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Du Chiapas au Rojava, expériences d’autonomie

by sur 25/04/2018

Séminaire Expériences de l’anticapitalisme. « Que faire ? »
Vendredi 4 mai 2018 de 9 h à 13 h à l’EHESS, 105 bd Raspail 75006 Paris, salle 10

Du Chiapas au Rojava, expériences d’autonomie

On a comparé l’expérience du Rojava, soit un Kurdistan libertaire, révélé à l’opinion occidentale en 2014, à l’expérience des communautés autonomes du Chiapas, nées de l’insurrection zapatiste du 1er janvier 1994. Toutes deux ont en commun d’expérimenter à leur manière des alternatives à l’État-nation, fondées sur la démocratie directe, l’auto-organisation, le refus du capitalisme, l’écologie, l’égalité entre femmes et hommes. Cette séance sera l’occasion de mettre l’accent particulièrement,  d’une part, sur le lien entre rituel et politique, i.e. entre le temps traditionnel et le temps révolutionnaire, d’autre part, sur des possibilités d’une émancipation micro-politique par l’écologie sociale.

Avec la participation de

Rocío Noemí Martínez

Entre tradition et autonomie : rituel, réciprocité et nouvelles configurations du politique dans la commune autonome zapatiste de San Pedro Polho

Les peuples originaires développent, dans leurs pratiques du rituel, des formes de politique et de communication qui leur permettent de se reconnaître dans un territoire commun avec des histoires partagées à travers le temps. A cet effet, je vais essayer de cerner les formes du politique impliquées dans un rituel maya tsotsil nommé k’in tajimol (les jeux du soleil). Ce rituel, qui fait la jonction entre la fin et le début de l’année dans le calendrier tsotsil, donne à voir un « moi collectif » incarné par les autorités de la fête liés aux ancêtres notamment à une mère ancienne (autorité principale des morts). Les morts (les ancêtres) sont une référence indispensable pour la manière d’agir des vivants dans la reconfiguration et le type de relations établies entre la tradition et l’autonomie. Elles sont associées à des propositions inédites quant à la pratique politique du « Bon Gouvernement » chez les peuples indiens du Mexique, qui construisent également de nouvelles relations entre indiens et non-indiens.

Rocio Noemi Martinez présentera à cette occasion des extraits de son film K’IN TAJIMOL, un carnaval maya-tsotsil à la la commune autonome zapatiste de San Pedro Polho (CD Film, 2014)

Rocío Noemí Martínez est historienne de l’art et anthropologue, enseignante à la FCS/Université Autonome de Chiapas (UNACH) et membre du seminaire Wallerstein, Université de la Terre, SCLC.

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et de

Engin Sustam 

Les rituels d’une révolution moléculaire du confédéralisme démocratique dans l’espace kurde : Bakûr et Rojava

La force de l’« énonciation collective » de la nouvelle subjectivité kurde change les codes de la lecture de l’État-nation et ainsi la mécanisation raciale de la société majeure au Moyen-Orient. Il s’agira de saisir l’émergence d’une micropolitique de société sans État qui alimente l’espace de l’insurrection urbaine et les rituels d’une résistance hétérogène, qui produisent une réflexion transgressive sur la modernité de la culture dominante, et défendent une position subalterne émancipatoire/postcoloniale face aux dispositifs sécuritaires du macro-pouvoir. Nous proposons de problématiser l’expérience du Mouvement politique kurde du Bakur (Kurdistan du Nord en Turquie) et les expériences politiques et culturelles de municipalités autogérées et d’écologie sociale dans l’espace kurde du Rojava (appelé auparavant « Petit Kurdistan »). Perçue comme une anomalie, la subalternité kurde traduit une discontinuité micropolitique, un motif d’altérité envers la société majeure, et incarne une forme de subversion maudite de la contre-culture à l’encontre de la souveraineté de la culture coloniale. La dynamique de l’écologie sociale et du confédéralisme démocratique rejette la domination coloniale de l’Etat-nation, s’appuie sur une définition de l’éco-géographie (Rojava et Bakur) en tant que « géographie décolonisée » dans le cadre de la révolte autogérée, de l’insurrection urbaine kurde et mobilise ainsi toutes sortes d’acteurs-réseaux au cœur de la question politique et culturelle. Avec ses controverses et ses insurrections de micro-identités, celles des femmes, des LGBTI, des enfants, des acteurs de l’écologie sociale, l’espace kurde se configure à la manière d’une sorte de « révolution moléculaire ».

Engin Sustam est maître de conférences invité à l’Université de Paris 8 St. Denis, lauréat du programme PAUSE et chargé de cours à l’Institut de la Citoyenneté de l’Université de Genève. Il a récemment publié Art et subalternité kurde. L’émergence d’un espace de production subjective et créative entre violence et résistance en Turquie (L’harmattan, 2016).

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