Accèder au programme complet
LIRE LES RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS
SESSION I. DE JURE VERSUS DE FACTO : LES DROITS LINGUISTIQUES À L’ÉPREUVE DES FAITS
9h45-10h15 Jean Léo Léonard (IUF & UMR 7018, Paris 3-CNRS)
« Aménagement et droits linguistiques de jure contre de facto : le cas du Mazatec (Mexique, Oaxaca) »
10h15-10h45 Karla Janiré Avilés González & José Antonio Flores Farfán (Labex EFL, Universités Paris 3 et 7 /CIESAS (Mexico). « De la traduction des droits linguistiques dans un milieu de tradition orale stigmatisé par l’écriture »
SESSION II. DISPOSITIFS JURIDIQUES : CONCEPTS ET IMPLÉMENTATION
11h00-11h30 Eva Gutjahr (Diplomée en Affaires Internationales par l’Institut d’Études Politiques – Sciences-Po, Paris) « Du Droit International relatif aux Peuples Autochtones à la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel – Vers des dispositifs de Traduction Culturelle »
11h30-12h00 Marie Cornu (Directrice de recherche au CNRS, CECOJI : Centre d’Etudes sur la Coopération Juridique Internationale) « Patrimoine et modes de désignations »
SESSION III. ETUDES DE CAS : GUYANE
14h00-14h30 Philippe Karpe (Cirad), Alexis Tiouka (Adjoint au Maire de Awala- alimapo Guyane) & Marie Fleury (MNHN) « Les Amérindiens de Guyane française: une population sans Droit? »
14h30-15h00 Eliane Camargo (EREA, UMR 7186 & Tekuremai), Kupi Aluwuïkë (Parc Amazonien de Guyane), Tapinkili Anaiman & Tasikale Alupki (Association Kalipo) « Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel : exercice de traduction du français au wayana »
SESSION IV. ETUDES DE CAS : DOMAINE ARCTIQUE
15h00-15h30 Eva Toulouze (Centre de Recherches Europe-Eurasie) « Statut de la terre et mode de vie traditionnel : territoires claniques des autochtones de l’arrondissement de Khanty-Mansiisk en Sibérie Occidentale »
15h45-16h15 Michèle Therrien (Inalco) « Droits linguistiques et espace réservé à l’oralité chez les Inuit »
SESSION V. TABLE RONDE
16h15-16h45 Michel Alessio, Valelia Muni Toke (DGLF-LF), Ghislaine Glasson (Transeuropéennes, CNRS), Aluwuïkë Kupi (PAG), Alupki
Tasikale & Tapinkili Anaiman (Kalipo), Camargo Eliane (EREA-LESC/UPO-CNRS, Tekuremai)
Maison de la Recherche, Université de Paris 3
Salle Claude Simon
4 rue des Irlandais
75 005 Paris (RER Luxembourg)
Jorge Pavez, professeur invité à l’EHESS, interviendra:
le vendredi 11 mai 2012: Activités missionnaires et production de l’indigénisme scientifique au XXème siècle (archéologie, histoire et linguistique amérindiennes).
et le vendredi 25 mai 2012: La division internationale du travail scientifique et les paradigmes ethnologiques (Amérindiens et Afro-américains)
Lieu: 105, bd Raspail, 75006 Paris, salle 2. Renseignements : Jean-Louis Fabiani fabiani@ehess.fr
Vous trouverez plus bas le programme de la Semaine de la Mongolie organisée a Paris du 7 au 13 mai sur le theme « Espace et patrimoines mongols ».
Colloque academique international, expositions, forum associatif, rencontres-debats, soirees contes et projections, concerts, ateliers pour adultes et enfants… LIVRET – Semaine de la Mongolie à Paris V2.7 150-1
Séance du jeudi 03 mai 2012: Yannick Fer & Gwendoline Malogne-Fer (GSRL, CNRS-EPHE):
Du Club Med à l’église : tourisme, religion et renouveau culturel (Moorea, Océanie)
Projection de film et débat avec les réalisateurs
Prochaine séance du séminaire de la Formation à la Recherche dans l’Aire Océanienne
Jeudi 3 mai 2012 – 15h à 17h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris
Eric Soriano (CSU – Maître de conférences à l’Université de Montpellier 3)
Nouvelle-Calédonie après 1950 : « La fin des indigènes. Retours d’expérience, enjeux d’écriture. »
Carole Lévesque et le réseau DIALOG
L’UNIVERSITÉ NOMADE OU COMMENT FAIRE LE PONT ENTRE DEUX MONDES

Au cours du mois d’août 2011, le temps de quelques jours, une session de formation très particulière sera organisée à Montréal; elle réunira non seulement des professeurs, des chercheurs et des étudiants, mais aussi plusieurs représentants des peuples autochtones. Et à l’instar des ancêtres de ces peuples qui voyageaient souvent d’un campement à l’autre au gré des saisons, des sessions semblables s’organisent et se déplacent au gré des partenariats et des sujets abordés. Bienvenue à l’Université nomade !
Fruit du travail acharné de Carole Lévesque, professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, de ses collègues de différentes universités québécoises et des partenaires de DIALOG, le réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones, l’Université nomade tiendra cet été sa 7e édition. Si la prochaine édition se donnera dans la métropole montréalaise, les précédentes ont été organisées au Pavillon des Premiers-Peuples de l’UQAT (Val-d’Or), à l’Université de Bretagne occidentale (Beg Meil, France) ou au Centro de estudios para el desarrollo rural (Zautla, Mexique). « L’Université nomade reprend quelques principes et façons de faire des écoles d’été, convient Carole Lévesque. Mais sa particularité réside dans le fait que cette formation est offerte non seulement à des étudiants, mais aussi à des intervenants, des décideurs autochtones, des membres de la société civile et à tous ceux qui veulent en savoir davantage sur les questions autochtones. »
Autre fait inusité, les enseignements de l’Université nomade ne sont pas exclusivement dispensés par les professeurs : ils le sont aussi par des étudiants et des collaborateurs autochtones. « C’est un moment de rencontre privilégié, entièrement dédié aux savoirs, autant les savoirs des chercheurs que ceux des autochtones, poursuit Carole Lévesque. À l’Université nomade, ainsi que dans tout ce qui se fait au sein du réseau DIALOG, des ponts sont sans cesse créés pour favoriser le partage, le dialogue entre les cultures, la circulation des connaissances et des expertises. »
Le Plan Nord
Au mois d’août prochain, l’Université nomade se penchera sur un sujet de très grande actualité : le Plan Nord du gouvernement québécois. Le réseau DIALOG est d’ailleurs très actif sur ce sujet depuis déjà plus d’un an. « La question n’est pas de savoir si le Plan Nord est bon ou pas, nuance Carole Lévesque. Le Plan Nord s’inscrit dans notre histoire collective; il vient s’ajouter à des dizaines d’années de développement du Nord québécois. S’y intéresser, c’est se préoccuper à la fois du passé et de l’avenir de la société québécoise. C’est une occasion unique pour les chercheurs et les partenaires autochtones de DIALOG d’entreprendre une démarche conjointe de réflexion et d’analyse. »
La session de l’été 2011 ne sera d’ailleurs pas la seule occasion pour le réseau DIALOG de se pencher sur la question du Plan Nord. La 5e édition de l’Université nomade, qui s’est tenue à Val-d’Or en juin 2010*, avait aussi abordé la question. De plus, DIALOG a formé un groupe de travail dont le mandat est notamment de suivre l’évolution des débats à ce sujet, de préparer une documentation de référence et, éventuellement, de mettre sur pied un forum réunissant les principaux acteurs du dossier.
Un réseau de recherche novateur et très présent
Parmi les nombreux projets de recherche qui mobilisent les chercheurs et les partenaires du réseau DIALOG, plusieurs s’articulent autour d’un objectif commun : donner davantage de visibilité aux peuples autochtones. « Les politiques coloniales ont contribué à l’invisibilité des populations autochtones, affirme Carole Lévesque. Elles ont orchestré et institutionnalisé leur effacement. Nous, dans la mesure de nos moyens, avec le savoir comme outil et comme finalité, nous souhaitons contribuer à leur visibilité. »
Carole Lévesque se dit particulièrement fière de la banque documentaire Autochtonia, qui répertorie plus de 12 000 documents relatifs aux peuples autochtones du Québec. Quatre mille d’entre eux sont déjà directement accessibles en ligne et les autres sont en voie de le devenir. « Autochtonia compile aussi les documents, textes et autres ouvrages produits par les différents peuples autochtones, souligne Carole Lévesque avec enthousiasme. C’est 200 ans de recherche et de travaux relatifs aux peuples autochtones que nous faisons connaître, que nous rendons visibles ! »
Entre deux mondes
Anthropologue de formation, Carole Lévesque travaille avec les peuples autochtones depuis maintenant près de quarante ans. Au cours de son riche parcours, elle a notamment eu l’occasion de séjourner plusieurs années au sein de communautés autochtones — ce que les étudiants d’aujourd’hui n’ont malheureusement plus l’occasion de faire, déplore-t-elle. À la fin des années 1990, profitant d’un contexte historico-politique favorable à une plus grande ouverture face aux réalités autochtones, elle a fondé le réseau DIALOG, qui fêtera ses dix ans à l’automne.
« Le monde autochtone est un monde parallèle, soutient-elle. C’est un monde complet en lui-même, avec ses propres institutions, ses propres valeurs, ses propres savoirs. Dans le projet d’un rapprochement entre la société québécoise et le monde autochtone, le réseau DIALOG et l’Université nomade offrent des espaces de médiation entre des univers différents, une manière de répondre au défi du vivre ensemble dans le Québec d’aujourd’hui. » Nul doute que ces exemples puissent inspirer d’autres groupes, à l’université ou ailleurs. Et que chacun saura en tirer des leçons de sagesse. ♦
* N.D.L.R. L’Université nomade a connu deux éditions en 2010 : du 13 au 18 juin et du 23 au 27 août.
« Carole Lévesque et le réseau DIALOG : L’Université nomade ou comment faire le pont entre deux mondes » de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.5 Canada. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues en contactant larédaction en chef. © Tous droits réservés, Institut national de la recherche scientifique, 2011 / Photo (professeure) © Christian Fleury
Le documentaire « Pain ou coco. Moorea et les deux traditions » (63 mn) sera diffusé au musée du quai Branly le jeudi 26 avril 2012 à 18 heures (entrée gratuite). La séance sera suivie d’une débat en présence des réalisateurs Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer et de l’anthropologue Monique Jeudy-Ballini.
Pour voir le programme : Moorea_et_les_deux_traditions_-_2012-04-05
Vous êtes invités à la prochaine séance du séminaire de Formation à la recherche dans l’aire océanienne
Jeudi 12 avril 2012 – 15h à 17h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris
La séance sera animée par Eric Wittersheim.
Benoît Trépied est chargé de recherche au CNRS – Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie. Il a notamment publié Une Mairie dans la France coloniale. Koné, Nouvelle-Calédonie (1853-1977) aux Editions Karthala (2010)
________________________________________________________
Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO):
Alban Bensa, Yannick Fer, Jonathan Friedman, Gwendoline Malogne-Fer, Marie Salaün, Éric Wittersheim (MCF EHESS)
6ème séance du séminaire « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones »
*Empires, décolonisations, autochtonies*
Jeudi 12 avril 2012 – 9h – 13h
Salle J-P. Vernant, 8ème étage, 190 av. de France, 75013.
Cette séance, qui conclura le séminaire pour cette année, interrogera l’universalité de la catégorie « peuples autochtones», telle qu’elle a été développée dans les instances internationales au regard des histoires impériales et des legs de la décolonisation. Nous cherchons à comprendre comment les formes de colonisation et de décolonisation ont pu peser sur les trajectoires autochtones contemporaines ; nous changeons ainsi d’échelle et proposons d’examiner les mobilisations autochtones à partir d’une échelle régionale plutôt que nationale.
La séance sera organisée autour de présentations courtes afin d’évaluer la pertinence de notre hypothèse à partir de différents espaces transnationaux ou régionaux :
– L’Organisation des Nations Unies où se construit l’espace de la représentation des peuples autochtones dans certaines instances, ceci afin d’éclairer les dynamiques qui, en plein et en creux, travaillent la fabrique internationale des normes et les changements observables dans les communautés autochtones (Irène Bellier)
– Les colonies de peuplement britanniques (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis), interrogées du point de vue des dispositifs de reconnaissance légale et politique des peuples autochtones et de la centralité de la revendication de souveraineté (Martin Préaud)
– Les Outre Mer français, à travers une analyse des reconfigurations de la matrice impériale opposant les indigènes aux citoyens depuis l’abrogation du code de l’indigénat en 1946 (Benoît Trépied)
– L’Amérique Latine, du Mexique au Chili, où les mobilisations des peuples autochtones et la prégnance particulière de leurs droits dans les constitutions seront examinées au prisme de l’histoire régionale et de la résurgence de la figure de l’indien dans le champ politique (Laurent Lacroix, Veronica Gonzalez).
– De brèves présentations de l’Afrique australe et de l’empire russe permettront d’apporter des éléments comparatifs pour la discussion générale qui clôturera la séance.
JUICIO DE CASO DE LA MASACRE DE ACTEAL
Lunes 16 de abril de 2012, de 9 a 14 hrs.
Lugar: Sede de la Sociedad Civil de Las Abejas de Acteal, Municipio de Chenalhó, Chiapas.
Informes: CDH Fray Bartolomé de Las Casas, San Cristóbal: frayba.org.mx
El lunes 16 de abril se realizará la primera audiencia preliminar enfocada al caso de la Masacre de Acteal, Chiapas como inicio de su abordaje a fondo por el proceso mexicano del Tribunal Permanente de los Pueblos (TPP). El TPP fue fundado en Roma, Italia en 1979 como sucesor del Tribunal Russell que juzgó los crímenes de los Estados Unidos en Vietnam con la participación del filósofo francés Jean Paul Sartre y el expresidente mexicano Lázaro Cárdenas como miembros de su jurado, y es el tribunal ético y de conciencia más antiguo y ampliamente reconocido en el mundo.
Dicha audiencia será presidida por un jurado honorario encabezado por Msgr. Raúl Vera López, Obispo de Saltillo. El evento forma parte de la conmemoración de los 15 años de esta matanza que sacudió a México y el mundo el 22 de diciembre de 1997 con un saldo de 45 muertos- 36 de ellas mujeres y niñas, todas personas indígenas desplazadas pertenecientes a la Sociedad Civil Las Abejas.
El TPP abordará la Masacre como uno de los casos emblemáticos de procesos entrelazados de violencia estatal, estructural y sistémica dentro del marco de sus ejes sobre migración, refugio y desplazamiento forzado, y guerra sucia, impunidad y violencia estatal.

« Construction de l’autonomie, indianité et anticapitalisme: l’expérience zapatiste »
Archéologie de l’esclavage colonial
L’histoire de l’esclavage a connu ces dernières années un développement important. Mais, les apports de l’archéologie de la période coloniale à la connaissance du système esclavagiste sont encore mal connus. Pourtant, l’archéologie joue un rôle décisif pour documenter les conditions de vie des esclaves, leurs habitats, les établissements où ils furent asservis – souvent détruits mais dont subsistent les fondations –, les enclaves du marronnage, les rites d’inhumation, l’état sanitaire des défunts, leur âge, leur sexe, etc. Les archives du sol apportent des informations sans équivalent dans les archives écrites qui, lorsqu’elles existent, sont pour la plupart univoques – émanant de l’État, des négriers ou des propriétaires. En étudiant la culture matérielle des esclaves, l’archéologie – et en particulier l’archéologie préventive depuis une vingtaine d’années – contribue de façon décisive aux recherches sur l’esclavage colonial. La traite, l’habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d’une documentation nouvelle.
|
El mundo indígena del México actual, en buena medida sigue siendo desconocido por amplios sectores de la sociedad nacional, a pesar de la amplia gama de bibliografía que existe en torno a esta temática. Con el objetivo de brindar un acercamiento al tema, se presenta la segunda edición actualizada del libro Los pueblos Indígenas de México. 100 preguntas, bajo la autoría de Carlos Zolla y Emiliano Zolla Márquez, que trata de responder a cien cuestionamientos básicos, explorando una amplia literatura sobre el mundo indígena. Es decir, información relativa a la población, lenguas, distribución territorial, situación de salud y educación, medio ambiente y recursos naturales, economía, organización social, preferencias religiosas o político-electorales, marginación, migración literatura y artes, entre otras temáticas. Y por otra parte, se argumenta que es posible agrupar los instrumentos jurídicos, las instituciones gubernamentales -creadas para la atención de los pueblos indígenas-, y los organismos internacionales que los acogen en sus foros, así como los grupos de trabajo que se fundaron en respuesta a sus luchas y demandas. La segunda edición actualizada del libro Los pueblos Indígenas de México. 100 preguntas, será presentado por los autores Carlos Zolla y Emiliano Zolla Márquez, Maya Lorena Pérez, Miguel Ángel Rubio y moderará el etnólogo José del Val. La cita es el próximo martes 17 de abril de 2012, a las 17 hrs. en el Aula Magna Jesús Silva Herzog de la Facultad de Economía de la UNAM |
Mercredi 4 avril à 18h30, Grand Amphi, EHESS, 105 Bd Raspail, 75006 Paris
Projection du film documentaire La Revanche des Chamanes (54′, 2011, République de Touva) de Laetitia Merli (anthropologue, docteur EHESS) en présence de la réalisatrice, débat animé par Jean-Claude Penrad avec Charles Stépanoff (Maître de Conférence EPHE, titulaire de la chaire Religions de l’Asie septentrionale et de l’Arctique.
La Revanche des chamanes (Russie, République de Touva) – 48 minutes
Réalisé par Laetitia Merli (France)
Prix Mario Ruspoli – Service du livre et de la lecture, Direction générale des media et des industries culturelles, Ministère de la Culture et de la Communication.
Séminaire de Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO): Jeudi 22 mars 2012 – 15h à 17h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris.
Dans les années 1980, l’analyse des mouvements se réclamant de l’autochtonie était dominée par la question de l’authenticité culturelle et les débats autour de « l’invention de la tradition ». Les recherches d’Elizabeth Rata en Nouvelle-Zélande ont déplacé cette discussion vers la question des transformations sociales liées à ces mouvements. Le cas Maori est emblématique de la manière dont le succès du mouvement autochtone maori a généré de nouveaux des rapports de classes en Nouvelle-Zélande, contribuant à la transformation de la « question culturelle » en une « question sociale ». L’ approche de Rata pose donc des questions importantes pour l’analyse anthropologique des mouvements autochtones, dans le Pacifique et ailleurs.
Vient de paraître aux Presses Sorbonne Nouvelle :
Christian Gros et David Dumoulin Kervran (éds.), Le multiculturalisme au concret. Un modèle latino-américain ?, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2012.
Format 16 x 24 ; 460 pages, ISBN 978-2-87854-544-9, 27 €
L’ouvrage peut être commandé en ligne sur http://psn.univ-paris3.fr
Cet ouvrage présente un tour d’horizon des recherches actuelles sur le fonctionnement pratique du multiculturalisme en Amérique latine. A la manière des Handbooks anglo-saxons, il réunit en un seul volume une trentaine des meilleurs spécialistes actuels francophones et latino-américains. Ce bilan inédit montre comment ce qui n’était que l’objet de débats théoriques et de luttes militantes dans les années 1970 est devenu au fil des années l’objet de pratiques sociales foisonnantes et de dispositifs étatiques très divers qui marquent désormais la vie de tous les pays latino-américains.
Ces transformations induites par le multiculturalisme sont ici regroupées en cinq mouvements: la question du modèle, l’exercice de la citoyenneté, les systèmes juridiques, les politiques publiques focalisées, et les nouvelles territorialisations. Pour tous ceux qui cherchent à comprendre ce qu’est le multiculturalisme aujourd’hui sans s’enfermer dans les alternatives classiques du débat en France, ce livre propose des perspectives nouvelles et pose la question d’un possible « modèle latinoaméricain
Christian Gros est sociologue, Professeur émérite à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Il a publié en France et à l’étranger de nombreux ouvrages sur le thème des mobilisations ethniques et des politiques du multiculturalisme. (cgros2@wanadoo.fr)
David Dumoulin Kervran est sociologue, Maître de Conférences à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Il a publié plusieurs études sur les savoirs locaux, les réseaux transnationaux dans les domaines de l’indigénisme et de la conservation de la nature. Ses recherches portent aujourd’hui sur l’écologie comme science de gouvernement. (david.dumoulin@univ-paris3.fr)
David Dumoulin Kervran et Christian Gros (Coords.)
Partie I :
Débats sur les modèles du multiculturalisme en Amérique latine.
Penser le multiculturalisme comme projet égalitariste
Danielle Juteau
Multiculturalisme, Néolibéralisme, Démocratisation
Guillaume Boccara
Racines latino-américaines du multiculturalisme
Guillermo de la Peña
Le multiculturalisme au village. Réflexions mexicanistes
Danièle Dehouve
Dieu est-ils multiculturaliste ?
Jean-Philippe Belleau
De l’Indien aux peuples autochtones … A Propos de l’engagement du sociologue et de l’anthropologue en Amérique latine
Irène Bellier
Partie II :
Les luttes pour l’auto-détermination ou comment les mobilisations indigènes transforment la citoyenneté
Commémorations et mémoires subalternes :citoyenneté et émergence indigène au Chili
José Bengoa
Etat plurinational et redéfinition du multiculturalisme en Bolivie
Laurent Lacroix
Dans , contre , avec l’État : mouvement indien et politique(s) en Colombie, vingt ans après
Virginie Laurent
Repenser la politique en terres indiennes : Réflexions à partir du Chiapas
Willibald Sonnleitner
L’ethnicité est-elle soluble dans le local ? Les réformes législatives locales en matière indigène au Mexique et leur application
Julie Devineau
Partie III :
Vers un métissage des systèmes juridiques et électoraux ? Le droit à l’épreuve du multiculturalisme
Jurisprudence constitutionnelle et dilemmes face à « l’indien acculturé ». Le cas de la Colombie
Roberto Pineda Camacho
Formaliser l’informel, capter l’évanescent ? Juridicisation des normes indigènes et gestion de l’environnement en Amérique latine
Geoffroy Filoche
Reconnaissance de la justice communautaire et gestion politique des lynchages en Bolivie
Valérie Robin Azevedo
Sécurité et justice en construction aux marges de l’Etat : L’expérience de la police communautaire de Guerrero, Mexique
María Teresa Sierra
Les peuples autochtones colombiens entre reconnaissance juridique et violence locale
Angela Santamaria
Partie IV :
Politiques publiques focalisées
Santé et multiculturalisme en Colombie : l’épreuve de la pratique. Étude autour du cas de l’EPSI AIC dans le Cauca autochtone
Nadège Mazars
Qu’est-ce qui vient après la reconnaissance ? Multiculturalisme et populations noires en amérique latine
Carlos Agudelo
Construire une politique publique en faveur des langues indigènes de la Colombie : état des lieux et avancées
Jon Landaburu
Le multiculturalisme au Paraguay ou les habits neufs du nationalisme linguistique
Capucine Boidin
La question de l’interculturalité dans les expériences d’éducation en terres zapatistes
Bruno Baronnet
Partie V :
Nouvelles (dé) territorialisations indigènes, ressources naturelles et conflits globalisés
« Communautés transnationales » et politiques multiculturelles. Le cas des migrants indiens mexicains
Françoise Lestage
Au nom de la culture : migrations indiennes, espaces d’action et sens d’appartenance (Bogotá, Colombie)
Luisa Sanchez
Territoires fluides, espaces virtuels.La politique de territorialisation indigène : le cas de la Sierra Nevada de Santa Marta
Margarita Serje
Autonomie indigène et politiques globales du changement climatique : repenser la relation avec la nature dans la Sierra Nevada de Santa Marta, Colombie
Astrid Ulloa
Les multiples politiques de la diversité bio-culturelle : entre modernité alternatives et rhétorique instrumentale
Jean Foyer
Réponses indigènes face à l’expansion des frontières minières en Amérique Latine
Juan Luis Sariego
POSTFACE. Le sociologue et le voyageur
Yvon Le Bot
Journées d’Études,
20 février & 23 mars 2012
Qu’est-ce qu’être
un « Indien » d’Amérique,
hier, aujourd’hui ?
Pour plus d’information, faire clic ici : Qu’est-ce qu’être Indien d’Amérique?
Loin d’être abstraite, la question renvoie à des enjeux intellectuels et politiques bien ancrés dans l’histoire et l’actualité américaines. Elle interpelle aussi nos catégories européennes, les interroge, nous oblige à repenser un certain nombre d’«évidences ». Pour toutes ces raisons, elle intéresse tant le champ littéraire que le domaine civilisationniste, tant le monde des sciences de l’homme que l’univers de la pensée, cloisonnements qu’à vrai dire elle transcende. Quoi qu’il en soit, l’objectif visé par ces deux journées est moins d’aboutir à une ou des définitions de l’« être indien» que de prendre la mesure de ce qui, dès les premiers contacts avec le « sauvage » et encore aujourd’hui, oblige l’Européen à reconsidérer sa vision du monde et de l’humanité, à partir des travaux menés au sein de notre UFR.
Comme l’écrit François Hartog, depuis 1492, « le seul face-à-face des Anciens et des Modernes n’est plus tenable. L’affaire se joue désormais à trois : les Anciens, les Modernes et les Sauvages. »
C’est donc à partir de ce tiers indien intempestif que nous souhaitons reconsidérer comment cet autre, « sauvage », «amériquain», « amérindien », « autochtone»…, vient troubler la pensée occidentale, ses contours sociaux, politiques, intellectuels et culturels…
Ce fil thématique et problématique sera décliné en deux axes. Le premier, occupant la journée du lundi 20 février 2012, portera sur le thème « Nations et identités » ; le second, qui sera abordé le vendredi 23 mars 2012, sur les approches «perspectivistes».
La quatrième séance du séminaire Questions autochtones contemporaines aura lieu le jeudi 22 mars, de 9 h à 13 h, en salle 5, 105 bd Raspail. Elle sera consacrée à la question de l’autochtonie dans les marges de l’Etat, autour de deux interventions.
Nicolas Richard, CNRS, présentera une communication intitulée : «La guerre du Chaco ou le temps des fourmis. Régimes d’altérité et régimes d’historicité dans le Chaco boréal ».
Alexandre Surrallés, CNRS-LAS, présentera une communication intitulée : « Droits humains, territoires autochtones et non-humains ».
Contact : salaun@ehess.fr
Las perspectivas presentes de los cambios sociales e institucionales en las comunidades wixaritari: Las acciones propias, los actores y la experiencia en la materia.
Jueves 22 y viernes 23 de marzo de 2012. 9:30 – 11:30 AM:
La comunidad de San Andrés Cohamiata en el presente.
Presentación y Discusión del libro « Sistemas Normativos Indígenas Huichol, Cora, Tepehuano y Mexicanero »
Cambios y desafíos contemporáneos de las comunidades wixaritari
Indigenismos, cambios agrarios y Plan Huicot en la región Wixarika
CIESAS, Auditorio de la Casa Chata, México, D. F.
Organizadores: Amanda Chávez (UAM-I), François Lartigue (Ciesas D.F.), Samuel Salvador (UIA). Mayores informes: seminariolartigue1@gmail.com
« Le lever des Pléiades : La ritualisation de la culture en Polynésie Française et ses enjeux »
Une conférence de Guillaume Alévêque, EHESS – Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (CREDO)
Le JEUDI 22 mars 2012 de 18h à 20h. Salle de cinéma du musée du quai Branly.
Musée du quai Branly
37, quai Branly ou 218, rue de l’Université 75 007 Paris
Metro : Alma-Marceau (Ligne 9), RER C : Pont de l’Alma
http://www.quaibranly.fr www.oceanistes.org/oceanie
Contact : sdo@quaibranly.fr La Société des Océanistes, Musée du quai Branly. 222, rue de l’Université, 74 343 cedex 7, tel. : 33 (0)1 56 61 71 16.
Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO)
Alban Bensa DE EHESS ; Yannick Fer CR CNRS ; Jonathan Friedman DE EHESS, Gwendoline Malogne-Fer postdoc.CNRS, Marie Salaün MCF U-Paris-Descartes, Éric Wittersheim MCF EHESS
Séminaire pluridisciplinaire qui réunit des anthropologues, des linguistiques et des historiens pour rendre compte des travaux récents consacrés à l’étude des sociétés du Pacifique. Plusieurs invités interviennent régulièrement dans le séminaire pour en faire un lieu de formation aux enjeux et aux pratiques de la recherche dans cette partie du monde.
« Un capitalisme néotribal en Australie ? Lecture comparative et critique d’Elizabeth Rata »
Cette présentation reviendra sur les analyses d’Elizabeth Rata concernant ce qu’elle dénomme « capitalisme néotribal » à propos des tribus (iwi) maories d’Aotearoa/Nouvelle-Zélande en les confrontant à la situation des Aborigènes en Australie. Il s’agira d’interroger à la fois les nouvelles relations de propriété découlant des procédures de reconnaissance de titres fonciers indigènes et les nouvelles formes de gouvernance expérimentées depuis une quarantaine d’années dans les communautés isolées du centre et du nord de l’Australie, avec une focalisation particulière sur le laboratoire néolibéral que constitue l’intervention d’urgence dans le Territoire du Nord en place depuis 2007. Capitalisme néotribal ou néolibéralisme tribal, l’enjeu consiste à saisir, sous les questions autochtones australiennes et néozélandaises, les transformations de l’Etat prétendument postcolonial.
Deux conférences dans le cadre du séminaire « La fabrique des minorités », les 5 et 19 avril ( à Nice, de
14h à 17h, en salle du Conseil du campus Carlone, 98 boulevard Edouard Herriot).
5 avril
*Yves Plasseraud (Président du Groupement pour les Droits des Minorités, Expert, Paris)*
Les minorités, pierre de touche de la démocratie et richesse sociétale*/
*Yves-Marie Davenel (Anthropologie, LAIOS-IIAC)*
Le statut et les enjeux de la reconnaissance des minorités en Asie Centrale. Exemple du Kazakhstan
19 avril
*Slobodan Naumovic (Ethnologue, Université de Bergrade)*
Les débats sur les minorités en Serbie: le cas des homosexuels et des handicapés
Vous trouverez plus de renseignements sur ce séminaire en consultant cette page:
http://www.unice.fr/lirces/index.php?option=com_content&view=article&id=51&Itemid=57
Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO)
- Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS
- Yannick Fer, chargé de recherche au CNRS
- Jonathan Friedman, directeur d’études à l’EHESS
- Gwendoline Malogne-Fer, postdoctorante au GSRL, CNRS
- Marie Salaün, maître de conférences à l’Université Paris-Descartes
- Éric Wittersheim, maître de conférences à l’EHESS
Séminaire pluridisciplinaire qui réunit des anthropologues, des linguistiques et des historiens pour rendre compte des travaux récents consacrés à l’étude des sociétés du Pacifique. Plusieurs invités interviennent régulièrement dans le séminaire pour en faire un lieu de formation aux enjeux et aux pratiques de la recherche dans cette partie du monde.
Jeudi de 15 h à 17 h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris
Iris – Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux
EHESS CNRS UP13 Inserm
L’ERSIPAL, l’axe « Circulation des savoirs et des pratiques culturelles » du CREDA (UMR 7227)
et le collège franco-mexicain en sciences sociales, Centre d’Etudes Mexicaines et Centre-Américaines (CEMCA, Mexico)
ont le plaisir de vous inviter
Le Lundi 12 mars, 12h-14h:
à une conférence exceptionnelle de :
Elisabeth Araiza (Colegio de Michoacan, Mexique)
« La mort ne choisit pas. Expression théâtrale sur la révolte et esthétisation des relations sociales en région purepecha »
Présidente de séance : Carine Chavarochette
Commentatrice : Aline Hémond
Lieu : IHEAL, 28 rue Saint Guillaume, 75007 Paris, Salle Paul Rivet (5ème étage):
Elisabeth Araiza est invitée dans le cadre du projet d’échange du collège franco-mexicain en sciences sociales, CEMCA, Mexico.
La présentation complète du séminaire ERSIPAL pour 2011-2012 est consultable en ligne ICI.
Les peuples autochtones & le défi environnemental :
regards croisés entre l’Inde et et le Chili
Le séminaire se tiendra le jeudi 8 mars, de 9h à 13h en salle du conseil A, bât. Le France, 190-98 av. de France (sous-sol).
Leslie CLOUD (juriste, SOGIP)*
Limites et défis de la mise en œuvre des droits des peuples autochtones à la participation à la gestion des ressources naturelles et culturelles au Chili
Cet exposé se propose d’analyser les droits territoriaux des peuples autochtones du Chili, en particulier Mapuche et Rapa Nui, ainsi que l’évolution de leur participation à la gestion de leurs ressources naturelles et culturelles à la lumière des dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 (DDPA) et de celles de la Convention 169 de l’OIT (C.169) ratifiée en septembre 2008 par le gouvernement chilien.
Sous le gouvernement militaire d’A. Pinochet, le Chili adapta son économie et sa législation au modèle économique néolibéral lui permettant d’ouvrir son territoire et ses ressources naturelles au marché international.
L’ensemble des régions chiliennes sera valorisé en fonction de sa valeur ajoutée économique : en particulier, les territoires ancestraux mapuche pour l’exploitation forestière et ses potentiels hydroélectrique et touristique et le territoire de Rapa Nui (Te Pito O Te Henua) pour son fort attrait culturel et touristique. Dans les années 1990, en l’absence de législation nationale véritablement protectrice des droits des peuples autochtones, jusque la récente ratification de la Convention 169 de l’OIT en 2008, les conflits territoriaux entre l’Etat chilien et diverses organisations et communautés autochtones se sont multipliés, ces dernières revendiquant la récupération de leurs territoires ancestraux ainsi que la protection de leurs ressources naturelles et culturelles menacées par d’importants projets de développements économiques ou l’industrie extractive.
Nous examinerons l’impact de l’adoption de la DDPA et de la ratification de la C.169 par l’Etat chilien dans la médiation de ces conflits ; en particulier comment le droit au consentement et à la consultation préalable, libre et éclairée a été massivement monopolisé par les collectivités autochtones, Mapuche et Rapa Nui et corollairement comment ce
principe a été mis en œuvre par le gouvernement chilien.
***
Raphael Rousseleau (professeur, Université de Lausanne, membre de SOGIP)*
Les Droits des Peuples autochtones en Inde : position de l’Etat et revendications locales, et cas des Dongria Kond (Odisha).
L’intervention présentera d’abord le contexte colonial puis post-colonial indien dans lequel certains groupes ont été reconnus comme « Tribus répertoriées » (*Scheduled Tribes*), avant de se revendiquer comme « aborigènes » (*adivasi*) au niveau national puis international (ONU).
Nous présenterons les dispositions constitutionnelles qui protègent ces minorités, ainsi que l’évolution de la position officielle de l’Inde vis-à-vis des Conventions 107 et 169 de l’OIT, puis de la Déclaration des Nations-Unis sur les Droits des Peuples Autochtones.
Nous verrons enfin comment les réformes néo-libérales des années 90 ont, là aussi, précipité la situation, en affirmant le primat de l’industrie sur le monde agricole et ouvrant des brèches dans le système de protection des groupes concernés.
L’exemple du conflit entre la ‘tribu’ des Dongria Kond, l’Union indienne et une compagnie minière, dans le massif montagneux des Niamgiri (Etat de l’Odisha, dans l’est de l’Inde), permettra d’examiner le traitement concret des droits de ces populations aux terres forestières, à la consultation préalable ainsi qu’à l’autonomie socio-politique au niveau local.











Les progrès dans les débats sur les droits des peuples autochtones et, en particulier, la question du droit à la consultation et au consentement libre, préalable et informé ont permis l’élaboration de plusieurs conventions internationales. Ces dernières font valoir que le droit à la consultation doit être compris comme éminemment collectif, comme un mécanisme par le biais duquel les peuples et les communautés peuvent défendre d’autres groupes de droits, comme leur droit à l’identité culturelle, à leurs terres, territoires et ressources naturelles, leur droit à préserver leurs institutions et leurs systèmes légaux et, dans les cas les plus extrêmes, leur droit à la survie en tant que peuples. Pour garantir la participation des peuples autochtones, l’État a le devoir de consulter activement les communautés, en respectant leurs coutumes et traditions, d’accepter et de fournir des informations, ainsi que de promouvoir une communication continue entre les parties, sans que celle-ci soit utilisée pour tromper, trahir ou fournir une information biaisée ou partielle. Les processus de consultation ainsi que la décision des peuples suite à ces derniers ne doivent pas être considérées comme une simple formalité.
Parfois, les sites qui pourraient donner lieu à des investissements revêtent une importance culturelle ou spirituelle particulière selon les traditions et la vision du monde des peuples autochtones. Ils ont clairement une fonction additionnelle en ce qui concerne la protection de l’environnement et la santé des habitants de la zone. Par exemple à Wirikuta, lieu sacré et route de pèlerinage du peuple Wixárika, à San Luis Potosi, le gouvernement mexicain a accordé 22 concessions minières à la société canadienne First Majestic Silver Corp et à ses homologues mexicains, Minera Real Bonanza et Minera Real de Catorce. Avant de faire celà, il n’avait pas obtenu le consentement préalable du peuple Wixárika (huichol). Tunuary Chavez, membre de l’Association de Soutien des Groupes Autochtones de Jalisco (AJAGI) dénonce: « La pollution générée par l’exploitation de métaux lourds est permanente et il est pratiquement impossible de l’éliminer une fois qu’elle a pénétré la chaîne alimentaire, elle est persistante et irréversible. C’est quelque chose que l’on peut d’ores et déjà observer à Wirikuta ». Même si en 2008 le gouvernement mexicain a signé un pacte par lequel il se s’engage à respecter, protéger et préserver les sites sacrés du peuple huichol, on continue de dénoncer le maintien des concessions minières, le manque d’études d’impact environnemental et le non respect du décret qui déclare la réserve écologique Wirikuta zone naturelle protégée.
Des organisations comme le Projet en faveur des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (ProDESC) affirment que les entreprises transnationales fomentent les divisions au sein des communautés affectées, en collusion avec les autorités. Rosalia Garcia Marquez, membre de ProDESC, soutient que « le gouvernement mexicain omet son obligation d’informer et de consulter les communautés et les propriétaires des terres concernées. » Au Chiapas, depuis 2009, on a annoncé un projet d’autoroute entre les villes de San Cristóbal de las Casas et Palenque, dans une zone où se trouvent de nombreuses communautés ainsi que de multiples endroits d’intérêt pour le développement du tourisme. Le projet devait être réalisé justement dans la zone où était également prévue la construction de l’aéroport international de Palenque et où se trouve le Corridor Biologique Mésoaméricain. Les cascades d’Agua Azul, l’attraction touristique la plus importante de la région et le site archéologique de Palenque figuraient aussi sur les plans. L’autoroute à quatre voies qui devait avoir une largeur de 21 mètres et une barrière centrale, aurait réduit de 2 heures le voyage entre deux villes. Des ejidos comme Mitzitón ou San Sebastian Bachajón ont passé des années à résister à la mise en œuvre du projet. Selon les rapports des ejidatarios de Mitzitón, les ingénieurs du Ministère des Communications et des Transports (SCT) calculent que 10 maisons de leurs villages devraient être démolies pour permettre la construction selon les plans prévus. Des champs de maïs et des vergers, leurs principaux moyens de subsistance, seraient également détruits. Que ce soit pour la mobilisation de ceux qui seraient affectés ou suite au manque de fonds pour terminer la construction de l’autoroute, les travaux en ont été suspendus.
Dans un cas comme celui du barrage hydroélectrique de «La Parota» au Guerrero, le mécanisme des assemblées communautaires comme espace de consultation présente des limitations par rapport aux dispositions de la Convention 169 de l’OIT, dans la mesure où elles peuvent exclure une partie de la population qui pourrait être affectée. En 2004, la Commission Fédérale de l’Électricité (CFE) a terminé les études techniques en vue de la construction du dit barrage hydroélectrique, près d’Acapulco. Sa construction sur le fleuve Papagayo impliquerait l’inondation de 13 villages et de plus de 14000 hectares, la relocalisation de plus de 25 000 personnes qui seraient forcées de quitter leurs maisons et l’affectation indirecte de 75000 personnes de plus, ainsi qu’une une grave dégradation de l’environnement. Le Conseil des Ejidos [terres communales] et des Communautés opposées au barrage de la Parota (CECOP) s’est formé pour s’opposer au projet, ses membres représentant 63% des terres qui seraient touchées par le projet. Depuis 2005, plusieurs assemblées ejidales ont été tenues soit pour autoriser soit pour interdire la mise en œuvre du projet. Le CECOP a présenté des recours légaux pour contester les assemblées organisées dans quatre communautés qui avaient donné leur accord en vue d’une prochaine expropriation de leurs terres. À titre d’exemple, en avril 2010, lors d’une assemblée convoquée par certaines autorités communautaires pro-gouvernementales, des habitants de Cacahuatepec ont approuvé l’expropriation de plus de 1.300 hectares de terres qui seraient utilisées dans le cadre de la construction du barrage. 600 policiers avaient bloqué l’entrée des membres du CECOP, raison pour laquelle ils exigèrent l’annulation de l’assemblée auprès du Tribunal agraire (TUA). Celui-ci rendit un jugement en leur faveur un an plus tard. Le Centre des droits humains Tlachinollan a souligné: « Avec ce verdict cinq sentences ont été rendues en faveur des membres des communautés et ejidatarios qui s’opposent à La Parota». L’opposition de certaines communautés et la disposition de certaines autres à accepter un dédommagement pour la destruction de leurs terres ont divisé la population locale. La polarisation maintenue au cours des dernières années a laissé un bilan de plusieurs morts, blessés ainsi que de nombreuses arrestations.
Le manque de volonté politique du gouvernement mexicain qui permettrait l’inclusion des peuples autochtones dans les processus de consultation semble une constante. Une hypothèse qui expliquerait ce manque d’intérêt à donner des informations suffisantes et organiser des consultations dans les communautés, c’est que cela impliquerait sans doute que ces dernières refuseraient la plupart des projets. De plus en plus de recherches réalisées par des organisations civiles et sociales ou par des universitaires démontrent que les coûts environnementaux et sociaux pour les populations locales affectées dépassent largement les avantages économiques et la création d’emplois qui pourraient entraîner l’approbation de projets de développement. Il semble donc que le manque de concertation cache des intérêts qui donnent la préférence aux entreprises et aux autorités, et non pas aux propriétaires des terres. Ces intérêts ne prennent pas non plus en compte les conséquences une fois que les entreprises auront terminé leur projet après avoir utilisé toutes les ressources possibles. Mina Navarro, professeur à la Faculté de Sciences Politiques et Sociales de l’UNAM, dans sa présentation «L’exploitation minière comme un projet global», a déclaré: «Les entreprises n’intériorisent pas les coûts environnementaux. Si elles payaient les coûts réels, elles ne seraient pas rentables, et ne feraient aucun bénéfice. »
