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VISEUR. Semaine du cinéma documentaire mexicain” du 25 Novembre au 1er Décembre 2015 à Paris

Avec une vaste production qui correspond à l’univers de chaque réalisateur, le documentaire mexicain connaît un véritable renouveau, et nous souhaitons le mettre à l’honneur en France, troisième pays producteur de documentaires.

Cette année nous présenterons 5 longs-métrages documentaires contemporains et une rétrospective au réalisateur Pedro González Rubio. Les séances d’ouverture et de clôture seront suivies d’un cocktail.

Sélection Officielle:

« Navajazo » (Coup couteau) de Ricardo Silva, Mexique-France – 2013 – 75min – VOSFR

« Carmita » de Laura Amelia Guzmán, Israel Cárdenas, México – 2013 – 80min – VOSFR »

« Los reyes del pueblo que no existe » de Betzabé García, Mexique – 2015 – 90min – VOSFR »

« Lecciones para una guerra » de Juan Manuel Sepúlveda, Mexique – 2011 – 112min – VOSFR »

« Café. Cantos de humo » de Hatuey Viveros Lavielle, Mexique – 2014 – 80 min – VOSFR »

Weekend du doc: *En présence du Réalisateur

« Toro Negro » de Pedro González Rubio, Mexique – 2005 – 85min – VOSFR

« Alamar » de Pedro González Rubio, Mexique – 2009 – 73min – VOSFR

« Inori » de Pedro González Rubio, Japon – 2012- 72min – VOSFR

« Ícaros » de Pedro Gonzalez Rubio, México-Francia- 2015 – 53min VOSFR

Venez-découvrir de documentaires mexicains!

Réservations: contact@viseur.org

Tarfi: 4e / 6e UGC accepté au cinéma Christine 21.

www.viseur.org

Facebook: Viseur

Twitter: @FestivalViseur

Retrouvez les synopsis et bandes-annonces dans la section Cinéma de notre blog!

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GITPA : mission d’information sur les Maasaï au Kenya et en Tanzanie

Kenya

 Clic pour agrandir

Les Maasaï sont originaires du Sud-Soudan et sont présents au Kenya (provinces de l’Est, centrale et de la Rift Valley) et la Tanzanie (provinces du Nord et du Centre), habitant la grande vallée du Rift, essentiellement sur les plateaux mais aussi sur les pentes des escarpements et sur les flancs de certains reliefs volcaniques. Ils sont 377 000 au Kenya et 452 000 en Tanzanie (1,7 et 1,3% de la population totale.)*

Depuis l’ère coloniale, les Maasaï ont été dépossédés d’une partie importante de leurs terres traditionnelles, soit par des fermiers privés, soit dans le cadre de plans gouvernementaux ou de création de parcs nationaux. Les gouvernements tanzanien et kenyan ont, en effet, tenté de mettre en place des projets de développement visant à modifier les modes de vie traditionnels des Maasaï et à les sédentariser afin qu’ils respectent les frontières. Ces tentatives se sont soldées par un appauvrissement généralisé des populations maasaï, qui jusque là géraient efficacement leur bétail et par une émigration urbaine.

Depuis 1993, des mouvements s’organisent pour faire cesser les ventes ou les accaparements de terres maasaï au Kenya et Tanzanie, pour participer à l’administration des parcs et zones de conservation, pour préserver les sites sacrés.

* Source : L’Aménagement linguistique

Du 16 au 29 novembre 2015, Patrick Kulesza, directeur exécutif du GITPA, réalisera
une Mission d’information au Kenya et Tanzanie consacrée à la situation du peuple maasaï.

La mission comprendra des entretiens avec des représentants d’organisations de défense du pastoralisme et de
la société civile. Elle rencontrera des membres des centres de recherche à Naïrobi (Kenya) et Arusha (Tanzanie).
Elle visitera les aires protégées et parcs nationaux au nord de la Tanzanie ( Ngorongoro, Serengeti).

Les principaux sujets abordés seront :

– la situation du pastoralisme;
– l’impact de la création des aires protégées et parcs nationaux sur les parcours pastoraux;
– les accaparements de terres et les expulsions qui en découlent;
– certains conflits en cours : Loliondo ( réserve de chasse des Émirats arabes unis), Olkaria ( projets de géothermie).
……

La mission s’appuiera également sur les conclusions et recommandations des Rapports du Groupe de travail de la Commission de l’Union Africaine sur le Kenya (mars 2010) et la Tanzanie (février 2013).

Pour en savoir plus, consulter :

Informations sur les Maasaï sur le site du GITPA

Népal : nouveau découpage territorial – GITPA

Après des années de discussions sur le choix d’un découpage territorial sur base identitaire (provinces monoethniques) ou géographique (provinces multi ethniques), l’Assemblée Constituante adopte une nouvelle Constitution et un découpage en 7 provinces

Trois questions du GITPA  à Gérard Toffin, Directeur de recherche au CNRS, Centre d’études himalayennes

Remarque : cette carte, montre en fait « les principales populations népalaises » (dans son titre) plus que les « ethnies népalaises ». En effet, les Pahari mentionnés sont des populations de caste qui s’opposent aux groupes ethniques.

Le 16 septembre, l’Assemblée constituante du Népal a voté, à la très forte majorité de 507 voix sur un total de 601, une nouvelle Constitution pour le pays, mettant ainsi un terme à un laborieux et délicat processus entamé il y a huit ans. Le nouveau texte, affirme le caractère laïc  des institutions népalaises, tout en encadrant sévèrement la liberté religieuse, notamment la liberté de changer de religion pour près de 28 millions de Népalais, dont 80 % sont hindous.

Parmi  les sujets qui ont été longuement débattus par l’Assemblé constituante est celui du  découpage territoriale en provinces sur une base identitaire (provinces monoethniques) ou géographique ( provinces multiethniques).

Trois questions du GITPA (Patrick Kulesza) a Gérard Toffin,
Directeur de recherche au CNRS, Centre d’études himalayennes

Q: Quel découpage territorial a été finalement retenu et figure dans la nouvelle Constitution ?

Après avoir longtemps hésité et tergiversé, les leaders des deux principaux partis politiques qui ont remporté les élections générales de novembre 2013, — le parti du Congrès népalais et les communistes réformistes du CPN-UML — ont découpé le pays en sept régions (pradesh). Les Maoïstes de UCPN (M), minoritaires, se sont joints à l’accord. Le Madhesi Janadikhar Forum, l’une des principales forces politiques du Terai, la bordure sud du pays, les ont suivi dans un premier temps, puis se sont retirés, en désaccord sur la nouvelle structure fédéraliste proposée. L’Assemblée constituante (qui comprend des représentants de toutes les populations du pays) a approuvé cette nouvelle structure à une large majorité.

Q: Sur quels critères ce découpage a t-il été réalisé ?

Les régions retenues correspondent grosso modo aux vieilles divisions géographiques du pays : à l’ouest, extrême-ouest, au centre, et à l’est. Elles suivent d’assez près les grands bassins hydrographiques du Népal et ne sont pas fondamentalement différentes des anciennes « zones », anchal, des régimes précédents. Le principe a consisté à lier les régions des collines à celles du sud (les plaines du Terai). Cinq des sept nouvelles régions suivent ce principe. Une seule province, au centre-est, autour de la ville de Janakpur, ne regroupe que des plaines du sud. Dans l’ensemble, les principes économiques et politiques ont prévalu sur les revendications « indigénistes » des populations ethniques et celles des populations Madhesi (de castes indiennes) du Terai qui voulaient une ou deux régions spécifiques au Terai. Les leaders ont cherché à créer des unités économiquement viables et à éviter toute menace d’éclatement du pays. Ils ont également manifesté une certaine méfiance envers le puissant voisin indien.

Q: Quels ont été les termes du débat et les forces politiques qui sont intervenues dans la nouvelle structure fédérale ?

Cette nouvelle structure fédéraliste impose le point de vue des hautes castes hindoues des collines, celles là même qui dominent le pays depuis plus de deux siècles et monopolisent en partie le jeu politique. Elle est en continuité avec le passé. Elle est rejetée violemment par les mouvements « indigénistes » Adivasi-Janajati qui militent en faveur des droits de populations ‘autochtones’, minoritaires (représentant toutefois près de 35 % de la population du pays), et qui s’opposent aux hautes castes hindoues, notamment aux Brahmanes. La fédération NEFIN (Nepal Federation of Indigenous Nationalities), qui regroupe la plupart des militants de ces groupes ethniques, a immédiatement manifesté son désaccord et sa volonté de continuer la lutte. Elle milite en faveur de régions ethniques autonomes avec une reconnaissance des langues locales. Les groupes ethniques voient aussi d’un mauvais œil l’extension de la notion de ‘peuple autochtones’ à des castes hindoues, telles les Khas. Leurs leaders restent cependant divisés et ne sont pas représentés à l’assemblée. Les Madhesi du Terai rejettent également le nouveau découpage. Ils s’estiment lésés. Le Terai du reste est en proie à des violences répétées depuis plus de trois semaines. Les routes sont coupées. Ces violences opposent les Madhesi (mais aussi les Tharu, la population Adivasi-Janajati ancienne du Terai) aux forces gouvernementales. L’Inde qui, traditionnellement, soutient les populations Madhesi, a ajouté aux tensions locales en imposant un blocus non officiel des principes routes frontalières. Delhi entend ainsi imposer des amendements qui prendraient davantage en compte les populations du Terai et assuraient mieux leur représentativité à l’échelle nationale. La frontière commune entre les deux pays, il faut le noter, est longue de 1750 km. Et le Népal dépend de l’Inde pour sa survie économique.


Ouvrage de référence : Politics of Ethnicity in India, Nepal and China.
Marine Carrin, Pralay Kanungo, and Gérard Toffin (eds), Delhi, Primus, 2014, 343 p.


Lien vers le chapitre Népal du site GITPA

Accès à la Lettre électronique:

Parution du Rapport annuel GITPA : Monde Autochtone 2015

Photos prises au cours de la 14eme lPQA, crédits : Patrick Kulesza

Vous trouverez le lien vers le Rapport ici.

Il récence les évènements marquants de l’année 2014, concernant les peuples autochtones dans 55 États ou régions : Arctique, Amérique, Afrique, Asie, Pacifique ce qui représente environ 450 millions de personnes et la plus grande partie de la diversité culturelle du monde.

Le rapport  a été présenté par IWGIA (International Work Group for Indigenous Peoples) en anglais et espagnol au cours de la 14 eme Instance permanente sur les Questions autochtones du 14 avril au 1er mai 2015  et traduit en français par le réseau des experts du GITPA pour les différentes régions.

Nous sommes le 24 octobre 2015 : et si vous vous intéressiez à l’Argentine aujourd’hui ?

Laetitia Gervais, étudiante en M2 Histoire/anthropologie à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL), en échange à l’Universidad Nacional de Mar del Plata (UNMDP), Mar del Plata, Argentine

Si vous n’y connaissez rien et que vous cherchez les actualités, vous allez tomber sur l’événement tant attendu : les élections du 25 octobre, élections présidentielles, mais pas seulement, elles sont sextuples ! Si vous connaissez un peu le pays, vous attendez de voir ce qui va se passer…tout le monde a les yeux rivés sur cette date historique, chacun spéculant sur la victoire de Daniel Scioli, le candidat kirchnériste et péroniste, soutenu par la Présidente sortante, Cristina Fernández de Kirchner, même s’il ne fait pas l’unanimité au sein des kirchnéristes.
Mais qui s’intéresse à ce qui se passe au croisement entre l’Avenida de Mayo et la rue 9 de Julio, à Buenos Aires ? Il y a là un gigantesque campement connu sous le nom de l’acampe, et ce depuis plus de 8 mois maintenant, depuis le 14 février 2015, pour être précise. Des représentants de 4 peuples autochtones essaient de porter sur la scène nationale leur désarroi régional et un conflit ouvert avec le gouvernement de l’Etat fédéral de Formosa où ils habitent. Ces 4 peuples sont : les QOM, les PILAGA, les WICHI et les NIVACLE, et viennent de former un collectif nouveau : QO.PI.WI.NI (je sais, vous n’avez rien compris littéralement, mais faites un effort, vous allez saisir d’où cela vient…et je vous conseille d’aller vite mettre un « J’aime » sur leur page facebook : https://www.facebook.com/qopiwini?fref=ts)
Ils vivent dans des conditions plus que précaires au milieu de ce carrefour urbain, en proie aux voitures qui dévient de leur voie (je fus témoin d’un accident évité de justesse, sous une pluie torrentielle qui avait provoqué un dangereux aqua-planning) au milieu d’un bruit incessant, d’une pollution continue, au cœur de l’énorme capitale grouillante qu’est Buenos Aires. Ce n’est évidemment pas une parcelle du Camping Paradis, donc ils sont sans eau sinon celle de la fontaine de la place et celle des pluies torrentielles qui ont anéanti de nombreux matelas. Ils (sur)vivent surtout grâce aux dons des passants qui sont souvent des touristes, touchés par leur cause, et grâce à l’aide des associations locales qui se relaient. Aucun signe manifeste de l’INAI (Instituto Nacional de Asuntos Indígenas, l’institut officiel pourtant chargé des affaires autochtones en Argentine) et surtout, ils n’ont toujours pas été reçus par la présidente, ce qui est leur souhait, être entendus avant la fin de son mandat, en décembre, selon les slogans affichés. Mais ce n’est rien en comparaison de leur situation quotidienne dans leur campagne de Formosa, au nord du pays. Ils me disent d’ailleurs que ce campement est très similaire à leurs conditions de vie chez eux.
Voyons de plus près ce qui les pousse à faire du camping urbain gratuit. Il y a notamment le fait d’être encore (en 2015, eh oui !) chassés de leurs terres ancestrales (si si, il y avait des habitants avant le débarquement de Colomb et compagnie) au profit de grands propriétaires terriens ou de grandes entreprises étrangères extractivistes (je félicite au passage l’entreprise française Total qui fait du fracking en Patagonie en territoire mapuche, vu que la loi française le lui interdit sur notre territoire). Mais ils se plaignent aussi d’être les victimes d’une certaine insécurité juridique (papiers mal faits), de dépendre cruellement du gouvernement local qui se vend au plus offrant, de la persécution de leurs leaders et des violences policières à l’égard des populations autochtones, de la main mise d’un gouvernement local au pouvoir depuis 25 ans environ sur les actes fonciers, et de menaces permanentes. Ils souffrent également de problèmes de maladies et de malnutrition, du manque de vaccination dans les zones rurales reculées, du besoin d’une salle de premiers secours par communauté avec une ambulance pouvant les transporter à l’hôpital parfois à 50 km, d’une éducation insuffisante et mal adaptée à leurs cultures différentes (il n’y a d’ailleurs aucune université autochtone en Argentine comme cela peut être le cas dans d’autres pays en Amérique latine). Ils sont confrontés à un accès difficile à la justice et voient régulièrement leurs droits bafoués en tant que citoyens argentins et tant que peuples autochtones, au mépris des lois régionales, nationales et internationales, ils sont victimes de la privation de leurs modes de vie traditionnels quand leurs terres ancestrales ont été patrimonialisées en parcs nationaux (pas le droit de pêcher, de chasser, de ramasser des plantes traditionnelles, etc…), et ils sont même contraints d’exercer leur médecine traditionnelle en cachette car elle est non reconnue (soin de certains cancers avec du sang de tatou par exemple). Autre élément très important de leurs requêtes, ils réclament la reconnaissance de toutes les communautés qui le souhaitent et s’auto-désignent comme telles, et notamment celle des membres de la communauté Nivaclé, d’origine paraguayenne, en Argentine depuis 20 ans (la plupart n’ont aucun document d’identité argentin et sont pour ainsi dire presque apatrides)…
J’ai interviewé des représentants de chaque communauté le 9 août, le hasard a fait qu’il s’agissait de la journée internationale des peuples autochtones décidée par l’ONU, et tous les espoirs étaient permis après la réunion fin juillet avec le secrétaire des Droits de l’Homme de l’Argentine, Juan Martín Fresnaga, mais je suis repassée à l’acampe, et à la veille des élections rien n’a changé, les expectatives sont malheureusement toujours les mêmes.
Etudiante étrangère en Argentine, ne votant pas, j’ai refusé hier les boletas (flyers politiques incluant les bulletins de vote indiquant les listes de candidats titulaires et suppléants) distribuées à Mar del Plata pour les élections imminentes, et je me suis ravisée. J’ai finalement pris la liasse de papiers pour vérifier en particulier le programme du candidat annoncé comme favori, Scioli. Parmi les quinze objectifs du « développement argentin » qu’il envisage, je viens de vérifier personnellement, absolument aucun ne fait allusion aux peuples autochtones et c’est également le cas des autres programmes électoraux.
Il faut donc croire qu’environ cent trente ans après la dernière campagne de la fameuse Conquête du Désert argentine, on considère toujours dans les sphères politiques argentines que le « développement » ne peut se faire qu’en éliminant la présence des autochtones et en les invisibilisant. L’histoire ne fait que se répéter, sacrifiant des populations qui occupaient pourtant tous ces territoires bien avant l’arrivée des Européens. Qui va à la chasse…

Laëtitia gervais. buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia gervais. buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

Laëtitia Gervais. Buenos Aires, Argentine. Octobre, 2015.

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GITPA : Oraison funèbre du Premier ministre Gough Whitlam par Noel Pearson, avocat aborigène, militant pour les droits à la terre et fondateur de l’Institut du Cap York

Paul Keating a dit que la récompense de la vie publique, c’est le progrès.

Pour quelqu’un qui est né étranger à la citoyenneté nationale, dans une famille humble d’un peuple marginal luttant contre l’étau de la pauvreté et de la discrimination, cela n’est aujourd’hui certainement plus le cas.

Cela, grâce à l’égalité des opportunités/chances offertes par le programme Whitlam.

Elevé à côté du tas de bois de la démocratie nationale, tenu par aucune allégeance partisane, je parle de l’héritage de cet aîné sans agenda politique.

Au contraire, tout l’honneur pour moi aujourd’hui, au nom de plus de personnes que je ne pourrais jamais savoir, est de pouvoir exprimer mon immense gratitude envers le service public rendu par cet aîné.

Un jour, je l’ai accueilli pour visiter mon village et nous avons discuté de l’histoire de la mission et de ma jeunesse sous le gouvernement de son ennemi intime, Joh Bjelke-Petersen, premier ministre du Queensland.

Mon foyer était une réserve aborigène établie par une succession de lois du Queensland dont la plus ancienne remonte à 1897.

Ces lois étaient notoirement discriminatoires et l’appareil bureaucratique contrôlant les réserves veillait sur les moindres détails de la vie de ceux dont il avait la charge.

Le superintendant détenait de vastes pouvoirs et une bureaucratie à la fois froide et capricieuse présida ce système durant de trop longues années du 20ème siècle.

En juin 1975, le gouvernement Whitlam fit adopter le Aboriginal and Torres Strait Islanders Queensland Discriminatory Laws Act. Cette loi mettait à profit le pouvoir conféré au Parlement fédéral par le referendum de 1967, rendant enfin illégale la discrimination qu’avaient vécu mon père et son père depuis que mon grand-père avait été envoyé à la mission dans sa jeunesse, discrimination que j’ai vécu pendant les 10 premières années de ma vie.

Les pouvoirs régulant le droit de résidence dans les réserves sans permis, le pouvoir des gérants de réserves d’entrer dans les espaces privés sans le consentement des habitants, sans représentation juridique ni capacité d’appel à la justice, le pouvoir des gérants de réserve d’ordonner aux personnes de travailler de manière arbitraire, ainsi que les termes et conditions d’emploi, tout cela devait dorénavant cesser ; il fallait désormais traiter les Aborigènes du Queensland sur un pied d’égalité avec les autres Australiens.

Nous sommes enfin délivrés de ces discriminations qui ont humilié et dégradé notre peuple.

Le Racial Discrimination Act de 1975 fut le compagnon de cette loi ; il allait former une architecture de droits humains pour les autochtones comparable au Civil Rights Act de 1965 aux Etats-Unis.

Ce fut dans le Queensland de Bjelke-Petersen que son importance fut démontrée.

En 1976, John Koowarta, un homme Wik d’Aurukun, sur la péninsule du Cap York, voulut acheter le bail pastoral d’Archer Bend à son propriétaire blanc. Le gouvernement du Queensland refusa la vente. La décision de la Haute Cour dans l’affaire Koowarta versus Bjelke-Petersen, confirma que le Racial Discrimination Act était un exercice valide du pouvoir sur les affaires extérieures de l’institution fédérale. Toutefois, le gouvernement du Queensland, par méchanceté, convertit le bail d’Archer Bend en parc national. Le vieil homme Koowarta mourut brisé, le vainqueur d’une décision de la Haute Cour qui fit date mais la victime d’une discrimination épouvantable.

Le Racial Discrimnation Act fut de nouveau crucial lorsque qu’un groupe d’Insulaires de Murray emmenés par Eddie Mabo revendiqua un titre de propriété dans la common law sur leurs foyers traditionnels dans les îles du détroit de Torres.

En 1985, Bjelke-Petersen essaya d’enterrer la procédure engagée par les Insulaires de Murray en adoptant une loi rétroactive abolissant tout titre traditionnel. Il n’y eut aucune réaction politique ou médiatique contre la loi de Bjelke-Petersen ; aucune condamnation publique de la manœuvre de l’Etat ; aucune forme de réparation dans les forums démocratiques ou les procédures de l’Etat ou de la nation.

Sans le Racial Discrimination Act, cela aurait été la fin de l’histoire. Les droits à la terre auraient été finis, il n’y aurait pas eu de décision Mabo en 1992 ni de Native Title Act en 1993 sous le premier ministre Keating.

Sans cet aîné, les droits humains et les droits à la terre de notre peuple n’auraient jamais vu le jour.

La décision Mabo n’aurait pas eu lieu et, sans le programme Whitlam, son importance dans l’histoire de l’Australie aurait été perdue. Seuls ceux qui ont connu la discrimination connaissent vraiment le mal qu’elle fait.

Seuls ceux qui n’ont jamais été victime de préjugés peuvent dénigrer l’importance du Racial Discrimination Act.
Cet aîné était l’une de ces rares personnes qui, sans connu la discrimination, comprennent l’importance d’une protection contre sa malveillance.

Aujourd’hui, nous nous souvenons de la reprise de possession de Wave Hill par les Gurindji, lorsque le premier ministre déclara:

« Vincent Lingiari, je vous remets solennellement ces titres en tant que preuves, dans la loi australienne, que ces terres appartiennent au peuple Gurindji et je place dans vos mains un morceau de cette terre comme un signe de sa restitution, à vous et vos enfants, pour toujours ».

Cet aîné fut à l’initiative de la Commission Royale Woodward qui amena le premier ministre Fraser à proclamer l’Aboriginal Land Rights Act pour le Territoire du Nord, une législation qui verrait plus de la moitié du territoire restituée à ses propriétaires traditionnels.

Bien entendu, le rappel de l’héritage du gouvernement Whitlam a été, ces quarante dernières années, un processus partisan et tendu.

L’évaluation de ces trois années particulièrement chargées et de leurs conséquences est partagée entre la nostalgie et la fierté à toute épreuve des croyants et l’opinion tout aussi véhémente selon laquelle les années Whitlam représentent le nadir du gouvernement national en Australie. Permettez-moi de proposer une perspective sur ce point.

Le gouvernement Whitlam est un cas d’école d’une réforme coupant court aux enjeux bureaucratiques.
En moins de trois ans, un ensemble de réformes spectaculaire a décollé de son programme politique pour intégrer la législation, la machine administrative et les politiques publiques.

Le pays en fut changé à jamais. L’Australie moderne cosmopolite émergea enfin, tel un papillon en technicolor sortant d’une longue période de chrysalide.

38 ans plus tard, nous sommes comme les rebelles juifs de John Cleese, Eric Idle et Michael Palin, tempêtant contre le régime despotique des Romains, se demandant avec colère « ce que les Romains ont jamais fait pour nous ? » A part Medibank (1) et le Trade Practices Act, qui a mis un terme aux protections tarifaires, et le divorce par consentement dans le Family Law Act, l’Australia Council(2) , la Cour fédérale, l’Ordre d’Australie (3) , l’aide juridictionnelle fédérale, le Racial Discrimination Act, le financement scolaire à partir des besoins, la reconnaissance de la Chine, l’abolition de la conscription, la Commission de réforme des lois, l’assistance financière aux étudiants, la Commission sur le patrimoine, les règles d’immigration non-discriminatoire, les cliniques communautaires, les droits à la terre aborigènes, le congé maternité pour les fonctionnaires, l’abaissement de l’âge du vote à 18 ans et des circonscriptions électorales plus justes ainsi qu’une représentation des territoires au Sénat ; à part cela, qu’est-ce que les Romains ont jamais fait pour nous ?

Et le premier ministre, avec sa contenance de Romain classique – un homme qui aurait été aussi naturellement vêtu dans une toge que dans un costume de safari – se tient de manière impérieuse, les yeux pétillant et ce sourire laissant deviner une pointe d’autodérision jouant sur ses lèvres, rendant ses adversaires furieux et réjouissant ses partisans.

Nous n’avons pas besoin de nostalgie ni de désirer ce qui aurait pu être.

Les réussites de cet aîné sont présentes dans les institutions que nous prenons aujourd’hui pour une évidence ; elles n’ont pas joué un second rôle dans le progrès de l’Australie moderne.

Nous n’avons pas besoin de regretter que ces trois années aient été trop courtes. Fallait-il plus de temps ? L’étendue et la profondeur des réformes établies dans cette courte et tumultueuse période sons sans précédent, et ne seront probablement jamais répétées.

L’attitude désinvolte à l’égard de la bureaucratie par opposition aux enjeux de réforme ne sera sans doute pas reproduite par des gouvernements dont les priorités sont de se maintenir au pouvoir plutôt que de réformer.

Le programme Whitlam, tel qu’il apparait dans son projet pour les élections de 1972, visait trois objectifs : promouvoir l’égalité, impliquer les citoyens australiens dans les processus de prise de décision et libérer les talents, élargir les horizons du peuple australien.

Ce programme demeure aussi rafraichissant que lorsqu’il a été pour la première fois conçu. Il pourrait difficilement être mieux articulé aujourd’hui.
Qui dirait que la vitalité de notre démocratie n’est pas une mission en propre de notre gouvernement et qu’elle ne devrait pas être renouvelée et revigorée ?
Qui dirait que la libération des talents et l’élargissement des horizons des Australiens n’est pas un encouragement méritoire pour notre exécutif national ?

Il reste à évoquer l’idée de promotion de l’égalité. Mes opportunités au sein de cette nation furent le résultat du programme Whitlam. Mes grands-parents et mes parents ne pourraient jamais avoir imaginé quelles portes s’ouvriraient pour moi quand elles restèrent fermées pour eux.

Je partage cette prise de conscience avec des millions de mes concitoyens australiens dont les expériences témoignent d’une manière ou d’une autre du pouvoir incroyable de la distribution des opportunités.

Je ne sais pas pourquoi quelqu’un issu de la classe moyenne supérieure comme cet aîné a pu porter une si brûlante conviction que les barrières de classe et de race de l’Australie de sa jeunesse et de sa maturation devaient être défaites et remplacées par le principe inconditionnel d’égalité.

Je peux difficilement désigner un leader politique australien blanc de son époque et des générations suivantes dont on pourrait dire sans l’ombre d’un doute qu’il n’abritait pas le moindre préjugé racial, ethnique ou de genre dans son organisme.

Il s’agissait de quelque chose de plus qu’un certain libéralisme urbain déguisant des sentiments équivoques et des échecs privés ; c’était une modernité qui était si avant-gardiste qu’elle paraît anachronique.

Des gens comme moi, qui n’auraient eu aucune chance si nous n’avions pu compter que sur les moyens de leur famille, ne pourraient pas être plus endettés que nous le sommes envers la prévoyance et la vision morale d’une opportunité universelle de cet aîné.

Seuls ceux nés dépourvus de tout connaissent vraiment le pouvoir de l’opportunité. Seuls ceux qui sont accoutumés à ses consolations peuvent déprécier une vie publique dédiée à son approfondissement et son renouvellement. Cet ancien n’a jamais voulu créer des opportunités pour lui-même mais il était fermement convaincu de leur importance pour les autres. Car il incombe à la bonne société, par son gouvernement, d’assurer à tous l’égalité des chances et des opportunités.

C’est là que les convictions politiques du premier ministre Whitlam ont été si pertinentes pour permettre à des millions d’Australiens de s’élever.

Nous saluons cet aîné pour son grand amour et son dévouement à son pays et au peuple australien.
Tant qu’il respirait encore, il fut véritablement le plus grand aîné blanc et l’ami sans pareil des Australiens originels.

Noel Pearson est un avocat aborigène, un militant pour les droits à la terre et le fondateur de l’Institut du Cap York.

1 Equivalent de la sécurité sociale.
2 Organisme de financement des arts et de la culture.NdT
3 Equivalent de la légion d’honneur. NdT

Source : Noel Pearson remembers Gough Whitlam ABC News (Australia)
Traduction par Martin Préaud Membre du réseau des experts du GITPA pour l’Australie

Lire l’article sur le site du GITPA ici

Informations sur Gough Whitlam
Informations sur Noel Pearson

Programme Festival de Cinéma de Douarnenez – Peuples des Andes / 21-29 août

La 38ème édition du Festival de Cinéma de Douarnenez sera consacrée du 21 au 29 août aux Peuples des Andes, de la Colombie à la Terre de feu.
 
Quelques 150 films seront présentés (dont 80 des pays andins), ainsi que des expositions photographiques et pluridisciplinaires, un salon d’images expérimentales, un dôme d’écoutes radiophoniques, des concerts, une librairie dédiée aux différents thèmes du Festival et un stage littérature. Tout ceci est quasi entièrement accessible aux Sourds, au sein d’un village éphémère.
 
 
Pour suivre les actualités du festival durant l’édition:http://blogs.mediapart.fr/blog/infofestival-douarnenezcom
 
A la suite du Festival, des interviews et articles seront à retrouver sur le site Réseau Peuples Autochtones.

Bande annonce du prochain festival de cinéma de Douarnenez

38e Festival de Cinéma de Douarnenez • Gouel Ar Filmoù • du 21 au 29 août 2015
~ PEUPLES DES ANDES • POBLOÙ AN ANDOÙ ~
// Grand Cru Bretagne • Grande Tribu • Jeune Public • Monde Des Sourds
// Films • Expositions • Débats • Concerts

festival-douarnenez.com/fr/
facebook.com/pages/Festival-de-cinéma-de-Douarnenez/228558590492719
info@festival-douarnenez.com
02 98 92 09 21

Musique : Sono Gringo SoundSystema (soundcloud.com/sono-gringo-soundsystema)
Réalisation : Gabrielle Cadaze & Théo P. Fléchais

Parution de l’ouvrage collectif « Terres, territoires, ressources : Politiques, pratiques et droits des peuples autochtones », dirigé par Irène Bellier aux éditions L’Harmattan – 3 mars 2015

L’ouvrage « Terres, territoires, ressources : Politiques, pratiques et droits des peuples autochtones » vient de paraître aux éditions L’Harmattan dans la collection « Horizons autochtones ». Il a été conçu à partir d’un atelier international consacré aux peuples autochtones et à leurs droits à la terre, aux politiques de conservation et aux industries extractives, organisé par l’équipe SOGIP en juin 2013.

Le livre peut être commandé en ligne sur le site de l’éditeur L’Harmattan (format papier, PDF, e-book) http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=46070

Liste des contributeurs par ordre d’apparition :

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Irène Bellier ; Arturo Escobar ; Jon Altman ; Richard Chase Smith ; Brian Thom ; Morita Carrasco ; Leonardo Tamburini ; Francesca Thornberry ; Andrew Erueti ; Gérard Collomb ; Stéphanie Guyon ; Brigitte Wyngaarde ; Caroline Desbiens ; Irène Hirt ; Pekuakamiulnuatsh Takuhikan ; Oiara Bonilla ; Artionka Capiberibe ; Justin Kenrick ; Robert Hitchcock ; Sarah Benabou ; Tuhiira Terahi Tuki Huke ; Leslie Cloud ; Claire Levacher ; Samuel Gorohouna ; Brian Wyatt ; Mark Harris ; Felix Padel ; Samarendra Das ; Juan Luis Sariego Rodríguez

4ème de couverture :

La reconnaissance de droits territoriaux, l’usage et la protection des ressources naturelles, le rapport à la terre occupent une place centrale dans les revendications des peuples autochtones. Ces problématiques furent au cœur de la négociation de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007.

Bousculés par l’avancée des fronts de colonisation liés à la réalisation de grands projets d’infrastructures, perturbés par l’intensification des activités minières et agro-industrielles ou par la mise en place de réserves écologiques sur leurs territoires, face à l’État mais trop souvent sans disposer d’une citoyenneté pleine et entière, les peuples autochtones peuvent-ils connaître un « développement » compatible avec le respect des droits humains ? Cette question qui s’adresse à l’ensemble du monde, sans distinction de race, de genre ou de confession, concerne précisément ces populations qui tirent subsistance de la terre et dont la fragilité des situations juridiques accentue la vulnérabilité.

Ce livre a été conçu à partir d’un atelier international, financé par le Conseil européen de la recherche et organisé par l’équipe SOGIP (ERC 249236) qui travaille sur les échelles de la gouvernance reliant les Nations unies, les États et les peuples autochtones, et sur les sens de l’auto-détermination à l’heure de la globalisation. Amorcé par une réflexion sur le lien entre « terres », « territoires » et « ressources » qui a été établi par les négociateurs du droit et que les ontologies autochtones éclairent, le livre aborde trois grandes problématiques. La première traite des droits fonciers et territoriaux, du besoin d’une sécurité juridique et de la relation à la terre, la deuxième questionne la place de l’humain dans les projets de développement ou de protection de l’environnement, la dernière se penche sur les enjeux miniers.

Des anthropologues, des géographes, des juristes, des leaders autochtones, des politistes offrent ici un tour d’horizon de ces problématiques dans une quinzaine de pays et cinq continents, comme pour un précédent ouvrage portant sur les enjeux de la reconnaissance pour les peuples autochtones, paru dans cette même collection.

Table des matières :

Irène Bellier
« Terres, territoires, ressources » : les relations entre politique, économie, culture et droits des peuples autochtones

PREMIÈRE PARTIE—–DES DROITS SUR LE TERRITOIRE. PROPRIÉTÉ, SÉCURITÉ, REPRÉSENTATIONS

Arturo Escobar
Territoires de la différence : l’ontologie politique des « droits au territoire »

Jon Altman
Économie et écologie politiques des droits sur la terre des autochtones en Australie

Richard Chase Smith
Les communautés autochtones du Pérou : pourquoi ne veut-on pas les voir ?

Brian Thom
Confusion sur les territoires autochtones au Canada

Morita Carrasco
Sens du combat autochtone pour la propriété du territoire Argentine : région semi-aride du Chaco

Leonardo Tamburini
Peuples autochtones en Bolivie : du renforcement territorial aux autonomies

Francesca Thornberry
Les droits fonciers des peuples autochtones dans le bassin du Congo – pour un meilleur cadre légal

Andrew Erueti
Réparations pour les peuples autochtones : Canada, Nouvelle-Zélande et Australie

Gérard Collomb et Stéphanie Guyon
« Droit à la terre », institutions coutumières et jeux politiques en Guyane. L’exemple des zones de droits d’usage collectifs

Brigitte Wyngaarde
Les zduc, un enjeu politique…

DEUXIÈME PARTIE——DÉVELOPPEMENT OU CONSERVATION : AVEC QUI ?

Caroline Desbiens, Irène Hirt et Pekuakamiulnuatsh Takuhikan
Développement industriel et négociations territoriales au Canada : défis et enjeux d’une nouvelle forme de traité

Artionka Capiberibe et Oiara Bonilla
Reculs légaux et violations des droits des peuples autochtones au Brésil : face à l’assaut du développement

Justin Kenrick
Protéger l’environnement en respectant les droits des peuples des forêts au Kenya

Robert K. Hitchcock
Environnement, culture et conflits d’usage dans le Kalahari central, Botswana

Sarah Benabou
Parcs et populations locales en Inde : les dessous d’une coexistence explosive

Tuhiira Terahi Tuki Huke et Leslie Cloud
Rapa Nui, un territoire placé sous régime patrimonial : les défis de sa restitution au peuple maori rapa nui

TROISIÈME PARTIE——ENJEUX MINIERS : QUELLES RESSOURCES EN PARTAGE ? POUR QUI ?

Claire Levacher
Les peuples autochtones et les sociétés transnationales minières : de la régulation internationale aux accords locaux

Samuel Gorohouna
Une voie économique kanak ? Implication autochtone autour du nickel et de l’usine du Nord

Brian Wyatt
Protéger les droits, la culture et la tradition au sein d’une économie en croissance

Mark Harris
Extraction des ressources et valeur du patrimoine culturel, en Australie occidentale

Felix Padel et Samarendra Das
Mouvements contre l’industrie minière en Inde : Les Adivasis pourront-ils arrêter le nivellement par le bas ?

Juan Luis Sariego Rodríguez
Droits autochtones et conflits miniers au Mexique

Référence :

Bellier, Irène (dir.), 2014, Terres, territoires, ressources : Politiques, pratiques et droits des peuples autochtones, L’Harmattan, coll. Horizons Autochtones, 394 pages. ISBN : 978-2-343-05543-5

Couverture du livre : oeuvre de Swoon

Programme de l’atelier du Réseau Peuples Autochtones lors du prochain congrès de l’Afea à Toulouse le 1er juillet 2015

PARO CONTRA PROYECTO MINERO EN CAJAMARCA

Bonjour,
Les membres du réseau Peuples autochtones ont le plaisir de vous inviter à assister à l’Atelier thématique :

«De la colonialité des nationalismes à la décolonisation des savoirs autochtones: normes et pratiques»

coordonné par Bruno Baronnet et Sabrina Melenotte
lors du 2ème Congrès de l’Association française d’ethnologie et anthropologie (AFEA)
qui se tiendra à Toulouse du 29 juin au 2 juillet
Pour le programme complet, cliquer ici
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Mercredi 1er juillet 9h-10h30
Session 1
Marie Salaün
Le nickel, le capital d’autochtonie et le grand capital : quand les Kanak (s’)investissent (dans) la mine
/
Annick Thomassin
Cogestion et politique des savoirs dans le détroit de Torres en Australie
/
Bruno Baronnet
Racismes d’État et stratégies de participation autochtone dans l’éducation au Mexique
/
Raphaël Colliaux
Le sens du don intergénérationnel dans la scolarisation en Amazonie péruvienne. Le cas des Matsiguenga du Madre de Dios
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Mercredi 1er juillet 10h45-12h15
Session 2
Sylvia Macedo
Domestiquer le savoir scolaire pour domestiquer l’État ? Réflexions sur le dialogisme (im)possible des pratiques éducatives scolaires des amérindiens au Brésil
/
Leslie Cloud
Le temps des droits autochtones au Chili : la jurisprudence comme mesure d’une interculturalité juridique émergente
/
Claude Le Gouil
Mesures et démesures de l’État Plurinational de Bolivie. Indigénéité, pachamamisme et auto-détermination sous le gouvernement d’Evo Morales
/
Léa Lefevre-Radelli
Les étudiants des Premières Nations dans les universités québécoises : pratiques et limites de la décolonisation
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Mercredi 1er juillet 13h30-15h
Session 3
Marco Aparicio Wilhelmi
Le Mexique, la révolution et la mort : du pouvoir constituant à la déconstituance comme pouvoir
/
Irène Bellier
Les échelles de la gouvernance des peuples autochtones, le hors échelle et le manque
/
Sofia Cevallos Vivar
Peuples autochtones face à la “démesure” du projet de développement impulsé en Equateur : Le cas de l’Initiative Yasuní-ITT
/
Emanuelle Dufour
La réappropriation historique et culturelle par la production de mémoires graphiques autochtones au Canada; l’exemple de “500 Years of Resistance, Comic book” (2010) de Gord Hill

Séance 6 du séminaire SOGIP Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones : « Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts », Jeudi 9 avril 2015

Sogip

Jeudi 9 avril 2015, de 9h à 13h, Le séminaire aura lieu en Salle 1, EHESS, Bâtiment Le France, 190 av de France, 75013 Paris

6ème séance : Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts

Séminaire coordonné par :

Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC et
Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP

Intervenants séance 6 :

Miquel FIGUERAS MOREU, « Qu’est-ce qu’un territoire au Venezuela ? » (doctorant EHESS, LAS)

Geoffroy FILOCHE, « Objets déconnectés ou pièces d’un puzzle ? Les droits fonciers des Amérindiens de Guyane » (IRD, GRED)

Jean-Pierre NGUEDE, « Les pygmées d’Afrique centrale : entre construction et déconstruction des modes de vie traditionnel et moderne » (doctorant EHESS, IMAF)

 Présentation séance 6 :

Nous consacrerons cette séance à l’analyse des dynamiques territoriales des peuples autochtones habitant les forêts. Les territoires autochtones et leurs ressources naturelles sont considérés aujourd’hui comme un élément central pour la garantie des droits de l’homme des peuples autochtones…

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Prochain séminaire SOGIP « Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts » – jeudi 9 avril 9-13h EHESS Paris, salle 1

L’équipe ERC SOGIP, dirigée par Irène Bellier, a le plaisir de vous inviter au séminaire mensuel :
Jeudi 9 avril 2015, de 9h à 13h, EHESS, Salle 1, bâtiment Le France, 190 av de France, 75013 Paris.
6ème séance : Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts

Intervenants :

Miquel FIGUERAS MOREU, « Qu’est-ce qu’un territoire au Venezuela ? » (doctorant EHESS, LAS)
Geoffroy FILOCHE, « Objets déconnectés ou pièces d’un puzzle ? Les droits fonciers des Amérindiens de Guyane » (IRD, GRED)
Jean-Pierre NGUEDE, « Les pygmées d’Afrique centrale : entre construction et déconstruction des modes de vie traditionnel et moderne » (doctorant EHESS, IMAF)

Présentation :

Nous consacrerons cette séance à l’analyse des dynamiques territoriales des peuples autochtones habitant les forêts. Les territoires autochtones et leurs ressources naturelles sont considérés aujourd’hui comme un élément central pour la garantie des droits de l’homme des peuples autochtones. Cela conduit à une multiplication de dynamiques qui rendent plus complexes les articulations de ces territoires aux systèmes politiques, économiques et juridiques. La cohabitation de différentes représentations du territoire, la superposition des lois et des institutions, la présence d’enjeux économiques contrastés transforment la gouvernance des territoires autochtones. Cela a pu dans certaines situations renforcer le rôle de ceux-ci comme noyau d’un projet politique, mais aussi créer des discontinuités, mettant en difficulté la sûreté de ces terres et la consolidation des droits reconnus.  Nous examinerons cela à travers l’étude de trois cas. Geoffroy Filoche, à partir de la Guyane française analysera les implications de l’imbrication des droits fonciers dans le maillage institutionnel et social du territoire départemental. La présentation de Jean-Pierre Nguede évoquera les enjeux de la transformation des modes de vie des Pygmées d’Afrique centrale suite à des expériences de migration. La présentation de Miquel Figueras Moreu se focalisera sur les effets du processus de titularisation des terres mené au Venezuela. Il mettra en relief les tensions existant entre les différentes représentations des territoires.

Résumés :

Miquel FIGUERAS MOREU, « Qu’est-ce qu’un territoire au Venezuela ? »

La défense des peuples autochtones d’Amérique du Sud s’est fermement attachée aux cadres juridiques et à l’appareil d’Etat. Le droit foncier a été sans doute l’axe privilégié, le territoire étant conçu comme l’incarnation de l’économie, de la culture et de la philosophie autochtones. Vingt ans après les premières législations, le bilan est ambivalent : un succès indiscutable du point de vue quantitatif, surfaces, populations et droits confondus ; mais une victoire amère pour diverses raisons. La légalisation des terres a été un moteur d’assimilation et de dépendance aux cultures et économies nationales ; les titres sont limités par une double renonciation : à la continuité territoriale (parcellisation), ou aux zones stratégiques concomitantes aux fronts d’expansion nationale (éloignement) – parfois les deux simultanément. D’autre part, la propriété n’a pas assuré la sécurité, rien ne veille à l’accomplissement du droit. Et finalement, le contrôle des ressources reste soumis aux projets extractivistes d’Etat et d’entreprises multinationales.

Geoffroy FILOCHE, « Objets déconnectés ou pièces d’un puzzle ? Les droits fonciers des Amérindiens de Guyane »

Même si la France refuse toujours de reconnaître aux Amérindiens de Guyane le statut de peuples autochtones, des droits fonciers leur sont octroyés depuis 1987. Ces droits ne se laissent toutefois pas facilement appréhender. Initialement, leur étendue n’a été explicitée qu’a minima afin de sauvegarder les apparences d’égalitarisme républicain et de favoriser l’acceptabilité politique par la population créole de ces droits spécifiques et exclusifs. Parallèlement, les dispositifs fonciers en place sont débordés par les dynamiques sociales qu’ils prétendent réguler. Ils font l’objet de réappropriations parfois radicales par les communautés autochtones qui sont de plus en plus difficiles à justifier auprès des institutions publiques. Les décalages entre droit et fait sont d’autant plus crûment mis en lumière que les terres amérindiennes sont toujours plus imbriquées dans un espace guyanais faisant l’objet de nouvelles régulations résultant des politiques de conservation de la biodiversité (Parc amazonien de Guyane), d’urbanisme ou d’aménagement du territoire. Alors que les zones de vie autochtones ont été par le passé (relativement) déconnectées de la vie juridique et ont été gérées assez librement par les Amérindiens, des controverses émergent aujourd’hui concernant l’articulation de différentes légitimités sur un espace partagé. Dès lors, l’objectif principal de l’intervention est de montrer dans quelle mesure les droits fonciers des Amérindiens s’intègrent et évoluent dans le maillage institutionnel croissant du territoire guyanais. Les principaux résultats sont tirés d’une étude menée entre 2013 et 2014, coordonnée par Damien Davy (CNRS) et Geoffroy Filoche (IRD).

Jean-Pierre NGUEDE, « Les pygmées d’Afrique centrale : entre construction et déconstruction des modes de vie traditionnel et moderne » 

Depuis quelques décennies, la sédentarisation des Pygmées en Afrique, en Afrique centrale, en particulier, a permis la transformation des territoires qu’ils occupaient jadis en aires protégées, concessions forestières et minières et en plantations agro-forestières. Le passage des modes de vie traditionnel, soutenu par des programmes d’organismes internationaux (Plan international, Unicef, etc.) et de la société civile, ne s’est pas vérifié sans problèmes : la relation tendue avec les Bantous, la précarité du travail trouvé en village, le contexte de guerres continues dans la région sont des facteurs qui découragent les Pygmées situés à la frontière du Cameroun et de Centrafrique de s’intégrer dans la « civilisation ». Ils sont chassés ou regagnent volontairement, de façon progressive, les profondeurs de la forêt. Seulement, ils sont confrontés à une adaptation difficile. Se situant dans les perspectives de construction et de déconstruction des modes de vie, cette communication vise à analyser la dynamique culturelle des Pygmées dans un nouveau contexte  qui est celui du retour dans l’environnement de départ.

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Prochaine séance : séance de clôture du séminaire SOGIP dans le cadre de la Conférence SOGIP 2015

Jeudi 16 avril 2015 : Citoyenneté, participation politique.
Intervenants : Martin Papillon (Université d’Ottawa, politiste),  Carole Lévesque (anthropologue), Daniel Salée (politiste),  séance animée par Irene Bellier, Martin Préaud, Laurent Lacroix et Véronica Gonzalez Gonzalez.

Attention : le séminaire du 16 avril se tiendra à l’EHESS, 190 avenue de France 75013 Paris au 6ème étage en salles 638 à 641 dans le cadre de la Conférence « Echelles de gouvernance, Les nations unies, les Etats et les peuples autochtones ». Accès libre à l’ensemble du programme sur réservation, dans la limite des places disponibles. Merci de bien vouloir confirmer par mail votre participation et vos dates de présence : conferencesogip2015@gmail.com

Programme de la conférence : http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article600

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Nous avons le plaisir de vous annoncer que la version française de l’ouvrage Making the Declaration Work : The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous peoples, dirigé par Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (IWGIA, 2009) intitulée « La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre » est maintenant en libre accès. Toutes les informations et téléchargement à partir du site SOGIP :

http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article549

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Séminaire coordonné par :

Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP et animé par l’équipe SOGIP (ERC 249236)

Présentation du séminaire années 2014-2015 :

7 séances, 2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, salle du Conseil A (sauf le 9 avril ; salle 1 et le 16 avril ; salles 638-641), bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris, du 13 novembre 2014 au 9 avril et le jeudi 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 7 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015, 9 avril 2015 et le 16 avril 2015 (le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura lieu du 15 au 17 avril au France.)

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Conférence SOGIP du 15 au 17 avril 2015 à Paris – ECHELLES DE GOUVERNANCE : LES NATIONS UNIES, LES ÉTATS ET LES PEUPLES AUTOCHTONES

La conférence du Programme ERC SOGIP aura lieu les 15, 16 et 17 avril 2015 au bâtiment le France, 190 avenue de France 75013 Paris.

Elle aura pour thème :

ECHELLES DE GOUVERNANCE : LES NATIONS UNIES, LES ÉTATS ET LES PEUPLES AUTOCHTONES

SCALES OF GOVERNANCE : THE UNITED NATIONS, THE STATES AND INDIGENOUS PEOPLES

ESCALAS DE GOBERNANZA : LAS NACIONES UNIDAS, LOS ESTADOS Y LOS PUEBLOS INDÍGENAS

FR, EN, SP (with translation / con traducción)

Le programme complet de la conférence sera prochainement disponible sur ce site : http://www.sogip.ehess.fr

Accès libre à l’ensemble du programme sur réservation, dans la limite des places disponibles. Merci de bien vouloir nous confirmer par mail votre participation et vos dates de présence : conferencesogip2015@gmail.com

PROGRAMME

MERCREDI 15 AVRIL 2015

L’EMERGENCE DES PEUPLES AUTOCHTONES DANS L’ESPACE PUBLIC

SESSION 1 : LES PEUPLES AUTOCHTONES AUX NATIONS UNIES

SESSION 2 : DES ÉCHELLES, DES ÉTATS ET DES PEUPLES

JEUDI 16 AVRIL 2015

DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES –
ENJEUX FONCIERS ET DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

SESSION 3 : TERRES, CULTURES, « DÉVELOPPEMENT »

SESSION 4 : CITOYENNETÉ, PARTICIPATION POLITIQUE

VENDREDI 17 AVRIL 2015

PENSER LA DÉCOLONISATION DES PEUPLES AUTOCHTONES

SESSION 5 : DÉCOLONISATION, ÉDUCATION, PLURALISME

SESSION 6 : SAVOIRS, RECHERCHE, COOPÉRATION

INVITÉS / INTERVENTIONS

(Par ordre d’apparition)

Pierre-Cyrille Hautcoeur, Président de l’EHESS
Irène Bellier, Responsable SOGIP, ERC principal investigator, responsable del equipo
Christian Gros, socio-anthropologue, Université Paris-Sorbonne nouvelle
Otilia Lux de Coti : UNPFII, directrice du FIMI, ancienne ministre de la Culture et des Sports, ancienne députée, mouvement WINAQ, Maya k´iche´ Guatemala
Melakou Tegegn, politiste, Minority Rights Group, Ethiopie
Guillaume Boccara, CNRS, Centre franco-argentin, anthropologue
Verónica González-González, SOGIP, EHESS, sociologue
Stéphanie Guyon, SOGIP, U. de Picardie Jules Vernes, politiste
Alexis Tiouka, conseiller municipal, kali’na, Guyane française
Laurent Lacroix, SOGIP, EHESS, sociologue
Brian Thom, Université de Victoria , anthropologue
Joan Carling, Membre UNPFII, General Secretary AIPP
Martin Préaud, SOGIP, anthropologue
Les Malezer, Co-Président du National Congress of Australia First Peoples,
Conseiller autochtone UN-HLPM/WCIP
Jennifer Hays, SOGIP, Université de TromsØ, anthropologue
Korir Sing’Oei, Legal Advisor, Deputy President’s Office, Kenya
Martin Papillon, Université d’Ottawa, politiste
Carole Lévesque, anthropologue, réseau DIALOG
Daniel Salée, politiste, réseau DIALOG
Sylvain Pabouty, élu kanak, DUS, Province Sud, Nouvelle-Calédonie ,
Edith Cloutier, Centres d’Amitiés autochtones au Québec
Marie Salaün, Université de Nantes, anthropologue
Linda Tuhiwai Smith, Université de Waikato, Aotearoa New-Zealand, Maori
Raphaël Rousseleau, SOGIP, Université de Lausanne, anthropologue
Jean Leclair, juriste, Université de Montréal
Rowena Dickins Morrison, SOGIP, CERCRID-Université Jean Monnet, juriste
Ghislain Otis, Université d’Ottawa, juriste
Barbara Glowczewski, LAS-CNRS/ Collège de France/EHESS, anthropologue
Manuela Carneiro da Cunha, Université de Campinhas, anthropologue
Leslie Cloud, SOGIP, EHESS, juriste
Benoît Trépied, SOGIP, IRIS-CNRS/EHESS, anthropologue
Edith Cloutier, Réseau DIALOG, Montréal
Felipe Gómez, Université Deusto, Institute of Human Rights, Bilbao
Lola García Álix, IWGIA, Copenhague
Camila Brattland, Centre for Sami Studies, UiT – The Arctic University of Norway

SEMINAIRE SOGIP : 5ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» : Les défis de la participation politique

by

Sogip

La 5ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 12 mars 2015. La séance aura pour thème:

Les défis de la participation politique

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 9 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et 9 avril 2015.

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année…

Voir l’article original 1 144 mots de plus

Prochain séminaire Edgar Morin « Jésus, Allah et Ch’ul Tatik : légendes sur la transformation porcine en monde arabe, européen et amérindien » – 23 février 2015 EHESS Paris

Le prochain séminaire du Centre Edgar Morin aura lieu
Lundi 23 février 2015 – de 15h à 17h
(salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris)
Misgav Har-Peled est chercheur associé au centre Edgar Morin

Jésus, Allah et Ch’ul Tatik (« notre Père sacré ») :

Légendes sur la transformation porcine en monde arabe, européen et amérindien

Résumé : Dieu transforma des humains en cochons, nous racontent des légendes des mondes arabe, européen et amérindien. Si ce thème surgit dans des aires culturelles inter- connectées et en même temps, très diverses, religieusement et culturellement, la question est : comment le sens de la transformation elle-même change d’un système culturel-religieux donné à l’autre? Cette question sera traitée au travers de trois exemples : une gravure allemande du quatorzième siècle, un livre de fondamentaliste musulman contemporain (2000) et un récit d’un village Maya Tzeltal au Chiapas, Mexique (1975). Cette interrogation nous amènera à réfléchir sur la transformation comme explication de l’interdit alimentaire, de la ressemblance physique entre l’homme et l’animal ou de la proximité entre soi et l’autre (l’animal/l’humain).

 

Nous vous y attendons nombreux
Sophie Bobbé
Claude Fischler
Evelyne Ribert

PDF en linea : Manual para defender los derechos de los pueblos indigenas

Manual para defender los derechos de los pueblos indígenas

El objetivo de este manual es contribuir, con un instrumento práctico, a la labor que realizan personas, pueblos indígenas y organizaciones dedicadas a proteger y gestionar a favor de los derechos de los pueblos indígenas. El manual no solo desarrolla los principales derechos de los pueblos indígenas protegidos por los instrumentos internacionales sino que también describe los sistemas universal e interamericano para la protección de los derechos humanos y el funcionamiento de los órganos que en cada uno de estos sistemas velan por el cumplimiento de estos derechos. Ante los múltiples conflictos que actualmente existen en la región, relacionados con la extracción de recursos naturales en zonas habitadas por poblaciones indígenas, este documento se presenta como una guía de actuación tanto para grupos afectados como para funcionarios estatales.

Descargar PDF

Prochain séminaire SOGIP « Gouvernance globale et citoyenneté locale » – 12 février 2015 EHESS Salle du Conseil A, bât. Le France

L’équipe ERC SOGIP, dirigée par Irène Bellier, a le plaisir de vous inviter au séminaire mensuel :
Jeudi 12 février 2015, de 9h à 13h, EHESS, Salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190 av de France, 75013 Paris.
4ème séance : Gouvernance globale et citoyenneté locale

Intervenants :

Tassadit Yacine (Directrice d’études LAS/EHESS)  : Berbères d’Algérie
Didier Le Saout (maître de conférence, Université paris 8) :
Le mouvement amazigh entre discours pour la promotion d’une identité et institutionnalisation
Akiyo Afouda (Chargé des droits de l’homme, Union interparlementaire) :
La contribution de l’Union interparlementaire à l’implication des parlementaires dans la promotion des droits des peuples autochtones

Présentation :

Au moment où les sens du local et du national sont mis en question par la mondialisation, les mobilisations autochtones produisent de nouvelles pratiques et de nouveaux dispositifs symboliques et politiques sur lesquelles reposent leurs projets collectifs. En mobilisant la rhétorique des droits, à la fois dans des lieux où on fabrique le sens du global et dans les lieux où on fabrique le sens du local, les peuples autochtones essaient de se servir des outils de la gouvernance mondiale pour articuler leurs aspirations aux imaginaires et aux spatialités socio-politiques. Ce scénario soulève d’importants challenges tant pour l’exercice de la citoyenneté autochtone que pour les sciences sociales : quels sont les liens d’appartenance au local, au national et à l’international qui (ou que) construisent les peuples autochtones dans la gouvernance mondiale ? Quels dispositifs pourraient répondre à leurs attentes et à celles des instances de gouvernement quant à la représentation politique de ces peuples ? Quel rôle joue la localité dans la gouvernance mondiale et quels dangers cela comporte pour la participation politique des peuples autochtones ? Quels sont les rapports de force entre les différents domaines internationaux, nationaux, locaux, en ce qui concerne les droits politiques des peuples autochtones ? Quel intérêt pourrait avoir des termes tels que « transnational », « global » ou « glocal » pour comprendre ces nouveaux phénomènes ? Nous réfléchirons à ces questions à la lumière de deux cas : le premier d’eux concerne les peuples berbères d’Algérie et du Maroc dont l’identité constitue, à la fois, un atout de résistance et de mobilisation politique transnationale. Le deuxième cas portera sur le rôle de l’Union interparlementaire dans le renforcement de la représentation des peuples autochtones dans les parlements.

Résumés :

Tassadit Yacine (Directrice d’études LAS/EHESS) : Berbères d’Algérie

L’Algérie est le pays qui compte le plus de Berbérophones après le Maroc. Ils comptent entre plus d’un quart et moins d’un tiers de la population (d’environ 37 millions d’habitants). Ces populations dont la survie a été marquée par la résistance ont, hormis la langue berbère, conservé leur législation, leur gestion de la cité qu’on a aisément comparée à celle de la Grèce antique. Leur identité s’est en quelque fondée sur la lutte et sur la résistance. Les Kabyles ont joué un rôle important dans le mouvement national et pendant la guerre d’Algérie. Leur investissement dans la future nation a été très important. Néanmoins, la construction de l’État-nation s’est effectuée contre eux puisqu’ils seront, de surcroît, désignés comme des ennemis de la nation voire des traitres. Marginalisés, privés de leur culture, suspects, ils se soulevèrent en 1980 lorsqu’un de leur poète, Mouloud Mammeri, a été interdit de parole, ce qui a été à l’origine des événements du printemps 80. Ce mouvement lutte, depuis, en faveur de la reconnaissance de la langue berbère et des libertés démocratiques. Un Mouvement culturel est né (MCB), des partis politiques sont reconnus depuis 1988. Mais, cela n’est rien d’autre qu’une petite brèche ouverte…

Didier Le Saout (maître de conférence, Université paris 8) : Le mouvement amazigh entre discours pour la promotion d’une identité et institutionnalisation

L’apparition d’un mouvement amazigh est concomitante au Maroc, en Algérie et en France sous des formes différentes. S’il n’est pas possible de dater exactement l’origine de l’affirmation identitaire amazighe, on peut cependant affirmer que la naissance d’un mouvement « berbère » ou « amazigh » remonte aux années 1960 en Algérie, au Maroc et dans l’émigration, notamment en France. Si les premiers temps du mouvement amazigh sont faits d’actions conduites par des groupes isolés rassemblant quelques individus, la contestation s’élargit par la suite en Algérie comme au Maroc jusqu’à produire un discours critique de l’édification de l’Etat-nation issu de la décolonisation dans ces deux pays. Mais ce sont les manifestations caractérisées de « printemps berbère » qui éclatent en Kabylie qui donneront à la revendication identitaire toute sa visibilité. La mobilisation sera accompagnée d’une institutionnalisation de la culture et de la langue berbère qui intéresse, aussi, le mouvement social. A partir de la fin 2010, dans le contexte des mouvements populaires qui se développent en Afrique du nord et au Moyen-Orient, la demande de reconnaissance de l’amazighité va être placée dans le débat constitutionnel. Ces événements provoquent différents types de réponse de la part des associations et des regroupements militants. En France, les associations pour la défense de la berbérité placent le rapport aux institutions politiques au centre des positionnements mais dans un contexte différent. Elles fondent leur existence sur la construction d’une communauté berbère « de France » dont l’image est projetée dans le champ politique. L’objectif vise l’intégration des militants pour la défense de la berbérité dans la politique française.

Akiyo Afouda (Chargé des droits de l’homme, Union interparlementaire) : La contribution de l’Union interparlementaire à l’implication des parlementaires dans la promotion des droits des peuples autochtones

En tant que partie intégrante de la société, les peuples autochtones doivent jouir des mêmes droits que tous les autres citoyens. En vertu de ce principe fondamental, et suite à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, l’Union interparlementaire (UIP) s’est jointe aux efforts visant à faire prévaloir ce principe et à le matérialiser. M. Akiyo Afouda, qui est en charge du dossier de l’Union interparlementaire consacré aux peuples autochtones, partagera son expérience et les réflexions qui entourent les activités de l’UIP dans ce domaine. Elles se déclinent en : actions de sensibilisation et d’information à l’intention des parlementaires et d’autres acteurs concernés, jusques et y compris la mise en œuvre d’un projet sur la question ; l’organisation de rencontres parlementaires internationales ; la participation aux fora internationaux sur les peuples autochtones ; et la réalisation d’enquête sur la représentation des peuples autochtones dans les parlements.

Prochaine séance :

Jeudi 12 mars 2015 : « Les défis de la participation politique. » Intervenants : David RECONDO (Maître de conférences, Sciences-Po Poitiers), Jean-Pierre CHAUMEIL (Directeur de recherche émérite, CNRS) et Alpa SHAH (Professeure, London School of Economics)

http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article583

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Nous avons le plaisir de vous annoncer que la version française de l’ouvrage Making the Declaration Work : The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous peoples, dirigé par Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (IWGIA, 2009) intitulée « La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre » est maintenant en libre accès. Toutes les informations et téléchargement à partir du site SOGIP :

http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article549

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Séminaire coordonné par :

Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP et animé par l’équipe SOGIP (ERC 249236)

Présentation du séminaire années 2014-2015 :

6 séances, 2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura lieu du 15 au 17 avril au France.)

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Mise en ligne (téléchargement disponible en PDF) de l’ouvrage de Claire Charters & Rodolfo Stavenhagen (dir.) « La Déclaration des droits des peuples autochtones : genèse, enjeux et perspectives de mise en oeuvre »

MISE EN LIGNE DE L’OUVRAGE : « La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre », sous la direction de Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (Version française 2013) – 18 février 2014

La version française de l’ouvrage Making the Declaration Work : The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous peoples, dirigé par Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (IWGIA, 2009) est parue en 2013 sous le titre La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre, aux éditions l’Harmattan. La coordination de l’édition française a été assurée par GITPA et SOGIP, avec un avant-propos d’Irène Bellier. Cette version est maintenant disponible au téléchargement.

Référence :

Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (dirs.), La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre. Traduction : Simone Dreyfus-Gamelon et Sabrina Melenotte. Coordination pour l’édition française : IWGIA-GITPA et SOGIP, Paris l’Harmattan, 2013, collection horizons autochtones, 394 p. ISBN : 978-2-336-30514-1.

LIVRE DISPONIBLE AU TELECHARGEMENT EN INTEGRALITE (PDF)

DDPA_ C Charters_R Stavenhagen__Dirs_2013 (PDF)

Liste des contributeurs :

Claire Charters (dir.), Rodolfo Stavenhagen (dir.), Irène Bellier, Augusto Willemsen-Díaz, Asbjørn Eide, Erica-Irene A. Daes, John B. Henriksen, Andrea Carmen, Luis Enrique Chávez, Luis Alfonso de Alba, Adelfo Regino Montes, Gustavo Torres Cisneros, Albert Barume, S. James Anaya, Mattias Åhrén, Chandra K. Roy, Henriette Rasmussen, Kuupik Kleist, Naomi Kipuri, Dalee Sambo Dorough, Julian Burger, Luis Rodríguez-Piñero Royo, Bartolomé Clavero, Wilton Littlechild. (par ordre d’apparition)

Traduction (édition française) :

Simone Dreyfus-Gamelon, Sabrina Melenotte

4ème de couverture :

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones est le point culminant d’un combat séculaire des peuples autochtones pour la justice. Parce qu’elle promeut l’égalité pour les peuples autochtones du monde et qu’elle reconnaît leurs droits collectifs, elle constitue une avancée et un nouvel apport, important, à l’arsenal de défense des droits de l’homme que les Nations unies possèdent.

La Déclaration est le résultat du travail effectué par de nombreuses personnes pendant plus de 25 ans au cours d’intenses et longues négociations. Pour la première fois, dans ces négociations multilatérales, les peuples autochtones, détenteurs de droits, siégeant aux côtés de responsables des Nations unies, de dirigeants gouvernementaux et de diplomates, obtinrent la reconnaissance de leurs droits dans le droit international.

Les auteurs de ce livre collectif, destiné aux spécialistes comme au grand public, furent pendant des années intimement mêlés à l’élaboration de la Déclaration. Le livre conte cette histoire, vue de l’intérieur, détaillant sa genèse, le contenu des négociations et sa signification la plus large, en regard de l’avenir social, culturel et politique des peuples autochtones. Ses contributeurs viennent du monde entier, allant des militants autochtones aux membres du Conseil des droits de l’homme, des participants aux groupes de travail et aux différents mécanismes aux hauts fonctionnaires de l’ONU et aux représentants des gouvernements. Tous furent à l’œuvre, du début à la fin, pour la construction de cet édifice.

Sommaire

Introduction

Avant-propos-Irène Bellier

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones : Comment elle devint réalité et ce qu’elle nous annonce-Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen

Première partie : Les débuts

Comment les droits des peuples autochtones sont entrés à l’ONU-Augusto Willemsen-Díaz

Les peuples autochtones, le groupe de travail sur les populations autochtones et l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones-Asbjørn Eide

La contribution du groupe de travail sur les populations autochtones (GTPA) à la genèse et à l’évolution de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones Erica-Irene A. Daes

Deuxième partie : La négociation de la Déclaration

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones : quelques questions clés et événements survenus au cours de son élaboration-John B. Henriksen

Un rapport du Conseil international des traités indiens (CITI) depuis le champ de bataille – la lutte pour la Déclaration-Andrea Carmen

La Déclaration sur les droits des peuples autochtones rompt l’impasse : le point du milieu-Luis Enrique Chávez

L’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones au Conseil des droits de l’homme-Luis Alfonso de Alba

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones : base d’une nouvelle relation entre les peuples autochtones, les États et les sociétés-Adelfo Regino Montes et Gustavo Torres Cisneros

Répondre aux inquiétudes des États africains-Albert Barume

Troisième partie : Les droits des peuples autochtones

Le droit des peuples autochtones à l’autodétermination après l’adoption de la Déclaration-S. James Anaya

Une introduction aux dispositions sur les terres, territoires et ressources naturelles de la Déclaration des droits des peuples autochtones-Mattias Åhrén

Peuples autochtones d’Asie. Droits et défis du développement-Chandra K. Roy

Droits culturels au Groenland-Henriette Rasmussen

Déclaration de M. Kuupik Kleist, Premier ministre du Groenland, à la deuxième session du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones, Genève, 10-14 août 2009

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans le contexte africain-Naomi Kipuri

Quatrième partie : La mise en œuvre de la Déclaration

La signification de la Déclaration des droits des peuples autochtones et son application future-Dalee Sambo Dorough

La légitimité de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones-Claire Charters

Rendre effective la Déclaration comme instrument des droits de l’homme dans le système de l’ONU-Julian Burger

« S’il y a lieu » : supervision et mise en œuvre des droits des peuples autochtones conformément à la Déclaration-Luis Rodríguez-Piñero Royo

Suprématie culturelle, constitutions des États et Déclaration sur les droits des peuples autochtones-Bartolomé Clavero

Comment rendre la Déclaration effective-Rodolfo Stavenhagen

Quand les peuples autochtones gagnent, le monde entier est gagnant-Wilton Littlechild

Annexe

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones

Projection du film d’Antoine Boutet « Sud Eau Nord Déplacer », Espace St-Michel, 1er février, 20h

Si cette page s’ouvre mal : cliquez ICI

Le GITPA s’associe à la sortie du film de Antoine BOUTET


Le Nan Shui Bei Diao – Sud Eau Nord Déplacer – est le plus gros projet de transfert d’eau au monde, entre le sud et le nord de la Chine. Sur les traces de ce chantier national, le film dresse la cartographie mouvementée d’un territoire d’ingénieur où le ciment bat les plaines, les fleuves quittent leur lit, les déserts deviennent des forêts, où peu à peu des voix s’élèvent, réclamant justice et droit à la parole. Tandis que la matière se décompose et que les individus s’alarment, un paysage de science-fiction, contre-nature, se recompose.

Antoine BOUTET et Katia BUFFETRILLE (membre du réseau des experts du GITPA pour la Chine)
présenteront le film
le dimanche 1 er février ( à 20h ) à l’Espace Saint – Michel

7 boulevard Saint-Michel 75 000 PARIS



Interview d’Antoine Boutet

Un article de presse

Quelques autres salles programmées

Appel à communications Revue Autrepart « Savoirs autochtones et développement » – 15 février

APPEL À COMMUNICATIONS 

Chères et chers collègues,

Vous voudrez bien trouver ci-joint un appel à contributions pour le numéro 83 de la revue Autrepart qui portera sur « Savoirs autochtones et développement« .
Les intentions de contribution et les articles sélectionnés sont respectivement attendus les 15 février et 30 avril 2015.
Merci de transmettre cet appel à ceux de vos collègues qui pourraient être intéressés et veuillez nous excuser si vous recevez cet appel en double.

Autrepart est une revue de sciences sociales pluridisciplinaire co-publiée par les Presses de Sciences-Po et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Autrepart est la seule revue francophone entièrement dédiée aux pays du Sud. À travers trois numéros thématiques et un numéro non thématique chaque année, la revue cherche à promouvoir la réflexion sur les pays du Sud pour améliorer la compréhension de leur diversité et de leurs dynamiques. La revue est indexée par African Studies Centre (Leiden), Codesria Current Contents,  Crossref, Cultures, Langues, Textes (CNRS), IBSS, Ingenta; FRANCIS (INIST) et JournalSeek et figure sur les listes AERES.

autrepart@ird.fr

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CALL FOR CONTRIBUTIONS

Dear colleagues,

Please find attached the call for Abstracts for a special issue of the peer reviewed academic journal Autrepart on “Autochthonous knowledge and development”.
Proposed abstracts and full (invited) manuscript submissions are respectively du 15 th February and 30 th April 2015.
We would be grateful if you could forward this call to interested colleagues and disseminate it through your channels and we apologize if you receive this call in duplicate.

Autrepart is a multidisciplinary social science journal co-published by the Presses de Sciences-Po and the Institute of Research for Development (IRD). Is the only social science journal devoted entirely to developing countries. Through three thematic and one non-thematic issue each year, the journal aims at promoting reflection on developing countries to improve the understanding of their contemporary diversity and dynamics. The journal is indexed in African Studies Centre (Leiden), Codesria Current Contents,  Crossref, Cultures, Langues, Textes (CNRS), IBSS, Ingenta; FRANCIS (INIST) and JournalSee.

autrepart@ird.fr

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SOLICITUD DE ARTICULOS

Queridos colegas,
Encontrarán en el documento adjunto, una convocatoria para el envío de artículos originales y notas de lectura para un número temático de la revista Autrepart « Saberes autóctonos y desarrollo ». Las propuestas de contribución han de enviarse a la revista antes del 15 de febrero 2015, los trabajos seleccionados podrán entregarse hasta el 30 de abril 2015.
Gracias por transmitir esta convocatoria a aquellos colegas que puedan estar interesados y pedimos disculpas si reciben esta convocatoria por duplicado.
Autrepart es una revista multidisciplinar de ciencias sociales publicada por Prensas de Sciences-Po y el Institut de Recherche pour le Développement. Es la única revista francófona dedicada a los países del Sur. A través de números temáticos y un número no temático cada año, la revista pretende promover una reflexión sobre los países del Sur para mejorar la comprensión de sus diversidad y su dinámica. La revista está indexada por African Studies Centre (Leiden), Codesria Current Contents, Crossref, Cultures, Langues, Textes (CNRS), IBSS, Ingenta; FRANCIS (INIST) et JournalSeek y figura en las listas AERES.

 

autrepart@ird.fr
Pour le Comité de rédaction
Irène Salvert
Secrétaire de la rédaction
-- 
Revue Autrepart
19, rue Jacob
75006 Paris - France
http://www.cairn.info/revue-autrepart.htm

Merci d'envoyer vos messages à la revue :autrepart@ird.fr
Avec copie à l'adresse suivante :revue.autrepart@gmail.com

Séminaire de crise : images, politique : « Activismes? Regards croisés amérindiens sur les relations entre art et politique, 8 janvier 2015, INHA 9h30-12h

Activismes ? Regards croisés amérindiens sur les relations entre art et politique
8 Janvier 2015, INHA, salle Fabri de Pereisc, 9h30-12h
 
Ana Guevara, 
Francisco Huichaqueo : film/performance politique Mapuche (Chili)
Francisco Huichaqueo (1977, Valdivia, Chili) a réalisé en 2012 le film Kalül Trawün / Réunion du corps, dans le cadre d’une performance effectuée dans une salle d’exposition à l’intérieur d’un centre commercial de la capitale chilienne. Cet artiste qui se présente comme « peignant avec sa caméra » est d’origine Mapuche et diplômé des beaux-Arts de l’Université du Chili, il a également fait des études de cinéma documentaire. Par ses œuvres artistiques, il revendique l’identité et les traditions mapuche ainsi que les tensions de ce peuple face à un modèle de développement qu’une grande partie des amérindiens remettent en question.
Francisco Huichaqueo se met parfois lui-même en scène et est présent sur les réseaux sociaux pour la diffusion de ses œuvres.  Grâce à ses nouvelles formes d’expression politique, la lutte Mapuche s’est élargie dans sa palette à d’autres milieux/publics avec une portée internationale naissante.
Suite à la présentation de quelques extraits de ce film, on mettra en lumière le contexte actuel des Mapuche pour le mettre en relation avec l’engagement artistique et politique de Huichaqueo.
Ana Guevara est anthropologue d’origine argentine et chilienne (Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Paris). Elle achève actuellement sa thèse portant sur la mémoire et les transformations du paysage chez les Mapuche en Patagonie nord (deux côtés de la Cordillère). Une partie de sa thèse est consacrée à la relation entre les artefacts, production matérielle, à partir du rituel le plus important (Nguillatun) considéré comme porte d’entrée à la riche tradition Mapuche. Elle étudie également les différentes formes d’expression politique face aux atteintes portées à l’environnement et leur déformation du paysage (déforestation brutale, pollution des zones de pêche, développement de projets touristiques…).  Récemment elle a commencé à s’intéresser aux manifestations artistiques des revendications du peuple Mapuche.
Image : photogramme de Kalül Trawün (2012)
 
 
Sophie Moiroux, 
Jimmie Durham : un art in-directement politique ?
Artiste contemporain (né en 1940 dans l’Arkansas, d’une famille Cherokee), Jimmie Durham a réalisé ses premières expositions à la fin des années 1960, acquérant par ailleurs un diplôme des Beaux-Arts. Il s’est dédié à l’action politique au moment de la crise de Wounded Knee (Dakota du Sud) en 1973, devenant membre de l’American Indian Movement puis représentant du Conseil International des Traités Indiens à l’ONU. En 1980 il se consacre à nouveau à l’art, puis quitte définitivement les Etats-Unis, et s’installe en « Eurasie » en 1994 (il vit aujourd’hui à Naples et Berlin). Son œuvre – sculptures, installations, performances, poésie, textes – est notamment reconnue exprimer un certain engagement politique, sans pour autant, souligne-t-il, être « directement politique ». En regardant quelques exemples d’œuvres, on proposera dans cette présentation quelques réflexions sur les relations entre art et politique dans le travail de Durham, en évoquant les ‘images’ convoquées, sa pratique et ses discours, ainsi que ses visées.
Sophie Moiroux est anthropologue (Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Paris). Elle a consacré sa thèse à l’œuvre de Jimmie Durham (L’objet-frontière. Art contemporain, conflits culturels et jeux d’ontologies, 2011), puis son postdoctorat au peintre Amati Trumai (Haut-Xingu, Amazonie brésilienne). Au sujet de l’œuvre de Durham elle a publié notamment « ‘Devemos imaginar a antropologia antropologicamente’ Entrevista com Jimmie Durham », Revista de Antropologia (São Paulo) 56(2) (2013) et « Dé-voiler les objets : la ‘normalité’ exposée dans les installations muséales de Jimmie Durham », Anthropologie et Sociétés (Laval) (2015). Elle mène ses recherches actuelles sur des artistes amérindiens contemporains, leurs œuvres et leurs relations à différentes formes d’‘activismes politiques.
Image : photographie de la performance de Jimmie Durham Building a Nation à Matt’s Gallery, Londres, 2006 (photo : S. Moiroux)
Dans le cadre du « Séminaire de crise : images, politique », Images re-vues, coordonné par Thomas Golsenne et Chloé Maillet

Entretien avec Hélène CLAUDOT-HAWAD, spécialiste des Touaregs, au sujet de la sortie du film Timbuktu

Le GITPA signale la sortie du film d’ABDERRAHMANE SISSAKO

Près de Tombouctou vit Kidane (Ibrahim Ahmed), un berger qui tente de vivre paisiblement dans les dunes du Mali. Avec sa femme Satima (Toulou Kiki), sa fille Toya (Layla Walet Mohamed) et son fils Issan (Mehdi AG Mohamed), ils subissent silencieusement l’invasion djihadiste. Car la ville est tombée aux mains des extrémistes religieux. La terreur paralyse les habitants, qui ne peuvent plus ni chanter, danser, fumer, ou encore jouer au football… Cachées sous leurs voiles noires, les femmes tentent de résister dignement, et deviennent les victimes de procès absurdes. Un jour, Kidane tue sans le vouloir Amadou, un pêcheur qui s’en était pris à sa vache préférée. Il va devenir le jouet de ces défenseurs de la loi venus d’aileurs…

Interview, par le GITPA, de Hélène CLAUDOT-HAWAD, directrice de recherche au CNRS,
expert de la société touarègue, membre du réseau Afrique du GITPA

Que pensez vous du contenu du film et en particulier de la représentation des Touareg qu’il véhicule ?

Le parti pris du réalisateur de Timbuktu est intimiste. Il montre des parcours individuels, qui peuvent être chaotiques, contradictoires, hésitants. Il met en scène une palette de personnages qui s’expriment dans les langues locales anciennes : songhay, tamashaq, arabe, mais aussi en français, bambara, anglais… En fait, seuls les chefs jihadistes et leurs recrues, venus d’ailleurs, ont besoin d’interprètes.
Parmi cette mosaïque humaine, il campe des portraits contrastés de Touaregs. D’un côté, un jeune jihadiste (le chauffeur interprète) à l’itinéraire compliqué, qui arrive de Libye mais qui parle parfaitement la langue touareg de l’Ouest d’où sa famille est donc issue, suggérant un parcours d’exil. De l’autre côté, une famille touareg qui ne veut pas partir de chez elle, bien qu’elle se sente menacée et isolée après le départ des voisins, mais qui essaie de continuer à vivre normalement. « Où irions-nous? », dit le père, montrant l’attachement à leur terre en dépit de tous les risques encourus. Pour une fois, on entend de bons locuteurs de la langue tamashaq dont les gestes, les attitudes, les manières d’être, de parler et d’échanger ne sont ni surfaits, ni sur joués. La caméra traduit avec sobriété des instants simples du quotidien, comme la discussion affectueuse entre époux, la tendresse manifestée envers les enfants et notamment celle qui lie le père à sa fille, sentiments valorisés chez les Touaregs. Aucune vision manichéenne, y compris dans le drame qui se joue ensuite quand s’affrontent le pasteur touareg et le pêcheur bozo, deux voisins qui se connaissent et s’appellent par leurs noms propres. Seule une petite phrase du Touareg sur « l’humiliation qui doit cesser maintenant » laisse comprendre qu’il y a une autre crise sous-jacente dont le film ne parle pas : le sort des civils touaregs harcelés par les milices paramilitaires qui se disent « negroafricanistes » et qui s’attaquent aux individus à teint « clair », les contraignant à quitter le pays. Tuer la vache divagante du voisin plutôt que réclamer des compensations pour les dommages produits apparaît, dans ce contexte précis, comme un comportement volontairement provoquant qui va conduire au drame. Mais le film ne donne pas les clés nécessaires pour comprendre vraiment ce qui se joue dans cet incident.

– Y a-t-il des aspects du film qui vous ont choqué ?

La décontextualisation extrême des événements me gêne. Le film ne dit pas pourquoi les campements touaregs sont partis, pourquoi une ville comme Timbutku, largement touarègue dans les années1980, s’est vidée de ses habitants touaregs, ni comment les jihadistes ont pu s’installer et régner en maîtres… Les réalités sont traitées sur le mode anecdotique. Heureusement, les personnages mis en scène ont suffisamment de densité pour ne pas devenir de simples caricatures. Chaque individu tente ici de se débattre comme il le peut – et parfois de composer – avec le nouveau pouvoir qui lui même ne présente pas un visage lisse et homogène. La poissonnière révoltée, la musicienne qui chante sous les coups de fouets, la folle qui dope l’un des jihadistes se muant alors en oiseau, les enfants qui essaient de se consoler de la perte et du deuil, le décalage des recrues jihadistes qui parlent du foot mais l’interdisent, l’imam de la mosquée qui par son érudition s’oppose aux règles rustiques et brutales des jihadistes… Tous ces parcours parallèles à un moment donné s’entrecroisent et dialoguent, même s’il s’agit d’un dialogue de sourds. Ce sont ces rencontres improbables que le réalisateur a eu le talent de filmer mais, de mon point de vue, il manque des clés de compréhension essentielles pour saisir pourquoi et comment on en est arrivé à ce type de situation.

– Y a ‘il des sujets que vous auriez aimé voir abordé ?

A cause de la focale choisie, au plus près des individus en proie à une force arbitraire qui tente de les déposséder de tout ce qui donnait sens à leur vie, beaucoup de protagonistes de la crise demeurent invisibles. Par exemple, l’État malien, la France, l’Algérie, les USA, le Qatar, les pays du Golfe, etc., et bien sûr les mouvements contestataires touaregs qui ont une longue histoire politique dont les racines remontent à la colonisation. Je pense que des allusions plus claires aux dessous de l’histoire – par exemple, aux financeurs des jihadistes ; ou à la collusion entre des représentants de l’État, des narco-trafiquants et des jihadistes ; ou aux massacres de civils touaregs perpétrées par l’armée malienne et par les milices encadrées par les militaires ; ou au travail de transformation de luttes politiques en guerre de « races » puis de religion – auraient utilement ajouté du sens à la compréhension de ces réalités complexes, qui ne sont pas dues au hasard, mais sont au contraire le résultat logique d’intérêts contradictoires qui s’affrontent, non pas seulement au niveau local, mais surtout international. Ceci dit, je comprends bien que l’intention du réalisateur se situe ailleurs. Il n’a pas voulu faire un documentaire. L’histoire mise en scène a un sens allégorique et une portée universelle. Les différents rôles pourraient être endossés par d’autres personnages pris au piège d’une situation d’oppression par une force arbitraire. Cette dernière peut être un régime autoritaire et corrompu, une armée génocidaire, une mafia internationale, une compagnie minière, etc. Face à un tel pouvoir de destruction, comment de simples individus à qui on veut arracher leur autonomie de penser et d’agir arrivent-ils à survivre et à résister ? Quels moyens mobilisent-ils ? La scène du match de football sans ballon ou le rêve éveillé de différents personnages montrent la puissance de l’imaginaire face à une force aveugle qui traque la différence. Un problème demeure : celui de l’oubli. La scène de traque qui ouvre le film – avec la gazelle harcelée par les tirs des jihadistes – et qui le clôt – avec des êtres humains à la place de la gazelle – se joue jusqu’à aujourd’hui dans la réalité. Ces images font écho à une phrase souvent entendue de la part de Touaregs qui ont connu la fuite et l’exil : « Pour le Mali, nous sommes comme des gazelles, c’est tout ». Combien d’enfants, de femmes, de vieillards touaregs ont ainsi été traqués et tués au Mali, bien avant l’arrivée des jihadistes ? Le non-dit de ce film sensible mais décontextualisé fait parfois très mal car il entérine l’oubli de ce que signifie être touareg au Mali.

Informations sur les touareg sur le site du GITPA

www.gitpa.org

SEMINAIRE SOGIP du 8 janvier : Autour de « l’Indien autorisé »

by
L’équipe SOGIP, dirigée par Irène Bellier, a le plaisir de vous inviter au séminaire :
3ème séance : Les peuples autochtones face aux institutions : problématiques de subjectivation autour de « l’Indien autorisé». Jeudi 8 janvier 2015, de 9h à 13h, EHESS, Salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190 av. de France, 75013 Paris.

Intervenants :

– Leandro Varison (Université de São Paulo/Laboratoire d’Anthropologie Juridique de l’Université de Paris 1)
– Leslie Cloud (SOGIP/EHESS, membre du Réseau Peuples Autochtones de l’Afea)
– Stéphanie Guyon (maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules Verne/CURAPP-ESS, LAIOS-SOGIP)

Présentation :

La séance sera consacrée à l’analyse des effets que les institutions, les politiques ou les pratiques bureaucratiques des États peuvent avoir dans la constitution des peuples autochtones comme sujet, individuels ou collectifs, et à l’ expression de ceux-ci dans le champ politique ou juridique. Elle sera l’occasion d’analyser comment les démarches de justice auprès des tribunaux au Brésil, les dispositifs de reconnaissance des systèmes normatifs autochtones au Chili et les systèmes électoraux en Guyane française façonnent l’exercice de participation et de représentation politique de ces peuples. En s’inspirant du concept d’« indien autorisé»,  façonné par Silvia Rivera Cusicanqui et popularisé par Charles Hale, nous interrogerons les conséquences des pratiques étatiques, en termes de normalisation du citoyen ou d’exclusion, et les formes de la participation autochtone à la politique dans différents pays.

Résumés :

« Droits des indiens au Brésil. Contexte et perspectives »
Leandro Varison (Université de São Paulo/Laboratoire d’Anthropologie Juridique de l’Université de Paris 1)

Les indiens brésiliens se trouvent dans une situation paradoxale. S’ils n’ont jamais été si conscients de leurs droits, ni si actifs et impliqués dans la défense de leurs intérêts, leurs droits constitutionnellement garantis sont actuellement mis en cause avec une agressivité sans précédent. L’ambiguïté de la situation ressort de la cohabitation de deux régimes de citoyenneté, au Brésil. D’une part, l’actuelle Constitution qui date de 1988 garantit aux indiens le respect de leurs cultures et la préservation de leurs territoires. D’autre part, ces droits coexistent avec plusieurs éléments de la législation précédente porteuse d’une mission « civilisatrice » (et promulguée durant la dictature militaire, en 1973). Cela entraine un flou juridique où les opérateurs du droit (avocats, juges, agents de l’administration ou d’autres fonctionnaires) peuvent agir dans l’intérêt des indiens. Mais ils peuvent également, en raison des contradictions dans la loi, interpréter certaines règles à la lumière de l’ancienne législation afin de restreindre la portée des droits (comme, par exemple, ce qui a trait à leur état civil, à leur capacité juridique, à leur responsabilité civile ou pénale, ou encore par rapport à leurs droits fonciers). Il est important, par ailleurs, d’analyser le rôle spécifique de l’expert-anthropologue, dont la présence au sein des procédures juridiques tient à une spécificité du droit brésilien. Face aux puissants intérêts contraires aux droits des indiens, il convient d’analyser les stratégies politiques et juridiques adoptées par les parties intéressées, notamment devant les tribunaux brésiliens.

Entre homogénéité, monisme et pluralisme, enjeux et résistances du « Mapuche permis » au Chili
Leslie Cloud (SOGIP/EHESS, membre du Réseau Peuples Autochtones de l’Afea)

Peu après l’indépendance du Chili, alors que cet Etat se cherchait une identité constitutionnelle, le statut des Mapuche le soumettait à un dilemme central : considérer les Mapuche comme appartenant à la nation chilienne, les soumettre à la constitution ou bien continuer de les considérer comme un sujet de droit  souverain comme l’avait entendu la Couronne d’Espagne. Dans l’histoire des relations entre le Chili  et les populations autochtones de son territoire, la problématique de l’ « indien autorisé » et la fixation corollaire de ses marges d’action seront une constante, stratégiquement saisie par le droit. Selon les objectifs poursuivis et les résistances mapuche manifestées, les juridicités autochtones seront tantôt permises ou interdites.  Après avoir retracé différentes étapes déterminantes de la construction légale de l’ « indien autorisé » au Chili depuis le XIXème siècle, nous explorerons deux constructions juridiques ayant affecté les Mapuche, leurs institutions ainsi que leurs juridicités : la construction de la communauté légale autochtone en concurrence au  lof puis la criminalisation des Mapuche et la fiction des Mapuche terroristes. Nous verrons que dans chacune de ces situations, les finalités de gouvernance et de  soumission d’un sujet de droit collectif et individuel mapuche  à un projet étatique pensé et construit autour d’une citoyenneté monoculturelle, ont dû partiellement céder aux résistances des juridicités mapuche, renforçant le pluralisme là où seul le monisme était idéalement prévu !

« Un chef coutumier ne fait pas de la politique » : politique illégitime et politique autorisée dans l’espace politique local (Guyane, 1977-2014)
Stéphanie Guyon (maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules Verne/CURAPP-ESS, LAIOS-SOGIP)

Les Amérindiens de Guyane française n’ont obtenu le droit de vote qu’à partir de 1969 et dans la plupart des communes du littoral, il a fallu attendre les élections municipales de 1977 pour voir apparaître les premiers élus amérindiens. Au cours des années 1970 et 1980, les capitaines amérindiens (chefs de village) inscrits dans des relations de patronage puis de clientèle avec les maires créoles ont joué un rôle central dans la médiation du vote des membres de leur groupe, prolongeant dans l’espace politique contemporain les hiérarchies issues de la période coloniale. Dans les années 1990, sous l’impulsion des dirigeants du mouvement amérindien, une nouvelle génération a contesté ces relations de clientèles sans pour autant parvenir à bouleverser l’ordre politique local. A travers l’entrée en politique de 2004 à 2014 de deux responsables associatives devenues cheffes coutumières à St-Laurent du Maroni, cette communication s’intéressera aux figures légitimes et illégitimes de la politique dans les villages amérindiens. Elle analysera en retour les effets de la politisation de l’espace villageois sur l’institution coutumière.

Jeudi 12 février 2015, « Gouvernance globale et citoyenneté locale« . Intervenants : Tassadit YACINE (Directrice d’études, EHESS-LAS), Didier Le Saout (IME/ Université Paris 8) et Akiyo AFOUDA (Officier aux droits de l’homme, Union internationale parlementaire) 

http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article583

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Prochaines séances : 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

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Contact:
Chan Langaret
Manager SOGIP (ERC 249236)
IIAC-LAIOS (CNRS EHESS UMR 8177)
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
190-198 Avenue de France – 75244 Paris Cedex 13
Tél. : 01.49.54.21.92 – Fax : 01.49.54.21.17
www.sogip.ehess.fr

SEMINAIRE SOGIP : 2ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 11 décembre 2014 : Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

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Sogip

La 2ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 11 décembre 2014. La séance aura pour thème :

Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de…

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Red Puna : Nouvel ouvrage sur les luttes des paysans autochtones du Nord-Ouest argentin

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L’ethnologue Guillaume Sabin vient de publier aux Presses Universitaires de Rennes le livre L’archipel des Egaux. Luttes en terre argentine (2014).

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Pour plus d’informations, consultez la notice en ligne sur le site des Presses Universitaires de Rennes.

Introduction (Fichier pdf)

Table des matières (Fichier pdf)

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Guillaume Sabin (Univ. de Bretagne Occidentale) est aussi l’auteur de « Mouvements paysans dans le Nord-Ouest argentin. Au-delà de l’économie, des organisations sociales coopératives ». Revue du MAUSS2007/1 (n° 29). Résumé Version HTML – Version PDF.

Soutenance de la thèse de Sabrina Melenotte sur les rapports de pouvoir et de domination chez les tzotzils de Chenalho au Chiapas

Caciquismes, résistances, violences. Les pedranos et l’État mexicain dans le Chiapas postrévolutionnaire

Le mercredi 12 novembre à 14 heures
à  l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Salle 8, 2ème étage, 105 Boulevard Raspail, 75006 Paris.

 Jury composé de :
ABÉLÈS Marc, Directeur de recherche CNRS et Directeur d’Études EHESS, Directeur de thèse
BRIQUET Jean-Louis, Directeur de recherche CNRS, Rapporteur
COMPAGNON Olivier, Professeur d’histoire contemporaine, Rapporteur
NAEPELS Michel, Directeur de recherche CNRS et Directeur d’Études EHESS
RECONDO David, Chargé de recherche Sciences Po
Résumé :  Fondée sur l’étude d’un corpus riche composé de récits de vie, d’observations participantes réalisées entre 2003 et 2010, d’archives et de documents récoltés sur le terrain, cette thèse explore les rapports de pouvoir et les dominations multiples qui agitent la vie politique de la municipalité de San Pedro Chenalhó, située dans la région des hautes-terres du Chiapas, Mexique. La thèse prend appui sur un cadre théorique inspiré de Gramsci dans lequel s’encastrent des analyses empruntées à la sociologie des mouvements sociaux, à l’anthropologie politique de l’État et des ONG, et à la micro-histoire. L’étude en trois volets remonte aux années 1940 et s’achève en 2010, afin d’analyser la genèse et les transformations des rapports des pedranos à l’État mexicain, par le biais de portraits de leaders politiques et religieux locaux. La crise politique et économique que connaît le Chiapas au tournant des années 1990 s’est exprimée à Chenalhó par un double phénomène d’autonomisation de la justice : la rébellion des pedranos contre des caciques culturels aboutit à la création d’une municipalité autonome zapatiste à Polhó en 1996 (analysée depuis la vie quotidienne et articulée à la mise en scène de l’organisation zapatiste) et engendra la formation d’un groupe d’autodéfense dans l’ejido de Los Chorros en 1997. La réactivation d’anciens antagonismes politiques, religieux ou familiaux entraîna des violences en cascade tout au long de l’année 1997. L’analyse détaillée des assassinats et du massacre d’Acteal atteste d’un « art de la guerre » des pedranos (rumeurs, accusations de sorcellerie, privatisation des espaces communautaires, armement de civils, déguisements) et d’un rituel sacrificiel de l’État mexicain visant à réinstaurer un ordre profondément menacé. Puis l’affaire Acteal et ses controverses interprétatives (conflit intercommunautaire/guerre de basse intensité, massacre/bataille), ainsi que les dispositifs de réconciliation au bilan mitigé, illustrent comment les réappropriations du passé servent de moteurs à de nouvelles actions collectives par des acteurs politiques et religieux qui s’emparent a posteriori de telles ruptures historique, morale et symbolique. Cette thèse tente ainsi de saisir quelques-uns des enjeux du Mexique contemporain, notamment la violence politique constitutive d’un Centaure mexicain moderne traversé par des crises récurrentes.
Afin d’organiser au mieux le pot de soutenance, merci de confirmer votre présence. Vous pouvez contacter Sabrina par mail sabrinamelenotte@gmail.comsabrinam@ehess.fr 
http://geoblogla.blogspot.mx/2013/08/tzotziles.html

SEMINAIRE : 1ère séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015)

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Droits des peuples autochtones: participation politique et citoyenneté (LAIOS-SOGIP)

Sogip

La 1ère séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le  13 novembre 2014. La séance aura pour thème : La citoyenneté et les peuples autochtones.

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura…

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Appel à résumés pour le 30 septembre sur les éducations autochtones contemporaines

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Appel à contributions pour le dossier « Educations autochtones contemporaines : enjeux et jeux d’échelle » coordonné par Marie Salaün et Bruno Baronnet, membres du réseau thématique de travail « Peuples autochtones » de l’AFEA.

Le dossier du numéro 15 des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs portera sur l’éducation des peuples autochtones dans le monde aujourd’hui, près d’une décennie après l’adoption par l’Assemblée générale des Nations-unies d’une Déclaration sur les droits des peuples autochtones, texte qui leur consacre un droit inaliénable à l’exercice de la souveraineté en matière d’éducation. Au Nord comme au Sud, la redéfinition des rapports entre les États modernes et les collectivités indigènes constitue un des grands défis du XXIème siècle : dans des contextes nationaux qui imbriquent étroitement citoyenneté et scolarisation, le cas autochtone offre un terrain exceptionnel pour tester les limites du désir de concilier l’universalisme du droit à l’éducation avec la reconnaissance de la diversité culturelle. Télécharger l’appel à résumés dans sa version complète avec les normes de mise en page.  Consulter cet appel sur le site de la revue.        

 

En utilisant le formulaire, les propositions de résumés devront parvenir au plus tard le 30 septembre 2014, simultanément auprès des coordonnateurs du dossier et des co-rédacteurs en chef de la revue :
Marie Salaun < marie.salaun@univ-nantes.fr >
Bruno Baronnet< bruno.baronnet@gmail.com >
Catherine Agulhon < catherine.agulhon@orange.fr >
Marc Pilon < marc.pilon@ird.fr >

Les propositions, qui peuvent relever de toute discipline de sciences sociales, peuvent être faites en anglais et en français. Le dossier prendra place dans le n°15 des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, prévu pour paraître au printemps 2016. Le comité de rédaction profite de cet appel à contribution pour rappeler que la revue comporte également une rubrique « Hors-thème ».

Appel à contributions des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs (http://cres.revues.org)

Educations autochtones contemporaines : enjeux et jeux d’échelle

 Marie Salaün (Univ. de Nantes)  marie.salaun@univ-nantes.fr

Bruno Baronnet (Univ. de Veracruz)   bruno.baronnet@gmail.com

 Le dossier de ce numéro des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs portera sur l’éducation des peuples autochtones dans le monde aujourd’hui, une décennie après l’adoption par l’Assemblée générale des Nations-unies d’une Déclaration sur les droits des peuples autochtones, texte qui leur consacre un droit inaliénable à l’exercice de la souveraineté en matière d’éducation. Au Nord comme au Sud, la redéfinition des rapports entre les États modernes et les collectivités indigènes constitue un des grands défis du XXIème siècle : dans des contextes nationaux qui imbriquent étroitement citoyenneté et scolarisation, le cas autochtone offre un terrain exceptionnel pour tester les limites du désir de concilier l’universalisme du droit à l’éducation avec la reconnaissance de la diversité culturelle.

Etymologiquement, le terme « autochtone » (autos « soi-même » et khthôn « terre », en grec) désigne celui qui est issu de la terre-même, qui n’y est pas venu par immigration. La catégorie d’« autochtone » a été et est encore utilisée pour distinguer ceux qui sont d’« ici » en opposition à ceux qui viennent d’ailleurs, comme base d’une légitimité spatiale, juridique et politique fondée sur l’antériorité d’occupation. La notion est mobilisée par les groupes majoritaires de façon à définir la relation avec les immigrés. Pour éviter tout malentendu sémantique, il faut d’emblée préciser que ce n’est pas à ce sens universel du mot « autochtone » que nous allons nous référer dans ce dossier, mais bien à une acception particulière, d’usage récent, résultant de l’émergence dans le cadre des institutions onusiennes d’une catégorie légale correspondant à un ensemble particulier de populations minoritaires. La catégorie « autochtone » est donc utilisée ici pour désigner des groupes marginalisés et dominés (sur les plans économique, politique et culturel) en vue de demander justice pour la violation des droits humains dont ils sont victimes depuis la colonisation ou l’invasion de leur territoire, et revendiquer des droits en vertu de leur antériorité d’occupation de ce même territoire. Si la Déclaration sur les droits des peuples autochtones de 2007 ne fournit aucune liste de ces peuples autochtones, on estime aujourd’hui qu’ils regroupent quelques quatre cent millions dans 90 pays sur les cinq continents : Kanak de Nouvelle-Calédonie, Sami de Suède, Maori de Nouvelle-Zélande, Amazigh du Maroc, San de Namibie, Innus du Québec, Mapuche du Chili, Gaoshan de Taiwan, Adivasi d’Inde… la liste est longue de ces peuples qui sont concernés par les articles 13 à 15 de la Déclaration, prévoyant notamment que

« Article 13. 1. Les peuples autochtones ont le droit de revivifier, d’utiliser, de développer et de transmettre aux générations futures leur histoire, leur langue, leurs traditions orales, leur philosophie, leur système d’écriture et leur littérature, ainsi que de choisir et de conserver leurs propres noms pour les communautés, les lieux et les personnes. (…)

Article 14. 1. Les peuples autochtones ont le droit d’établir et de contrôler leurs propres systèmes et établissements scolaires où l’enseignement est dispensé dans leur propre langue, d’une manière adaptée à leurs méthodes culturelles d’enseignement et d’apprentissage. (…)

Article 15. 1. Les peuples autochtones ont droit à ce que l’enseignement et les moyens d’information reflètent fidèlement la dignité et la diversité de leurs cultures, de leurs traditions, de leur histoire et de leurs aspirations. » (…)

En quoi ces droits à l’autonomie ouvrent-ils la voie à une réarticulation des efforts des Etats et des luttes autochtones en vue d’établir de nouvelles formes de transmissions des savoirs aussi bien dans les pays du Sud que du Nord ? A quel type de gouvernance postcoloniale le partage des responsabilités entre ce qu’il est convenu d’appeler dans d’autres contextes la « société civile » et l’Etat le droit international invite-t-il désormais ? Quels sont les enjeux de la « scolarisation » des savoirs traditionnels détenus par les communautés ? A quelle redéfinition des fonctions d’une institution comme l’école la prise en compte de ces savoirs conduit-elle ?

Ce dossier réunira des contributions empiriquement situées qui interrogeront les déclinaisons locales de la mise en œuvre des grands principes du droit international. Les défis que soulèvent les stratégies et les pratiques éducatives chez ces peuples englobent une grande diversité de réalités, aussi bien à l’école qu’en dehors, dans lesquelles les effets d’échelle constituent un intérêt majeur dans la mesure où apparaissent des tensions et des conflits de façon multiscalaire, à l’entrecroisement des enjeux locaux, régionaux, nationaux et globaux.

Cette question des déclinaisons de l’éducation des peuples autochtones sur plusieurs échelles pourra être abordée à partir de trois perspectives :

–      La question du rôle de l’Etat et de ses institutions dans la mise en œuvre des recommandations internationales

–      La question des mobilisations autochtones pour la reconnaissance de leur souveraineté en éducation

–      La question de l’adaptation des systèmes d’enseignement aux réalités linguistiques et culturelles autochtones/la question de la prise en compte des savoirs autochtones dans l’éducation scolaire

1) Entre localisation des politiques éducatives et internationalisation des questions autochtones : quelle place pour l’Etat aujourd’hui ?

Comment les systèmes éducatifs nationaux intègrent-ils les nouvelles donnes ? Comment opèrent-ils la transition historique de l’assimilationnisme au multiculturalisme néolibéral de la fin du XXème siècle ? Quels sont les enjeux de l’édification via l’école d’une citoyenneté respectueuse de la différence ? Que penser des formes de décentralisation politique et administrative dans le domaine éducatif à l’épreuve de leurs résultats, en termes d’accès et d’apprentissage ? De quelles manières s’articulent la régionalisation de la planification en éducation et les fondamentaux des droits autochtones, droits collectifs (participation, consentement préalable, libre et en connaissance de cause, etc.) ? Dans quelle mesure les logiques bureaucratiques intègrent-elles désormais la société civile (des ONG internationales aux mouvements sociaux locaux), quand elles sont confrontées à la nécessité d’un partage de souveraineté ?

2) Luttes autochtones et autonomie éducative : quelle décolonisation des systèmes scolaires ?

En-deçà et au-delà du droit international, de quelles résistances et innovations autochtones les systèmes éducatifs contemporains sont-ils les héritiers ? Entre inventivité des logiques autogestionnaires et processus d’apprentissage de l’exercice de la souveraineté : que recouvre la notion « d’autonomie » en éducation ? Que nous disent les expériences de mobilisations d’organisations autochtones sur la tension entre les rhétoriques anti-coloniales et les difficultés de la mise en œuvre pratique d’une éducation pensée par et pour les autochtones ? Jusqu’où la mise en œuvre des droits éducatifs en-dehors du cadre étatique est-elle possible, et avec quels risques ? Jusqu’où les stratégies politiques autonomistes peuvent-elles rompre avec les logiques étatiques ?

3) Entre savoirs autochtones et savoirs scolaires : une adaptation de l’école aux réalités linguistiques et culturelles locales sous conditions ?

Que fait-on aux langues et cultures quand on les enseigne formellement et, réciproquement, que fait-on à l’école quand on lui assigne de nouvelles missions comme celle de transmettre les langues et cultures d’origine ? Jusqu’où langues et cultures autochtones sont-elles solubles dans la forme scolaire et quelles formes de résistance opposent-elles à la transposition didactique ? Jusqu’où les idéologies et rhétoriques interculturalistes permettent-elles de lutter contre les inégalités scolaires et les discriminations dont sont victimes les élèves autochtones dans l’ensemble national ? Comment concilier la nécessité de promouvoir une « autre école » sans opérer une ghettoïsation des élèves des communautés autochtones ? Comment redéfinir l’école au prisme de deux intentions : le rejet des formes et des normes scolaires « occidentales », et la volonté de restauration d’une culture autochtone « authentique », mise au service de la réalisation d’un projet de société alternatif ? Dans quelle mesure les communautés participent-elles à ces processus, en particulier via la formation des enseignants et l’émergence d’élites intellectuelles qui font figure de brokers entre les collectivités autochtones et les institutions d’Etat ?

Education bilingue pour les Yanomami | Terre des Hommes Suisse http://www.terredeshommessuisse.ch

En somme, les réalités des pratiques éducatives sont à mettre en lien avec les effets de l’internationalisation d’un « droit des peuples autochtones » soutenu par les Etats lors de l’adoption de la Déclaration mais au caractère non contraignant, ce qui leur permet de s’arroger des marges de manœuvre considérables dans l’interprétation des dispositions juridiques. On rappellera ici la déclaration interprétative de l’ambassadeur français aux Nations-Unies au moment de l’adoption du projet de Déclaration sur les droits des peuples autochtones en 2006 qui invoquait des « difficultés juridiques » pour son pays puisqu’« (…) en vertu du principe d’indivisibilité de la République et conformément au principe d’égalité et de son corollaire, le principe de non-discrimination, des droits collectifs ne peuvent prévaloir sur les droits individuels »[1]. L’enjeu est clairement international et national, et concerne aussi bien les pays du Sud que ceux du Nord.

Les Etats et leurs systèmes éducatifs possèdent par ailleurs des histoires particulières dans leurs rapports aux populations autochtones, dont les modalités d’intégration dans la société globale pendant la période assimilationniste ont été plus ou moins violentes, voire plus ou moins « efficaces ». Cependant, dans la grande majorité des cas, l’histoire scolaire actuelle marquée par la décentralisation et la prise en compte des aspirations locales ne s’écrit pas sur une page blanche. L’enjeu est national et local.

Dans ces jeux d’échelle, apparait la nécessité de ré-enchâsser les questions scolaires et d’accès aux savoirs dans un ensemble plus vaste de déterminants : histoire coloniale, histoire du système d’enseignement, conceptions de la citoyenneté, provisions constitutionnelles, émergence de mouvements sociaux et de revendications autonomistes ou souverainistes. Ce numéro des CRES portant sur « les éducations autochtones contemporaines » accueillera des textes issus de recherches originales qui conjuguent ces déterminants pour donner à comprendre au lectorat les enjeux complexes de situations locales diversifiées en tant qu’espaces de luttes de légitimation.

L’engagement éthique des chercheurs sur l’éducation et les savoirs autochtones représente ainsi une condition sine qua non du travail ethnographique en association avec les acteurs communautaires et leurs organisations. La perspective critique que ce dossier entend dresser distingue clairement entre, pour une part, l’existence de discours et de pratiques autochtones qu’il faut décrire quand bien même cela relèverait de stratégies jugées essentialistes, et d’autre part, la nécessité de réfléchir aux critères épistémologiques de validité des propositions réelles d’adaptation de l’école et de l’enseignement aux réalités socioculturelles de chaque territoire.

 

Bibliographie indicative

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Charters (C.) & Stavenhagen (R.) (eds.), 2010, Making the Declaration Works: The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, Copenhague, IWGIA.

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Gagné (N.), Martin (T.) & Salaün (M.), 2009, Autochtonies. Vues de France et du Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 2009.

Gasché (J.), 2004, “Les motivations politiques de l’éducation interculturelle indigène”, in A. Akkari & P. Dasen (coords.), Les pédagogies du Sud, Paris, L’Harmattan.

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Macedo-Tinoco (S.), 2006, « Ekyola et Karetajar : Maitre de l’école, maitre de l’écriture. L’incorporation de l’écriture et de l’école par les Amérindiens wayapi de l’Amapari (Brésil) et de l’Oyapock (Guyane française), Thèse de Doctorat, Paris, EHESS.

May (S.) & Aikman (S.), 2003, « Indigenous Education: addressing current issues and developments », Comparative Education, vol. 39, n° 2, pp. 139-145.

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Villegas (M.), Neugebauer (S.) & Venegas (K.) (eds.), 2008, Indigenous Knowledge and Education: Sites of Struggle, Strengh, and Survivance, Cambridge M.A., Harvard Educational Rewiew.

 

Document PDF de l’appel à contributions pour le numéro 15 « Educations autochtones contemporaines » des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs.

Les Indiens à l’assaut de la Coupe du monde, par Jean Philippe Belleau

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Les Indiens à l’assaut de la Coupe du monde

Jean Philippe Belleau

Plusieurs mouvements sociaux brésiliens profitent en ce moment de l’importance symbolique de la Coupe du monde de football pour exercer sur leur gouvernement des pressions de dernière minute. Le plus virulent d’entre eux est le mouvement indien même s’il tend curieusement à passer inaperçu à l’étranger. C’est aussi celui qui a, depuis longtemps déjà, prévu des manifestations dès le coup d’envoi de l’événement sportif, sans souci de leurs coups politiques auprès de l’opinion publique, conscient que cette « tribune médiatique » disparaîtra après la finale du 13 juillet, au nouveau stade Maracana (Rio de Janeiro). On compte désormais près d’une mobilisation indienne par jour en divers points du pays. A chaque fois pacifiques, ces manifestations sont pourtant réprimées par la police, un usage systématique et démesuré de la force dont aucun autre mouvement social n’a à souffrir.

Des Indiens du Brésil manifestent contre la déforestation en Amazonie devant le Congrès à Brasilia, le 27 mai 2014 afp.com/Evaristo Sa

Le 27 mai, la police a violemment dispersé une manifestation indigène à Brasilia, usant de balles en caoutchouc. On a même pu voir le vieux leader indien Raoni, le plus emblématique et « nobelisable »des chefs traditionnels, victime de gaz lacrymogènes devant le stade Mané-Garrincha.

Si révolte indienne il y a pendant cette Coupe du monde, le gouvernement brésilien en portera la grande responsabilité. Car les divers gouvernements de gauche au pouvoir depuis 2003, sous les présidences de Lula da Silva d’abord puis de Dilma Rousseff depuis 2011, s’ils ont su satisfaire régulièrement les revendications des secteurs les plus marginalisés de la population, ont évité de s’attaquer aux menaces graves qui continuent de peser sur plusieurs communautés indiennes, s’aliénant les grandes ONG de ce mouvement et leur principal allié, le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI).

Comment les Indiens en sont-ils venus à ranger une gauche de gouvernement, censée défendre les plus humbles, comme un adversaire des Indiens ?

Tout d’abord, le gouvernement, depuis 2003, s’est massivement appuyé politiquement sur la bancada ruralista, ces grands propriétaires terriens dotés de mandats électoraux. Voués notamment la culture du soja, dont l’exportation vers l’Asie garantit des revenus importants à l’économie brésilienne, ces propriétaires, très conservateurs, solidaires, ont accumulé un grand pouvoir politique et symbolique. Le plus emblématique d’entre eux est l’ex-gouverneur du Mato Grosso et le plus important producteur de soja au monde, Blairo Maggi, dont l’importance politique colossale pour le gouvernement lui a valu l’octroi de quatre matchs du premier tour dans sa capitale, Cuiaba, alors que des villes autrement plus peuplées ne figurent pas sur la carte du Mondial. Pour ces propriétaires, pour les éleveurs, pour les secteurs miniers, les Indiens continuent de représenter un obstacle à la concentration terrienne.

C’est dans le Mato Grosso do Sul que la situation des Indiens est aujourd’hui la plus dramatique. Les communautés guaranis ne trouvent aucun soutien véritable dans les différents niveaux de l’Etat brésilien. Sur les 60 chefs indiens assassinés au Brésil en 2012, près des deux tiers étaient guaranis. Harcelées par les propriétaires terriens et leurs pistoleiros, ces communautés sont aujourd’hui exsangues. Divers documents vidéo récents disséminés par CIMI montrent ces hommes de main ouvrir impunément le feu sur des manifestants guaranis, et parfois à l’intérieur de leurs villages. Un des grands échecs du gouvernement brésilien du Parti des travailleurs aura été son inhabilité, depuis 2003, à combattre l’impunité judiciaire en milieu rural.

A ces situations il faut ajouter la défaite récente de Belo Monte, où le gouvernement, passant outre aux violations des droits constitutionnels et internationaux des Indiens, a autorisé la construction d’un immense barrage hydroélectrique inondant des terres ancestrales de plusieurs communautés et, dès lors, empêchant leur capacité de reproduction sociale. Mais c’est surtout la proposition d’amendement constitutionnel PEC 215, un véritable « coup » anti-indien, qui pousse, en pleine Coupe du monde, le mouvement indigène à agir.

Cet amendement représente une menace potentiellement dévastatrice, non seulement sur les Indiens mais également sur l’écologie, menace dont on ne doit désormais plus s’étonner qu’elle vienne d’un gouvernement de gauche allié, à chaque rouage de l’Etat, à la bancada ruralista. Parce qu’il reformulerait les conditions d’obtention du statut de réserve indigène, cet amendement vise à satisfaire ceux qui convoitent les terres indiennes pour les exploiter. Sonia Guajajara, une dirigeante de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB), en parle comme d’une menace d’extermination. La situation s’est envenimée le 3 juin, avec le refus désormais des représentants indigènes de participer à toute négociation avec le gouvernement, alourdissant les menaces d’un conflit social ouvert pendant la Coupe du monde.

On arrive donc à ce paradoxe qu’une série de gouvernements de gauche, portés par le Parti des travailleurs, a bafoué de façon systématique les intérêts et droits du secteur le plus démuni et le plus désarmé politiquement de la population brésilienne. Alors que les gouvernements de droite des années 1980 et 1990 pouvaient céder aux campagnes pro-indiennes et aux pressions de l’opinion publique internationale, ceux de gauche y apparaissent insensibles.

Que risque-t-il de se passer près des stades ? Des actions dans les capitales d’Etat les plus hostiles aux intérêts indiens, comme Cuiaba, sont improbables. Même chose dans les Etats sans large population indienne, comme Porto Alegre, Fortaleza, Natal ou Recife. Par contre, Manaus, Rio, São Paulo et surtout Brasilia, voire Salvador, font partie des plans désespérés des organisations indiennes pour attirer enfin l’opinion sur leur sort. Le plus grand défi médiatique pour le gouvernement serait que les peuples les plus capables de spectaculariser un conflit, notamment les Xavante et les Kayapo, se joignent aux manifestations.

Jean-Philippe Belleau, est membre du réseau des experts du GITPA pour l’Amérique latine et chercheur du réseau thématique Peuples Autochtones au sein de l’AFEA.

Article publié dans le quotidien Le Monde, le 12 juin 2014)

 Accès au dossier Brésil dans le site du GITPA

Pour connaitre et comprendre le mouvement indien au Brésil, le GITPA recommande la lecture ci dessous

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