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Les droits des peuples autochtones à l’épreuve du tourisme

by sur 30/04/2018

Séminaire Perspective comparative sur les droits des peuples autochtones

17 mai 2018, 9h-13h : Salle AS1_08
54 boulevard Raspail, 75006 Paris

La rencontre de « l’autre » : les droits des peuples autochtones à l’épreuve du tourisme

 Intervenants :

Magali Demanget (Maîtresse de conférences, U. Paul-Valéry Montpellier) :

Tourisme, magie et « autochtonie ». Images ethniques et pluralité des appartenances dans les hautes terres mazatèques (Mexique)

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’anthropologie du tourisme a conduit à ne plus considérer ce phénomène social sous le seul angle négatif d’agent corrupteur des traditions locales. Suivant cette perspective, nous montrerons comment, dans le municipio Huautla de Jimenez (Sierra mazateca), les acteurs politiques locaux se sont emparés de la rencontre touristique pour en faire la matière de leurs politiques culturelles. Ces initiatives se sont tout d’abord inscrites dans les nouvelles dispositions des politiques indigénistes, pour composer plus récemment avec un programme de développement touristique gouvernemental (celui des pueblos mágicos), lui-même inspiré d’orientations plus globales. En partant d’une approche dialogique et multiscalaire, on s’interrogera sur les consensus, mais aussi les luttes et fractures qui émaillent les opérations de mise en images de soi, tout comme sur les décalages entre les productions touristiques et les appartenances des habitants.
——————-

Aurélie Condevaux (Maîtresse de conférences, U. Paris I)

Usages marchands de la culture et propriété intellectuelle : les enjeux pour le tourisme dans les sociétés « autochtones »

 Le tourisme est souvent présenté comme un vecteur de marchandisation des pratiques culturelles. Donner une valeur marchande à la culture pose notamment la question de la redistribution des bénéfices économiques et donc de la définition de qui sont les « propriétaires » de ces pratiques culturelles. Dans le Pacifique, des réflexions ont été menées au cours des dernières années – portées par les organisations internationales mais aussi des acteurs divers : artistes, associations etc. – sur la possibilité de développer des cadres législatifs qui prennent en compte la spécificité de la protection de la propriété intellectuelle ou du droit d’auteur au sein des sociétés dites « autochtones » ou « traditionnelles ». Ces réflexions, qui ont abouti à la « Loi type de 2002 sur la protection des savoirs traditionnels et des expressions de la culture en Océanie », font suite à de nombreux cas d’utilisations commerciales abusives de noms, de motifs, d’expressions culturelles etc. Elles s’inscrivent également dans un mouvement porté par différentes organisations (UNESCO, OMPI, PNUD notamment) pour faire de la culture une ressource économique pour le développement des petites nations insulaires. Le tourisme est perçu, dans ce contexte, comme l’un des secteurs permettant de développer des bénéfices économiques à partir des ressources culturelles.

Si cette prise en charge légale est une nécessité pour faire face à des formes de dépossession culturelle bien réelles, elle soulève cependant un certain nombre de problèmes ou difficultés dans la manière dont elle est conduite. Cette communication propose d’examiner d’un point de vue critique les enjeux liés à la mise en place de tels systèmes légaux ou réglementaires à partir de cas océaniens, en particulier ceux du Royaume de Tonga et de la Nouvelle-Zélande. Nous examinerons quelles sont les conceptions emic relatives à la « propriété » et aux droits d’usage des pratiques musicales et chorégraphiques et les transactions économiques qui les entourent. Il s’agira de comprendre comment celles-ci s’articulent aux nouveaux régimes de « propriété intellectuelle » et aux nouvelles formes d’utilisation marchande qui se développent autour de ces pratiques. Bien que les utilisations commerciales décriées soient plus souvent le fait d’entreprises multinationales que du tourisme, nous verrons quels seraient les enjeux de la mise en place de telles lois pour les contextes touristiques.

 

Contact : Irène Bellier
Directrice de recherches au CNRS, Anthropologue
Responsable du LAIOS, Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations sociales – IIAC
Responsable ERC : SOGIP – Scales of governance and Indigenous Peoples
www.sogip.ehess.fr (ERC 249236)
EHESS – 54 boulevard Raspail, 75006 Paris  France

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