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Journée d’études Droits linguistiques, traduction et implication en milieu autochtone – 9 mai – Maison de la Recherche, Univ. Paris 3

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SESSION I. DE JURE VERSUS DE FACTO : LES DROITS LINGUISTIQUES À L’ÉPREUVE DES FAITS

9h45-10h15 Jean Léo Léonard (IUF & UMR 7018, Paris 3-CNRS)
« Aménagement et droits linguistiques de jure contre de facto : le cas du Mazatec (Mexique, Oaxaca) »

10h15-10h45 Karla Janiré Avilés González & José Antonio Flores Farfán (Labex EFL, Universités Paris 3 et 7 /CIESAS (Mexico). « De la traduction des droits linguistiques dans un milieu de tradition orale stigmatisé par l’écriture »

SESSION II. DISPOSITIFS JURIDIQUES : CONCEPTS ET IMPLÉMENTATION
11h00-11h30 Eva Gutjahr (Diplomée en Affaires Internationales par l’Institut d’Études Politiques – Sciences-Po, Paris)  « Du Droit International relatif aux Peuples Autochtones à la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel – Vers des dispositifs de Traduction Culturelle »

11h30-12h00 Marie Cornu (Directrice de recherche au CNRS, CECOJI : Centre d’Etudes sur la Coopération Juridique Internationale) « Patrimoine et modes de désignations »

SESSION III. ETUDES DE CAS : GUYANE
14h00-14h30 Philippe Karpe (Cirad), Alexis Tiouka (Adjoint au Maire de Awala- alimapo Guyane) & Marie Fleury (MNHN) « Les Amérindiens de Guyane française: une population sans Droit? »

14h30-15h00 Eliane Camargo (EREA, UMR 7186 & Tekuremai), Kupi Aluwuïkë (Parc Amazonien de Guyane), Tapinkili Anaiman & Tasikale Alupki (Association Kalipo) « Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel : exercice de traduction du français au wayana »

SESSION IV. ETUDES DE CAS : DOMAINE ARCTIQUE
15h00-15h30 Eva Toulouze (Centre de Recherches Europe-Eurasie) « Statut de la terre et mode de vie traditionnel : territoires claniques des autochtones de l’arrondissement de Khanty-Mansiisk en Sibérie Occidentale »

15h45-16h15 Michèle Therrien (Inalco) « Droits linguistiques et espace réservé à l’oralité chez les Inuit »

SESSION V. TABLE RONDE
16h15-16h45 Michel Alessio, Valelia Muni Toke (DGLF-LF), Ghislaine Glasson (Transeuropéennes, CNRS), Aluwuïkë Kupi (PAG), Alupki
Tasikale & Tapinkili Anaiman (Kalipo), Camargo Eliane (EREA-LESC/UPO-CNRS, Tekuremai)

Maison de la Recherche, Université de Paris 3
Salle Claude Simon
4 rue des Irlandais
75 005 Paris (RER Luxembourg)

Deux interventions de Jorge Pavez les 11 et 25 mai à l’EHESS Paris

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Jorge Pavez, professeur invité à l’EHESS, interviendra:

le vendredi 11 mai 2012: Activités missionnaires et production de l’indigénisme scientifique au XXème siècle (archéologie, histoire et linguistique amérindiennes).

et le vendredi 25 mai 2012: La division internationale du travail scientifique et les paradigmes ethnologiques (Amérindiens et Afro-américains)

Lieu: 105, bd Raspail, 75006 Paris, salle 2. Renseignements : Jean-Louis Fabiani fabiani@ehess.fr


Semaine de la Mongolie « Espace et patrimoines mongols » – Paris 7-13 mai 2012

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Vous trouverez plus bas le programme de la Semaine de la Mongolie organisée a Paris du 7 au 13 mai sur le theme « Espace et patrimoines mongols ».

Colloque academique international, expositions, forum associatif, rencontres-debats, soirees contes et projections, concerts, ateliers pour adultes et enfants… LIVRET – Semaine de la Mongolie à Paris V2.7 150-1

Séminaire « Tourisme : Recherches, Institutions, Pratiques » 3 mai 2012

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Séance du jeudi 03 mai 2012: Yannick Fer & Gwendoline Malogne-Fer (GSRL, CNRS-EPHE): 

Du Club Med à l’église : tourisme, religion et renouveau culturel (Moorea, Océanie)

Projection de film et débat avec les réalisateurs

Séminaire : Tourisme, Recherches, Institutions, Pratiques. Saskia Cousin (Paris 1), Nadège Chabloz (EHESS), Anne Doquet (IRD), David Dumoulin (Paris 3). IREST, Centre Albert Châtelet, 6, rue Jean Calvin, 75006 Paris,
1er et 3ème jeudi, salle 214, de 17h00 à 19h00. info : Saskia.Cousin@univ-paris1.fr
La chaine des intermédiaires :
experts, guides, médiateurs, go-between et cultural brokers.
Pour cette saison 7, nous examinerons la chaine des intermédiaires qui permettent la circulation des touristes, des images et des objets du tourisme. Agents de voyages, guides, experts, petits « entrepreneurs économico-culturels», scientifiques : nous étudierons la place et le rôle de ces différents opérateurs qui, explicitement, ou non, participent de et à la dimension socio-culturelle de la mondialisation. Une place importante sera donnée aux guides et à l’analyse des interactions qu’ils suscitent lorsqu’ils sont tenus de transmettre, voire d’incarner, l’identité culturelle recherchée par les touristes. Le séminaire sera aussi l’occasion d’interroger et de tester la pertinence, dans le contexte du tourisme, des notions de médiateurs, de go-between ou de cultural brokers travaillées par la sociologie et l’anthropologie des sciences. Comme à notre habitude, nous croiserons les enquêtes ethnographiques, historiques et audiovisuelles. Nous nous intéresserons également aux supports matériels et immatériels produits et / ou mis en circulation par ces intermédiaires: livres, sites internet, artisanat à destination des touristes.

Prochain séminaire FRAO – Jeudi 3 mai 15-17h EHESS Paris

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Prochaine séance du séminaire de la Formation à la Recherche dans l’Aire Océanienne

Jeudi 3 mai 2012 – 15h à 17h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris

Eric Soriano (CSU – Maître de conférences à l’Université de Montpellier 3)

Nouvelle-­Calédonie après 1950 : « La fin des indigènes. Retours d’expérience, enjeux d’écriture. »

Publicacion dos estudios sobre los afrodescendientes en América latina

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L’université nomade – Carole Lévesque et le réseau Dialog

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Carole Lévesque et le réseau DIALOG

L’UNIVERSITÉ NOMADE OU COMMENT FAIRE LE PONT ENTRE DEUX MONDES

7 juin 2011 // par Marianne Boire

Au cours du mois d’août 2011, le temps de quelques jours, une session de formation très particulière sera organisée à Montréal; elle réunira non seulement des professeurs, des chercheurs et des étudiants, mais aussi plusieurs représentants des peuples autochtones. Et à l’instar des ancêtres de ces peuples qui voyageaient souvent d’un campement à l’autre au gré des saisons, des sessions semblables s’organisent et se déplacent au gré des partenariats et des sujets abordés. Bienvenue à l’Université nomade !

Fruit du travail acharné de Carole Lévesque, professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, de ses collègues de différentes universités québécoises et des partenaires de DIALOG, le réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones, l’Université nomade tiendra cet été sa 7e édition. Si la prochaine édition se donnera dans la métropole montréalaise, les précédentes ont été organisées au Pavillon des Premiers-Peuples de l’UQAT (Val-d’Or), à l’Université de Bretagne occidentale (Beg Meil, France) ou au Centro de estudios para el desarrollo rural (Zautla, Mexique). « L’Université nomade reprend quelques principes et façons de faire des écoles d’été, convient Carole Lévesque. Mais sa particularité réside dans le fait que cette formation est offerte non seulement à des étudiants, mais aussi à des intervenants, des décideurs autochtones, des membres de la société civile et à tous ceux qui veulent en savoir davantage sur les questions autochtones. »

Autre fait inusité, les enseignements de l’Université nomade ne sont pas exclusivement dispensés par les professeurs : ils le sont aussi par des étudiants et des collaborateurs autochtones. « C’est un moment de rencontre privilégié, entièrement dédié aux savoirs, autant les savoirs des chercheurs que ceux des autochtones, poursuit Carole Lévesque. À l’Université nomade, ainsi que dans tout ce qui se fait au sein du réseau DIALOG, des ponts sont sans cesse créés pour favoriser le partage, le dialogue entre les cultures, la circulation des connaissances et des expertises. »

Le Plan Nord
Au mois d’août prochain, l’Université nomade se penchera sur un sujet de très grande actualité : le Plan Nord du gouvernement québécois. Le réseau DIALOG  est d’ailleurs très actif sur ce sujet depuis déjà plus d’un an. « La question n’est pas de savoir si le Plan Nord est bon ou pas, nuance Carole Lévesque. Le Plan Nord s’inscrit dans notre histoire collective; il  vient s’ajouter à des dizaines d’années de développement du Nord québécois. S’y intéresser, c’est se préoccuper à la fois du passé et de l’avenir de la société québécoise. C’est une occasion unique pour les chercheurs et les partenaires autochtones de DIALOG d’entreprendre une démarche conjointe de réflexion et d’analyse. »

La session de l’été 2011 ne sera d’ailleurs pas la seule occasion pour le réseau DIALOG de se pencher sur la question du Plan Nord. La 5e édition de l’Université nomade, qui s’est tenue à Val-d’Or en juin 2010*, avait aussi abordé la question. De plus, DIALOG a formé un groupe de travail dont le mandat est notamment de suivre l’évolution des débats à ce sujet, de préparer une documentation de référence et, éventuellement, de mettre sur pied un forum réunissant les principaux acteurs du dossier.

Un réseau de recherche novateur et très présent
Parmi les nombreux projets de recherche qui mobilisent les chercheurs et les partenaires du réseau DIALOG, plusieurs s’articulent autour d’un objectif commun : donner davantage de visibilité aux peuples autochtones. « Les politiques coloniales ont contribué à l’invisibilité des populations autochtones, affirme Carole Lévesque. Elles ont orchestré et institutionnalisé leur effacement. Nous, dans la mesure de nos moyens, avec le savoir comme outil et comme finalité, nous souhaitons contribuer à leur visibilité. »

Carole Lévesque se dit particulièrement fière de la banque documentaire Autochtonia, qui répertorie plus de 12 000 documents relatifs aux peuples autochtones du Québec. Quatre mille d’entre eux sont déjà directement accessibles en ligne et les autres sont en voie de le devenir. « Autochtonia compile aussi les documents, textes et autres ouvrages produits par les différents peuples autochtones, souligne Carole Lévesque avec enthousiasme. C’est 200 ans de recherche et de travaux relatifs aux peuples autochtones que nous faisons connaître, que nous rendons visibles ! »

Entre deux mondes
Anthropologue de formation, Carole Lévesque travaille avec les peuples autochtones depuis maintenant près de quarante ans. Au cours de son riche parcours, elle a notamment eu l’occasion de séjourner plusieurs années au sein de communautés autochtones — ce que les étudiants d’aujourd’hui n’ont malheureusement plus l’occasion de faire, déplore-t-elle. À la fin des années 1990, profitant d’un contexte historico-politique favorable à une plus grande ouverture face aux réalités autochtones, elle a fondé le réseau DIALOG, qui fêtera ses dix ans à l’automne.

« Le monde autochtone est un monde parallèle, soutient-elle. C’est un monde complet en lui-même, avec ses propres institutions, ses propres valeurs, ses propres savoirs. Dans le projet d’un rapprochement entre la société québécoise et le monde autochtone,  le réseau DIALOG et l’Université nomade offrent des espaces de médiation entre des univers différents, une manière de répondre au défi du vivre ensemble dans le Québec d’aujourd’hui. » Nul doute que ces exemples puissent inspirer d’autres groupes, à l’université ou ailleurs. Et que chacun saura en tirer des leçons de sagesse. ♦

* N.D.L.R. L’Université nomade a connu deux éditions en 2010 : du 13 au 18 juin et du 23 au 27 août.

« Carole Lévesque et le réseau DIALOG : L’Université nomade ou comment faire le pont entre deux mondes » de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.5 Canada. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues en contactant larédaction en chef© Tous droits réservés, Institut national de la recherche scientifique, 2011 / Photo (professeure) © Christian Fleury

Projection documentaire « Pain ou coco. Moorea et les deux traditions » – Musée du Quai Branly 26 avril 2012

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Le documentaire « Pain ou coco. Moorea et les deux traditions » (63 mn) sera diffusé au musée du quai Branly le jeudi 26 avril 2012 à 18 heures (entrée gratuite). La séance sera suivie d’une débat en présence des réalisateurs Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer et de l’anthropologue Monique Jeudy-Ballini.

Pour voir le programme : Moorea_et_les_deux_traditions_-_2012-04-05

Presentacion del libro 19 de abril de 2012 – Las Mixtecas y la region Triqui de Oaxaca

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La Comisión Nacional para el Desarrollo de los Pueblos Indígenas  le invita a la presentación del libro
Las Mixtecas y la Región Triqui de Oaxaca. Estudio Etnográfico de Pablo Velásquez Gallardo (1954)
(Colección Pioneros del Indigenismo en México No. 4)

jueves 19 de Abril de 2012 a las 18:00 horas en el Auditorio “Javier Romero” de la Escuela Nacional de Antropología e Historia (ENAH).
 
COMENTARISTAS
DR. HILARIO TOPETE
Profesor-Investigador de la ENAH
DR. FERNANDO NAVA L.
Investigador de la UNAM
DRA. VALENTINA GARZA
Investigadora del CIESAS
 
MODERADORA
Margarita Sosa Suárez. Directora de Acervos de la CDI

Séminaire FRAO – 12 avril EHESS Paris

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Vous êtes invités à la prochaine séance du séminaire de Formation à la recherche dans l’aire océanienne

Jeudi 12 avril 2012 – 15h à 17h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris

Benoît Trépied (CNRS-CREDO)
présentera l’exposé suivant:
« Race, classe, genre et colonisation en Nouvelle-Calédonie :
rivalités familiales et partisanes à la mairie de Koné »

La séance sera animée par Eric Wittersheim.
Benoît Trépied  est chargé de recherche au CNRS – Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie. Il a notamment publié Une Mairie dans la France coloniale. Koné, Nouvelle-Calédonie (1853-1977) aux Editions Karthala (2010)

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Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO):

Alban Bensa, Yannick Fer, Jonathan Friedman, Gwendoline Malogne-Fer, Marie Salaün, Éric Wittersheim (MCF EHESS)

Accueil

Séminaire pluridisciplinaire qui réunit des anthropologues, des linguistiques et des historiens pour rendre compte des travaux récents consacrés à l’étude des sociétés du Pacifique. Plusieurs invités interviennent régulièrement dans le séminaire pour en faire un lieu de formation aux enjeux et aux pratiques de la recherche dans cette partie du monde.

Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – 12 avril EHESS Paris

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6ème séance du séminaire « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones »

*Empires, décolonisations, autochtonies*
Jeudi 12 avril 2012     –     9h – 13h
Salle J-P. Vernant,  8ème étage, 190 av. de France, 75013.

Cette séance, qui conclura le séminaire pour cette année, interrogera l’universalité de la catégorie « peuples autochtones», telle qu’elle a été développée dans les instances internationales au regard des histoires impériales et des legs de la décolonisation. Nous cherchons à comprendre comment les formes de colonisation et de décolonisation ont pu peser sur les trajectoires autochtones contemporaines ; nous changeons ainsi d’échelle et proposons d’examiner les mobilisations autochtones à partir d’une échelle régionale plutôt que nationale.

La séance sera organisée autour de présentations courtes afin d’évaluer la pertinence de notre hypothèse à partir de différents espaces transnationaux ou régionaux :

–      L’Organisation des Nations Unies où se construit l’espace de la représentation des peuples autochtones dans certaines instances, ceci afin d’éclairer les dynamiques qui, en plein et en creux, travaillent la fabrique internationale des normes et les changements observables dans les communautés autochtones (Irène Bellier)

–      Les colonies de peuplement britanniques (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis), interrogées du point de vue des dispositifs de reconnaissance légale et politique des peuples autochtones et de la centralité de la revendication de souveraineté (Martin Préaud)

–    Les Outre Mer français, à travers une analyse des reconfigurations de la matrice impériale opposant les indigènes aux citoyens depuis l’abrogation du code de l’indigénat en 1946 (Benoît Trépied)

–      L’Amérique Latine, du Mexique au Chili, où les mobilisations des peuples autochtones et la prégnance particulière de leurs droits dans les constitutions seront examinées au prisme de l’histoire régionale et de la résurgence de la figure de l’indien dans le champ politique (Laurent Lacroix, Veronica Gonzalez).

–    De brèves présentations de l’Afrique australe et de l’empire russe permettront d’apporter des éléments comparatifs pour la discussion générale qui clôturera la séance.

Tribunal permanente de los pueblos (TPP) – 16 de abril, Acteal, Chiapas

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JUICIO DE CASO DE LA MASACRE DE ACTEAL 

Lunes 16 de abril de 2012, de 9 a 14 hrs.

Lugar: Sede de la Sociedad Civil de Las Abejas de Acteal, Municipio de Chenalhó, Chiapas.

Informes: CDH Fray Bartolomé de Las Casas, San Cristóbal: frayba.org.mx

El lunes 16 de abril se realizará la primera audiencia preliminar enfocada al caso de la Masacre de Acteal, Chiapas como inicio de su abordaje a fondo por el proceso mexicano del Tribunal Permanente de los Pueblos (TPP). El TPP fue fundado en Roma, Italia en 1979 como sucesor del Tribunal Russell que juzgó los crímenes de los Estados Unidos en Vietnam con la participación del filósofo francés Jean Paul Sartre y el expresidente mexicano Lázaro Cárdenas como miembros de su jurado, y es el tribunal ético y de conciencia más antiguo y ampliamente reconocido en el mundo.

Dicha audiencia será presidida por un jurado honorario encabezado por Msgr. Raúl Vera López, Obispo de Saltillo. El evento forma parte de la conmemoración de los 15 años de esta matanza que sacudió a México y el mundo el 22 de diciembre de 1997 con un saldo de 45 muertos- 36 de ellas mujeres y niñas, todas personas indígenas desplazadas pertenecientes a la Sociedad Civil Las Abejas.

El TPP abordará la Masacre como uno de los casos emblemáticos de procesos entrelazados de violencia estatal, estructural y sistémica dentro del marco de  sus ejes sobre migración, refugio y desplazamiento forzado, y guerra sucia, impunidad y violencia estatal.

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Construction de l’autonomie, indianité et anticapitalisme: l’expérience zapatiste

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SEMINAIRE CERMA 2011-2012
Racialisation, Etat-Nation et Capitalisme en Amérique Latine et ailleurs (XVIème-XXIème siècles)
 
Salon des Amériques de l’Institut des Amériques (IDA)
175 rue du Chevaleret, 75013, Paris, Métro Chevaleret. 10:30 – 12:30
11 Avril 2012

« Construction de l’autonomie, indianité et anticapitalisme: l’expérience zapatiste »

 Jérôme BASCHET
(EHESS – Universidad Autónoma de Chiapas) 
Jérôme Baschet, historien, est enseignant à l’Ehess et à l’Université Autonome du Chiapas. Médiéviste, il est aussi l’auteur de nombreux travaux sur le mouvement zapatiste dans le Chiapas. Il notamment publié : La rébellion zapatiste. Insurrection indienne et résistance planétaire (Champs-Flammarion, 2005) ; « L’histoire face au présent perpétuel. Quelques remarques sur la relation passé/futur », in F. Hartog & J. Revel (éds.), Les usages politiques du passé, Paris (Ed. EHESS, 2001); « L’expérience zapatiste, à treize ans du soulèvement armé de 1994 », Actuel Marx 42 (2007) ;  « Mexique 2001 : la marche de la dignité indigène et la reconnaissance frustrée des droits des peuples indigènes », Journal de la Société des Américanistes 87 (2001). Il est l’éditeur d’un recueil de textes du sous-commandant Marcos, Saisons de la digne rage (Ed. Climats, 2009).

Journées Archéologie de l’esclavage colonial 9,10 et 11 mai 2012

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Archéologie de l’esclavage colonial

Colloque international organisé par le musée du quai Branly, le Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage, le ministère de la Culture et de la Communication et l’Inrap dans le cadre de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition
Mercredi 9 mai 2012 toute la journée, jeudi 10 mai 2012 après-midi, vendredi 11 mai 2012 toute la journée
L’histoire de l’esclavage a connu ces dernières années un développement important. Mais, les apports de l’archéologie de la période coloniale à la connaissance du système esclavagiste sont encore mal connus. Pourtant, l’archéologie joue un rôle décisif pour documenter les conditions de vie des esclaves, leurs habitats, les établissements où ils furent asservis – souvent détruits mais dont subsistent les fondations –, les enclaves du marronnage, les rites d’inhumation, l’état sanitaire des défunts, leur âge, leur sexe, etc. Les archives du sol apportent des informations sans équivalent dans les archives écrites qui, lorsqu’elles existent, sont pour la plupart univoques – émanant de l’État, des négriers ou des propriétaires. En étudiant la culture matérielle des esclaves, l’archéologie – et en particulier l’archéologie préventive depuis une vingtaine d’années – contribue de façon décisive aux recherches sur l’esclavage colonial. La traite, l’habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d’une documentation nouvelle.

Des fouilles récentes au Brésil, en Afrique de l’Est, en Afrique du Sud et au Ghana, ainsi que des recherches sous-marines livrent des données importantes sur la traite négrière.
Pour plus d’infos sur le programme, cliquer ici

Presentacion del libro Los Pueblos Indigenas de México – 17 de abril, 17h, UNAM D.F.

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unam

El mundo indígena del México actual, en buena medida sigue siendo desconocido por amplios sectores de la sociedad nacional, a pesar de la amplia gama de bibliografía que existe en torno a esta temática.

Con el objetivo de brindar un acercamiento al tema, se presenta la segunda edición actualizada del libro Los pueblos Indígenas de México. 100 preguntas, bajo la autoría de Carlos Zolla y Emiliano Zolla Márquez, que trata de responder a cien cuestionamientos básicos, explorando una amplia literatura sobre el mundo indígena.

Es decir, información relativa a la población, lenguas, distribución territorial, situación de salud y educación, medio ambiente y recursos naturales, economía, organización social, preferencias religiosas o político-electorales, marginación, migración literatura y artes, entre otras temáticas.

Y por otra parte, se argumenta que es posible agrupar los instrumentos jurídicos, las instituciones gubernamentales -creadas para la atención de los pueblos indígenas-, y los organismos internacionales que los acogen en sus foros, así como los grupos de trabajo que se fundaron en respuesta a sus luchas y demandas.

La segunda edición actualizada del libro Los pueblos Indígenas de México. 100 preguntas, será presentado por los autores Carlos Zolla y Emiliano Zolla Márquez, Maya Lorena Pérez, Miguel Ángel Rubio y moderará el etnólogo José del Val. La cita es el próximo martes 17 de abril de 2012, a las 17 hrs. en el Aula Magna Jesús Silva Herzog de la Facultad de Economía de la UNAM

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Projection « La Revanche des Chamanes » 4 avril 18h30, EHESS Paris

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Mercredi 4 avril à 18h30, Grand Amphi, EHESS, 105 Bd Raspail, 75006 Paris

Projection du film documentaire La Revanche des Chamanes (54′, 2011, République de Touva) de Laetitia Merli (anthropologue, docteur EHESS) en présence de la réalisatrice, débat animé par Jean-Claude Penrad avec Charles Stépanoff (Maître de Conférence EPHE, titulaire de la chaire Religions de l’Asie septentrionale et de l’Arctique.

 La Revanche des chamanes (Russie, République de Touva) – 48 minutes
Réalisé par Laetitia Merli (France)

Prix Mario Ruspoli – Service du livre et de la lecture, Direction générale des media et des industries culturelles, Ministère de la Culture et de la Communication.

À Kyzyl, la capitale de Touva, Kara-Ool, chamane, dirige d’une main de maître son centre « Totem de l’Ours » et tous ceux qui travaillent avec lui. Tourné vers l’avenir, il mise sur le développement international des pratiques chamaniques et sur la prise de conscience écologique à travers le monde. Ainsi, il reçoit et forme des apprentis chamanes venus de tous pays. Entre guérisons et purifications en tout genre, il nous confie ses projets d’avenir et sa vision du monde.

http://comitedufilmethnographique.blogspot.mx/

Séance du FRAO – 22 mars, EHESS Paris

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Séminaire de Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO): Jeudi 22 mars 2012 – 15h à 17h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris.

Jonathan FRIEDMAN (EHESS/IRIS)Capitalisme, mouvements autochtones et nouvelle formation de classes: Elizabeth Rata et le cas Maori

Dans les années 1980, l’analyse des mouvements se réclamant de l’autochtonie était dominée par la question de l’authenticité culturelle et les débats autour de « l’invention de la tradition ».  Les recherches d’Elizabeth Rata en Nouvelle-Zélande ont déplacé cette discussion vers la question des transformations sociales liées à ces mouvements.  Le cas Maori est emblématique de la manière dont le succès du mouvement autochtone maori a généré de nouveaux des rapports de classes en Nouvelle-Zélande, contribuant à la transformation de la « question culturelle » en une « question sociale ». L’ approche de Rata pose donc des questions importantes pour l’analyse anthropologique des mouvements autochtones, dans le Pacifique et ailleurs.

Vient de paraître : « Le multiculturalisme au concret. Un modèle latino-américain ? »

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Vient de paraître aux Presses Sorbonne Nouvelle : 

Christian Gros et David Dumoulin Kervran (éds.), Le multiculturalisme au concret. Un modèle latino-américain ?, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2012. 

Format 16 x 24 ; 460 pages, ISBN 978-2-87854-544-9, 27 

L’ouvrage peut être commandé en ligne sur http://psn.univ-paris3.fr

Cet ouvrage présente un tour d’horizon des recherches actuelles sur le fonctionnement pratique du multiculturalisme en Amérique latine. A la manière des Handbooks anglo-saxons, il réunit en un seul volume une trentaine des meilleurs spécialistes actuels francophones et latino-américains. Ce bilan inédit montre comment ce qui n’était que l’objet de débats théoriques et de luttes militantes dans les années 1970 est devenu au fil des années l’objet de pratiques sociales foisonnantes et de dispositifs étatiques très divers qui marquent désormais la vie de tous les pays latino-américains.

Ces transformations induites par le multiculturalisme sont ici regroupées en cinq mouvements: la question du modèle, l’exercice de la citoyenneté, les systèmes juridiques, les politiques publiques focalisées, et les nouvelles territorialisations. Pour tous ceux qui cherchent à comprendre ce qu’est le multiculturalisme aujourd’hui sans s’enfermer dans les alternatives classiques du débat en France, ce livre propose des perspectives nouvelles et pose la question d’un possible « modèle latinoaméricain

Christian Gros est sociologue, Professeur émérite à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Il a publié en France et à l’étranger de nombreux ouvrages sur le thème des mobilisations ethniques et des politiques du multiculturalisme. (cgros2@wanadoo.fr)

David Dumoulin Kervran est sociologue, Maître de Conférences à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Il a publié plusieurs études sur les savoirs locaux, les réseaux transnationaux dans les domaines de l’indigénisme et de la conservation de la nature. Ses recherches portent aujourd’hui sur l’écologie comme science de gouvernement. (david.dumoulin@univ-paris3.fr)

David Dumoulin Kervran et Christian Gros (Coords.)
Partie I :
Débats sur les modèles du multiculturalisme en Amérique latine.
Penser le multiculturalisme comme projet égalitariste

Danielle Juteau

Multiculturalisme, Néolibéralisme, Démocratisation

Guillaume Boccara

 Racines latino-américaines du multiculturalisme

Guillermo de la Peña

 Le multiculturalisme au village. Réflexions mexicanistes

Danièle Dehouve

 Dieu est-ils multiculturaliste ?

Jean-Philippe Belleau

 De l’Indien aux peuples autochtones … A Propos de l’engagement du sociologue et de l’anthropologue en Amérique latine

Irène Bellier

Partie II :
Les luttes pour l’auto-détermination ou comment les mobilisations indigènes transforment la citoyenneté
 Commémorations et mémoires subalternes :citoyenneté et émergence indigène au Chili

José Bengoa

 Etat plurinational et redéfinition du multiculturalisme en Bolivie

Laurent Lacroix

Dans , contre , avec  l’État : mouvement indien et politique(s) en Colombie, vingt ans après

Virginie Laurent

 Repenser la politique en terres indiennes : Réflexions à partir du Chiapas

Willibald Sonnleitner

 L’ethnicité est-elle soluble dans le local ? Les réformes législatives locales en matière indigène au Mexique et leur application

Julie Devineau

Partie III :
Vers un métissage des systèmes juridiques et électoraux ? Le droit à l’épreuve du multiculturalisme
 Jurisprudence constitutionnelle et dilemmes face à « l’indien acculturé  ». Le cas de la Colombie

Roberto Pineda Camacho

 Formaliser l’informel, capter l’évanescent ? Juridicisation des normes indigènes et gestion de l’environnement en Amérique latine

Geoffroy Filoche

 Reconnaissance de la justice communautaire et gestion politique des lynchages en Bolivie

Valérie Robin Azevedo

 Sécurité et justice en construction aux marges de l’Etat : L’expérience de la police communautaire de Guerrero, Mexique

María Teresa Sierra

 Les peuples autochtones colombiens entre reconnaissance juridique et violence locale

Angela Santamaria

Partie IV :
Politiques publiques focalisées
 Santé et multiculturalisme en Colombie : l’épreuve de la pratique. Étude autour du cas de l’EPSI AIC dans le Cauca autochtone

Nadège Mazars

 Qu’est-ce qui vient après la reconnaissance ? Multiculturalisme et populations noires en amérique latine

Carlos Agudelo

 Construire une politique publique en faveur des langues indigènes de la Colombie : état des lieux et avancées

Jon Landaburu

 Le multiculturalisme au Paraguay ou les habits neufs du nationalisme linguistique

Capucine Boidin

 La question de l’interculturalité dans les expériences d’éducation en terres zapatistes

Bruno Baronnet

Partie V :
Nouvelles (dé) territorialisations indigènes, ressources naturelles et conflits globalisés
 « Communautés transnationales » et politiques multiculturelles. Le cas des migrants indiens mexicains

Françoise Lestage

 Au nom de la culture : migrations indiennes, espaces d’action et sens d’appartenance (Bogotá, Colombie)

Luisa Sanchez

 Territoires fluides, espaces virtuels.La politique de territorialisation indigène : le cas de la Sierra Nevada de Santa Marta

Margarita Serje

 Autonomie indigène et politiques globales du changement climatique : repenser la relation avec la nature dans la Sierra Nevada de Santa Marta, Colombie

Astrid Ulloa

 Les multiples politiques de la diversité bio-culturelle : entre modernité alternatives et rhétorique instrumentale

Jean Foyer

 Réponses indigènes face à l’expansion des frontières minières en Amérique Latine

Juan Luis Sariego

 POSTFACE. Le sociologue et le voyageur

Yvon Le Bot


Journées d’Etudes Qu’est-ce qu’être un « Indien » d’Amérique aujourd’hui? 20 février et 23 mars – Poitiers

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Journées d’Études,
20 février & 23 mars 2012

Qu’est-ce qu’être
un « Indien » d’Amérique,
hier, aujourd’hui ?

Pour plus d’information, faire clic ici : Qu’est-ce qu’être Indien d’Amérique?

Loin d’être abstraite, la question renvoie à des enjeux intellectuels et politiques bien ancrés dans l’histoire et l’actualité américaines. Elle interpelle aussi nos catégories européennes, les interroge, nous oblige à repenser un certain nombre d’«évidences ». Pour toutes ces raisons, elle intéresse tant le champ littéraire que le domaine civilisationniste, tant le monde des sciences de l’homme que l’univers de la pensée, cloisonnements qu’à vrai dire elle transcende. Quoi qu’il en soit, l’objectif visé par ces deux journées est moins d’aboutir à une ou des définitions de l’« être indien» que de prendre la mesure de ce qui, dès les premiers contacts avec le « sauvage » et encore aujourd’hui, oblige l’Européen à reconsidérer sa vision du monde et de l’humanité, à partir des travaux menés au sein de notre UFR.
Comme l’écrit François Hartog, depuis 1492, « le seul face-à-face des Anciens et des Modernes n’est plus tenable. L’affaire se joue désormais à trois : les Anciens, les Modernes et les Sauvages. »
C’est donc à partir de ce tiers indien intempestif que nous souhaitons reconsidérer comment cet autre, « sauvage », «amériquain», « amérindien », « autochtone»…, vient troubler la pensée occidentale, ses contours sociaux, politiques, intellectuels et culturels…
Ce fil thématique et problématique sera décliné en deux axes. Le premier, occupant la journée du lundi 20 février 2012, portera sur le thème « Nations et identités » ; le second, qui sera abordé le vendredi 23 mars 2012, sur les approches «perspectivistes».

Prochaine séance Questions Autochtones contemporaines – 22 mars EHESS Paris

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La quatrième séance du séminaire Questions autochtones contemporaines aura lieu le jeudi 22 mars, de 9 h à 13 h, en salle 5, 105 bd Raspail. Elle sera consacrée à la question de l’autochtonie dans les marges de l’Etat, autour de deux interventions.

Nicolas Richard, CNRS, présentera une communication intitulée : «La guerre du Chaco ou le temps des fourmis. Régimes d’altérité et régimes d’historicité dans le Chaco boréal ».

Alexandre Surrallés, CNRS-LAS, présentera une communication intitulée : « Droits humains, territoires autochtones et non-humains ».

Contact : salaun@ehess.fr

1a reunión de académicos de la UNAM sobre la Sierra Tarahumara / 11-04-2012

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unam

 

Comunidades Ciudadanías y Proceso de cambio del pueblo Wixarika, CIESAS México – 22 mars

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Las perspectivas presentes de los cambios sociales e institucionales en las comunidades wixaritari: Las acciones propias, los actores y  la experiencia en la materia. 

Jueves 22 y viernes 23 de marzo de 2012. 9:30 – 11:30 AM:

La comunidad de San Andrés Cohamiata en el presente.

Presentación y Discusión del libro « Sistemas Normativos Indígenas Huichol, Cora, Tepehuano y Mexicanero »

Cambios y desafíos contemporáneos de las comunidades wixaritari

Indigenismos, cambios agrarios y Plan Huicot en la región Wixarika

CIESAS, Auditorio de la Casa Chata,  México, D. F.

Organizadores: Amanda Chávez (UAM-I), François Lartigue (Ciesas D.F.), Samuel Salvador (UIA). Mayores informes: seminariolartigue1@gmail.com

Conférence sur Polynésie française – Musée du Quai Branly – 22 mars

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« Le lever des Pléiades : La ritualisation de la culture en Polynésie Française et ses enjeux »
Une conférence de Guillaume Alévêque, EHESS – Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (CREDO)

Le JEUDI 22 mars 2012 de 18h à 20h. Salle de cinéma du musée du quai Branly.

Musée du quai Branly
37, quai Branly ou 218, rue de l’Université 75 007 Paris
Metro : Alma-Marceau (Ligne 9), RER C : Pont de l’Alma
http://www.quaibranly.fr    www.oceanistes.org/oceanie

Contact : sdo@quaibranly.fr La Société des Océanistes, Musée du quai Branly. 222, rue de l’Université, 74 343 cedex 7, tel. : 33 (0)1 56 61 71 16.

Prochain séminaire FRAO – 15 mars EHESS

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Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO)

Alban Bensa DE EHESS ; Yannick Fer CR CNRS ; Jonathan Friedman DE EHESS, Gwendoline Malogne-Fer postdoc.CNRS, Marie Salaün MCF U-Paris-Descartes, Éric Wittersheim MCF EHESS

Séminaire pluridisciplinaire qui réunit des anthropologues, des linguistiques et des historiens pour rendre compte des travaux récents consacrés à l’étude des sociétés du Pacifique. Plusieurs invités interviennent régulièrement dans le séminaire pour en faire un lieu de formation aux enjeux et aux pratiques de la recherche dans cette partie du monde.

Jeudi 15 mars 2012 

Martin PREAUD (post-doc SOGIP, Laios/CNRS) 

« Un capitalisme néotribal en Australie ? Lecture comparative et critique d’Elizabeth Rata »

Cette présentation reviendra sur les analyses d’Elizabeth Rata concernant ce qu’elle dénomme « capitalisme néotribal » à propos des tribus (iwi) maories d’Aotearoa/Nouvelle-Zélande en les confrontant à la situation des Aborigènes en Australie. Il s’agira d’interroger à la fois les nouvelles relations de propriété découlant des procédures de reconnaissance de titres fonciers indigènes et les nouvelles formes de gouvernance expérimentées depuis une quarantaine d’années dans les communautés isolées du centre et du nord de l’Australie, avec une focalisation particulière sur le laboratoire néolibéral que constitue l’intervention d’urgence dans le Territoire du Nord en place depuis 2007. Capitalisme néotribal ou néolibéralisme tribal, l’enjeu consiste à saisir, sous les questions autochtones australiennes et néozélandaises, les transformations de l’Etat prétendument postcolonial.

Jeudi de 15 h à 17 h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris
Vous y êtes cordialement invité

Prochains séminaires La fabrique des minorités – 5 et 18 avril à Nice

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Deux conférences dans le cadre du séminaire « La fabrique des minorités », les 5 et 19 avril ( à Nice, de
14h à 17h, en salle du Conseil du campus Carlone, 98 boulevard Edouard Herriot).

5 avril

*Yves Plasseraud (Président du Groupement pour les Droits des Minorités, Expert, Paris)*

Les minorités, pierre de touche de la démocratie et richesse sociétale*/

*Yves-Marie Davenel (Anthropologie, LAIOS-IIAC)*

Le statut et les enjeux de la reconnaissance des minorités en Asie Centrale. Exemple du Kazakhstan

19 avril

*Slobodan Naumovic (Ethnologue, Université de Bergrade)*

Les débats sur les minorités en Serbie: le cas des homosexuels et des handicapés

Vous trouverez plus de renseignements sur ce séminaire en consultant cette page:
http://www.unice.fr/lirces/index.php?option=com_content&view=article&id=51&Itemid=57

Bulletin du SIPAZ vol.XVII – février 2012 (extraits)

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Service International pour la Paix (Sipaz) sipaz.org

Chiapas: problématiques reléguées par le contexte pré-électoral

Un facteur qui génère souvent des tensions et instabilités au sein du contexte socio-politique au Chiapas est lié aux élections, une tendance qui pourrait s’accentuer cette année vu que, pour la première fois, les élections fédérales et locales (40 députés et maires) seront simultanées et devraient se dérouler le 1er juillet. Peu de temps après, le 19 août, le prochain gouverneur de l’état sera également élu. Bien que les campagnes n’aient pas encore commencé, pour le moins officiellement, plusieurs candidats potentiels ont profité de la présentation de leurs « rapports de gestion» en tant que maires ou législateurs pour promouvoir leur image. Les acteurs directement liés aux partis politiques semblent exclusivement absorbés par la définition de ceux qui seront finalement désignés comme candidat(e)s, une définition qui fait l’objet d’incessantes luttes de pouvoir y compris entre la structure locale et la structure nationale des différents partis. Répondant à une autre logique, d’autres acteurs sociaux continuent à dénoncer l’impunité ou les stratégies de contrôle de la population et du territoire.

Quatorzième<br /><br />
                                              anniversaire du massacre<br /><br />
                                              d'Acteal, 22 décembre 2011<br /><br />
                                              © SIPAZ Le 22 décembre, dans le cadre de l’anniversaire du massacre d’Acteal, au cours de laquelle 45 Indien(ne)s furent tués, la « Sociedad Civil Las Abejas » a organisé une série d’activités pour continuer à dénoncer l’impunité dans ce cas, mais aussi la violence qui fait rage tant au Chiapas que dans le reste du pays. À cette occasion, Raul Vera Lopez, ancien évêque auxiliaire du Chiapas et actuel évêque de Saltillo, Coahuila, a déclaré :«Aujourd’hui comme hier, les policiers sont complices de ceux qui commettent des vols, des meurtres, des enlèvements et des disparitions forcées. » Et aujourd’hui comme hier, «les criminels ont aussi des alliés au sein des trois niveaux du gouvernement, une protection qui leur permet de maintenir dans l’impunité 98% de leurs crimes. »

Photo: Quatorzième anniversaire du massacre d’Acteal, 22 décembre 2011 © SIPAZ

Un exemple récent semble illustrer cette tendance : depuis le mois de novembre, le gouvernement du Mexique a envoyé une note diplomatique au Ministère américain des affaires étrangères lui demandant de reconnaître l’immunité de l’ancien président mexicain Ernesto Zedillo (1994-2000). Depuis septembre 2011, celui-ci fait face à une poursuite légale pour le massacre d’Acteal qui a été déposée dans le Connecticut, aux États-Unis. En janvier, Zedillo a également présenté une motion pour que son immunité soit respectée et a il nié toute responsabilité pour les faits dont on l’accuse. Des organisations de la société civile et certains législateurs ont critiqué ces deux actions en affirmant que l’immunité ne pouvait être confondue avec l’impunité. Las Abejas ne sont pas en faveur de ce procès et ont déclaré:« Nous ne sommes pas contre le procès de Zedillo, bien au contraire (…). Mais nous sommes contre la confusion et la manipulation. Par exemple, nous ne voulons pas qu’une accusation centrée sur une seule personne fasse perdre de vue le fait qu’il s´agit d’un crime d’État dans le cadre d »une politique de contre-insurrection qui n’a pas pris fin. » Peu de temps après, le 1er février, sept indigènes condamnés pour le massacre d’Acteal ont été libérés. À ce jour, 52 prisonniers des 79 personnes qui avaient été condamnées ont d’ores et déjà été libérées.

Par ailleurs, le thème des ressources naturelles, des terres et territoires est resté au centre des conflits. En décembre, la déclaration finale du Forum régional pour la défense des droits humains, tenu à San Cristóbal de Las Casas, a souligné la vulnérabilité des communautés indigènes et paysannes face à diverses menaces telles que la dégradation et le vol de leurs territoires et ressources naturelles, ce qui conduit à une augmentation de la pauvreté et à la détérioration du tissu social, ainsi qu’à l’augmentation de la migration et des conflits. Le 24 novembre, environ 8.000 catholiques appartenant aux 54 paroisses du diocèse de San Cristóbal ont réalisé un pèlerinage durant lequel ils ont également signalé plusieurs situations  ayant trait à ces mêmes menaces et conflits. Le 20 janvier, des adhérents de l’Autre Campagne au Chiapas ont dénoncé les stratégies gouvernementales qui forment «une guerre de pillage qui génère la dégradation écologique, la privatisation des ressources naturelles, la surexploitation du travail, la dépossession de terres, et l’extermination des peuples autochtones, la répression, la persécution, l’emprisonnement et les assassinats, ceci afin de contenir les luttes sociales de résistance face à leurs politiques ». Ils ont expliqué que l’on peut observer ces stratégies dans plusieurs parties du Chiapas et qu’elles sont particulièrement claires dans les territoires zapatistes. L’exemple le plus récent a eu lieu dans l’ejido  Banavil, municipalité Tenejapa où, en décembre dernier, un groupe d’environ 50 membres du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) a attaqué avec des armes à feu quatre familles de partisans de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN). L’attaque a pour bilan : un mort, un disparu, plusieurs blessés, quatre familles indigènes déplacées et une base de soutien zapatiste emprisonnée.

Oaxaca: les revendications de la société restent sans réponse

Cérémonie pour<br /><br />
                                              commémorer la répression<br /><br />
                                              du 25 novembre 2006 à<br /><br />
                                              Oaxaca © SIPAZ, 2011 Un progrès a certes été fait en janvier lorsque le Congrès étatique a adopté la Loi pour la défense des droits humains du peuple de Oaxaca. Les exigences de la société pour que justice soit faite dans  des affaires liées à différents thèmes sont cependant restées une constante. Le 25 novembre, dans le cadre de la commémoration du cinquième anniversaire de la répression contre l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO), une manifestation a été organisée dans la ville de Oaxaca, exigeant justice et que les responsables de la répression soient punis. Selon une déclaration du magistère, «l’actuel gouvernement étatique ne s’est pas acquitté de son obligation de faire justice comme le lui a demandé le peuple de Oaxaca et tous ceux qui ont souffert de la répression ordonnée par Ulises Ruiz en 2006. »

Photo: Cérémonie pour commémorer la répression
du 25 novembre 2006 à Oaxaca © SIPAZ, 2011

Peu auparavant, le gouvernement de Gabino Cue s’était engagé à dépenser environ 11 millions de pesos pour dédommager 64 « survivants et anciens prisonniers politiques » pour le « tort moral subit » lors du conflit de 2006-2007. 44 des 64 victimes ont reçu la somme convenue. Dans une déclaration ultérieure, l’Espace Citoyen pour la vérité et la justice  à Oaxaca a signalé le traitement «discrétionnaire de l’information et le manque de transparence dans la prise de décision autour d’une mesure qui sert soi-disant les exigences de la justice des victimes de violations des droits humains de 2006. Loin de réparer les dommages, cela a généré un certain nombre de rumeurs, d’insultes, des accusations et des divisions, ce qui contribue à une nouvelle re-victimisation. »

Un autre exemple du peu de progrès est celui des indigènes Triqui expulsés par la force de la municipalité  autonome de San Juan Copala par des membres de l’Union pour le Bien Être social de la région Triqui (UBISORT) depuis 16 mois. Ils ont réalisé un convoi le 26 janvier dernier pour essayer de retourner dans leurs communautés d’origine. Le 7 février, ils sont cependant retournés au camp qu’ils maintenaient face aux édifices gouvernementaux de la Ville de Oaxaca de Juarez, après s’être opposés à revenir en petits groupes comme on le leur proposait.

D’autres situations sans solution naissent aussi dans des communautés où une partie de la population est contre la mise en œuvre d’un méga-projet. Le 18 janvier, au moins deux habitants de San José del Progreso, Ocotlan qui s’opposent à l’exploitation de la mine de La Trinité ont été blessés par balles par des membres de la mairie et de la police, ce qui a conduit à la mort de l’un d’entre eux le lendemain. Autre exemple: depuis la fin janvier, les habitants de San Dionisio del Mar, Isthme de Tehuantepec, ont révoqué le contrat qu’ils avaient avec l’entreprise Preneal. Ils ont occupé l’hôtel de la mairie de manière pacifique pour demander au gouvernement de Oaxaca de limoger le maire, qu’ils accusent d’être « en collusion avec l’entreprise pour imposer le projet éolien sur notre territoire »(Voir Dossier)

Droits Humains à Guerrero: Un pas en avant, deux pas en arrière

Acte de<br /><br />
                                              reconnaissance de la<br /><br />
                                              responsabilité de l'État Le 15 décembre 2011, le Ministre de l’Intérieur, Alejandro Poire a présenté des excuses publiques à Valentina Rosendo Cantú, femme autochtone violée par des soldats en 2002 (voir aussi l’articledans le présent bulletin). Malgré l’importance de l’acte, ceux qui l’ont violée restent impunis. Que justice soit faite dans son cas semble difficile quand le gouvernement fédéral a continué de défendre la juridiction militaire, ceci en dépit des nombreuses critiques y compris depuis les plus hauts niveaux. Illustration de cette difficulté: début 2012, le Ministère de la Défense nationale (SEDENA) a fait appel face à la décision sans précédent émise en faveur des parents de Bonfilio Rubio Villegas, indigène assassiné en 2009 par des soldats. Ceux-ci venaient de gagner un procès par le biais duquel ils avaient contesté l’extension de la juridiction militaire dans le cas de leur fils. Le Centre des droits humains de la Montagne Tlachinollan a signalé : « le Ministère de la Défense démontre clairement qu’il ne modifiera pas sa défense à outrance de la juridiction militaire, et (…) que l’armée ne se soumettra pas, ni ne fera l’objet d’un contrôle civil si l’on ne réforme pas d’abord le code de justice militaire. »

Photo: Acte de reconnaissance de la responsabilité de l’État mexicain dans le cas de Valentina Rosendo Cantú © SIPAZ

Le cas qui a fait le plus de bruit au Guerrero en matière de droits humains date du 12 décembre: l’usage de la force publique contre une manifestation d’étudiants de l’École Normale « Raúl Isidro Burgos » de Ayotzinapa a laissé un bilan de trois morts: deux étudiants et un employé d’une station essence. La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a publié un rapport préliminaire le 8 janvier, qui a démontré les erreurs commises par les autorités impliquées dans ces événements. Il a conclu que la police fédérale, la police ministérielle d’enquête et la police étatique de prévention ont été les responsables directs de la mort de trois personnes, des blessures par balles de quatre autres ainsi que de traitements cruels contre quatorze personnes. En conséquence, le gouverneur Angel Aguirre Rivero, a démis de ses fonctions le procureur général de l’état, le secrétaire à la Sécurité Publique Locale et le sous-secrétaire de la sécurité. Le procureur général du Guerrero a également confirmé le licenciement de sept fonctionnaires, apparemment liés à l’affaire.

D’un autre côté, le 7 décembre, le Président de l’Organisation des Écologistes Paysans de la Sierra de Petatlán (OCESP), Marcial Bautista Valle, et la conseillère de l’organisation, Eva Alarcón Ortiz, ont été enlevés par un commando dans la région Costa Grande de Guerrero. À ce jour, les enquêtes sont restées sans résultats. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme a exprimé la crainte « que leurs disparitions soient étroitement liées à leurs activités de défense des droits humains, et qu’elles cherchent à dissuader d’autres défenseurs de Guerrero à effectuer leur travail ».

Dans une autre ville souvent citée par les organisations de droits humains, Maximino García Catarino, membre de l’Organisation pour l’avenir du Peuple Mixtèque (OFPM) a été arrêté à Ayutla de los Libres en janvier, accusé du meurtre d’un leader du PRI dans la région. Son arrestation a eu lieu en dépit des mesures conservatoires que la Commission Inter-américaine des droits de l’homme (CIDH) lui avait octroyées. Amnesty International (AI) s’est dite préoccupée par son arrestation car elle a cité d’autres cas de militants autochtones à Ayutla de los Libres, qui, suite à de fausses accusations criminelles, ont purgé une peine en prison parce qu’ils s’étaient vu refuser le droit à un procès équitable.

LE DROIT À LA CONSULTATION POUR LE DÉVELOPPEMENT DU « BIEN VIVRE »

 « Le droit au développement des peuples autochtones passe par le droit à déterminer leur propre rythme de changement, selon leur propre vision du développement, ainsi que par le droit de dire non à de grands projets qui impliquent un impact décisif sur leurs vies. « 
Le droit à la consultation des peuples autochtones: L’importance de son application dans le cadre des projets de développement à grande échelle – Bureau de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme du Mexique (OACNUDH, 2011)

Marche de femmes le<br /><br /><br />
                                              25 novembre 2011 © SIPAZ Dans toute l’Amérique latine et depuis longtemps déjà, des organisations autochtones, civiles et sociales n’ont eu de cesse de dénoncer l’ingérence d’entreprises nationales et transnationales dans les territoires indigènes. Ces entreprises y justifient leur présence en parlant de «développement» : Elles auraient pour but de promouvoir le développement économique et social d’un pays. Leur présence a pourtant surtout donné lieu à l’utilisation maximale des ressources naturelles, ce qui a conduit à la dévastation de la nature et au démantèlement de modes de vie et de cultures ancrés dans des traditions ancestrales.

Photo: Marche de femmes le 25 novembre 2011 © SIPAZ

À un moment donné, les plates-formes multilatérales comme l’ONU ou l’OEA ont vu qu’il était nécessaire de réguler ces droits. Ce n’est pas que les peuples autochtones ne veulent pas vivre mieux, ou qu’ils n’aspirent pas à une amélioration de leur bien-être, mais il est important qu’il puisse le faire à leur manière, en fonction de leurs temps et en veillant à ce que les générations futures puissent connaître un avenir encore meilleur. C’est ce que beaucoup ont appelé l’auto-détermination des peuples autochtones, ou la « bonne vie» des indiens tsotsil et tseltal du Chiapas, leur « lekil kuxlejal », c’est-à-dire l’intégration harmonieuse de l’individu, la communauté et la nature.

Il ne s’agit pas ici de remettre en question la notion de développement des uns et des autres. Le problème rencontré par de nombreux peuples autochtones tient au fait que leurs territoires, leurs terres ou leurs lieux sacrés abondent de ressources naturelles que convoitent les entreprises privées au même titre que les pouvoirs publics qui les réglementent. Eau, montagnes, forêts sont considérées comme le cadre idéal pour la construction de barrages, de routes ou de centres écotouristiques, pour l’exploitation de mines ainsi que pour d’autres méga-projets. Des régions qui auparavant ne présentaient aucun intérêt pour ces acteurs, font désormais l’objet de convoitise.

L’idée du droit à la consultation est l’aboutissement d’un effort qui cherche à reconnaître les peuples autochtones comme les acteurs légitimes pour prendre des décisions qui ont des répercussions sur leur propre destin. Il est une expression pratique et concrète du droit plus large à l’autodétermination. Ce n’est pas l’État, ou d’autres pouvoirs de faits, qui doivent déterminer la meilleure option en faveur du développement des peuples et des communautés. Il s’agit d’un mécanisme qui souhaite inverser les tendances historiques d’exclusion des peuples autochtones des prises de décisions politiques et, par conséquent, qui vise à éviter les impositions du passé.

Les mécanismes internationaux de consultation et de droits des peuples autochtones

“la terre, l'air,<br /><br /><br />
                                              l'eau et le soleil sont<br /><br /><br />
                                              sans vie; ils nous donnent<br /><br /><br />
                                              la vie”, La Parota,<br /><br /><br />
                                              Guerrero © SIPAZLes progrès dans les débats sur les droits des peuples autochtones et, en particulier, la question du droit à la consultation et au consentement libre, préalable et informé ont permis l’élaboration de plusieurs conventions internationales. Ces dernières font valoir que le droit à la consultation doit être compris comme éminemment collectif, comme un mécanisme par le biais duquel les peuples et les communautés peuvent défendre d’autres groupes de droits, comme leur droit à l’identité culturelle, à leurs terres, territoires et ressources naturelles, leur droit à préserver leurs institutions et leurs systèmes légaux et, dans les cas les plus extrêmes, leur droit à la survie en tant que peuples. Pour garantir la participation des peuples autochtones, l’État a le devoir de consulter activement les communautés, en respectant leurs coutumes et traditions, d’accepter et de fournir des informations, ainsi que de promouvoir une communication continue entre les parties, sans que celle-ci soit utilisée pour tromper, trahir ou fournir une information biaisée ou partielle. Les processus de consultation ainsi que la décision des peuples suite à ces derniers ne doivent pas être considérées comme une simple formalité.

Photo: “la terre, l’air, l’eau et le soleil sont sans vie; ils nous donnent la vie”,
La Parota, Guerrero © SIPAZ

En ce sens, les gouvernements ont la responsabilité de veiller à la réalisation d’études d’impact social et environnemental de manière conjointe avec les peuples autochtones, ceci afin d’évaluer l’incidence sociale, spirituelle, culturelle et environnementale des projets de développement. Leurs résultats devraient être des critères clés pour leur réalisation ou pas.

En 1990, le Mexique a ratifié la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), l’un des instruments les plus anciens, qui de manière plus précise, reconnaît et protège les droits des peuples autochtones, en particulier le droit à la consultation, vu qu’elle stipule que les peuples autochtones doivent participer efficacement au processus de décisions qui peuvent affecter leurs droits et leurs intérêts.

La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (DDPA) de 2007, ratifiée par le Mexique en 2009, est l’un des mécanismes les plus complets au monde quant aux droits des peuples autochtones. Plus précisément, l’article 19 stipule que «les États réaliseront des consultations et coopèreront de bonne foi avec les peuples autochtones concernés […] avant d’adopter et d’appliquer des mesures législatives ou administratives qui les concernent, afin d’obtenir leur consentement libre, préalable et informé ».

L’absence de consentement libre, préalable et informé peut générer des contextes de violence et de division

La consultation doit être préalable, par exemple, « avant d’entreprendre ou d’autoriser tout programme de prospection ou d’exploitation des ressources dont leurs terres sont dotées» (Convention 169). Dans de nombreux cas, lorsque les peuples autochtones n’ont pas été préalablement informés et qu’ils décident de s’opposer à un projet donné, ils font souvent face à des situations de violence, sans recevoir la protection des organismes de sécurité publique, voire du fait de la répression de ces derniers. En 2006, l’entreprise minière canadienne Fortuna Silver, qui opère par le biais de sa filiale mexicaine Cuzcatlán, a fait son arrivée à San José del Progreso, Oaxaca. Elle venait d’obtenir la permission des autorités locales pour mettre en place un projet d’extraction sans que le reste de la communauté en ait été informé au préalable. Depuis lors, le secteur de la communauté qui s’oppose à la mine a fait l’objet d’attaques constantes, de menaces, de détentions arbitraires et d’une tendance à la criminalisation de la protestation. En mars 2009, ce même secteur de la population a décidé de bloquer l’accès aux installations de la mine afin d’exiger que la concession et d’autres autorisations accordées au projet d’exploration soient reconsidérées. Cette manifestation fut réprimée par une opération militaro-policière. La communauté est aujourd’hui profondément divisée, et ses droits à la consultation sont violés constamment tandis que l’entreprise minière continue d’aller de l’avant avec son travail. Plus récemment, le 18 janvier dernier, un membre de la Coordination des Peuples Unis des Vallées d’Ocotlán (CPUVO) a été abattu, peut-être par la police et des membres de la mairie. Ce nouvel incident violent a eu lieu lors d’une manifestation contre la pose d’un pipeline d’eau par la compagnie minière, celle-ci devant traverser les terres des opposants. Une autorisation lui avait été accordée par les autorités municipales, à nouveau sans le consentement préalable de la population. Le conflit s’intensifie toujours plus et pourrait donner lieu à encore plus de violence.

Information et possibilité de marche arrière en son absence

Le véritable exercice du droit à la consultation implique que celle-ci soit libre de toute coercition, intimidation ou manipulation. Y compris la fausse argumentation d’un développement versus pauvreté et marginalisation  peut être considérée comme une forme de coercition sur la décision des peuples autochtones. Les normes internationales définissent que les peuples doivent avoir suffisamment d’informations pour leur permettre de prendre une position sur le projet au centre d’une consultation donnée. S’il existe un vice de fond ou de forme, ou si l’un des principes définis comme nécessaires pour qu’une véritable consultation soit réalisée n’est pas respectée, les communautés et les peuples ont le droit de contester la décision qui permettrait de démarrer le projet. Dans le cas de San Dionisio del Mar, dans l’Isthme de Tehuantepec, Oaxaca, une réunion s’est tenue en janvier dernier pour analyser les clauses du contrat d’usufruit signé avec l’entreprise Preneal en 2004. Les habitants ont dénoncé qu’ « on ne les avait pas informés de la portée ni de la signification du parc éolien sur le territoire du peuple Ikojts. » En conséquence, ils ont décidé à l’unanimité de révoquer le contrat avec l’entreprise « parce qu’il s’agit d’un contrat signé en recourant aux tromperies et à la mauvaise foi, afin d’obtenir de grands bénéfices économiques et en profitant de notre manque de connaissance des lois nationales et internationales. De cette façon on a violé notre droit à l’information opportune, complète et appropriée comme peuple autochtone ». Un conflit a surgi le 29 janvier, lorsque le maire a informé du permis accordé à l’entreprise Macquaire (nouveau nom de Preneal) pour qu’elle développe un  projet éolien dans la communauté de Pueblo Viejo. Les opposants affirment que le maire recevra 17 millions de pesos de la dite entreprise pour avoir donné son accord. En signe de protestation, les villageois ont occupé la mairie.

Culture et environnement: autant de symboles pour les peuples autochtones

"Wirikuta n'est<br /><br /><br />
                                              pas à vendre, on l'aime et<br /><br /><br />
                                              on le défend" ©<br /><br /><br />
                                              Frente en defensa de<br /><br /><br />
                                              WirikutaParfois, les sites qui pourraient donner lieu à des investissements revêtent une importance culturelle ou spirituelle particulière selon les traditions et la vision du monde des peuples autochtones. Ils ont clairement une fonction additionnelle en ce qui concerne la protection de l’environnement et la santé des habitants de la zone. Par exemple à Wirikuta, lieu sacré et route de pèlerinage du peuple Wixárika, à San Luis Potosi, le gouvernement mexicain a accordé 22 concessions minières à la société canadienne First Majestic Silver Corp et à ses homologues mexicains, Minera Real Bonanza et Minera Real de Catorce. Avant de  faire celà, il n’avait pas obtenu le consentement préalable du peuple Wixárika (huichol). Tunuary Chavez, membre de l’Association de Soutien des Groupes Autochtones de Jalisco (AJAGI) dénonce: « La pollution générée par l’exploitation de métaux lourds est permanente et il est pratiquement impossible de l’éliminer une fois qu’elle a pénétré la chaîne alimentaire, elle est persistante et irréversible. C’est quelque chose que l’on peut d’ores et déjà observer à Wirikuta ». Même si en 2008 le gouvernement mexicain a signé un pacte par lequel il se s’engage à respecter, protéger et préserver les sites sacrés du peuple huichol, on continue de  dénoncer le maintien des concessions minières, le manque d’études d’impact environnemental et le non respect du décret qui déclare la réserve écologique Wirikuta zone naturelle protégée.

Photo: « Wirikuta n’est pas à vendre, on l’aime et on le défend » © Frente en defensa de Wirikuta

Lorsque l’opposition permet de retarder l’avancée des projets

barrage routier à<br /><br /><br />
                                              Mitziton, au Chiapas ©<br /><br /><br />
                                              SIPAZ, photo d'archives Des organisations comme le Projet en faveur des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (ProDESC) affirment que les entreprises transnationales fomentent les divisions au sein des communautés affectées, en collusion avec les autorités. Rosalia Garcia Marquez, membre de ProDESC, soutient que « le gouvernement mexicain omet son obligation d’informer et de consulter les communautés et les propriétaires des terres concernées. » Au Chiapas, depuis 2009, on a annoncé un projet d’autoroute entre les villes de San Cristóbal de las Casas et Palenque, dans une zone où se trouvent de nombreuses communautés ainsi que de multiples endroits d’intérêt pour le développement du tourisme. Le projet devait être réalisé justement dans la zone où était également prévue la construction de l’aéroport international de Palenque et où se trouve le Corridor Biologique Mésoaméricain. Les cascades d’Agua Azul, l’attraction touristique la plus importante de la région et le site archéologique de Palenque figuraient aussi sur les plans. L’autoroute à quatre voies qui devait avoir une largeur de 21 mètres et une barrière centrale, aurait réduit de 2 heures le voyage entre deux villes. Des ejidos comme Mitzitón ou San Sebastian Bachajón ont passé des années à résister à la mise en œuvre du projet. Selon les rapports des ejidatarios de Mitzitón, les ingénieurs du Ministère des Communications et des Transports (SCT) calculent que 10 maisons de leurs villages devraient être démolies pour permettre la construction selon les plans prévus. Des champs de maïs et des vergers, leurs principaux moyens de subsistance, seraient également détruits. Que ce soit pour la mobilisation de ceux qui seraient affectés ou suite au manque de fonds pour terminer la construction de l’autoroute, les travaux en ont été suspendus.

Photo: barrage routier à Mitziton, au Chiapas © SIPAZ, photo d’archives

Assemblées communautaires truquées

Nous avons des<br /><br /><br />
                                              ressources naturelles,<br /><br /><br />
                                              mais pas Dans un cas comme celui du barrage hydroélectrique de «La Parota» au Guerrero, le mécanisme des assemblées communautaires comme espace de consultation présente des limitations par rapport aux dispositions de la Convention 169 de l’OIT, dans la mesure où elles peuvent exclure une partie de la population qui pourrait être affectée. En 2004, la Commission Fédérale de l’Électricité (CFE) a terminé les études techniques en vue de la construction du dit barrage hydroélectrique, près d’Acapulco. Sa construction sur le fleuve Papagayo impliquerait l’inondation de 13 villages et de plus de 14000 hectares, la relocalisation de plus de 25 000 personnes qui seraient forcées de quitter leurs maisons et l’affectation indirecte de 75000 personnes de plus, ainsi qu’une une grave dégradation de l’environnement. Le Conseil des Ejidos [terres communales] et des Communautés opposées au barrage de la Parota (CECOP) s’est formé pour s’opposer au projet, ses membres représentant 63% des terres qui seraient touchées par le projet. Depuis 2005, plusieurs assemblées ejidales ont été tenues soit pour autoriser soit pour interdire la mise en œuvre du projet. Le CECOP a présenté des recours légaux pour contester les assemblées organisées dans quatre communautés qui avaient donné leur accord en vue d’une prochaine expropriation de leurs terres. À titre d’exemple, en avril 2010, lors d’une assemblée convoquée par certaines autorités communautaires pro-gouvernementales, des habitants de Cacahuatepec ont approuvé l’expropriation de plus de 1.300 hectares de terres qui seraient utilisées dans le cadre de la construction du barrage. 600 policiers avaient bloqué l’entrée des membres du CECOP, raison pour laquelle ils exigèrent l’annulation de l’assemblée auprès du Tribunal agraire (TUA). Celui-ci rendit un jugement en leur faveur un an plus tard. Le Centre des droits humains Tlachinollan a souligné: « Avec ce verdict cinq sentences ont été rendues en faveur des membres des communautés et ejidatarios qui s’opposent à La Parota». L’opposition de certaines communautés et la disposition de certaines autres à accepter un dédommagement pour la destruction de leurs terres ont divisé la population locale. La polarisation maintenue au cours des dernières années a laissé un bilan de plusieurs morts, blessés ainsi que de nombreuses arrestations.

Photo: Nous avons des ressources naturelles, mais pas
une attitude responsable. Non à La Parota © SIPAZ

S’il s’agit de «développement», pourquoi l’absence de consultation ?

Fresque d'Emiliano<br /><br />                                              Zapata, anniversaire Le manque de volonté politique du gouvernement mexicain qui permettrait l’inclusion des peuples autochtones dans les processus de consultation semble une constante. Une hypothèse qui expliquerait ce manque d’intérêt à donner des informations suffisantes et organiser des consultations dans les communautés, c’est que cela impliquerait sans doute que ces dernières refuseraient la plupart des projets. De plus en plus de recherches réalisées par des organisations civiles et sociales ou par des universitaires démontrent que les coûts environnementaux et sociaux pour les populations locales affectées dépassent largement les avantages économiques et la création d’emplois qui pourraient entraîner l’approbation de projets de développement. Il semble donc que le manque de concertation cache des intérêts qui donnent la préférence aux entreprises et aux autorités, et non pas aux propriétaires des terres. Ces intérêts ne prennent pas non plus en compte les conséquences une fois que les entreprises auront terminé leur projet après avoir utilisé toutes les ressources possibles. Mina Navarro, professeur à la Faculté de Sciences Politiques et Sociales de l’UNAM, dans sa présentation «L’exploitation minière comme un projet global», a déclaré: «Les entreprises n’intériorisent pas les coûts environnementaux. Si elles payaient les coûts réels, elles ne seraient pas rentables, et ne feraient aucun bénéfice. »

Photo: Fresque d’Emiliano Zapata, anniversaire de la police communautaire, Guerrero, 2011 © SIPAZ

Compte tenu de ce qui a été dit, il n’est pas surprenant que de nombreux processus, réseaux sociaux et organisations aient été créés pour s’opposer au méga-projets tant au Mexique que dans toute l’Amérique latine. Un exemple de résistance aux projets d’exploitation minière est la Police Communautaire, une organisation des peuples de la Costa Chica et de la Montaña de Guerrero, à laquelle appartiennent 65 communautés, et que dirige la Coordination Régionale des Autorités Communautaires (CRAC). En 2010 et 2011, la CRAC a pris la tête du mouvement de lutte contre l’entrée de l’exploitation minière dans la région. Toute l’eau polluée par ces mines poursuit ensuite sa route vers la côte, ce qui affecte la population en général, y compris les habitants de municipalités qui ne font pas partie du système de la PC-CRAC. La campagne de divulgation intitulée «Á cœur ouvert,  défendons notre mère la Terre contre l’exploitation minière», a été lancée. Elle est particulièrement tournée vers les jeunes, « parce que les concessions sont pour 50 ans, c’est à dire, on peut les archiver pendant 30 ans et les ressortir du placard. Dans 30 ans, nous, nous ne seront plus là», a souligné l’un des coordonnateurs régionaux de la CRAC.

:: ARTICLE

VALENTINA ROSENDO CANTÚ

UN COMBAT POUR GARDER LA TÊTE HAUTE ET LA DIGNITÉ

“J’ai parcouru de longs chemins, la tête haute et orgueilleuse d’être qui je suis, fière d’être une femme”.

Acte de<br /><br /><br />
                                              reconnaissance de la<br /><br /><br />
                                              responsabilité de l'État Le premier octobre 2010, la Cour Inter-américaine des droits humains (CoIDH) a rendu deux jugements condamnant l’État mexicain dans les cas de Valentina Rosendo Cantú et Inés Fernández Ortega. Celle-ci a confirmé que ces deux femmes avaient été violées et torturées par des militaires dans l’état du Guerrero, dans un contexte caractérisé par la pauvreté, la discrimination et « la violence militaire institutionnelle » (Tlachinollan, 2011).

Valentina Rosendo Cantú a déclaré à la barre que le 16 février 2002, elle lavait du linge dans un ruisseau à environ 200 mètres de son domicile dans la communauté de Barranca Bejuco, municipalité d’Acatepec, Guerrero, lorsque huit soldats sont apparus. Deux d’entre eux lui ont demandé où étaient les « hommes masqués » (guérilleros) et elle leur a répondu qu’elle n’en connaissait aucun. Ils lui ont montré des photographies et une liste de noms, pendant que l’un d’entre eux pointait son arme sur elle. Ils l’ont battue, harcelée, torturée et finalement deux d’entre eux l’ont violée tandis que six autres regardaient. Au moment des faits, Valentina, jeune indienne me’phaa n’avait que 17 ans et ne parlait pas espagnol.

Photo: Acte de reconnaissance de la responsabilité de l’État mexicain dans le cas de Valentina Rosendo Cantú © SIPAZ

Ce qui est arrivé à Valentina n’est hélas pas un cas isolé au Mexique. Beaucoup de femmes sont victimes de violations similaires de leurs droits fondamentaux. Par exemple, en 2002, Inés Fernández Ortega, indienne me’phaa alors âgée de 27 ans, a également été menacée, battue et violée par trois soldats qui sont entrés dans sa maison dans la communauté de Barranca Tecuani, municipalité de Ayutla de Los Libres, Guerrero. À la différence d’autres, Valentina et Inés ont résolu de ne pas se taire et de lutter pour permettre la fin des abus et violations contre les femmes, ainsi que pour veiller à ce que les responsables soient punis et les dommages réparés.

Après avoir été violée, Valentina s’est rendue au Centre de santé de Caxitepec, où, le médecin a refusé de s’occuper d’elle « parce qu’il ne voulait pas avoir de problèmes avec les militaires ». Elle a ensuite souffert ce même type de discrimination et d’irrégularités quand elle a  voulu dénoncer ce qui lui était arrivé: «[…] On ne m’a  pas accordé de traducteur alors que la police savait que je ne parlais pas bien l’espagnol ». Valentina a déclaré: « Ne pas le taire a été une décision lourde de conséquences ». Quand elle a eu porté plainte, des militaires sont venus plus fréquemment dans sa communauté et le maire de Acatepec lui ai dit d’arrêter de signaler l’armée comme responsable de l’agression, parce que si elle ne le faisait pas, la municipalité n’allait plus recevoir des soutiens financiers pour différents projets et services. Sa communauté et son mari l’ont rejetée. C’est pourquoi elle est venue vivre à Chilpancingo, «sans rien, sans maison, et sans même parler l’espagnol ».

Pendant huit ans, Inés et Valentina ont cherché en vain à obtenir justice au Mexique. Pendant huit ans, ces deux femmes et leurs familles n’ont reçu que menaces et harcèlements. Sujettes à une filature permanente, Valentina et Yenis, sa fille, ont dû changer plusieurs fois de maison.

Reconnaissance de responsabilité de l’État mexicain

Neuf ans plus tard, en décembre 2011, le gouvernement mexicain a présenté des excuses publiques à Valentina et reconnu la responsabilité du gouvernement mexicain dans les violations des droits humains dont elle avait fait l’objet. Cette déclaration faisait partie intégrante de la sentence émise par la Cour Inter-américaine des Droits de l’Homme en 2010. Le Ministre de l’Intérieur, Alejandro Poiré, a reconnu publiquement la responsabilité de l’État mexicain dans son cas et a présenté ses «excuses les plus sincères» pour ce qui lui est arrivé, sans faire toutefois référence  quel type de fonctionnaires avaient violé les droits de Valentina.

Cette reconnaissance publique de la part de l’État mexicain représente certes un progrès pour que justice soit faite. Mais il reste encore beaucoup à faire et à analyser de manière critique. Par exemple, Valentina regrette que le gouvernement mexicain, par le biais de Poiré, continue de considérer les procédés arbitraires et les violations des droits humains commis par des fonctionnaires comme des «déviations»  ou qu’il continue d’affirmer que ces violations et l’impunité dans son cas ne sont pas une pratique généralisée au Mexique. Poiré a en effet déclaré: « Il est clair que ces cas isolés ne représentent en aucune manière la politique du gouvernement mexicain, qui œuvre à tout moment en faveur de la promotion, le respect, la protection et la garantie des droits humains. »

Ce jour-là, le rêve de Justice de Valentina est devenu un peu moins irréel, mais elle sait que son combat n’est pas terminé: « Non, pas encore. Il continue parce que les responsables sont encore libres et ne sont toujours pas en prison comme ils devraient être». Cela Valentina le sait très bien parce que dans sa langue me’phaa, la justice est un mot qui intègre trois concepts : le pardon, la punition et la réconciliation. L’acte de reconnaissance de responsabilité par le gouvernement n’était encore qu’une partie de cette façon de comprendre la justice. L’impunité dans les cas de Valentina et d’Inés, comme dans ceux de milliers d’autres femmes au Mexique, se poursuit. C’est une évidence si l’on observe le défaut de punition des agresseurs, l’absence d’enquêtes et d’une procédure en bonne et due forme.

Valentina garde toutefois l’espoir qu’un jour les coupables seront punis. Elle fait ce même rêve pour toutes les femmes qui ont souffert la même expérience mais qui, jusqu’à présent, n’ont pas eu la force de faire face à leurs agresseurs. Elle exprime: «Des cas comme le mien sont un espoir de justice pour de nombreuses femmes, des femmes qui n’ont pas pu ou n’ont pas osé faire face au gouvernement. […] Je partage la douleur, la rage et la colère qu’elles ressentent, parce que porter plainte n’est pas facile ». C’est pour cela qu’il est important d’encourager et d’aider d’autres femmes à avoir le cran de continuer à se battre comme Valentina l’a fait et comme elle continuera à le faire jusqu’à ce qu’elle obtienne justice et jusqu’à ce qu’elle réalise ses rêves : «Je ne suis jamais restée enfermée chez-moi, je n’ai pas sauté d’un pont. Ne restez pas silencieuses. Le taire fait encore plus mal que continuer à se battre. »

Prochain séminaire Formation à la recherche dans l’aire océanienne 8 mars 15-17h

by

Formation à la recherche dans l’aire océanienne (FRAO)

  • Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS
  • Yannick Fer, chargé de recherche au CNRS
  • Jonathan Friedman, directeur d’études à l’EHESS
  • Gwendoline Malogne-Fer, postdoctorante au GSRL, CNRS
  • Marie Salaün, maître de conférences à l’Université Paris-Descartes
  • Éric Wittersheim, maître de conférences à l’EHESS

Séminaire pluridisciplinaire qui réunit des anthropologues, des linguistiques et des historiens pour rendre compte des travaux récents consacrés à l’étude des sociétés du Pacifique. Plusieurs invités interviennent régulièrement dans le séminaire pour en faire un lieu de formation aux enjeux et aux pratiques de la recherche dans cette partie du monde.

Jeudi 8 mars 2012 : 
1e séance d’introduction animée par Marie Salaün (MCF, UP5 / Iris) et Eric Wittersheim (MCF EHESS / Iris)

Jeudi de 15 h à 17 h – EHESS – salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris

Vous y êtes cordialement invité

Iris – Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux

EHESS CNRS UP13 Inserm

http://iris.ehess.fr

Séance exceptionnelle ERSIPAL 12 mars 12-14h

by

L’ERSIPAL, l’axe « Circulation des savoirs et des pratiques culturelles » du CREDA (UMR 7227)
et le collège franco-mexicain en sciences sociales, Centre d’Etudes Mexicaines et Centre-Américaines (CEMCA, Mexico)

ont le plaisir de vous inviter

Le Lundi 12 mars, 12h-14h:

à une conférence exceptionnelle de :

Elisabeth Araiza (Colegio de Michoacan, Mexique)

« La mort ne choisit pas. Expression théâtrale sur la révolte et esthétisation des relations sociales en région purepecha »

Présidente de séance : Carine Chavarochette

Commentatrice : Aline Hémond

Lieu : IHEAL, 28 rue Saint Guillaume, 75007 Paris, Salle Paul Rivet  (5ème étage):

Elisabeth Araiza est invitée dans le cadre du projet d’échange du collège franco-mexicain en sciences sociales, CEMCA, Mexico.

La présentation complète du séminaire ERSIPAL pour 2011-2012 est consultable en ligne  ICI.

séminaire « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones » – 8 mars

by

Les peuples autochtones & le défi environnemental :

regards croisés entre l’Inde et et le Chili

Le séminaire se tiendra le jeudi 8 mars, de 9h à 13h en salle du conseil A, bât. Le France, 190-98 av. de France (sous-sol). 

Leslie CLOUD (juriste, SOGIP)*

Limites et défis de la mise en œuvre des droits des peuples autochtones à la participation à la gestion des ressources naturelles et culturelles au Chili

Cet exposé se propose d’analyser les droits territoriaux des peuples autochtones du Chili, en particulier Mapuche et Rapa Nui,  ainsi que l’évolution de leur participation à la gestion de leurs ressources naturelles et culturelles à la lumière des dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 (DDPA) et de celles de la Convention 169 de l’OIT (C.169) ratifiée en septembre 2008 par le gouvernement chilien.
Sous le gouvernement militaire d’A. Pinochet, le Chili adapta son économie et sa législation au modèle économique néolibéral lui permettant d’ouvrir son territoire et ses ressources naturelles au marché international.
L’ensemble des régions chiliennes sera valorisé en fonction de sa valeur ajoutée économique : en particulier, les territoires ancestraux mapuche pour l’exploitation forestière et  ses potentiels hydroélectrique et touristique et le territoire de Rapa Nui (Te Pito O Te Henua) pour son fort attrait culturel et touristique. Dans les années 1990, en l’absence de législation nationale véritablement protectrice des droits des peuples autochtones, jusque la récente ratification de la Convention 169 de l’OIT en 2008, les conflits territoriaux entre l’Etat chilien et diverses organisations et communautés autochtones  se sont multipliés, ces dernières revendiquant la récupération de leurs territoires ancestraux ainsi que la protection de leurs ressources naturelles et culturelles menacées par d’importants projets de développements économiques ou l’industrie extractive.
Nous examinerons l’impact de l’adoption de la DDPA et de  la ratification de la C.169 par l’Etat chilien dans la médiation de ces conflits ; en particulier comment le droit au consentement et à la consultation préalable, libre et éclairée a été massivement monopolisé par les collectivités autochtones, Mapuche et Rapa Nui et corollairement comment ce
principe a été mis en œuvre par le gouvernement chilien.

***

Raphael Rousseleau (professeur, Université de Lausanne, membre de SOGIP)*

Les Droits des Peuples autochtones en Inde : position de l’Etat et revendications locales, et cas des Dongria Kond (Odisha).

L’intervention présentera d’abord le contexte colonial puis post-colonial indien dans lequel certains groupes ont été reconnus comme « Tribus répertoriées » (*Scheduled Tribes*), avant de se revendiquer comme « aborigènes » (*adivasi*) au niveau national puis international (ONU).

Nous présenterons les dispositions constitutionnelles qui protègent ces minorités, ainsi que l’évolution de la position officielle de l’Inde vis-à-vis des Conventions 107 et 169 de l’OIT, puis de la Déclaration des Nations-Unis sur les Droits des Peuples Autochtones.
Nous verrons enfin comment les réformes néo-libérales des années 90 ont, là aussi, précipité la situation, en affirmant le primat de l’industrie sur le monde agricole et ouvrant des brèches dans le système de protection des groupes concernés.
L’exemple du conflit entre la ‘tribu’ des Dongria Kond, l’Union indienne et une compagnie minière, dans le massif montagneux des Niamgiri (Etat de l’Odisha, dans l’est de l’Inde), permettra d’examiner le traitement concret des droits de ces populations aux terres forestières, à la consultation préalable ainsi qu’à l’autonomie socio-politique au niveau local.

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