent.

Cette communication présentera tout d’abord certains des instruments et dispositifs de cette articulation, ainsi que les conceptions du foncier – renvoyant pour partie à une idée d’autochtonie – qu’ils mobilisent et renforcent. Les exemples illustrant ce propos seront océaniens et ma présentation se focalisera ensuite sur le cas de la Nouvelle-Calédonie, ancienne colonie de peuplement engagée dans un processus original et encore inabouti de décolonisation négociée, et plus particulièrement sur les communes de Thio et Yaté au sud de la Côte Est. Dans ces deux communes minières – la première multi-ethnique, la seconde presqu’exclusivement kanak –, une série d’événements, de conflits et de négociations a généré depuis quelques années des réponses locales aux stratégies minières par lesquelles les populations locales expriment dans des idiomes (dont le registre de l’autochtonie) et des modes d’action collective diversifiés une volonté de reprise de contrôle sur leurs territoires, leurs ressources et leurs destins. L’analyse de ces situations calédoniennes nous permettra d’explorer empiriquement la proposition énoncée en préambule relative aux formes de la négociation des règles du jeu minier et d’aborder en conclusion la place de la notion de commun dans ce type de contexte.

Karine Vanthuyne, Anthropologue, Professeure à l’Université d’Ottawa, Canada

La responsabilité sociale des entreprises à l’épreuve du pluralisme juridique : de l’atténuement à la radicalisation de l’opposition

À partir de recherches ethnographiques menées auprès d’opposants à la mine Marlin au Guatemala, je montrerai comment le déploiement de stratégies dites de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) peut radicaliser, au lieu d’atténuer, les mouvements autochtones d’opposition au secteur minier. La mine Marlin fut publicisée par son promoteur comme un « modèle d’exploitation responsable, qui contribuerait de manière significative au développement des communautés locales ». Or au fur et à mesure que diverses mesures de RSE ont été mises en œuvre pour promouvoir ce développement, la mine Marlin est devenue l’objet d’une opposition croissante au sein des villages autochtones l’avoisinant.

En construisant des routes, des écoles, des cliniques de santé et des terrains de jeu; en finançant les salaires d’enseignants et les frais de scolarité d’étudiants; en s’investissant dans le reboisement et l’agriculture durable; en mettant sur pied une commission de surveillance de la qualité de l’eau et une autre pour vérifier le respect des droits des villageois, la compagnie s’est non seulement investie dans le développement socioéconomique local. Elle s’est aussi étroitement compromise dans la surveillance de son propre respect des normes locales de protection de l’environnement et des droits de la personne, justifiant à ses yeux qu’elle puisse se présenter aux villageois comme leur « voisine attentionnée » –pour reprendre l’expression utilisée par la minière dans les brochures qu’elle leur a distribuées. Or c’est précisément cette prétention d’être « l’une d’eux », en tant que « voisine » ayant à cœur leur bien-être, qui a le plus irrité les opposants à la mine Marlin. Comme je le montrerai dans ma communication, ces opposants n’ont pas que dénoncé le fait d’avoir été dépossédés de leurs plus précieuses ressources matérielles (telles que leurs terres arables ou l’eau potable). Ce qui les a le plus indignés, c’est d’avoir été dépossédés de leurs structures de gouvernance locales, des suites de leur capture par la compagnie minière. En examinant le processus de « mise en clôture légale » (legal enclosure) ayant sous-tendu cette dépossession politique, je montrerai comment l’industrie de la RSE, parce qu’elle fait fondamentalement fi du pluralisme juridique des sociétés où elle opère, tend à aggraver, plutôt qu’à apaiser, les conflits miniers qui aujourd’hui se multiplient en territoire autochtone.

 

Sofia Cevallos Vivar, Anthropologue, Doctorante à l’EHESS, LAIOS-IIAC

Buen Vivir, pétrole et territoires en dispute en Équateur : le cas des peuples kichwa et waorani du Parc Yasuní (Amazonie équatorienne)

Cette présentation portera sur les implications des projets d’exploitation pétrolière mis en marche ces dix dernières années sur le territoire des peuples autochtones kichwa et waorani du Yasuní (Amazonie équatorienne). Durant cette décennie, ces peuples se sont confrontés à une situation paradoxale. D’une part, l’inscription des droits des peuples autochtones et de la notion de Sumak Kawsay ou Buen Vivir dans la Constitution politique (2008) matérialise les revendications autochtones pour la défense des identités et des territoires ; d’autre part, le gouvernement équatorien multiplie les politiques favorables à l’extraction pétrolière, ce qui entraîne une violation de la loi et aggrave les conflits socio-environnementaux dans le Yasuní. Divers mécanismes de cooptation, de clientélisme et de corruption sont mobilisés par l’État afin d’obtenir l’accord des leaders communautaires pour la mise en marche d’un projet pétrolier.

De leurs côtés, les peuples kichwa et waorani du Yasuní renouvellent leurs stratégies d’organisation et de résistance et, tout en s’appropriant le cadre juridique qui les concerne, cherchent à avoir une participation plus active dans la prise de décisions concernant leurs territoires.

Dans cette intervention, je montrerai comment, à partir des processus de consultation informée, libre et préalable (mécanisme juridique destiné à consulter les communautés sur le lancement des projets d’exploitation de ressources sur leurs territoires), les communautés ont réinventé des espaces de discussion pour la prise de décisions collectives, l’expression de leurs aspirations et le rétablissement du lien communautaire. Ce lien est en effet fortement affecté par les interactions avec l’État et les entreprises pétrolières.

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Publication du livre : Quel avenir pour les Pygmées à l’orée du XXIème siècle ?

Le GITPA annonce la parution d’un nouveau livre dans sa collection Questions autochtones

QUEL AVENIR POUR LES PYGMÉES À L’ORÉE DU XXIÈ SIÈCLE ?

Qui sont-ils, que subissent-ils, comment font-ils face ?

Patrick Kulesza, Marine Robillard
Préface de Serge Bahuchet
L’Harmattan / Collection: Questions autochtones 

Sans aucune concession au sérieux scientifique, ce travail est un ouvrage de diffusion et un véritable manifeste politique. Et notre souhait est que, en effet, les décideurs politiques le lisent. Il est impératif que soient reconnues la diversité culturelle des « Pygmées », la complexité de leur histoire et des situations qu’ils affrontent, pour qu’enfin ils aient droit à la parole, à la dignité et au libre choix de leur futur. c’est tout le but de cet ouvrage. (extrait de la préface de Serge Bahuchet)

 Sommaire du livre
 Autres titres dans la Collection Questions autochtones (GITPA)

Journées d’études « Luttes autochtones : formes et pratiques filmiques »

Ce cycle de rencontres (Paris, 27-28 février, 8-9 avril et 2-3 mai) réunit cinéastes, militants, chercheurs en études cinématographiques et chercheurs en sciences sociales, et propose une première cartographie des formes et des pratiques filmiques des luttes autochtones – particulièrement en Amérique du Nord et dans le Pacifique. Ces journées d’études s’inscrivent dans le cadre du projet de recherche « For a Global Study of Filmic Practices within Autochthonous Struggles », hébergé à La Fémis et financé par l’IRIS Études Globales de l’Université PSL.
Journée d’études | Colloquium

LE CINÉMA AUTOCHTONE CONTRE L’OCCUPATION

27 février 2019 — La Fémis — 6 rue Francœur, 75018 Paris — Salle Demy, premier étage

28 février 2019 — INHA — 2, Rue Vivienne, 75002 Paris — Salle Vasari, premier étage

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Kanehsatake, 270 Years of Resistance, Alanis Obomsawin, 1993

Ces journées interrogent les tactiques filmiques – tant passées que contemporaines – développées par les mouvements de résistance des autochtones face aux spoliations et aux pollutions des terres ancestrales. Dans la perspective d’une histoire visuelle des mouvements politiques intertribaux et panamérindiens en Amérique du Nord, trois corpus sont particulièrement étudiés. Le premier concerne les films produits au sein de l’Office National du Film du Canada. Ceux-ci témoignent notamment des résistances des autochtones du Québec face aux grands projets qui ponctuent les années 1970 et se sont rapidement transformés en une politique agressive à l’égard des réserves amérindiennes. Un deuxième moment est consacré aux productions vidéo et aux films qui documentent et accompagnent les mouvements insurrectionnels du Sud Mexique, depuis le courant des années 1990 au Chiapas et depuis le milieu des années 2000 dans l’État de Oaxaca. Un troisième, grâce à l’œuvre du cinéaste Sky Hopinka, des nations Ho-Chunk et Pechanga, nous permet de revenir sur les lieux qui constituent les points de repères essentiels d’une histoire visuelle et politique des Amérindiens des États-Unis.

27 février 2019 — La Fémis
6, rue Francœur, 75018 Paris — Salle Demy, premier étage

Esquisse d’une histoire du cinéma autochtone au Canada

17:00 – Allocution d’ouverture, Alo Paistik (EHESS)

17:15
« Décoloniser l’espace. Les documentaires autochtones de l’Office National du Film du Canada »
Lola Remy (Concordia University)
Modération : Noémie Oxley (AUP)

18:00
Projection de Kanehsatake, 270 Years of Resistance d’Alanis Obomsawin (Canada, 1993, 119’)

20:00
Échange et rencontre avec Alanis Obomsawin (par Skype)
Modération : Jonathan Larcher (EHESS) et Caroline San Martin (La Fémis)


28 février 2019 — INHA

2, Rue Vivienne, 75002 Paris — Salle Vasari, premier étage

9:45 – Allocution d’ouverture, Jonathan Larcher (EHESS)

Luttes autochtones au Sud Mexique:
Modération : Sabrina Melenotte (FMSH)

10:00
« Cinema Zapatista »
Nicolas Défossé (cinéaste, monteur, formateur, producteur)

« Le Vent de la révolte : chronique d’une lutte indigène contre l’industrie éolienne »
Alèssi Dell’Umbria (auteur-réalisateur)

14:15
Rencontre avec Sky Hopinka

15:00
Projection de Dislocation Blues (USA, 2017, 16’57”) et de Fainting Spells (USA, 2018, 10’45”), suivi d’une discussion. Modération : Jonathan Larcher (EHESS) et Alo Paistik (EHESS)

16:45
« The Middle of Nowhere: Cohabitational Aesthetics in the Work of Sky Hopinka »
Almudena Escobar Lopez (Rochester University). Modération : Aurélie Journée (EHESS)

Questions autochtones en Amérique : comparaison Nord-Sud

Séminaire mensuel IdA-ENS : Perspectives transaméricaines

L’Institut des Amériques et l’ENS ont le plaisir de vous inviter à la 6e séance de leur séminaire.

Ce séminaire se propose de confronter les visions de chercheurs travaillant sur les différents territoires et aires culturelles des Amériques et de la Caraïbe.

Il se tient à l’École Normale Supérieure (Paris) de 18h à 20h le premier mardi de chaque mois.

Session du 5 mars 2019, 18h-20h

Questions autochtones en Amérique : comparaison Nord-Sud

Irène Bellier

disc. Benoît de l’Estoile

Inscription gratuite mais obligatoire : https://urlz.fr/8MPz

29 rue d’Ulm 75005 Paris

Salle Paul Langevin

Textes à lire en amont :

Consulter le texte 1 – Consulter le texte 2 – Consulter le texte 3 – Consulter le texte 4

http://www.institutdesameriques.fr/fr/content/seminaire-perspectives-transamericaines

Droits des peuples autochtones et droit extractif: enjeux de la consultation

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Résumés des interventions du Séminaire du 31 janvier 2019 (formato pdf)

Séminaire 2018-2019 Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones

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Coordonné par Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS (IIAC-LAIOS) et Emmanuelle Ricaud Oneto, doctorante à l’EHESS (IIAC-LAIOS)

 29 novembre 2018, de 9h à 13h. Salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris

Droits des peuples autochtones : 

Vers une extension des droits humains aux non-humains ?

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Photo : Nathalie Le Bouler Pavelic


Intervenant.e.s :

Alexandre Surrallés, Directeur de recherches au CNRS (Laboratoire d’anthropologie sociale)

Nathalie Le Bouler Pavelic, Doctorante UFBA/EHESS (IIAC/LAIOS)

Célia Tupinamba, Représentante Tupinamba (Membre ONU-Femmes, Présidente de l’Associação dos Indios Tupianambá da Serra do Padeiro-AITSP et professeur au Colégio Estadual Indígena Tupinambá de Serra do Padeiro)

Jéssica Tupinamba, Représentante Tupinamba (Colégio Estadual Indígena Tupinambá de Serra do Padeiro-CEITSP)

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Résumés des interventions:

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Université Nomade : Savoirs autochtones et politiques publiques

La 15ème édition de l’Université Nomade se tiendra du 24 au 28 septembre 2018, à l’EHESS, 105 Boulevard Raspail, 75006 Paris.

 

SAVOIRS AUTOCHTONES ET POLITIQUES PUBLIQUES: EXPERIENCES INTERNATIONALES

Le programme est disponible sur le site de JUSTIP (Justice and Indigenous Peoples Rights) : https://justip.hypotheses.org/universite-nomade

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Les droits des peuples autochtones à l’épreuve du tourisme

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Séminaire Perspective comparative sur les droits des peuples autochtones

17 mai 2018, 9h-13h : Salle AS1_08
54 boulevard Raspail, 75006 Paris

La rencontre de « l’autre » : les droits des peuples autochtones à l’épreuve du tourisme

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Intervenants :

Magali Demanget (Maîtresse de conférences, U. Paul-Valéry Montpellier) :

Tourisme, magie et « autochtonie ». Images ethniques et pluralité des appartenances dans les hautes terres mazatèques (Mexique)

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’anthropologie du tourisme a conduit à ne plus considérer ce phénomène social sous le seul angle négatif d’agent corrupteur des traditions locales. Suivant cette perspective, nous montrerons comment, dans le municipio Huautla de Jimenez (Sierra mazateca), les acteurs politiques locaux se sont emparés de la rencontre touristique pour en faire la matière de leurs politiques culturelles. Ces initiatives se sont tout d’abord inscrites dans les nouvelles dispositions des politiques indigénistes, pour composer plus récemment avec un programme de développement touristique gouvernemental (celui des pueblos mágicos), lui-même inspiré d’orientations plus globales. En partant d’une approche dialogique et multiscalaire, on s’interrogera sur les consensus, mais aussi les luttes et fractures qui émaillent les opérations de mise en images de soi, tout comme sur les décalages entre les productions touristiques et les appartenances des habitants.
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Aurélie Condevaux (Maîtresse de conférences, U. Paris I)

Usages marchands de la culture et propriété intellectuelle : les enjeux pour le tourisme dans les sociétés « autochtones »

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Du Chiapas au Rojava, expériences d’autonomie

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Séminaire Expériences de l’anticapitalisme. « Que faire ? »
Vendredi 4 mai 2018 de 9 h à 13 h à l’EHESS, 105 bd Raspail 75006 Paris, salle 10

Du Chiapas au Rojava, expériences d’autonomie

On a comparé l’expérience du Rojava, soit un Kurdistan libertaire, révélé à l’opinion occidentale en 2014, à l’expérience des communautés autonomes du Chiapas, nées de l’insurrection zapatiste du 1er janvier 1994. Toutes deux ont en commun d’expérimenter à leur manière des alternatives à l’État-nation, fondées sur la démocratie directe, l’auto-organisation, le refus du capitalisme, l’écologie, l’égalité entre femmes et hommes. Cette séance sera l’occasion de mettre l’accent particulièrement,  d’une part, sur le lien entre rituel et politique, i.e. entre le temps traditionnel et le temps révolutionnaire, d’autre part, sur des possibilités d’une émancipation micro-politique par l’écologie sociale.

Avec la participation de

Rocío Noemí Martínez

Entre tradition et autonomie : rituel, réciprocité et nouvelles configurations du politique dans la commune autonome zapatiste de San Pedro Polho

Les peuples originaires développent, dans leurs pratiques du rituel, des formes de politique et de communication qui leur permettent de se reconnaître dans un territoire commun avec des histoires partagées à travers le temps. A cet effet, je vais essayer de cerner les formes du politique impliquées dans un rituel maya tsotsil nommé k’in tajimol (les jeux du soleil). Ce rituel, qui fait la jonction entre la fin et le début de l’année dans le calendrier tsotsil, donne à voir un « moi collectif » incarné par les autorités de la fête liés aux ancêtres notamment à une mère ancienne (autorité principale des morts). Les morts (les ancêtres) sont une référence indispensable pour la manière d’agir des vivants dans la reconfiguration et le type de relations établies entre la tradition et l’autonomie. Elles sont associées à des propositions inédites quant à la pratique politique du « Bon Gouvernement » chez les peuples indiens du Mexique, qui construisent également de nouvelles relations entre indiens et non-indiens.

Rocio Noemi Martinez présentera à cette occasion des extraits de son film K’IN TAJIMOL, un carnaval maya-tsotsil à la la commune autonome zapatiste de San Pedro Polho (CD Film, 2014)

Rocío Noemí Martínez est historienne de l’art et anthropologue, enseignante à la FCS/Université Autonome de Chiapas (UNACH) et membre du seminaire Wallerstein, Université de la Terre, SCLC.

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et de

Engin Sustam 

Les rituels d’une révolution moléculaire du confédéralisme démocratique dans l’espace kurde : Bakûr et Rojava

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Séminaire : Après-coups de la violence au Canada et au Mexique

La prochaine séance du séminaire Perspective comparatives sur les droits des peuples autochtones portera sur les après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice): 11 janvier 2018, de 9h à 13h, salle BS1_28, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris

Après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice)

 

Edith Cloutier (Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or) et Carole Levesque (Réseau DIALOG, INRS)

« La violence envers les femmes autochtones : quels chemins de compréhension et d’action? »

À la suite de demandes répétées de la part des principales organisations de femmes autochtones du Canada devant la multiplication des cas de disparitions de femmes autochtones, le gouvernement canadien a enfin annoncé en décembre 2014 la tenue d’une enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées; cette enquête est toujours en cours. Dans la foulée, en octobre 2015, une série de dénonciations pour des situations de racisme, d’abus et d’agressions perpétrées à l’encontre de femmes autochtones de la ville de Val-d’Or faisait la une des médias nationaux et internationaux. Une seconde commission, cette fois-ci québécoise, a débuté en décembre 2016. La présente conférence fera état des contextes sociaux, politiques et juridiques ayant conduit à la mise en œuvre de ces initiatives gouvernementales et examinera les réponses et pistes d’action déjà offertes.

 

Sabrina Melenotte (LAIOS/IIAC/FMSH)

« Violences politiques et criminelles vs. justices autochtones au Mexique »

 Les chiffres officiels de la lutte contre le narcotrafic au Mexique font état de plus de 235 000 morts et 32 000 disparus depuis 2007, faisant du pays le cadre du deuxième conflit armé le plus meurtrier après la Syrie. Les autochtones en paient un lourd tribut, comme le confirme le rapport de l’ONU sur les droits des peuples autochtones de novembre 2017. Pour autant, la communication portera sur la surprenante créativité politique et les réactions citoyennes des autochtones face aux violences politiques et criminelles. Après avoir mené des recherches doctorales sur le conflit armé au Chiapas et l’organisation politique des zapatistes dans une municipalité tsotsil de la région des Hautes-Terres, je mène désormais de nouvelles enquêtes ethnographiques dans l’État du Guerrero, fortement marqué par les violences criminelles contemporaines. Ces deux États ont vu émerger des justices autochtones qui contrastent avec l’impunité régnante, et s’expriment par des expériences d’autonomie politique, de police communautaire ou de proposition d’une candidate autochtone aux élections présidentielles de 2018.

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Séminaire LAIOS 21 décembre 2017 : Irène Bellier « Conflits de savoirs et d’usages en territoire autochtone » (Colombie)

Irène Bellier « Conflits de savoirs et d’usages en territoire autochtone (Colombie) »

La prochaine séance du séminaire du LAIOS « Globalisation : normes et tensions » vous invite à voyager en compagnie de réalisateurs autochtones qui se sont emparés de la caméra pour évoquer leurs situations au Nord de la Colombie.

Jeudi 21 décembre 2017, 14h-17h

EHESS, 54 boulevard Raspail, salle AS1_08

Consacrée à la question des conflits de savoirs et d’usage, la séance s’appuiera sur la présentation du film Resistencia en la linea negra, réalisé par Amado Villafana Chaparro, Saul Gil et Sivestre Gil Salabata (2011), durée 1 :24, sous-titré en français.

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Synopsis :

Pourquoi ne pouvons-nous plus ramasser les coquillages au bord de la mer ? Pourquoi nous enlever les pierres de quartz « gardiennes » ? Pourquoi détruisent-ils les coeurs de la Mère Terre? Pourquoi nous faisons-nous assassiner ? Transgressant leurs normes traditionnelles, les autorités wiwas, koguis et arhuacas de la Sierra Nevada de Santa Marta décident de se présenter au monde. À travers un voyage révélateur, et partant d’une intimité rarement divulguée publiquement, une équipe de réalisateurs autochtones se saisit de caméras pour montrer au monde les actions que leurs autorités spirituelles – les Mamos – ont entreprises pour faire face aux graves menaces pesant sur leur territoire ancestral.

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Les savoirs autochtones : quelle place dans la gouvernance mondiale du climat ?

Prochaine séance du séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones coordonné par Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, SNI-CONACYT/IIAC-LAIOS.

Séance 2 – 7 décembre 2017, 9h-13h. Salle Maurice et Denys Lombard, 96 boulevard Raspail, 75006 Paris
Les savoirs autochtones : quelle place dans la gouvernance mondiale du climat ?

Intervenants :
arton1136-08575Jean Foyer (Chargé de recherche CNRS, Institut des sciences de la communication (ISCC) : « Objectiver les savoirs traditionnels, réenchanter la lutte contre le changement climatique »
Cette présentation explore comment la question des savoirs traditionnels des populations autochtones est entrée dans le champ de la gouvernance climatique ces dernières années en proposant une généalogie de cette « climatisation ». Cette dernière s’apparente à un processus de traduction débouchant sur des formes d’objectivation différentes, scientifisation et politisation notamment. Sur la base d’observations ethnographiques durant la COP21, on reviendra sur les trois grands récits qui lient changement climatique et savoirs traditionnels : celle du victime/héros résilient, celle de l’intégration des savoirs et enfin, celle de l’écologie sur-naturelle.

profil203Florent Kohler (Maître de conférences, Université François Rabelais et CREDA/IHEAL) : « L’intégration des savoirs autochtones dans les évaluations internationales au risque de l’essentialisation. A propos de l’IPBES, le ‘GIEC de la biodiversité’. »

L’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) a, dès son origine, montré sa volonté d’intégrer les savoirs locaux et autochtones dans les évaluations (pollinisateurs, dégradation et restauration des terres, évaluations régionales). Cette volonté est venue buter sur deux obstacles : d’abord, les stéréotypes pesant sur les visions du monde indigène, pensées comme uniformes – lien sacré, Terre-Mère, Pachamama – et ensuite la difficulté pour les ethnologues et représentants autochtones d’expliciter leurs savoirs tout en respectant les modalités et surtout les finalités d’une évaluation destinée aux politiques. Le résultat est un compromis, qui reflète aussi l’effort des scientifiques pour considérer ces savoirs comme des données à part entière : une série d’exemples ad hoc, incapables de s’extirper de la dimension locale, et le passage sous silence d’aspirations autres que le maintien des traditions et des activités ancestrales.

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Seminario Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones : à 10 ans de l’adoption de la Déclaration des Nations unies

Le séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones reprend ses travaux le 9 novembre, EHESS, salle BS1_28 : 54 bd Raspail 75006 Paris de 9:00 à 13:00

9 novembre 2017 Les droits des peuples autochtones, 10 ans après l’adoption de la Déclaration des Nations unies : quelles perspectives ?

Intervenants :

Irène Bellier (CNRS) : Introduction au séminaire.

Des discours aux pratiques politiques : qu’en est-il des droits des peuples autochtones ?

 

Nigel Crawhall (UNESCO) :

L’engagement de l’Afrique avec l’ONU sur les questions autochtones.

La (nouvelle) politique de l’UNESCO en regard des peuples autochtones.

 

Information générale:

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Journée d’étude De « l’Indien » à « l’autochtone », EPHE (Paris), 7 mars 2017

Sogip

Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone » Appréhension de l’altérité et circulation de modèles classificatoires

Mardi 7 mars – Salle 115 – EPHE, 190, av de France – Paris 13e

vignette-indiens-je-7marsOrganisée dans le cadre de l’Axe 1                « Américanisation et américanité : dynamiques spatio-temporelles et enjeux multiculturels »

À partir de l’époque de la conquête, les occupants du continent américain ont fait l’objet de diverses classifications de la part des Européens. Ce processus, qui s’est accentué au cours du 19e siècle, a débouché sur la construction d’une image de l’indien qu’on peut dire générique, mais qui assume cependant des contours différents selon les projets nationaux. La journée d’étude vise à ouvrir un espace de discussion entre anthropologues et historiens, spécialistes de plusieurs pays américains, autour cette thématique à partir de quatre axes de réflexion. Tout d’abord, il s’agit d’explorer, dans une perspective comparative, la constitution de la…

Voir l’article original 401 mots de plus

Publication SOGIP : Quelle éducation pour les peuples autochtones ?

Sogip

9782343108636rSous la direction de Irène Bellier et Jennifer Hays
Ed. SOGIP / L’Harmattan, collection Horizons autochtones.
ISBN : 978-2-343-10863-6, 28 €, 296 pages

De nombreux mécanismes internationaux sont censés garantir un droit à l’éducation pour chacun. Cependant, les peuples autochtones sont partout en lutte pour trouver une place et une voix, dans les systèmes éducatifs qui sont dessinés par les institutions dominantes pour les populations majoritaires. Certes l’éducation formelle peut donner accès aux compétences requises pour faire partie d’une société, travailler et participer à l’espace public, mais cette éducation-là est aussi associée à la disparition des cultures et des langues autochtones comme à la désuétude des savoirs traditionnels. L’éducation représente ainsi un immense paradoxe.
Partout dans le monde, les peuples autochtones se sont mis à réfléchir à l’éducation qu’ils souhaitent pour leurs enfants et à produire des savoirs sur leur propre société. Ils mettent en place des écoles et des centres…

Voir l’article original 607 mots de plus

Solidarité avec le peuple maseual de la Sierra norte de Puebla (Mexique)

Cuetzalan, Puebla, 13 décembre 2016

APPEL À LA SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE MASEUAL DE LA SIERRA NORORIENTAL DE PUEBLA (MEXIQUE)

Version en anglais cuetz_call

Version en espagnol cuetz-_planton_esp

Dans la Sierra Nororiental de Puebla, les peuples maseual et totonakú luttons depuis plus de dix ans contre les entreprises minières et hydroélectriques. Depuis le 19 novembre, à Cuetzalan, nous, du peuple maseual, répondant à l’appel de notre organisation ALTEPE TAJPIANIJ (« les gardiens du territoire ») nous veillons à ce que la décision populaire soit respectée et à ce qu’on ne construise pas une sous-station électrique. Nous avons installé un campement, de toile et de plastique, où depuis novembre résident des dizaines d’hommes et de femmes.

Nous campons pour protester contre la décision de la Commission Fédérale d’Électricité (CFE) de construire une ligne à haute tension qui doit travers toute notre municipalité, y compris des zones densément peuplées. Cette « Ligne à haute tension de Cuetzalan – Embranchement de Teziutlan II – Tajin », doit aboutir à cette sous-station où seraient installés les transformateurs.

Dans une assemblée d’Altepe Tajpianij, en septembre dernier, nous avons appris les graves dommages à la santé que produisent les champs électromagnétiques émis par ces lignes à haute tension : un taux significativement plus élevé de leucémie chez les enfants de moins de quatre ans et aussi une plus grande incidence de la maladie d’Alzheimer pour les personnes âgées qui vivent à moins de cent mètres des lignes. La municipalité de Cuetzalan possède un Plan d’aménagement intégral élaboré par un comité de citoyens. Ce plan, qui a été adopté en 2010 par la municipalité et approuvé ensuite par le gouvernement de l’état de Puebla, interdit les mégaprojets miniers, hydroélectriques et pétroliers sur le territoire municipal. Le maire actuel s’était engagé à ne pas permettre la construction de cette ligne, mais à la fin du mois de septembre dernier, il a changé d’avis et a délivré le permis.

Au cour d’une réunion suivante d’Altepe Tajpianij, le 25 octobre, nous avons exigé que le maire respecte le plan, et sa parole, et annule le permis. Au contraire, il a organisé une assemblée, à laquelle étaient convoquées les autorités des villages, pour qu’ils approuvent la construction de la ligne. La présidente du comité qui veille à l’application du plan d’aménagement a expliqué pourquoi on ne pouvait pas continuer les travaux. Et les autorités des villages autochtones n’ont pas accepté d’appuyer un projet « sans consulter ceux qui nous ont élus ».

Sans tenir compte de la volonté populaire, l’entreprise INGETEAM, responsable de construire la sous-station, a accéléré les travaux. Le 19 novembre, nous étions plus de mille personnes rassemblées dans le chef-lieu. Nous avons écouté le rapport sur le projet, fait par le comité qui veille au respect du plan d’aménagement. Puis nous, en tant que peuple maseual, avons décidé de mettre un terme à cette construction, de façon populaire et définitive. Immédiatement après, tous ceux qui participaient à l’assemblée, nous nous sommes dirigés vers le terrain où on prétend construire la sous-station, nous l’avons occupé et nous organisons des quarts de garde pour empêcher la poursuite des travaux. Et ça continue comme ça ! Les volontaires de garde, nous apportons notre casse-croûte avec nous et des familles apportent aussi de la nourriture. Nous avons construit une petite cabane en bambou où on fait des présentations et des discussions. Jusqu’à ce jour, les autorités municipales n’ont pas osé interrompre une action qu’elles savent appuyée par un grand nombre de citoyens dans cette municipalité très majoritairement maseual.

Samedi le 10 décembre, Journée Internationale de la Terre-Mère, nous avons voulu montrer l’essence de notre lutte pour la vie, grâce à l’action symbolique la plus forte qui existe pour nous, le peuple maseual : nous avons semé du maïs, ce maïs de printemps que nous appelons tonalmil, « maïs du soleil ». En plus de ceux qui font les tours de garde dans le camp, dorénavant les esprits gardiens du maïs protégeront aussi nos semis jusqu’à la récolte en août, et protégeront aussi la terre, consacrée par cette semence. À cette occasion, nous nous sommes souvenus qu’il y a plus de deux cents ans, nos ancêtres maseual ont fait la même chose pour défendre nos terres communales qu’un grand propriétaire voulait leur enlever ; ils ont semé un grand champ de maïs à Xocoyolo. La lutte a été dure, mais, à cette occasion comme à bien d’autres, nous avons réussi à conserver notre territoire.

NOUS ADRESSONS CE MESSAGE À TOUS LES PEUPLES AUTOCHTONES QUI LUTTENT COMME NOUS POUR LA DÉFENSE DE LEURS TERRITOIRES CONTRE DES MÉGAPROJETS MINIERS, HYDROÉLECTRIQUES OU PÉTROLIERS, AFIN QU’ILS NOUS MANIFESTENT LEUR APPUI.

Au nom du peuple maseual

ALTEPE TAJPIANIJ (« LES GARDIENS DU TERRITOIRE »)

(Vous pouvez envoyer vos messages d’appui à l’adresse électronique suivante : altepetajpianij@gmail.com)

***********************

Pour en savoir plus:

Texte de Pierre Beaucage, Leonardo Durán Olguín, Ignacio Rivadeneyra Pasquel :

en espagnol:  la-lucha-y-la-fiesta_sierra-norte

en français: la-lutte-et-la-fete-sierra-norte

 

 

Séminaire « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones » – Séance 3, 12/01/2017

Intervenants

–Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS, anthropologue (IIAC/LAIOS-EHESS)

–Claire Charters, Professeure de droit international, Auckland University, conseillère du président de l’Assemblée générale des Nations unies pour le renforcement de la participation des peuples autochtones dans les Nations unies

–Veronica Gonzalez Gonzalez, sociologue (CONACYT/LAIOS)

–Alexandra Xanthaki, professeure en droit (Brunel University, Londres)

 

Sogip

Nous avons le plaisir de vous inviter à la troisième séance pour l’année 2016-2017 du séminaire

Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones

organisé par Irène Bellier (IIAC/LAIOS) et Veronica Gonzalez (CONACYT/LAIOS)

12 janvier 2017 de 9h à 13h, salle du Conseil A, bât. Le France, 190, av. de France 75013 Paris

Séance 3 : La participation des représentants autochtones aux affaires qui les concernent : un enjeu politique ou une question de procédure ?

Les Nations unies représentent l’arène politique où les discussions et les avancées concernant les peuples autochtones ont été les plus abouties. La collaboration de cette organisation avec le mouvement autochtone transnational a été indispensable pour induire, depuis cinquante ans, des effets de reconnaissance des droits de ces collectifs aux quatre coins du monde. Les outils élaborés à son sein ont eu des effets indiscutables pour la gouvernance des « affaires autochtones » en ouvrant la voie…

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Hommage à Rodolfo Stavenhagen – 7 novembre 2016

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Sogip

Rodolfo Stavenhagen nous a quittés, le 5 novembre 2016. Il nous laisse dans la tristesse, et dans la conscience qu’il est possible de s’engager pour un monde où tous les mondes peuvent s’exprimer. Pour un monde où la liberté de pensée cohabite avec le respect des différences culturelles, où les citoyens sont égaux aux citoyennes, où les peuples autochtones sont reconnus à leur juste place.

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Site Web SOGIP : Actualités

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Sogip

  • Séminaire SOGIP « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones »  2016-2017.sogip

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, Paris. Ouvert à tous.

Dates des séances :

10 novembre 2016 : Autour de l’ouvrage « Les indiens d’Amazonie face au développement prédateur. Nouveaux projets d’exploitation et menaces sur les droits humains » (GITPA / L’Harmattan, 2015).

8 décembre 2016 : Territoires autochtones et cartographie mondiale.

12 janvier 2017 : la participation autochtone au sein des Nations unies aux affaires qui les concernent.

9 février 2017 : Peuples autochtones, musées et circulation/restitution des objets.

9 mars 2017 : Contrastes contemporains en matière de justice et de droits des peuples autochtones : le déplacement forcé des populations ; la Déclaration américaine des droits des peuples autochtones.

30 mars 2017 : Quelle éducation pour les peuples autochtones ? Rencontre autour de deux ouvrages parus en 2016.

Plus d’informations : http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article632

 

  • Conférence finale…

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Publication du dossier « Éducations autochtones contemporaines »

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Les Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs viennent de publier le dossier « Éducations autochtones contemporaines » (n. 15) coordonné par Marie Salaün et Bruno Baronnet, membres du réseau de recherche « Peuples autochtones » au sein de l’Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie (AFEA).

Ce dossier rassemble dix textes anthropologiques sur des expériences actuelles en Namibie, au Canada (Québec et Nunavik), au Mexique, en Equateur, au Pérou, au Brésil, en Guyane française,  en Nouvelle-Calédonie et à Hawai’i.

Dossier : Éducations autochtones contemporaines

Le dossier est en ligne sur Revues.org : http://cres.revues.org/2861

Commande par voie postale : revue.cres@yahoo.fr 

Contrat doctoral à l’EHESS : « Droits des peuples autochtones »

Formation EHESS : Anthropologie sociale et ethnologie

Thème de recherche : Droits des peuples autochtones

Unité de recherches : LAIOS    /     Site : Paris Ecole doctorale : ED 286

Directrice de thèse : Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS, en Anthropologie politique

Thème de la thèse : La mise en œuvre des droits des peuples autochtones (pueblos indigenas/indigenous peoples) : institutions de gouvernement (propre, hybride, étatique), usages du territoire, justice.

situacao-atual-dos-indios-no-brasilZone au choix : Afrique ; Amériques Nord, Centre ou Sud ; Asie ; Océanie ; Territoires français d’Outre-Mer

En 2007, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007) définissait un nouveau cadre de prise en considération des situations sociales, économiques, culturelles, politiques et juridiques des sociétés locales identifiées comme « peuples autochtones » (aboriginal ; originarios ; sheduled tribes, etc), selon des terminologies certes distinctes selon les pays mais qui précisent cette expression qui fonctionne comme «catégorie politique relationnelle» (Bellier, 2013). Au cœur du dispositif de reconnaissance en égalité de droits et d’émancipation, se pose la question des rapports au territoire et des institutions de gouvernement des collectifs autochtones, par lesquelles leurs représentants peuvent participer à la prise de décision sur les affaires les concernant ou exercer leur droit à l’autodétermination dans une pluralité de situations, qui n’engagent pas nécessairement la séparation de l’État. L’adoption, en 2014, d’un Plan d’action global à l’échelle du système des Nations unies met à l’agenda des pays concernés la définition de Plans d’action nationaux. Simultanément, dans le contexte de la globalisation actuelle, des pressions contradictoires s’exercent sur les territoires réclamés ou attribués aux communautés autochtones, dont l’exploitation est convoitée par des acteurs miniers ou agro- industriels. Cela ouvre un nouveau champ de réflexions sur les articulations entre justice sociale, justice spatiale, justice climatique

On assiste à différentes formes de reconstruction culturelle et d’affirmation des institutions autochtones parallèlement à l’énoncé de nouvelles conditions pour leur participation aux affaires nationales et internationales. Cela ouvre plusieurs perspectives de recherches en anthropologie sur l’entrée en politique, les usages du politique et du droit par les peuples autochtones, la décolonisation des systèmes de gouvernement, l’émergence de nouvelles élites, le leadership féminin, la transformation des organisations sociales, la circulation des discours, des expériences et des pratiques.

La thèse analysera dans une perspective d’anthropologie politique, ouverte au droit (droit international, droits de l’homme, droits des peuples autochtones), les redéfinitions des organisations sociales, politiques, institutionnelles en regard de l’histoire, de l’arrivée de nouveaux acteurs (sur les territoires locaux et dans le champ des droits des peuples autochtones), des situations de conflit qui se traduisent par une criminalisation des mouvements sociaux ou par la mise en place de formes de justice alternative. Le/a candidat(e) s’intéressera aux mécanismes du marché et à la nature des protections légales sur le territoire (in/sécurité juridique ou alimentaire) ; à la mise en œuvre des processus de consultation en vue d’obtenir le consentement libre, préalable et informé des populations concernées ; aux situations de négociation avec les autorités étatiques ou régionales et avec les industriels ; à la place qui y est faite aux représentants autochtones, et aux jeux politiques internes qui en découlent.

Le travail sera réalisé sur la base d’enquêtes de terrain solides, reliant les échelles locales, nationales et globales, dans un pays ou un peuple déterminé et autour d’une problématique de recherche.

Mots-clés : institution de gouvernement, consultation, consentement, participation ; relation au territoire ; lutte politique ; acteurs transnationaux

Informations pratiques : Cette thèse sera inscrite à l’EHESS, Paris. Au sein du LAIOS, elle sera dirigée par Irène Bellier, anthropologue spécialiste des questions relatives aux droits des peuples autochtones. Une codirection interne à EHESS, ou une cotutelle avec une autre université peut être envisagée. La thèse requiert une connaissance de la langue du pays et possiblement de celle des populations autochtones étudiées. Dans la perspective d’enquêtes de terrain approfondies, une connaissance préalable de celui-ci sera appréciée.Le contrat doctoral aura une durée de trois ans, débutant en octobre 2016 La rémunération mensuelle sera de : 1684,93€ (brut)

  • –  Le/a candidate sera titulaire d’un master 2 en anthropologie ou en sciences sociales, et présenter un vrai intérêt pour les questions juridiques et politiques.
  • –  Le dossier de candidature doit être transmis à Irene Bellier (ibellier(at)ehess.fr) : jusqu’au 15 juillet 2016, et comprendre

o Une lettre de motivation
o Si possible le mémoire de master 2, incluant un résumé
o Un CV, incluant les données de contact à distance (mail et skype)
o Une proposition de recherche doctorale incluant une bibliographie indicative

  • –  Le dossier peut être rédigé en Français, Anglais ou Espagnol.
  • –  Après entretien, le dossier complet sera adressé à la formation doctorale qui sélectionnera la meilleure proposition.

Nouvel ouvrage sur l’éducation dans les villages du peuple San de Namibie

Jennifer Hays vient de publier Owners of Learning. The Nyae Nyae Village Schools over Twenty-Five Years (2016). Un résumé du livre est disponible sur le site de Basler Afrika où l’on peut acquérir l’ouvrage.

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Jennifer Hays est professeure de l’Université de Tromsø (The Arctic University of Norway) et travaille depuis 1998 avec les autochtones du peuple San, également appelés les Bushmen ou au Botswana, Basarva, par les non-San. En général, les communautés préfèrent utiliser le nom de leur propre groupe. Dans ce livre, Jennifer utilise le terme Ju|’hoansi lorsque elle se réfère au groupe linguistique. 
Sa thèse de doctorat en anthropologie (State University of New York
, 2007) examine les questions liées à la transition des enfants et les jeunes des 
Nyae Nyae Ju|’hoansi au système d’éducation formel. Ses publications récentes et
domaines de recherche explorent les questions liées aux droits des autochtones 
et à l’éducation, les savoirs autochtones, et les droits à la terre ainsi que
 les moyens de subsistance économique. Membre de l’équipe SOGIP.

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Cliquer ici pour voir ce flyer en format pdf (réduction de 20% avant le 30 juin)

Quand l’identitaire chasse le politique: les droits ancestraux en droit constitutionnel / Canada, Argentine, Chili

Dialogue des Amériques

Conférence organisée par l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine et la Chaire d’études du Québec contemporain, Paris 3 – Université de Montréal.

Intervenants :

Jean Leclair, professeur titulaire, Faculté de droit, Université de Montréal.

Leslie Cloud, juriste, spécialisée en droits de l’homme, droit d’asile et droit international des peuples autochtones.

Modérateur :

Philippe Faucher, professeur de science politique, Université de Montréal, titulaire de la chaire Québec contemporain en France.

Amphithéâtre de l’IHEAL (1er étage) – 28 rue Saint-Guillaume 75007 Paris- Stations de métro : Rue du Bac (12), Sèvres-Babylone (10) ou Saint-Germain-des-Prés (4).

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles et inscription obligatoire à l’adresse suivante : evenements-iheal@univ-paris3.fr

Source: Agenda IHEAL-Université de Paris

leclairv20Jean Leclair, professeur titulaire, Faculté de droit, Université de Montréal.

Cette conférence abordera la question constitutionnelle et son rôle structurant sur la dynamique politique canadienne (aussi bien au niveau fédéral que provincial ou même municipal). Après une brève explication de ce qui distingue le rapport entre peuples autochtones et allochtones, du rapport entre Canadiens et population immigrante (ce que l’on appelle souvent le rapport de nation à nation vs les accommodements raisonnables), cette conférence soulignera l’extraordinaire complexité d’un rapport dit de « nation à nation » où interagissent la nation canadienne et quelques 620 Premières nations, et ce, dans le contexte d’un État fédéral qui compte aussi des provinces.

Spécialiste du fédéralisme le professeur Leclair a rédigé plusieurs études sur la gestion de l’environnement dans la structure fédérale canadienne et sur les fondements constitutionnels du bijuridisme canadien. Jean Leclair s’intéresse depuis plus de dix ans à la question de la (re)configuration des rapports politiques entre peuples autochtones et gouvernements, mais également à leur reconfiguration au sein même des communautés autochtones.

Du droit des gens aux droits des peuples autochtones, limites et défis d’une reconnaissance constitutionnelle au Chili et en Argentine.

arton36-75ff0Leslie Cloud, juriste, spécialisée en droits de l’homme, droit d’asile et droit international des peuples autochtones.

Plusieurs décennies après les indépendances chilienne et argentine, le droit des gens, l’ancêtre du droit international continuait de régir les relations entre certains peuples autochtones et les jeunes Républiques. Une fois conquis militairement les territoires autochtones autonomes, ces deux États vont engager tout au long du XXème siècle des processus d’internalisation, visant à réduire ce rapport inter-national à une relation de dépendance nationale. Après avoir présenté dans une perspective comparative et historique, les mécanismes de nationalisation de la question autochtone au Chili et en Argentine, nous nous intéresserons aux obstacles constitutionnels et aux stratégies légales et juridictionnelles mises en place par ces deux États pour empêcher la reconnaissance d’un droit à l’autodétermination des peuples autochtones dans la perspective d’un rapport de nation à nation.

Leslie Cloud mène actuellement un doctorat en droit public à l’IHEAL, Université Paris III. Sa recherche doctorale porte sur les défis de l’État chilien face aux droits des peuples autochtones où elle interroge les limites de l’État de droit dans un contexte de pluralisme juridique et prône la nécessité d’une interprétation interculturelle des droits de l’homme. De 2010 à 2014, elle a participé au programme de recherche comparative SOGIP (LAIOS-EHESS) sur les échelles de la gouvernance et les droits des peuples autochtones. Leslie est membre du Réseau thématique de recherche Peuples Autochtones au sein de l’Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie.

Autour de la langue maya et Whatsapp, avec Hilario Chi Canul, linguiste et traducteur du Yucatan (Mexique)

Dans le cadre de la venue d’Hilario Chi Canul à Paris,  nous avons le plaisir de vous inviter à une conférence le 22 mars 2016, à 19h à l’INALCO (65 rue des Grands Moulins):

U jóok’ol t’aan / La salida del habla : apprentissage, socialisation et nouvelles dynamiques des langues amérindiennes – le cas du maya

ainsi qu’à la journée d’étude FABRIQ’AM, le 31 mars, 105 Boulevard Raspail : 
Du hip hop à Whatsapp : nouvelles formes de communications chez les Amérindiens
Le programme de cette journée d’étude internationale est en ligne sur le site du Groupe d’enseignement et de recherche sur les Mayas et la Mésoamérique
 
Hilarihilarioo Chi Canul est un linguiste maya de la péninsule du Yucatan et titulaire d’une maîtrise en ethnolinguistique au sein du programme PROEIB Andes à Cochabamba en Bolivie. Retourné au Mexique, où il est professeur de maya à l’université du Quintana Roo, il a développé des travaux de recherche en anthropologie linguistique ainsi que des expériences pédagogiques pour la revitalisation du maya yucatèque de l’intérieur: dans les maisons, entre les générations, et via les nouveaux media. Hilario Chi Canul est également très actif sur la scène de diffusion régionale et internationale du maya. Il a travaillé comme traducteur et coach de maya yucatèque dans plusieurs  productions filmiques, notamment Apolcalypto de Mel Gibson. Il a participé à l’élaboration du scénario de la première telenovela en maya Baktun, où il incarne à l’écran le protagoniste principal. Il anime WasK’oop, un groupe whatsApp international en maya où échangent de nombreux migrants mayas yucatèques des Etats-Unis et locuteurs d’horizons proches et lointains.
Hilario a récemment traduit en langue Maya le livre Max et le Maximonstre.
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Plus d’information : Valentina Vapnarsky, Directrice du Centre EREA du LESC (CNRS & UPO), tel: 01 46 69 26 06

 

Appel à communication Figures de l’autochtonie – JE CANTHEL 7 juin 2016

Appel à communication

Figures de l’autochtonie

Journée d’étude du CANTHEL « Jeunes chercheurs »,

coordonnée par Marie Salaün 

7 juin 2016, Université Paris Descartes, Sorbonne-Paris-Cité.

En français, le terme « autochtonie » est nimbé d’un brouillard sémantique. Le terme « autochtone » désigne, étymologiquement, celui qui vient de la terre même (du grec autos/khthôn). L’autochtonie engage la définition de l’altérité, et chaque société semble éprouver ce besoin de marquer la distinction entre ceux qui sont d’« ici » en opposition à ceux qui viennent d’ailleurs, les allochtones. Si les critères sur lesquels s’établit la frontière varient d’une société et d’une époque à l’autre, la catégorie n’en est pas moins universelle, mobilisée par le groupe majoritaire comme ressort d’une légitimité fondée sur une antériorité d’occupation. Cette forme universelle de rapport politique est à l’oeuvre dans la notion de « capital d’autochtonie » entendu comme ensemble de ressources symboliques liées à la reconnaissance de l’appartenance à un territoire particulier, mais aussi en filigrane des débats autour de la possibilité d’une « identité nationale » ou des discours des mouvements politiques populistes, quand elle n’est pas au principe de pratiques génocidaires.

5x4xjgpzDans le même temps, « autochtone » est le terme qui a été choisi pour traduire en français indigenous/indígena dans le droit international consacré en 2007 par l’adoption d’une Déclaration sur les droits des peuples autochtones à l’ONU, le terme « indigène » renvoyant trop explicitement au statut, en droit colonial, des populations assujetties exclues du bénéfice de la citoyenneté dans l’empire colonial français. Si le principe de l’antériorité d’occupation d’un territoire est là aussi au fondement de l’affirmation d’une légitimité, là s’arrête la comparaison avec la première acception du terme. Alors que dans son sens grec l’autochtonie est mobilisée par un groupe majoritaire pour définir sa relation aux minorités, elle engage ici les contours d’une catégorie légale qui correspond à un ensemble de minorités démographiques ou sociologiques particulières, marginalisées par le fait colonial aux plans politique, économique, culturel, et qui demandent réparation.

La question de l’autochtonie, au-delà de ce flou sémantique, est difficile à penser en sciences sociales. Parce qu’il essentialise la différence, naturalise les clivages sociaux et déshistoricise, l’argument autochtoniste est à la fois un objet privilégié pour ceux qui entendent mettre au jour la dimension processuelle de la construction des identités et un objet piégé, car la mise au jour des manipulations auxquelles donne lieu la mobilisation de la notion a nécessairement une portée éthique.

Cette journée d’études organisée par le CANTHEL (Centre d’anthropologie culturelle de l’Université Paris Descartes), se propose de réunir des contributions de jeunes chercheurs et chercheuses (doctorants/jeunes docteurs/postdoctorants) qui explorent, depuis leurs enquêtes empiriques respectives, la notion d’autochtonie d’un bout à l’autre de ce continuum sémantique.
Le premier axe de questionnement interroge le sens grec de la notion. En quoi la « crise des migrants » engage-t-elle une redéfinition du rapport autochtones/allochtones en Europe aujourd’hui ? Quelle place pour ce rapport dans l’argumentaire moral autour de la notion d’identité nationale ? A l’heure des réflexions sur les conditions de la nationalité française, quid de la consubstantialité du sol et du soi ?
Le second axe interroge la notion au sens onusien. Jusqu’où peut-on dire que la reconnaissance des « peuple autochtones » marque l’avènement d’interactions postcoloniales marquées par des transactions hégémoniques radicalement nouvelles ? Les principes de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones définissent-ils en pratique, là où ils sont appliqués voire là où certains aspirent à ce qu’ils le soient, une nouvelle condition indigène du 21ème siècle ? Dans quelle mesure le « capital d’autochtonie » rendu possible par le droit international infléchit-il désormais les stratégies de reconnaissance des peuples et États concernés ?

Modalités de soumission
Les propositions de communication seront envoyées sous la forme d’un résumé d’environ 300 mots accompagné d’une courte biographie, à l’adresse suivante : marie.salaun@parisdescartes.fr

Calendrier
Date de clôture de l’appel : jeudi 31 mars 2016
Retour des avis : jeudi 14 avril 2016
Journée d’étude : mardi 07 juin 2016, au Centre universitaire des Saints-Pères, 45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris.

Poste de professeur-e en études autochtones

PROFESSEURE OU PROFESSEUR EN SOCIOLOGIE (ÉTUDES AUTOCHTONES)

Poste menant à la permanence

Le Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais sollicite des candidatures en vue de pourvoir à un poste de professeur en études autochtones.

La personne recherchée est titulaire d’un doctorat en sociologie ou dans une discipline connexe et est spécialisée dans les études autochtones dans une perspective de développement territorial. Les domaines de recherche privilégiés sont : la gouvernance territoriale, la gestion des ressources naturelles, la migration autochtone et les rapports de genre. Une expérience de recherche sur le terrain sera également considérée comme un atout.

La personne dont la candidature sera retenue fera preuve d’une perspective critique en études autochtones et elle reconnaîtra la pluralité des approches théoriques et méthodologiques au sein du champ des études autochtones. Cette personne montrera également une sensibilité aux dimensions historiques, culturelles, sociales et politiques dans ses travaux et sera disposée à œuvrer au sein d’une équipe multidisciplinaire en sciences sociales. Cette personne devra avoir un programme de recherche actif en études autochtones tant au niveau national qu’à l’international, posséder une bonne expérience d’enseignement de niveau universitaire, ainsi que des aptitudes à l’encadrement d’étudiants à tous les cycles. Elle devra également faire preuve d’une très bonne connaissance de la langue française écrite et orale.

Traitement : Selon les dispositions de la Convention collective

Site de travail : Gatineau

Entrée en fonction : le 1er mai 2016 ou selon toute entente à cet effet avec l’Université

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur candidature accompagnée d’un curriculum vitae détaillé, des attestations d’études pertinentes et de trois lettres de recommandation avant 16 h 30 le 12 février 2016, à l’attention de :

Monsieur Martin Robitaille, directeur
Département des sciences sociales
Université du Québec en Outaouais
Case postale 1250, succursale Hull
Gatineau (Québec) J8X 3X7

Courriel : martin.robitaille@uqo.ca
Téléphone : 819 595-3900 (2614)
Télécopieur : 819 595-2384

Conformément aux exigences relatives à l’immigration au Canada, ces postes sont offerts en priorité aux citoyens canadiens et aux résidents permanents. L’Université du Québec en Outaouais souscrit aux programmes d’accès à l’égalité en emploi et d’équité en matière d’emploi, et invite les femmes, les membres des minorités visibles, des minorités ethniques, les autochtones et les personnes handicapées à présenter leur candidature.

Plus d’informations : http://uqo.ca/docs/9369

« El cambio »: un documentaire sur les 10 ans d’Evo Morales au pouvoir en Bolivie

Un documentaire sur les 10 ans de Morales au pouvoir en Bolivie est en préparation.

 

Des Andes à l’Amazonie, des boliviens de toutes origines racontent les années Morales. Une enquête sur les réussites et les ratés du « Mouvement vers le Socialisme » (MAS).
Réalisé par P.A. Dominguez et A. Chaparro, ce film est une
autoproduction.Une campagne de financement participatif vise à réaliser le montage, dernière étape du projet.

Les pages Facebook et Twitter du documentaire proposent un suivi des actualités sur la Bolivie.

 

Dossier: L’isolement volontaire des amérindiens en débat. A propos des Mascho-Piro d’Amazonie péruvienne

Depuis quelques mois, le Pérou redécouvre que ses forêts abritent des populations amérindiennes parmi les plus isolées de la planète. De la région du Madre de Dios, non loin de la frontière brésilienne, nous viennent des clichés et vidéos saisissants de membres de l’ethnie Mashco-Piro, laquelle vit dans une situation d’isolement volontaire depuis plusieurs décennies.

Carte

Carte du Madre de Dios. Source : Direccion Nacional Técnica de Demarcacion Territorial

Photo 1

Photo 1. Crédits : Fenamad

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Photo 2. Crédits : Diego Cortijo/Survival International

Photo 3

Photo 3. Crédits  Ron Swaisgood

En 2014, plus de 70 contacts visuels ont été enregistrés avec des Mashco-Piro. L’invasion spectaculaire de la communauté de Monte Salvado, par près de 200 d’individus à la recherche de nourriture et d’objets, à été largement relayée par les médias.

Une vidéo prise en 2015 montre un groupe à l’approche d’un village : https://www.youtube.com/watch?v=y5LUxzgkIeo

La Fédération indigène locale, la FENAMAD, diffuse également des images d’un groupe sur les rives du Madre de Dios, interpellant le cameraman de l’autre coté:

En mai 2015, la mort de Leonardo Perez, un jeune Matsiguenga assassiné dans son village par un groupe de Mashco-Piro, suscite une vive émotion nationale :

Reportage télévision péruvienne Cuarto Poder (juin 2015): https://www.youtube.com/watch?v=TisT06zkrRg

Article paru dans El Pais (juin 2015)

Article paru dans National Geographic (Octobre 2015)

L’isolement des Mascho-Piro dans l’histoire

Du fait de leur isolement, on sait peu de chose sur les Mashco-Piro. Leur langue est proche du Piro (langue appartenant à la famille linguistique Arawak), tout en présentant des différences importantes.

 Il est néanmoins établit que la région du Madre de Dios constitue leur berceau historique. Les premiers missionnaires à s’établir dans la zone cohabitèrent avec eux de manière relativement pacifique. Mais l’exploitation du caoutchouc, marquée par l’expédition sanglante de Carlos Fitzcarraldo en 1894, allait bouleverser ce climat. L’arrivée du grand « baron » péruvien du caoutchouc se solde par le massacre de centaines d’amérindiens. L’épisode est d’ailleurs relaté dans un film de Werner Herzog ; « Fitzcarraldo » (1982).

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Photo 4. Klaus Kinsky dans le rôle de « Fitzcarraldo », de Werner Herzog (1982)

Pour fuir l’asservissement des exploitants de caoutchouc, les Mashco-Piro optent alors pour l’isolement volontaire et le nomadisme comme stratégie de survie. Plus d’un siècle après ces évènements, on ignore aujourd’hui combien ils sont.

Toutes ethnies confondues, le Ministère de la Culture avance néanmoins le chiffre de 5000 amérindiens en situation d’isolement volontaire ou de contact initial en Amazonie péruvienne. Parmi eux, tous ne pratiquent pas le même degré d’isolement, et l’on parle parfois de contacts « sporadiques » ou « initial ».

Il arrive que des avertissements, comme deux flèches plantées dans le sol en position de croix, signalent aux étrangers de rester à l’écart de certaines zones.

Photo 5

Photo 5. Crédits : Marek Wolodzko/AIDESEP

Dans les années 2000, différents dispositifs de lois internationaux (via l’ONU notamment) et nationaux (loi de 2006) sont développés pour protéger les populations en isolement volontaire et en contact dit « initial ». Ces dispositifs font du respect inconditionnel de l’isolement une garantie du droit à la vie et à l’autodétermination de ces populations.

Mesure de « contact contrôlé »

Face à la « crise » récente des Mashco-Piro dans le Madre de Dios, le gouvernement péruvien propose, en juillet 2015, d’entreprendre des contacts avec plusieurs membres de l’ethnie.

La vice-ministre de la culture, Patricia Balbuena, justifie cette mesure en expliquant que la politique de non-contact n’était plus tenable vis-à-vis de certains Mashco-Piro. Elle dit vouloir « comprendre leurs inquiétudes », afin d’éviter les tensions avec les villages, et de prévenir les épidémies auxquelles ils sont particulièrement exposés.

La vice-ministre emploie alors le terme de « contact contrôlé », qui provoque un vif débat au Pérou comme à l’étranger. Plusieurs évoquent les politiques de contacts forcés avec les populations isolées, pratiqués au Brésil par la Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI) dans les années 1970.

Un compte-rendu de la conférence de presse de la vice-ministre Patricia Balbuena est disponible.

Peu après, une résolution ministérielle dresse les grandes lignes d’un protocole d’urgence vis-à-vis des Mashco-Piro. Le document vise à clarifier la « isolement volontaire » et ses différentes formes.

Protocole d’urgence face aux populations en isolement (juillet 2015)

Le 5 août 2015 enfin, un plan d’urgence pour la prise en charge des indigènes Mashco-Piro est adopté. Le document décrit avec plus de précisions les équipes impliquées dans le le projet, leurs prérogatives, un calendrier des activités et ses budgets, etc.

Plan d’urgence pour l’attention des indigènes Mashco-Piro (août 2015)

Les risques du contact

Plusieurs fédérations indigènes, notamment l’AIDESEP, jugent l’initiative du gouvernement particulièrement dangereuse pour la survie des Mashco-Piro. Un article de Survival fait état de ces critiques.

Les amérindiens isolés sont en effet extrêmement vulnérables face aux maladies infectieuses et virales. Les épidémies sont particulièrement difficiles à endiguer à cause des difficultés d’accès aux zones de contact, du manque de compréhension de la médecine occidentale de la part des indigènes, ou encore de la tendance des groupes malades à se déplacer pour retrouver de la famille. On estime que le délai d’immunisation face aux maladies exogènes est de 4 à 5 générations.

Les effets psycho-sociaux liés aux épidémies sont également très importants. L’impact massif des maladies a parfois provoqué une profonde démoralisation de l’ensemble du groupe, et le rejet des soins.

Plusieurs anthropologues ont également critiqué l’initiative de contact envisagée par l’Etat.

Frederica Barclay qualifie l’initiative de « dangereuse », étant donné les risques d’épidémie.

Beatriz Huertas Castillo dénonce l’avancée des frontières extractives en Amazonie à l’origine des sorties récentes des Mashco-Piro, et l’urgence de protéger leurs territoires.

Bibliographie sur les Mashco-Piro et les populations en isolement volontaire

L’anthropologue Glenn Shepard a consacré plusieurs articles aux Mashco-Piro :

. « Close Encounters of the Mashco kind: Fatal attack by an isolated indigenous group in Peru », janvier 2012:

. « Mashco Piros on the Verge : Missionaries, human safaris, head-ball and a tale af two contacts », septembre 2014.

. Voir aussi l’interview (en français) de Glenn Shepard dans le numéro 276 de la revue Sciences Humaines (décembre 2015).

L’anthropologue péruvienne Beatriz Huertas Castillo a écrit plusieurs ouvrages sur les populations en isolement volontaire au Pérou :

. Los Pueblos Indígenas en Aislamiento. Su Lucha por la Sobrevivencia y la Libertad, IWGIA, n°36, 2002.

. Despojo territorial, conflicto social y exterminio. Pueblos indígenas en situación de aislamiento, contacto esporádico y contacto inicial de la Amazonia Peruana, IWGIA, Informe 9, 2010.

L’anthropologue suédoise Pirjo Kristiina Virtanen a écrit un article en français sur les amérindiens isolés à la frontière Pérou-Brésil :

. « Vivre isolé pour rester en vie : la frontière Pérou-Brésil », Journal de la société des américanistes, tome 96, n°1, 2010.

 

[1] Version abrégée d’un article paru dans la revue Sciences Humaines (n°276, décembre 2015), intitulé : « Tribus d’Amazonie : la fin de l’isolement ? ».

VISEUR. Semaine du cinéma documentaire mexicain” du 25 Novembre au 1er Décembre 2015 à Paris

Avec une vaste production qui correspond à l’univers de chaque réalisateur, le documentaire mexicain connaît un véritable renouveau, et nous souhaitons le mettre à l’honneur en France, troisième pays producteur de documentaires.

Cette année nous présenterons 5 longs-métrages documentaires contemporains et une rétrospective au réalisateur Pedro González Rubio. Les séances d’ouverture et de clôture seront suivies d’un cocktail.

Sélection Officielle:

« Navajazo » (Coup couteau) de Ricardo Silva, Mexique-France – 2013 – 75min – VOSFR

« Carmita » de Laura Amelia Guzmán, Israel Cárdenas, México – 2013 – 80min – VOSFR »

« Los reyes del pueblo que no existe » de Betzabé García, Mexique – 2015 – 90min – VOSFR »

« Lecciones para una guerra » de Juan Manuel Sepúlveda, Mexique – 2011 – 112min – VOSFR »

« Café. Cantos de humo » de Hatuey Viveros Lavielle, Mexique – 2014 – 80 min – VOSFR »

Weekend du doc: *En présence du Réalisateur

« Toro Negro » de Pedro González Rubio, Mexique – 2005 – 85min – VOSFR

« Alamar » de Pedro González Rubio, Mexique – 2009 – 73min – VOSFR

« Inori » de Pedro González Rubio, Japon – 2012- 72min – VOSFR

« Ícaros » de Pedro Gonzalez Rubio, México-Francia- 2015 – 53min VOSFR

Venez-découvrir de documentaires mexicains!

Réservations: contact@viseur.org

Tarfi: 4e / 6e UGC accepté au cinéma Christine 21.

www.viseur.org

Facebook: Viseur

Twitter: @FestivalViseur

Retrouvez les synopsis et bandes-annonces dans la section Cinéma de notre blog!

GITPA : mission d’information sur les Maasaï au Kenya et en Tanzanie

Kenya

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Les Maasaï sont originaires du Sud-Soudan et sont présents au Kenya (provinces de l’Est, centrale et de la Rift Valley) et la Tanzanie (provinces du Nord et du Centre), habitant la grande vallée du Rift, essentiellement sur les plateaux mais aussi sur les pentes des escarpements et sur les flancs de certains reliefs volcaniques. Ils sont 377 000 au Kenya et 452 000 en Tanzanie (1,7 et 1,3% de la population totale.)*

Depuis l’ère coloniale, les Maasaï ont été dépossédés d’une partie importante de leurs terres traditionnelles, soit par des fermiers privés, soit dans le cadre de plans gouvernementaux ou de création de parcs nationaux. Les gouvernements tanzanien et kenyan ont, en effet, tenté de mettre en place des projets de développement visant à modifier les modes de vie traditionnels des Maasaï et à les sédentariser afin qu’ils respectent les frontières. Ces tentatives se sont soldées par un appauvrissement généralisé des populations maasaï, qui jusque là géraient efficacement leur bétail et par une émigration urbaine.

Depuis 1993, des mouvements s’organisent pour faire cesser les ventes ou les accaparements de terres maasaï au Kenya et Tanzanie, pour participer à l’administration des parcs et zones de conservation, pour préserver les sites sacrés.

* Source : L’Aménagement linguistique

Du 16 au 29 novembre 2015, Patrick Kulesza, directeur exécutif du GITPA, réalisera
une Mission d’information au Kenya et Tanzanie consacrée à la situation du peuple maasaï.

La mission comprendra des entretiens avec des représentants d’organisations de défense du pastoralisme et de
la société civile. Elle rencontrera des membres des centres de recherche à Naïrobi (Kenya) et Arusha (Tanzanie).
Elle visitera les aires protégées et parcs nationaux au nord de la Tanzanie ( Ngorongoro, Serengeti).

Les principaux sujets abordés seront :

– la situation du pastoralisme;
– l’impact de la création des aires protégées et parcs nationaux sur les parcours pastoraux;
– les accaparements de terres et les expulsions qui en découlent;
– certains conflits en cours : Loliondo ( réserve de chasse des Émirats arabes unis), Olkaria ( projets de géothermie).
……

La mission s’appuiera également sur les conclusions et recommandations des Rapports du Groupe de travail de la Commission de l’Union Africaine sur le Kenya (mars 2010) et la Tanzanie (février 2013).

Pour en savoir plus, consulter :

Informations sur les Maasaï sur le site du GITPA

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