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Séminaire : Après-coups de la violence au Canada et au Mexique

La prochaine séance du séminaire Perspective comparatives sur les droits des peuples autochtones portera sur les après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice): 11 janvier 2018, de 9h à 13h, salle BS1_28, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris

Après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice)

 

Edith Cloutier (Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or) et Carole Levesque (Réseau DIALOG, INRS)

« La violence envers les femmes autochtones : quels chemins de compréhension et d’action? »

À la suite de demandes répétées de la part des principales organisations de femmes autochtones du Canada devant la multiplication des cas de disparitions de femmes autochtones, le gouvernement canadien a enfin annoncé en décembre 2014 la tenue d’une enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées; cette enquête est toujours en cours. Dans la foulée, en octobre 2015, une série de dénonciations pour des situations de racisme, d’abus et d’agressions perpétrées à l’encontre de femmes autochtones de la ville de Val-d’Or faisait la une des médias nationaux et internationaux. Une seconde commission, cette fois-ci québécoise, a débuté en décembre 2016. La présente conférence fera état des contextes sociaux, politiques et juridiques ayant conduit à la mise en œuvre de ces initiatives gouvernementales et examinera les réponses et pistes d’action déjà offertes.

 

Sabrina Melenotte (LAIOS/IIAC/FMSH)

« Violences politiques et criminelles vs. justices autochtones au Mexique »

 Les chiffres officiels de la lutte contre le narcotrafic au Mexique font état de plus de 235 000 morts et 32 000 disparus depuis 2007, faisant du pays le cadre du deuxième conflit armé le plus meurtrier après la Syrie. Les autochtones en paient un lourd tribut, comme le confirme le rapport de l’ONU sur les droits des peuples autochtones de novembre 2017. Pour autant, la communication portera sur la surprenante créativité politique et les réactions citoyennes des autochtones face aux violences politiques et criminelles. Après avoir mené des recherches doctorales sur le conflit armé au Chiapas et l’organisation politique des zapatistes dans une municipalité tsotsil de la région des Hautes-Terres, je mène désormais de nouvelles enquêtes ethnographiques dans l’État du Guerrero, fortement marqué par les violences criminelles contemporaines. Ces deux États ont vu émerger des justices autochtones qui contrastent avec l’impunité régnante, et s’expriment par des expériences d’autonomie politique, de police communautaire ou de proposition d’une candidate autochtone aux élections présidentielles de 2018.

Séance suivante du 8 février 2018 :

Ré-appropriation de soi : ethnogenèse, diaspora

Diego Muñoz Azocar (post-doctorant, EHESS-Marseille) : Hau Māori Rapanui. Le chantier politique de l’île de Pâques.

Eric Glon (Université de Lille) : Ce que (re)nommer les lieux nous dit des territoires autochtones. Un exemple canadien.

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire veuillez envoyer un mail à ibellier@ehess.fr

Pour plus d’informations : consultez http://www.sogip.ehess.fr/

 

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Séminaire LAIOS 21 décembre 2017 : Irène Bellier « Conflits de savoirs et d’usages en territoire autochtone » (Colombie)

Irène Bellier « Conflits de savoirs et d’usages en territoire autochtone (Colombie) »

La prochaine séance du séminaire du LAIOS « Globalisation : normes et tensions » vous invite à voyager en compagnie de réalisateurs autochtones qui se sont emparés de la caméra pour évoquer leurs situations au Nord de la Colombie.

Jeudi 21 décembre 2017, 14h-17h

EHESS, 54 boulevard Raspail, salle AS1_08

Consacrée à la question des conflits de savoirs et d’usage, la séance s’appuiera sur la présentation du film Resistencia en la linea negra, réalisé par Amado Villafana Chaparro, Saul Gil et Sivestre Gil Salabata (2011), durée 1 :24, sous-titré en français.

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Synopsis :

Pourquoi ne pouvons-nous plus ramasser les coquillages au bord de la mer ? Pourquoi nous enlever les pierres de quartz « gardiennes » ? Pourquoi détruisent-ils les coeurs de la Mère Terre? Pourquoi nous faisons-nous assassiner ? Transgressant leurs normes traditionnelles, les autorités wiwas, koguis et arhuacas de la Sierra Nevada de Santa Marta décident de se présenter au monde. À travers un voyage révélateur, et partant d’une intimité rarement divulguée publiquement, une équipe de réalisateurs autochtones se saisit de caméras pour montrer au monde les actions que leurs autorités spirituelles – les Mamos – ont entreprises pour faire face aux graves menaces pesant sur leur territoire ancestral.

Alors que ce documentaire nous plonge au cœur de leur territoire, nous nous interrogerons sur les efforts que les peuples autochtones doivent faire pour maintenir —c’est leur responsabilité, disent-ils — l’équilibre d’une relation entre eux et avec la nature, relation fortement perturbée par des voisins encombrants (industries, militaires, narcotrafiquants, guérillas et touristes). Il invite à réfléchir sur les conflits de légalité et de rationalité, sur les conditions de possibilité de reproduire une culture vivante, avec ses formes d’organisation sociale, politique et juridique, sur la mise à distance des objets que renferment les musées nationaux et sur la nature des connaissances offertes aux touristes qui découvrent des restes archéologiques.

Cette année, le séminaire du LAIOS proposera une approche anthropologique et politique des rapports entre « normes » et « pratiques ». L’enjeu est d’éprouver sur plusieurs terrains les cadres analytiques permettant de se saisir de ces univers où les normativités sociales se superposent, s’entrecroisent, s’entrechoquent, et de comprendre le sens de ces croisements. Les travaux sur les échelles de la gouvernance ont montré l’interpénétration du global et du local, contribuant à brouiller les frontières du politique (en regard de la territorialité notamment) sans effacer leur pertinence sociale pour les sujets et les non sujets de droits. L’étude de la fabrique des normes internationales montre que le droit n’a pas pour seule fonction de réguler l’ordre social, puisqu’il peut être porteur de logiques d’émancipation tout en induisant un sens de la dépossession : ses branches – pouvant englober le droit canonique, les chartes locales ou la « coutume » – parfois s’opposent les unes aux autres par leurs logiques constructives, discursives et performatives, et peuvent aussi donner lieu à des systèmes hybrides. L’observation des controverses autour du rôle des technologies reproductives, agricoles ou numériques témoigne des rapports de force en oeuvre et des empreintes idéologiques sous-jacentes. À partir des recherches sur les questions de responsabilité (mafia, État), de rapport à la terre (paysans, peuples autochtones), de parenté (embryologie), de différentes formes d’appel à la « justice », entre autres, nous examinerons ce que « norme » veut dire dans une perspective anthropologique, prise dans une historicité et définie par des logiques d’acteurs et actrices situé.e.s.

Les savoirs autochtones : quelle place dans la gouvernance mondiale du climat ?

Prochaine séance du séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones coordonné par Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, SNI-CONACYT/IIAC-LAIOS.

Séance 2 – 7 décembre 2017, 9h-13h. Salle Maurice et Denys Lombard, 96 boulevard Raspail, 75006 Paris
Les savoirs autochtones : quelle place dans la gouvernance mondiale du climat ?

Intervenants :
arton1136-08575Jean Foyer (Chargé de recherche CNRS, Institut des sciences de la communication (ISCC) : « Objectiver les savoirs traditionnels, réenchanter la lutte contre le changement climatique »
Cette présentation explore comment la question des savoirs traditionnels des populations autochtones est entrée dans le champ de la gouvernance climatique ces dernières années en proposant une généalogie de cette « climatisation ». Cette dernière s’apparente à un processus de traduction débouchant sur des formes d’objectivation différentes, scientifisation et politisation notamment. Sur la base d’observations ethnographiques durant la COP21, on reviendra sur les trois grands récits qui lient changement climatique et savoirs traditionnels : celle du victime/héros résilient, celle de l’intégration des savoirs et enfin, celle de l’écologie sur-naturelle.

profil203Florent Kohler (Maître de conférences, Université François Rabelais et CREDA/IHEAL) : « L’intégration des savoirs autochtones dans les évaluations internationales au risque de l’essentialisation. A propos de l’IPBES, le ‘GIEC de la biodiversité’. »

L’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) a, dès son origine, montré sa volonté d’intégrer les savoirs locaux et autochtones dans les évaluations (pollinisateurs, dégradation et restauration des terres, évaluations régionales). Cette volonté est venue buter sur deux obstacles : d’abord, les stéréotypes pesant sur les visions du monde indigène, pensées comme uniformes – lien sacré, Terre-Mère, Pachamama – et ensuite la difficulté pour les ethnologues et représentants autochtones d’expliciter leurs savoirs tout en respectant les modalités et surtout les finalités d’une évaluation destinée aux politiques. Le résultat est un compromis, qui reflète aussi l’effort des scientifiques pour considérer ces savoirs comme des données à part entière : une série d’exemples ad hoc, incapables de s’extirper de la dimension locale, et le passage sous silence d’aspirations autres que le maintien des traditions et des activités ancestrales.

Présentation générale du séminaire

À la suite des travaux réalisés dans le cadre du projet ERC/SOGIP sur les échelles de la gouvernance, depuis l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus globaux ». Les changements juridiques, politiques et sociaux découlant de cet instrument international font partie des évolutions d’un ordre global sensibilisé aux problèmes des peuples autochtones. Les caractéristiques de cette nouvelle gouvernance, les consensus et les contradictions sur lesquels elle s’appuie, les accords et les résistances qu’elle rencontre, se manifestent dans les villages et les communautés ainsi que dans les « lieux » apparemment « neutres » où sont prises les décisions globales. Dans une perspective comparative et à partir d’études de cas contextualisées, nous suivons les processus de reconnaissance légale, les enjeux de développement, les conflits de territorialité, les défis dans le champ de l’éducation, de la citoyenneté et de la participation politique, les disputes dans le domaine de la culture (patrimoine, musée, tourisme, propriété intellectuelle). Nous nous intéressons aux acteurs politiques se reconnaissant autochtones (organisations et individus), à leurs prises de position dans les scénarios de gouvernance planétaire, à l’impact des méga-agents du changement (parmi lesquels les firmes transnationales, les industries extractives). Le séminaire 2017-2018 s’appuiera également sur les travaux du Groupe de recherche internationale (GDRI-JUSTIP/CNRS) coordonné par Irène Bellier.

Prochaine séance

11 janvier 2018 : Après-coups de la violence (assassinats, vérité et justice) 

Edith Cloutier et Carole Levesque (Réseau DIALOG) : La violence envers les femmes autochtones : quels chemins de compréhension et d’action? 

Sabrina Melenotte (IIAC-LAIOS /FMSH) : Violences politiques et criminelles  vs. justices autochtones au Mexique 

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire veuillez envoyer un mail à ibellier@ehess.fr. Pour plus d’informations : consultez http://www.sogip.ehess.fr/

Seminario Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones : à 10 ans de l’adoption de la Déclaration des Nations unies

Le séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones reprend ses travaux le 9 novembre, EHESS, salle BS1_28 : 54 bd Raspail 75006 Paris de 9:00 à 13:00

9 novembre 2017 Les droits des peuples autochtones, 10 ans après l’adoption de la Déclaration des Nations unies : quelles perspectives ?

Intervenants :

Irène Bellier (CNRS) : Introduction au séminaire.

Des discours aux pratiques politiques : qu’en est-il des droits des peuples autochtones ?

 

Nigel Crawhall (UNESCO) :

L’engagement de l’Afrique avec l’ONU sur les questions autochtones.

La (nouvelle) politique de l’UNESCO en regard des peuples autochtones.

 

Information générale

Séminaire coordonné par Irène Bellier et Veronica Gonzalez-Gonzalez

2e jeudi du mois de 9 h à 13 h (salle BS1_28, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2017 au 14 juin 2018. Les séances des 14 décembre et 14 juin se dérouleront en salle AS1_08

À la suite des travaux réalisés dans le cadre du projet ERC/SOGIP sur les échelles de la gouvernance, depuis l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA 2007), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus globaux ». Les changements juridiques, politiques et sociaux découlant de cet instrument international font partie des évolutions  d’un ordre global sensibilisé aux problèmes des peuples autochtones. Les caractéristiques de cette nouvelle gouvernance, les consensus et les contradictions sur lesquels elle s’appuie, les accords et les résistances qu’elle rencontre, se manifestent dans les villages et les communautés ainsi que dans les « lieux » apparemment « neutres » où sont prises les décisions globales. Dans une perspective comparative et à partir d’études de cas contextualisées, nous suivons les processus de reconnaissance légale, les enjeux de développement, les conflits de territorialité, les défis dans le champ de l’éducation, de la citoyenneté et de la participation politique, les disputes dans le domaine de la culture (patrimoine, musée, tourisme, propriété intellectuelle). Nous nous intéressons aux acteurs politiques se reconnaissant autochtones (organisations et individus), à leurs prises de position dans les scénarios de gouvernance planétaire, à l’impact des méga-agents du changement (parmi lesquels les firmes transnationales, les industries extractives). Le séminaire 2017-2018 s’appuiera également sur les travaux du Groupe de recherche internationale (GDRI-JUSTIP/CNRS) coordonné par Irène Bellier.


couverture de [NUMERO_TITRE_ABREGE]

Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone », EPHE (Paris), 7 mars 2017

Sogip

Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone » Appréhension de l’altérité et circulation de modèles classificatoires

Mardi 7 mars – Salle 115 – EPHE, 190, av de France – Paris 13e

vignette-indiens-je-7marsOrganisée dans le cadre de l’Axe 1                « Américanisation et américanité : dynamiques spatio-temporelles et enjeux multiculturels »

À partir de l’époque de la conquête, les occupants du continent américain ont fait l’objet de diverses classifications de la part des Européens. Ce processus, qui s’est accentué au cours du 19e siècle, a débouché sur la construction d’une image de l’indien qu’on peut dire générique, mais qui assume cependant des contours différents selon les projets nationaux. La journée d’étude vise à ouvrir un espace de discussion entre anthropologues et historiens, spécialistes de plusieurs pays américains, autour cette thématique à partir de quatre axes de réflexion. Tout d’abord, il s’agit d’explorer, dans une perspective comparative, la constitution de la…

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Publication SOGIP : Quelle éducation pour les peuples autochtones ?

Sogip

9782343108636rSous la direction de Irène Bellier et Jennifer Hays
Ed. SOGIP / L’Harmattan, collection Horizons autochtones.
ISBN : 978-2-343-10863-6, 28 €, 296 pages

De nombreux mécanismes internationaux sont censés garantir un droit à l’éducation pour chacun. Cependant, les peuples autochtones sont partout en lutte pour trouver une place et une voix, dans les systèmes éducatifs qui sont dessinés par les institutions dominantes pour les populations majoritaires. Certes l’éducation formelle peut donner accès aux compétences requises pour faire partie d’une société, travailler et participer à l’espace public, mais cette éducation-là est aussi associée à la disparition des cultures et des langues autochtones comme à la désuétude des savoirs traditionnels. L’éducation représente ainsi un immense paradoxe.
Partout dans le monde, les peuples autochtones se sont mis à réfléchir à l’éducation qu’ils souhaitent pour leurs enfants et à produire des savoirs sur leur propre société. Ils mettent en place des écoles et des centres…

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Solidarité avec le peuple maseual de la Sierra norte de Puebla (Mexique)

Cuetzalan, Puebla, 13 décembre 2016

APPEL À LA SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE MASEUAL DE LA SIERRA NORORIENTAL DE PUEBLA (MEXIQUE)

Version en anglais cuetz_call

Version en espagnol cuetz-_planton_esp

Dans la Sierra Nororiental de Puebla, les peuples maseual et totonakú luttons depuis plus de dix ans contre les entreprises minières et hydroélectriques. Depuis le 19 novembre, à Cuetzalan, nous, du peuple maseual, répondant à l’appel de notre organisation ALTEPE TAJPIANIJ (« les gardiens du territoire ») nous veillons à ce que la décision populaire soit respectée et à ce qu’on ne construise pas une sous-station électrique. Nous avons installé un campement, de toile et de plastique, où depuis novembre résident des dizaines d’hommes et de femmes.

Nous campons pour protester contre la décision de la Commission Fédérale d’Électricité (CFE) de construire une ligne à haute tension qui doit travers toute notre municipalité, y compris des zones densément peuplées. Cette « Ligne à haute tension de Cuetzalan – Embranchement de Teziutlan II – Tajin », doit aboutir à cette sous-station où seraient installés les transformateurs.

Dans une assemblée d’Altepe Tajpianij, en septembre dernier, nous avons appris les graves dommages à la santé que produisent les champs électromagnétiques émis par ces lignes à haute tension : un taux significativement plus élevé de leucémie chez les enfants de moins de quatre ans et aussi une plus grande incidence de la maladie d’Alzheimer pour les personnes âgées qui vivent à moins de cent mètres des lignes. La municipalité de Cuetzalan possède un Plan d’aménagement intégral élaboré par un comité de citoyens. Ce plan, qui a été adopté en 2010 par la municipalité et approuvé ensuite par le gouvernement de l’état de Puebla, interdit les mégaprojets miniers, hydroélectriques et pétroliers sur le territoire municipal. Le maire actuel s’était engagé à ne pas permettre la construction de cette ligne, mais à la fin du mois de septembre dernier, il a changé d’avis et a délivré le permis.

Au cour d’une réunion suivante d’Altepe Tajpianij, le 25 octobre, nous avons exigé que le maire respecte le plan, et sa parole, et annule le permis. Au contraire, il a organisé une assemblée, à laquelle étaient convoquées les autorités des villages, pour qu’ils approuvent la construction de la ligne. La présidente du comité qui veille à l’application du plan d’aménagement a expliqué pourquoi on ne pouvait pas continuer les travaux. Et les autorités des villages autochtones n’ont pas accepté d’appuyer un projet « sans consulter ceux qui nous ont élus ».

Sans tenir compte de la volonté populaire, l’entreprise INGETEAM, responsable de construire la sous-station, a accéléré les travaux. Le 19 novembre, nous étions plus de mille personnes rassemblées dans le chef-lieu. Nous avons écouté le rapport sur le projet, fait par le comité qui veille au respect du plan d’aménagement. Puis nous, en tant que peuple maseual, avons décidé de mettre un terme à cette construction, de façon populaire et définitive. Immédiatement après, tous ceux qui participaient à l’assemblée, nous nous sommes dirigés vers le terrain où on prétend construire la sous-station, nous l’avons occupé et nous organisons des quarts de garde pour empêcher la poursuite des travaux. Et ça continue comme ça ! Les volontaires de garde, nous apportons notre casse-croûte avec nous et des familles apportent aussi de la nourriture. Nous avons construit une petite cabane en bambou où on fait des présentations et des discussions. Jusqu’à ce jour, les autorités municipales n’ont pas osé interrompre une action qu’elles savent appuyée par un grand nombre de citoyens dans cette municipalité très majoritairement maseual.

Samedi le 10 décembre, Journée Internationale de la Terre-Mère, nous avons voulu montrer l’essence de notre lutte pour la vie, grâce à l’action symbolique la plus forte qui existe pour nous, le peuple maseual : nous avons semé du maïs, ce maïs de printemps que nous appelons tonalmil, « maïs du soleil ». En plus de ceux qui font les tours de garde dans le camp, dorénavant les esprits gardiens du maïs protégeront aussi nos semis jusqu’à la récolte en août, et protégeront aussi la terre, consacrée par cette semence. À cette occasion, nous nous sommes souvenus qu’il y a plus de deux cents ans, nos ancêtres maseual ont fait la même chose pour défendre nos terres communales qu’un grand propriétaire voulait leur enlever ; ils ont semé un grand champ de maïs à Xocoyolo. La lutte a été dure, mais, à cette occasion comme à bien d’autres, nous avons réussi à conserver notre territoire.

NOUS ADRESSONS CE MESSAGE À TOUS LES PEUPLES AUTOCHTONES QUI LUTTENT COMME NOUS POUR LA DÉFENSE DE LEURS TERRITOIRES CONTRE DES MÉGAPROJETS MINIERS, HYDROÉLECTRIQUES OU PÉTROLIERS, AFIN QU’ILS NOUS MANIFESTENT LEUR APPUI.

Au nom du peuple maseual

ALTEPE TAJPIANIJ (« LES GARDIENS DU TERRITOIRE »)

(Vous pouvez envoyer vos messages d’appui à l’adresse électronique suivante : altepetajpianij@gmail.com)

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Pour en savoir plus:

Texte de Pierre Beaucage, Leonardo Durán Olguín, Ignacio Rivadeneyra Pasquel :

en espagnol:  la-lucha-y-la-fiesta_sierra-norte

en français: la-lutte-et-la-fete-sierra-norte

 

 

Séminaire « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones » – Séance 3, 12/01/2017

Intervenants

–Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS, anthropologue (IIAC/LAIOS-EHESS)

–Claire Charters, Professeure de droit international, Auckland University, conseillère du président de l’Assemblée générale des Nations unies pour le renforcement de la participation des peuples autochtones dans les Nations unies

–Veronica Gonzalez Gonzalez, sociologue (CONACYT/LAIOS)

–Alexandra Xanthaki, professeure en droit (Brunel University, Londres)

 

Sogip

Nous avons le plaisir de vous inviter à la troisième séance pour l’année 2016-2017 du séminaire

Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones

organisé par Irène Bellier (IIAC/LAIOS) et Veronica Gonzalez (CONACYT/LAIOS)

12 janvier 2017 de 9h à 13h, salle du Conseil A, bât. Le France, 190, av. de France 75013 Paris

Séance 3 : La participation des représentants autochtones aux affaires qui les concernent : un enjeu politique ou une question de procédure ?

Les Nations unies représentent l’arène politique où les discussions et les avancées concernant les peuples autochtones ont été les plus abouties. La collaboration de cette organisation avec le mouvement autochtone transnational a été indispensable pour induire, depuis cinquante ans, des effets de reconnaissance des droits de ces collectifs aux quatre coins du monde. Les outils élaborés à son sein ont eu des effets indiscutables pour la gouvernance des « affaires autochtones » en ouvrant la voie…

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Hommage à Rodolfo Stavenhagen – 7 novembre 2016

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Sogip

Rodolfo Stavenhagen nous a quittés, le 5 novembre 2016. Il nous laisse dans la tristesse, et dans la conscience qu’il est possible de s’engager pour un monde où tous les mondes peuvent s’exprimer. Pour un monde où la liberté de pensée cohabite avec le respect des différences culturelles, où les citoyens sont égaux aux citoyennes, où les peuples autochtones sont reconnus à leur juste place.

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Site Web SOGIP : Actualités

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Sogip

  • Séminaire SOGIP « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones »  2016-2017.sogip

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, Paris. Ouvert à tous.

Dates des séances :

10 novembre 2016 : Autour de l’ouvrage « Les indiens d’Amazonie face au développement prédateur. Nouveaux projets d’exploitation et menaces sur les droits humains » (GITPA / L’Harmattan, 2015).

8 décembre 2016 : Territoires autochtones et cartographie mondiale.

12 janvier 2017 : la participation autochtone au sein des Nations unies aux affaires qui les concernent.

9 février 2017 : Peuples autochtones, musées et circulation/restitution des objets.

9 mars 2017 : Contrastes contemporains en matière de justice et de droits des peuples autochtones : le déplacement forcé des populations ; la Déclaration américaine des droits des peuples autochtones.

30 mars 2017 : Quelle éducation pour les peuples autochtones ? Rencontre autour de deux ouvrages parus en 2016.

Plus d’informations : http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article632

 

  • Conférence finale…

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