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Projection du film d’Antoine Boutet « Sud Eau Nord Déplacer », Espace St-Michel, 1er février, 20h

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Le GITPA s’associe à la sortie du film de Antoine BOUTET


Le Nan Shui Bei Diao – Sud Eau Nord Déplacer – est le plus gros projet de transfert d’eau au monde, entre le sud et le nord de la Chine. Sur les traces de ce chantier national, le film dresse la cartographie mouvementée d’un territoire d’ingénieur où le ciment bat les plaines, les fleuves quittent leur lit, les déserts deviennent des forêts, où peu à peu des voix s’élèvent, réclamant justice et droit à la parole. Tandis que la matière se décompose et que les individus s’alarment, un paysage de science-fiction, contre-nature, se recompose.

Antoine BOUTET et Katia BUFFETRILLE (membre du réseau des experts du GITPA pour la Chine)
présenteront le film
le dimanche 1 er février ( à 20h ) à l’Espace Saint – Michel

7 boulevard Saint-Michel 75 000 PARIS



Interview d’Antoine Boutet

Un article de presse

Quelques autres salles programmées

Appel à communications Revue Autrepart « Savoirs autochtones et développement » – 15 février

APPEL À COMMUNICATIONS 

Chères et chers collègues,

Vous voudrez bien trouver ci-joint un appel à contributions pour le numéro 83 de la revue Autrepart qui portera sur « Savoirs autochtones et développement« .
Les intentions de contribution et les articles sélectionnés sont respectivement attendus les 15 février et 30 avril 2015.
Merci de transmettre cet appel à ceux de vos collègues qui pourraient être intéressés et veuillez nous excuser si vous recevez cet appel en double.

Autrepart est une revue de sciences sociales pluridisciplinaire co-publiée par les Presses de Sciences-Po et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Autrepart est la seule revue francophone entièrement dédiée aux pays du Sud. À travers trois numéros thématiques et un numéro non thématique chaque année, la revue cherche à promouvoir la réflexion sur les pays du Sud pour améliorer la compréhension de leur diversité et de leurs dynamiques. La revue est indexée par African Studies Centre (Leiden), Codesria Current Contents,  Crossref, Cultures, Langues, Textes (CNRS), IBSS, Ingenta; FRANCIS (INIST) et JournalSeek et figure sur les listes AERES.

autrepart@ird.fr

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CALL FOR CONTRIBUTIONS

Dear colleagues,

Please find attached the call for Abstracts for a special issue of the peer reviewed academic journal Autrepart on “Autochthonous knowledge and development”.
Proposed abstracts and full (invited) manuscript submissions are respectively du 15 th February and 30 th April 2015.
We would be grateful if you could forward this call to interested colleagues and disseminate it through your channels and we apologize if you receive this call in duplicate.

Autrepart is a multidisciplinary social science journal co-published by the Presses de Sciences-Po and the Institute of Research for Development (IRD). Is the only social science journal devoted entirely to developing countries. Through three thematic and one non-thematic issue each year, the journal aims at promoting reflection on developing countries to improve the understanding of their contemporary diversity and dynamics. The journal is indexed in African Studies Centre (Leiden), Codesria Current Contents,  Crossref, Cultures, Langues, Textes (CNRS), IBSS, Ingenta; FRANCIS (INIST) and JournalSee.

autrepart@ird.fr

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SOLICITUD DE ARTICULOS

Queridos colegas,
Encontrarán en el documento adjunto, una convocatoria para el envío de artículos originales y notas de lectura para un número temático de la revista Autrepart « Saberes autóctonos y desarrollo ». Las propuestas de contribución han de enviarse a la revista antes del 15 de febrero 2015, los trabajos seleccionados podrán entregarse hasta el 30 de abril 2015.
Gracias por transmitir esta convocatoria a aquellos colegas que puedan estar interesados y pedimos disculpas si reciben esta convocatoria por duplicado.
Autrepart es una revista multidisciplinar de ciencias sociales publicada por Prensas de Sciences-Po y el Institut de Recherche pour le Développement. Es la única revista francófona dedicada a los países del Sur. A través de números temáticos y un número no temático cada año, la revista pretende promover una reflexión sobre los países del Sur para mejorar la comprensión de sus diversidad y su dinámica. La revista está indexada por African Studies Centre (Leiden), Codesria Current Contents, Crossref, Cultures, Langues, Textes (CNRS), IBSS, Ingenta; FRANCIS (INIST) et JournalSeek y figura en las listas AERES.

 

autrepart@ird.fr
Pour le Comité de rédaction
Irène Salvert
Secrétaire de la rédaction
-- 
Revue Autrepart
19, rue Jacob
75006 Paris - France
http://www.cairn.info/revue-autrepart.htm

Merci d'envoyer vos messages à la revue :autrepart@ird.fr
Avec copie à l'adresse suivante :revue.autrepart@gmail.com

Séminaire de crise : images, politique : « Activismes? Regards croisés amérindiens sur les relations entre art et politique, 8 janvier 2015, INHA 9h30-12h

Activismes ? Regards croisés amérindiens sur les relations entre art et politique
8 Janvier 2015, INHA, salle Fabri de Pereisc, 9h30-12h
 
Ana Guevara, 
Francisco Huichaqueo : film/performance politique Mapuche (Chili)
Francisco Huichaqueo (1977, Valdivia, Chili) a réalisé en 2012 le film Kalül Trawün / Réunion du corps, dans le cadre d’une performance effectuée dans une salle d’exposition à l’intérieur d’un centre commercial de la capitale chilienne. Cet artiste qui se présente comme « peignant avec sa caméra » est d’origine Mapuche et diplômé des beaux-Arts de l’Université du Chili, il a également fait des études de cinéma documentaire. Par ses œuvres artistiques, il revendique l’identité et les traditions mapuche ainsi que les tensions de ce peuple face à un modèle de développement qu’une grande partie des amérindiens remettent en question.
Francisco Huichaqueo se met parfois lui-même en scène et est présent sur les réseaux sociaux pour la diffusion de ses œuvres.  Grâce à ses nouvelles formes d’expression politique, la lutte Mapuche s’est élargie dans sa palette à d’autres milieux/publics avec une portée internationale naissante.
Suite à la présentation de quelques extraits de ce film, on mettra en lumière le contexte actuel des Mapuche pour le mettre en relation avec l’engagement artistique et politique de Huichaqueo.
Ana Guevara est anthropologue d’origine argentine et chilienne (Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Paris). Elle achève actuellement sa thèse portant sur la mémoire et les transformations du paysage chez les Mapuche en Patagonie nord (deux côtés de la Cordillère). Une partie de sa thèse est consacrée à la relation entre les artefacts, production matérielle, à partir du rituel le plus important (Nguillatun) considéré comme porte d’entrée à la riche tradition Mapuche. Elle étudie également les différentes formes d’expression politique face aux atteintes portées à l’environnement et leur déformation du paysage (déforestation brutale, pollution des zones de pêche, développement de projets touristiques…).  Récemment elle a commencé à s’intéresser aux manifestations artistiques des revendications du peuple Mapuche.
Image : photogramme de Kalül Trawün (2012)
 
 
Sophie Moiroux, 
Jimmie Durham : un art in-directement politique ?
Artiste contemporain (né en 1940 dans l’Arkansas, d’une famille Cherokee), Jimmie Durham a réalisé ses premières expositions à la fin des années 1960, acquérant par ailleurs un diplôme des Beaux-Arts. Il s’est dédié à l’action politique au moment de la crise de Wounded Knee (Dakota du Sud) en 1973, devenant membre de l’American Indian Movement puis représentant du Conseil International des Traités Indiens à l’ONU. En 1980 il se consacre à nouveau à l’art, puis quitte définitivement les Etats-Unis, et s’installe en « Eurasie » en 1994 (il vit aujourd’hui à Naples et Berlin). Son œuvre – sculptures, installations, performances, poésie, textes – est notamment reconnue exprimer un certain engagement politique, sans pour autant, souligne-t-il, être « directement politique ». En regardant quelques exemples d’œuvres, on proposera dans cette présentation quelques réflexions sur les relations entre art et politique dans le travail de Durham, en évoquant les ‘images’ convoquées, sa pratique et ses discours, ainsi que ses visées.
Sophie Moiroux est anthropologue (Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Paris). Elle a consacré sa thèse à l’œuvre de Jimmie Durham (L’objet-frontière. Art contemporain, conflits culturels et jeux d’ontologies, 2011), puis son postdoctorat au peintre Amati Trumai (Haut-Xingu, Amazonie brésilienne). Au sujet de l’œuvre de Durham elle a publié notamment « ‘Devemos imaginar a antropologia antropologicamente’ Entrevista com Jimmie Durham », Revista de Antropologia (São Paulo) 56(2) (2013) et « Dé-voiler les objets : la ‘normalité’ exposée dans les installations muséales de Jimmie Durham », Anthropologie et Sociétés (Laval) (2015). Elle mène ses recherches actuelles sur des artistes amérindiens contemporains, leurs œuvres et leurs relations à différentes formes d’‘activismes politiques.
Image : photographie de la performance de Jimmie Durham Building a Nation à Matt’s Gallery, Londres, 2006 (photo : S. Moiroux)
Dans le cadre du « Séminaire de crise : images, politique », Images re-vues, coordonné par Thomas Golsenne et Chloé Maillet

Entretien avec Hélène CLAUDOT-HAWAD, spécialiste des Touaregs, au sujet de la sortie du film Timbuktu

Le GITPA signale la sortie du film d’ABDERRAHMANE SISSAKO

Près de Tombouctou vit Kidane (Ibrahim Ahmed), un berger qui tente de vivre paisiblement dans les dunes du Mali. Avec sa femme Satima (Toulou Kiki), sa fille Toya (Layla Walet Mohamed) et son fils Issan (Mehdi AG Mohamed), ils subissent silencieusement l’invasion djihadiste. Car la ville est tombée aux mains des extrémistes religieux. La terreur paralyse les habitants, qui ne peuvent plus ni chanter, danser, fumer, ou encore jouer au football… Cachées sous leurs voiles noires, les femmes tentent de résister dignement, et deviennent les victimes de procès absurdes. Un jour, Kidane tue sans le vouloir Amadou, un pêcheur qui s’en était pris à sa vache préférée. Il va devenir le jouet de ces défenseurs de la loi venus d’aileurs…

Interview, par le GITPA, de Hélène CLAUDOT-HAWAD, directrice de recherche au CNRS,
expert de la société touarègue, membre du réseau Afrique du GITPA

Que pensez vous du contenu du film et en particulier de la représentation des Touareg qu’il véhicule ?

Le parti pris du réalisateur de Timbuktu est intimiste. Il montre des parcours individuels, qui peuvent être chaotiques, contradictoires, hésitants. Il met en scène une palette de personnages qui s’expriment dans les langues locales anciennes : songhay, tamashaq, arabe, mais aussi en français, bambara, anglais… En fait, seuls les chefs jihadistes et leurs recrues, venus d’ailleurs, ont besoin d’interprètes.
Parmi cette mosaïque humaine, il campe des portraits contrastés de Touaregs. D’un côté, un jeune jihadiste (le chauffeur interprète) à l’itinéraire compliqué, qui arrive de Libye mais qui parle parfaitement la langue touareg de l’Ouest d’où sa famille est donc issue, suggérant un parcours d’exil. De l’autre côté, une famille touareg qui ne veut pas partir de chez elle, bien qu’elle se sente menacée et isolée après le départ des voisins, mais qui essaie de continuer à vivre normalement. « Où irions-nous? », dit le père, montrant l’attachement à leur terre en dépit de tous les risques encourus. Pour une fois, on entend de bons locuteurs de la langue tamashaq dont les gestes, les attitudes, les manières d’être, de parler et d’échanger ne sont ni surfaits, ni sur joués. La caméra traduit avec sobriété des instants simples du quotidien, comme la discussion affectueuse entre époux, la tendresse manifestée envers les enfants et notamment celle qui lie le père à sa fille, sentiments valorisés chez les Touaregs. Aucune vision manichéenne, y compris dans le drame qui se joue ensuite quand s’affrontent le pasteur touareg et le pêcheur bozo, deux voisins qui se connaissent et s’appellent par leurs noms propres. Seule une petite phrase du Touareg sur « l’humiliation qui doit cesser maintenant » laisse comprendre qu’il y a une autre crise sous-jacente dont le film ne parle pas : le sort des civils touaregs harcelés par les milices paramilitaires qui se disent « negroafricanistes » et qui s’attaquent aux individus à teint « clair », les contraignant à quitter le pays. Tuer la vache divagante du voisin plutôt que réclamer des compensations pour les dommages produits apparaît, dans ce contexte précis, comme un comportement volontairement provoquant qui va conduire au drame. Mais le film ne donne pas les clés nécessaires pour comprendre vraiment ce qui se joue dans cet incident.

– Y a-t-il des aspects du film qui vous ont choqué ?

La décontextualisation extrême des événements me gêne. Le film ne dit pas pourquoi les campements touaregs sont partis, pourquoi une ville comme Timbutku, largement touarègue dans les années1980, s’est vidée de ses habitants touaregs, ni comment les jihadistes ont pu s’installer et régner en maîtres… Les réalités sont traitées sur le mode anecdotique. Heureusement, les personnages mis en scène ont suffisamment de densité pour ne pas devenir de simples caricatures. Chaque individu tente ici de se débattre comme il le peut – et parfois de composer – avec le nouveau pouvoir qui lui même ne présente pas un visage lisse et homogène. La poissonnière révoltée, la musicienne qui chante sous les coups de fouets, la folle qui dope l’un des jihadistes se muant alors en oiseau, les enfants qui essaient de se consoler de la perte et du deuil, le décalage des recrues jihadistes qui parlent du foot mais l’interdisent, l’imam de la mosquée qui par son érudition s’oppose aux règles rustiques et brutales des jihadistes… Tous ces parcours parallèles à un moment donné s’entrecroisent et dialoguent, même s’il s’agit d’un dialogue de sourds. Ce sont ces rencontres improbables que le réalisateur a eu le talent de filmer mais, de mon point de vue, il manque des clés de compréhension essentielles pour saisir pourquoi et comment on en est arrivé à ce type de situation.

– Y a ‘il des sujets que vous auriez aimé voir abordé ?

A cause de la focale choisie, au plus près des individus en proie à une force arbitraire qui tente de les déposséder de tout ce qui donnait sens à leur vie, beaucoup de protagonistes de la crise demeurent invisibles. Par exemple, l’État malien, la France, l’Algérie, les USA, le Qatar, les pays du Golfe, etc., et bien sûr les mouvements contestataires touaregs qui ont une longue histoire politique dont les racines remontent à la colonisation. Je pense que des allusions plus claires aux dessous de l’histoire – par exemple, aux financeurs des jihadistes ; ou à la collusion entre des représentants de l’État, des narco-trafiquants et des jihadistes ; ou aux massacres de civils touaregs perpétrées par l’armée malienne et par les milices encadrées par les militaires ; ou au travail de transformation de luttes politiques en guerre de « races » puis de religion – auraient utilement ajouté du sens à la compréhension de ces réalités complexes, qui ne sont pas dues au hasard, mais sont au contraire le résultat logique d’intérêts contradictoires qui s’affrontent, non pas seulement au niveau local, mais surtout international. Ceci dit, je comprends bien que l’intention du réalisateur se situe ailleurs. Il n’a pas voulu faire un documentaire. L’histoire mise en scène a un sens allégorique et une portée universelle. Les différents rôles pourraient être endossés par d’autres personnages pris au piège d’une situation d’oppression par une force arbitraire. Cette dernière peut être un régime autoritaire et corrompu, une armée génocidaire, une mafia internationale, une compagnie minière, etc. Face à un tel pouvoir de destruction, comment de simples individus à qui on veut arracher leur autonomie de penser et d’agir arrivent-ils à survivre et à résister ? Quels moyens mobilisent-ils ? La scène du match de football sans ballon ou le rêve éveillé de différents personnages montrent la puissance de l’imaginaire face à une force aveugle qui traque la différence. Un problème demeure : celui de l’oubli. La scène de traque qui ouvre le film – avec la gazelle harcelée par les tirs des jihadistes – et qui le clôt – avec des êtres humains à la place de la gazelle – se joue jusqu’à aujourd’hui dans la réalité. Ces images font écho à une phrase souvent entendue de la part de Touaregs qui ont connu la fuite et l’exil : « Pour le Mali, nous sommes comme des gazelles, c’est tout ». Combien d’enfants, de femmes, de vieillards touaregs ont ainsi été traqués et tués au Mali, bien avant l’arrivée des jihadistes ? Le non-dit de ce film sensible mais décontextualisé fait parfois très mal car il entérine l’oubli de ce que signifie être touareg au Mali.

Informations sur les touareg sur le site du GITPA

www.gitpa.org

SEMINAIRE SOGIP du 8 janvier : Autour de « l’Indien autorisé »

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L’équipe SOGIP, dirigée par Irène Bellier, a le plaisir de vous inviter au séminaire :
3ème séance : Les peuples autochtones face aux institutions : problématiques de subjectivation autour de « l’Indien autorisé». Jeudi 8 janvier 2015, de 9h à 13h, EHESS, Salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190 av. de France, 75013 Paris.

Intervenants :

– Leandro Varison (Université de São Paulo/Laboratoire d’Anthropologie Juridique de l’Université de Paris 1)
– Leslie Cloud (SOGIP/EHESS, membre du Réseau Peuples Autochtones de l’Afea)
– Stéphanie Guyon (maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules Verne/CURAPP-ESS, LAIOS-SOGIP)

Présentation :

La séance sera consacrée à l’analyse des effets que les institutions, les politiques ou les pratiques bureaucratiques des États peuvent avoir dans la constitution des peuples autochtones comme sujet, individuels ou collectifs, et à l’ expression de ceux-ci dans le champ politique ou juridique. Elle sera l’occasion d’analyser comment les démarches de justice auprès des tribunaux au Brésil, les dispositifs de reconnaissance des systèmes normatifs autochtones au Chili et les systèmes électoraux en Guyane française façonnent l’exercice de participation et de représentation politique de ces peuples. En s’inspirant du concept d’« indien autorisé»,  façonné par Silvia Rivera Cusicanqui et popularisé par Charles Hale, nous interrogerons les conséquences des pratiques étatiques, en termes de normalisation du citoyen ou d’exclusion, et les formes de la participation autochtone à la politique dans différents pays.

Résumés :

« Droits des indiens au Brésil. Contexte et perspectives »
Leandro Varison (Université de São Paulo/Laboratoire d’Anthropologie Juridique de l’Université de Paris 1)

Les indiens brésiliens se trouvent dans une situation paradoxale. S’ils n’ont jamais été si conscients de leurs droits, ni si actifs et impliqués dans la défense de leurs intérêts, leurs droits constitutionnellement garantis sont actuellement mis en cause avec une agressivité sans précédent. L’ambiguïté de la situation ressort de la cohabitation de deux régimes de citoyenneté, au Brésil. D’une part, l’actuelle Constitution qui date de 1988 garantit aux indiens le respect de leurs cultures et la préservation de leurs territoires. D’autre part, ces droits coexistent avec plusieurs éléments de la législation précédente porteuse d’une mission « civilisatrice » (et promulguée durant la dictature militaire, en 1973). Cela entraine un flou juridique où les opérateurs du droit (avocats, juges, agents de l’administration ou d’autres fonctionnaires) peuvent agir dans l’intérêt des indiens. Mais ils peuvent également, en raison des contradictions dans la loi, interpréter certaines règles à la lumière de l’ancienne législation afin de restreindre la portée des droits (comme, par exemple, ce qui a trait à leur état civil, à leur capacité juridique, à leur responsabilité civile ou pénale, ou encore par rapport à leurs droits fonciers). Il est important, par ailleurs, d’analyser le rôle spécifique de l’expert-anthropologue, dont la présence au sein des procédures juridiques tient à une spécificité du droit brésilien. Face aux puissants intérêts contraires aux droits des indiens, il convient d’analyser les stratégies politiques et juridiques adoptées par les parties intéressées, notamment devant les tribunaux brésiliens.

Entre homogénéité, monisme et pluralisme, enjeux et résistances du « Mapuche permis » au Chili
Leslie Cloud (SOGIP/EHESS, membre du Réseau Peuples Autochtones de l’Afea)

Peu après l’indépendance du Chili, alors que cet Etat se cherchait une identité constitutionnelle, le statut des Mapuche le soumettait à un dilemme central : considérer les Mapuche comme appartenant à la nation chilienne, les soumettre à la constitution ou bien continuer de les considérer comme un sujet de droit  souverain comme l’avait entendu la Couronne d’Espagne. Dans l’histoire des relations entre le Chili  et les populations autochtones de son territoire, la problématique de l’ « indien autorisé » et la fixation corollaire de ses marges d’action seront une constante, stratégiquement saisie par le droit. Selon les objectifs poursuivis et les résistances mapuche manifestées, les juridicités autochtones seront tantôt permises ou interdites.  Après avoir retracé différentes étapes déterminantes de la construction légale de l’ « indien autorisé » au Chili depuis le XIXème siècle, nous explorerons deux constructions juridiques ayant affecté les Mapuche, leurs institutions ainsi que leurs juridicités : la construction de la communauté légale autochtone en concurrence au  lof puis la criminalisation des Mapuche et la fiction des Mapuche terroristes. Nous verrons que dans chacune de ces situations, les finalités de gouvernance et de  soumission d’un sujet de droit collectif et individuel mapuche  à un projet étatique pensé et construit autour d’une citoyenneté monoculturelle, ont dû partiellement céder aux résistances des juridicités mapuche, renforçant le pluralisme là où seul le monisme était idéalement prévu !

« Un chef coutumier ne fait pas de la politique » : politique illégitime et politique autorisée dans l’espace politique local (Guyane, 1977-2014)
Stéphanie Guyon (maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules Verne/CURAPP-ESS, LAIOS-SOGIP)

Les Amérindiens de Guyane française n’ont obtenu le droit de vote qu’à partir de 1969 et dans la plupart des communes du littoral, il a fallu attendre les élections municipales de 1977 pour voir apparaître les premiers élus amérindiens. Au cours des années 1970 et 1980, les capitaines amérindiens (chefs de village) inscrits dans des relations de patronage puis de clientèle avec les maires créoles ont joué un rôle central dans la médiation du vote des membres de leur groupe, prolongeant dans l’espace politique contemporain les hiérarchies issues de la période coloniale. Dans les années 1990, sous l’impulsion des dirigeants du mouvement amérindien, une nouvelle génération a contesté ces relations de clientèles sans pour autant parvenir à bouleverser l’ordre politique local. A travers l’entrée en politique de 2004 à 2014 de deux responsables associatives devenues cheffes coutumières à St-Laurent du Maroni, cette communication s’intéressera aux figures légitimes et illégitimes de la politique dans les villages amérindiens. Elle analysera en retour les effets de la politisation de l’espace villageois sur l’institution coutumière.

Jeudi 12 février 2015, « Gouvernance globale et citoyenneté locale« . Intervenants : Tassadit YACINE (Directrice d’études, EHESS-LAS), Didier Le Saout (IME/ Université Paris 8) et Akiyo AFOUDA (Officier aux droits de l’homme, Union internationale parlementaire) 

http://www.sogip.ehess.fr/spip.php?article583

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Prochaines séances : 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

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Contact:
Chan Langaret
Manager SOGIP (ERC 249236)
IIAC-LAIOS (CNRS EHESS UMR 8177)
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
190-198 Avenue de France – 75244 Paris Cedex 13
Tél. : 01.49.54.21.92 – Fax : 01.49.54.21.17
www.sogip.ehess.fr

SEMINAIRE SOGIP : 2ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 11 décembre 2014 : Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

by

Sogip

La 2ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 11 décembre 2014. La séance aura pour thème :

Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de…

Voir l’article original 1 349 mots de plus

Red Puna : Nouvel ouvrage sur les luttes des paysans autochtones du Nord-Ouest argentin

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L’ethnologue Guillaume Sabin vient de publier aux Presses Universitaires de Rennes le livre L’archipel des Egaux. Luttes en terre argentine (2014).

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Pour plus d’informations, consultez la notice en ligne sur le site des Presses Universitaires de Rennes.

Introduction (Fichier pdf)

Table des matières (Fichier pdf)

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Guillaume Sabin (Univ. de Bretagne Occidentale) est aussi l’auteur de « Mouvements paysans dans le Nord-Ouest argentin. Au-delà de l’économie, des organisations sociales coopératives ». Revue du MAUSS2007/1 (n° 29). Résumé Version HTML – Version PDF.

Soutenance de la thèse de Sabrina Melenotte sur les rapports de pouvoir et de domination chez les tzotzils de Chenalho au Chiapas

Caciquismes, résistances, violences. Les pedranos et l’État mexicain dans le Chiapas postrévolutionnaire

Le mercredi 12 novembre à 14 heures
à  l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Salle 8, 2ème étage, 105 Boulevard Raspail, 75006 Paris.

 Jury composé de :
ABÉLÈS Marc, Directeur de recherche CNRS et Directeur d’Études EHESS, Directeur de thèse
BRIQUET Jean-Louis, Directeur de recherche CNRS, Rapporteur
COMPAGNON Olivier, Professeur d’histoire contemporaine, Rapporteur
NAEPELS Michel, Directeur de recherche CNRS et Directeur d’Études EHESS
RECONDO David, Chargé de recherche Sciences Po
Résumé :  Fondée sur l’étude d’un corpus riche composé de récits de vie, d’observations participantes réalisées entre 2003 et 2010, d’archives et de documents récoltés sur le terrain, cette thèse explore les rapports de pouvoir et les dominations multiples qui agitent la vie politique de la municipalité de San Pedro Chenalhó, située dans la région des hautes-terres du Chiapas, Mexique. La thèse prend appui sur un cadre théorique inspiré de Gramsci dans lequel s’encastrent des analyses empruntées à la sociologie des mouvements sociaux, à l’anthropologie politique de l’État et des ONG, et à la micro-histoire. L’étude en trois volets remonte aux années 1940 et s’achève en 2010, afin d’analyser la genèse et les transformations des rapports des pedranos à l’État mexicain, par le biais de portraits de leaders politiques et religieux locaux. La crise politique et économique que connaît le Chiapas au tournant des années 1990 s’est exprimée à Chenalhó par un double phénomène d’autonomisation de la justice : la rébellion des pedranos contre des caciques culturels aboutit à la création d’une municipalité autonome zapatiste à Polhó en 1996 (analysée depuis la vie quotidienne et articulée à la mise en scène de l’organisation zapatiste) et engendra la formation d’un groupe d’autodéfense dans l’ejido de Los Chorros en 1997. La réactivation d’anciens antagonismes politiques, religieux ou familiaux entraîna des violences en cascade tout au long de l’année 1997. L’analyse détaillée des assassinats et du massacre d’Acteal atteste d’un « art de la guerre » des pedranos (rumeurs, accusations de sorcellerie, privatisation des espaces communautaires, armement de civils, déguisements) et d’un rituel sacrificiel de l’État mexicain visant à réinstaurer un ordre profondément menacé. Puis l’affaire Acteal et ses controverses interprétatives (conflit intercommunautaire/guerre de basse intensité, massacre/bataille), ainsi que les dispositifs de réconciliation au bilan mitigé, illustrent comment les réappropriations du passé servent de moteurs à de nouvelles actions collectives par des acteurs politiques et religieux qui s’emparent a posteriori de telles ruptures historique, morale et symbolique. Cette thèse tente ainsi de saisir quelques-uns des enjeux du Mexique contemporain, notamment la violence politique constitutive d’un Centaure mexicain moderne traversé par des crises récurrentes.
Afin d’organiser au mieux le pot de soutenance, merci de confirmer votre présence. Vous pouvez contacter Sabrina par mail sabrinamelenotte@gmail.comsabrinam@ehess.fr 
http://geoblogla.blogspot.mx/2013/08/tzotziles.html

SEMINAIRE : 1ère séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015)

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Droits des peuples autochtones: participation politique et citoyenneté (LAIOS-SOGIP)

Sogip

La 1ère séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le  13 novembre 2014. La séance aura pour thème : La citoyenneté et les peuples autochtones.

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura…

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Appel à résumés pour le 30 septembre sur les éducations autochtones contemporaines

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Appel à contributions pour le dossier « Educations autochtones contemporaines : enjeux et jeux d’échelle » coordonné par Marie Salaün et Bruno Baronnet, membres du réseau thématique de travail « Peuples autochtones » de l’AFEA.

Le dossier du numéro 15 des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs portera sur l’éducation des peuples autochtones dans le monde aujourd’hui, près d’une décennie après l’adoption par l’Assemblée générale des Nations-unies d’une Déclaration sur les droits des peuples autochtones, texte qui leur consacre un droit inaliénable à l’exercice de la souveraineté en matière d’éducation. Au Nord comme au Sud, la redéfinition des rapports entre les États modernes et les collectivités indigènes constitue un des grands défis du XXIème siècle : dans des contextes nationaux qui imbriquent étroitement citoyenneté et scolarisation, le cas autochtone offre un terrain exceptionnel pour tester les limites du désir de concilier l’universalisme du droit à l’éducation avec la reconnaissance de la diversité culturelle. Télécharger l’appel à résumés dans sa version complète avec les normes de mise en page.  Consulter cet appel sur le site de la revue.        

 

En utilisant le formulaire, les propositions de résumés devront parvenir au plus tard le 30 septembre 2014, simultanément auprès des coordonnateurs du dossier et des co-rédacteurs en chef de la revue :
Marie Salaun < marie.salaun@univ-nantes.fr >
Bruno Baronnet< bruno.baronnet@gmail.com >
Catherine Agulhon < catherine.agulhon@orange.fr >
Marc Pilon < marc.pilon@ird.fr >

Les propositions, qui peuvent relever de toute discipline de sciences sociales, peuvent être faites en anglais et en français. Le dossier prendra place dans le n°15 des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, prévu pour paraître au printemps 2016. Le comité de rédaction profite de cet appel à contribution pour rappeler que la revue comporte également une rubrique « Hors-thème ».

Appel à contributions des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs (http://cres.revues.org)

Educations autochtones contemporaines : enjeux et jeux d’échelle

 Marie Salaün (Univ. de Nantes)  marie.salaun@univ-nantes.fr

Bruno Baronnet (Univ. de Veracruz)   bruno.baronnet@gmail.com

 Le dossier de ce numéro des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs portera sur l’éducation des peuples autochtones dans le monde aujourd’hui, une décennie après l’adoption par l’Assemblée générale des Nations-unies d’une Déclaration sur les droits des peuples autochtones, texte qui leur consacre un droit inaliénable à l’exercice de la souveraineté en matière d’éducation. Au Nord comme au Sud, la redéfinition des rapports entre les États modernes et les collectivités indigènes constitue un des grands défis du XXIème siècle : dans des contextes nationaux qui imbriquent étroitement citoyenneté et scolarisation, le cas autochtone offre un terrain exceptionnel pour tester les limites du désir de concilier l’universalisme du droit à l’éducation avec la reconnaissance de la diversité culturelle.

Etymologiquement, le terme « autochtone » (autos « soi-même » et khthôn « terre », en grec) désigne celui qui est issu de la terre-même, qui n’y est pas venu par immigration. La catégorie d’« autochtone » a été et est encore utilisée pour distinguer ceux qui sont d’« ici » en opposition à ceux qui viennent d’ailleurs, comme base d’une légitimité spatiale, juridique et politique fondée sur l’antériorité d’occupation. La notion est mobilisée par les groupes majoritaires de façon à définir la relation avec les immigrés. Pour éviter tout malentendu sémantique, il faut d’emblée préciser que ce n’est pas à ce sens universel du mot « autochtone » que nous allons nous référer dans ce dossier, mais bien à une acception particulière, d’usage récent, résultant de l’émergence dans le cadre des institutions onusiennes d’une catégorie légale correspondant à un ensemble particulier de populations minoritaires. La catégorie « autochtone » est donc utilisée ici pour désigner des groupes marginalisés et dominés (sur les plans économique, politique et culturel) en vue de demander justice pour la violation des droits humains dont ils sont victimes depuis la colonisation ou l’invasion de leur territoire, et revendiquer des droits en vertu de leur antériorité d’occupation de ce même territoire. Si la Déclaration sur les droits des peuples autochtones de 2007 ne fournit aucune liste de ces peuples autochtones, on estime aujourd’hui qu’ils regroupent quelques quatre cent millions dans 90 pays sur les cinq continents : Kanak de Nouvelle-Calédonie, Sami de Suède, Maori de Nouvelle-Zélande, Amazigh du Maroc, San de Namibie, Innus du Québec, Mapuche du Chili, Gaoshan de Taiwan, Adivasi d’Inde… la liste est longue de ces peuples qui sont concernés par les articles 13 à 15 de la Déclaration, prévoyant notamment que

« Article 13. 1. Les peuples autochtones ont le droit de revivifier, d’utiliser, de développer et de transmettre aux générations futures leur histoire, leur langue, leurs traditions orales, leur philosophie, leur système d’écriture et leur littérature, ainsi que de choisir et de conserver leurs propres noms pour les communautés, les lieux et les personnes. (…)

Article 14. 1. Les peuples autochtones ont le droit d’établir et de contrôler leurs propres systèmes et établissements scolaires où l’enseignement est dispensé dans leur propre langue, d’une manière adaptée à leurs méthodes culturelles d’enseignement et d’apprentissage. (…)

Article 15. 1. Les peuples autochtones ont droit à ce que l’enseignement et les moyens d’information reflètent fidèlement la dignité et la diversité de leurs cultures, de leurs traditions, de leur histoire et de leurs aspirations. » (…)

En quoi ces droits à l’autonomie ouvrent-ils la voie à une réarticulation des efforts des Etats et des luttes autochtones en vue d’établir de nouvelles formes de transmissions des savoirs aussi bien dans les pays du Sud que du Nord ? A quel type de gouvernance postcoloniale le partage des responsabilités entre ce qu’il est convenu d’appeler dans d’autres contextes la « société civile » et l’Etat le droit international invite-t-il désormais ? Quels sont les enjeux de la « scolarisation » des savoirs traditionnels détenus par les communautés ? A quelle redéfinition des fonctions d’une institution comme l’école la prise en compte de ces savoirs conduit-elle ?

Ce dossier réunira des contributions empiriquement situées qui interrogeront les déclinaisons locales de la mise en œuvre des grands principes du droit international. Les défis que soulèvent les stratégies et les pratiques éducatives chez ces peuples englobent une grande diversité de réalités, aussi bien à l’école qu’en dehors, dans lesquelles les effets d’échelle constituent un intérêt majeur dans la mesure où apparaissent des tensions et des conflits de façon multiscalaire, à l’entrecroisement des enjeux locaux, régionaux, nationaux et globaux.

Cette question des déclinaisons de l’éducation des peuples autochtones sur plusieurs échelles pourra être abordée à partir de trois perspectives :

–      La question du rôle de l’Etat et de ses institutions dans la mise en œuvre des recommandations internationales

–      La question des mobilisations autochtones pour la reconnaissance de leur souveraineté en éducation

–      La question de l’adaptation des systèmes d’enseignement aux réalités linguistiques et culturelles autochtones/la question de la prise en compte des savoirs autochtones dans l’éducation scolaire

1) Entre localisation des politiques éducatives et internationalisation des questions autochtones : quelle place pour l’Etat aujourd’hui ?

Comment les systèmes éducatifs nationaux intègrent-ils les nouvelles donnes ? Comment opèrent-ils la transition historique de l’assimilationnisme au multiculturalisme néolibéral de la fin du XXème siècle ? Quels sont les enjeux de l’édification via l’école d’une citoyenneté respectueuse de la différence ? Que penser des formes de décentralisation politique et administrative dans le domaine éducatif à l’épreuve de leurs résultats, en termes d’accès et d’apprentissage ? De quelles manières s’articulent la régionalisation de la planification en éducation et les fondamentaux des droits autochtones, droits collectifs (participation, consentement préalable, libre et en connaissance de cause, etc.) ? Dans quelle mesure les logiques bureaucratiques intègrent-elles désormais la société civile (des ONG internationales aux mouvements sociaux locaux), quand elles sont confrontées à la nécessité d’un partage de souveraineté ?

2) Luttes autochtones et autonomie éducative : quelle décolonisation des systèmes scolaires ?

En-deçà et au-delà du droit international, de quelles résistances et innovations autochtones les systèmes éducatifs contemporains sont-ils les héritiers ? Entre inventivité des logiques autogestionnaires et processus d’apprentissage de l’exercice de la souveraineté : que recouvre la notion « d’autonomie » en éducation ? Que nous disent les expériences de mobilisations d’organisations autochtones sur la tension entre les rhétoriques anti-coloniales et les difficultés de la mise en œuvre pratique d’une éducation pensée par et pour les autochtones ? Jusqu’où la mise en œuvre des droits éducatifs en-dehors du cadre étatique est-elle possible, et avec quels risques ? Jusqu’où les stratégies politiques autonomistes peuvent-elles rompre avec les logiques étatiques ?

3) Entre savoirs autochtones et savoirs scolaires : une adaptation de l’école aux réalités linguistiques et culturelles locales sous conditions ?

Que fait-on aux langues et cultures quand on les enseigne formellement et, réciproquement, que fait-on à l’école quand on lui assigne de nouvelles missions comme celle de transmettre les langues et cultures d’origine ? Jusqu’où langues et cultures autochtones sont-elles solubles dans la forme scolaire et quelles formes de résistance opposent-elles à la transposition didactique ? Jusqu’où les idéologies et rhétoriques interculturalistes permettent-elles de lutter contre les inégalités scolaires et les discriminations dont sont victimes les élèves autochtones dans l’ensemble national ? Comment concilier la nécessité de promouvoir une « autre école » sans opérer une ghettoïsation des élèves des communautés autochtones ? Comment redéfinir l’école au prisme de deux intentions : le rejet des formes et des normes scolaires « occidentales », et la volonté de restauration d’une culture autochtone « authentique », mise au service de la réalisation d’un projet de société alternatif ? Dans quelle mesure les communautés participent-elles à ces processus, en particulier via la formation des enseignants et l’émergence d’élites intellectuelles qui font figure de brokers entre les collectivités autochtones et les institutions d’Etat ?

Education bilingue pour les Yanomami | Terre des Hommes Suisse http://www.terredeshommessuisse.ch

En somme, les réalités des pratiques éducatives sont à mettre en lien avec les effets de l’internationalisation d’un « droit des peuples autochtones » soutenu par les Etats lors de l’adoption de la Déclaration mais au caractère non contraignant, ce qui leur permet de s’arroger des marges de manœuvre considérables dans l’interprétation des dispositions juridiques. On rappellera ici la déclaration interprétative de l’ambassadeur français aux Nations-Unies au moment de l’adoption du projet de Déclaration sur les droits des peuples autochtones en 2006 qui invoquait des « difficultés juridiques » pour son pays puisqu’« (…) en vertu du principe d’indivisibilité de la République et conformément au principe d’égalité et de son corollaire, le principe de non-discrimination, des droits collectifs ne peuvent prévaloir sur les droits individuels »[1]. L’enjeu est clairement international et national, et concerne aussi bien les pays du Sud que ceux du Nord.

Les Etats et leurs systèmes éducatifs possèdent par ailleurs des histoires particulières dans leurs rapports aux populations autochtones, dont les modalités d’intégration dans la société globale pendant la période assimilationniste ont été plus ou moins violentes, voire plus ou moins « efficaces ». Cependant, dans la grande majorité des cas, l’histoire scolaire actuelle marquée par la décentralisation et la prise en compte des aspirations locales ne s’écrit pas sur une page blanche. L’enjeu est national et local.

Dans ces jeux d’échelle, apparait la nécessité de ré-enchâsser les questions scolaires et d’accès aux savoirs dans un ensemble plus vaste de déterminants : histoire coloniale, histoire du système d’enseignement, conceptions de la citoyenneté, provisions constitutionnelles, émergence de mouvements sociaux et de revendications autonomistes ou souverainistes. Ce numéro des CRES portant sur « les éducations autochtones contemporaines » accueillera des textes issus de recherches originales qui conjuguent ces déterminants pour donner à comprendre au lectorat les enjeux complexes de situations locales diversifiées en tant qu’espaces de luttes de légitimation.

L’engagement éthique des chercheurs sur l’éducation et les savoirs autochtones représente ainsi une condition sine qua non du travail ethnographique en association avec les acteurs communautaires et leurs organisations. La perspective critique que ce dossier entend dresser distingue clairement entre, pour une part, l’existence de discours et de pratiques autochtones qu’il faut décrire quand bien même cela relèverait de stratégies jugées essentialistes, et d’autre part, la nécessité de réfléchir aux critères épistémologiques de validité des propositions réelles d’adaptation de l’école et de l’enseignement aux réalités socioculturelles de chaque territoire.

 

Bibliographie indicative

Barker (J.) (dir.), 2005, Sovereignty Matters: Locations of Contestation and Possibility in Indigenous Struggles for Self-Determination, Lincoln, University of Nebraska Press.

Battiste (M.), 2008, « The Struggle and Renaissance of Indigenous Knowledge in Eurocentric Education », in M. Villegas, S. Neugebauer & K. Venegas (dir.), Indigenous Knowledge and Education: Sites of Struggle, Strength, and Survivance, Cambridge, Harvard Educational Review, pp. 85-92.

Bellier (I.) (dir.), 2013, Peuples autochtones dans le monde. Les enjeux de la reconnaissance, Paris, L’Harmattan/SOGIP.

Bourdieu (P.), 1967, « Systèmes d’enseignement et systèmes de pensée », Revue internationale des sciences sociales, vol. 19, n° 3, pp. 367-388.

Charters (C.) & Stavenhagen (R.) (eds.), 2010, Making the Declaration Works: The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, Copenhague, IWGIA.

Deloria (V.) & Wildcat (D.), 2001, Power and place: Indian education in America, Golden, CO, Fulcrum.

Gagné (N.), Martin (T.) & Salaün (M.), 2009, Autochtonies. Vues de France et du Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 2009.

Gasché (J.), 2004, “Les motivations politiques de l’éducation interculturelle indigène”, in A. Akkari & P. Dasen (coords.), Les pédagogies du Sud, Paris, L’Harmattan.

Henze (R.), Davis (K.), 1999, « Authenticity and Identity: Lessons from Indigenous Language Education », Anthropology & Education Quarterly, vol. 30, n° 1, pp. 3-21.

Hornberger, N. (dir.), 2008, Can schools save Indigenous languages? Policy and practice on four continents, Hampshire, Palgrave Macmillan.

Lopez (L.E.), 2009, « Reaching the Unreached: Indigenous Intercultural Bilingual Education in Latin America », Background paper prepared for the Education for All Global Monitoring Report 2010 ‘Reaching the marginalized’, UNESCO, 60 p.

Macedo-Tinoco (S.), 2006, « Ekyola et Karetajar : Maitre de l’école, maitre de l’écriture. L’incorporation de l’écriture et de l’école par les Amérindiens wayapi de l’Amapari (Brésil) et de l’Oyapock (Guyane française), Thèse de Doctorat, Paris, EHESS.

May (S.) & Aikman (S.), 2003, « Indigenous Education: addressing current issues and developments », Comparative Education, vol. 39, n° 2, pp. 139-145.

McCarthy (T.), 2005, « Indigenous Epistemologies and Education—Self-Determination, Anthropology, and Human Rights », Anthropology & Education Quarterly, vol. 36, pp. 1-7.

Rockwell (E.), 2010, « L’appropriation de l’écriture dans deux villages nahua du centre du Mexique », Langage et société, n° 133, pp. 83-99.

Rockwell (E.) & Gonzalez Apodaca (E.), 2012, « Anthropological Research on Educational Processes in México », in K. Anderson-Levitt (ed.), Anthropologies of Education. A Global Guide to Ethnographic Studies of Learning and Schooling, New York, Berghahn Books, pp. 71-92.

Salaün (M.), 2013, Décoloniser l’école ? Hawai’i Nouvelle Calédonie. Expériences contemporaines, Rennes, Presses Universitaires de Rennes.

Villegas (M.), Neugebauer (S.) & Venegas (K.) (eds.), 2008, Indigenous Knowledge and Education: Sites of Struggle, Strengh, and Survivance, Cambridge M.A., Harvard Educational Rewiew.

 

Document PDF de l’appel à contributions pour le numéro 15 « Educations autochtones contemporaines » des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs.

Les Indiens à l’assaut de la Coupe du monde, par Jean Philippe Belleau

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Les Indiens à l’assaut de la Coupe du monde

Jean Philippe Belleau

Plusieurs mouvements sociaux brésiliens profitent en ce moment de l’importance symbolique de la Coupe du monde de football pour exercer sur leur gouvernement des pressions de dernière minute. Le plus virulent d’entre eux est le mouvement indien même s’il tend curieusement à passer inaperçu à l’étranger. C’est aussi celui qui a, depuis longtemps déjà, prévu des manifestations dès le coup d’envoi de l’événement sportif, sans souci de leurs coups politiques auprès de l’opinion publique, conscient que cette « tribune médiatique » disparaîtra après la finale du 13 juillet, au nouveau stade Maracana (Rio de Janeiro). On compte désormais près d’une mobilisation indienne par jour en divers points du pays. A chaque fois pacifiques, ces manifestations sont pourtant réprimées par la police, un usage systématique et démesuré de la force dont aucun autre mouvement social n’a à souffrir.

Des Indiens du Brésil manifestent contre la déforestation en Amazonie devant le Congrès à Brasilia, le 27 mai 2014 afp.com/Evaristo Sa

Le 27 mai, la police a violemment dispersé une manifestation indigène à Brasilia, usant de balles en caoutchouc. On a même pu voir le vieux leader indien Raoni, le plus emblématique et « nobelisable »des chefs traditionnels, victime de gaz lacrymogènes devant le stade Mané-Garrincha.

Si révolte indienne il y a pendant cette Coupe du monde, le gouvernement brésilien en portera la grande responsabilité. Car les divers gouvernements de gauche au pouvoir depuis 2003, sous les présidences de Lula da Silva d’abord puis de Dilma Rousseff depuis 2011, s’ils ont su satisfaire régulièrement les revendications des secteurs les plus marginalisés de la population, ont évité de s’attaquer aux menaces graves qui continuent de peser sur plusieurs communautés indiennes, s’aliénant les grandes ONG de ce mouvement et leur principal allié, le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI).

Comment les Indiens en sont-ils venus à ranger une gauche de gouvernement, censée défendre les plus humbles, comme un adversaire des Indiens ?

Tout d’abord, le gouvernement, depuis 2003, s’est massivement appuyé politiquement sur la bancada ruralista, ces grands propriétaires terriens dotés de mandats électoraux. Voués notamment la culture du soja, dont l’exportation vers l’Asie garantit des revenus importants à l’économie brésilienne, ces propriétaires, très conservateurs, solidaires, ont accumulé un grand pouvoir politique et symbolique. Le plus emblématique d’entre eux est l’ex-gouverneur du Mato Grosso et le plus important producteur de soja au monde, Blairo Maggi, dont l’importance politique colossale pour le gouvernement lui a valu l’octroi de quatre matchs du premier tour dans sa capitale, Cuiaba, alors que des villes autrement plus peuplées ne figurent pas sur la carte du Mondial. Pour ces propriétaires, pour les éleveurs, pour les secteurs miniers, les Indiens continuent de représenter un obstacle à la concentration terrienne.

C’est dans le Mato Grosso do Sul que la situation des Indiens est aujourd’hui la plus dramatique. Les communautés guaranis ne trouvent aucun soutien véritable dans les différents niveaux de l’Etat brésilien. Sur les 60 chefs indiens assassinés au Brésil en 2012, près des deux tiers étaient guaranis. Harcelées par les propriétaires terriens et leurs pistoleiros, ces communautés sont aujourd’hui exsangues. Divers documents vidéo récents disséminés par CIMI montrent ces hommes de main ouvrir impunément le feu sur des manifestants guaranis, et parfois à l’intérieur de leurs villages. Un des grands échecs du gouvernement brésilien du Parti des travailleurs aura été son inhabilité, depuis 2003, à combattre l’impunité judiciaire en milieu rural.

A ces situations il faut ajouter la défaite récente de Belo Monte, où le gouvernement, passant outre aux violations des droits constitutionnels et internationaux des Indiens, a autorisé la construction d’un immense barrage hydroélectrique inondant des terres ancestrales de plusieurs communautés et, dès lors, empêchant leur capacité de reproduction sociale. Mais c’est surtout la proposition d’amendement constitutionnel PEC 215, un véritable « coup » anti-indien, qui pousse, en pleine Coupe du monde, le mouvement indigène à agir.

Cet amendement représente une menace potentiellement dévastatrice, non seulement sur les Indiens mais également sur l’écologie, menace dont on ne doit désormais plus s’étonner qu’elle vienne d’un gouvernement de gauche allié, à chaque rouage de l’Etat, à la bancada ruralista. Parce qu’il reformulerait les conditions d’obtention du statut de réserve indigène, cet amendement vise à satisfaire ceux qui convoitent les terres indiennes pour les exploiter. Sonia Guajajara, une dirigeante de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB), en parle comme d’une menace d’extermination. La situation s’est envenimée le 3 juin, avec le refus désormais des représentants indigènes de participer à toute négociation avec le gouvernement, alourdissant les menaces d’un conflit social ouvert pendant la Coupe du monde.

On arrive donc à ce paradoxe qu’une série de gouvernements de gauche, portés par le Parti des travailleurs, a bafoué de façon systématique les intérêts et droits du secteur le plus démuni et le plus désarmé politiquement de la population brésilienne. Alors que les gouvernements de droite des années 1980 et 1990 pouvaient céder aux campagnes pro-indiennes et aux pressions de l’opinion publique internationale, ceux de gauche y apparaissent insensibles.

Que risque-t-il de se passer près des stades ? Des actions dans les capitales d’Etat les plus hostiles aux intérêts indiens, comme Cuiaba, sont improbables. Même chose dans les Etats sans large population indienne, comme Porto Alegre, Fortaleza, Natal ou Recife. Par contre, Manaus, Rio, São Paulo et surtout Brasilia, voire Salvador, font partie des plans désespérés des organisations indiennes pour attirer enfin l’opinion sur leur sort. Le plus grand défi médiatique pour le gouvernement serait que les peuples les plus capables de spectaculariser un conflit, notamment les Xavante et les Kayapo, se joignent aux manifestations.

Jean-Philippe Belleau, est membre du réseau des experts du GITPA pour l’Amérique latine et chercheur du réseau thématique Peuples Autochtones au sein de l’AFEA.

Article publié dans le quotidien Le Monde, le 12 juin 2014)

 Accès au dossier Brésil dans le site du GITPA

Pour connaitre et comprendre le mouvement indien au Brésil, le GITPA recommande la lecture ci dessous

DEMARCAÇÃO JÁ!

Prochain séminaire « L’Amérique latine par l’image et pour l’image »/FABRIQ’AM: projection du film « El caballito y la mascara » de Gaël Vince et Guillaume Darras – vendredi 23 mai 18h au Musée du Quai Branly

Le prochain séminaire « l’Amérique Latine par l’image et pour l’image »
en collaboration avec Fabriq’am, aura lieu :

Vendredi 23 mai, de 18h à 20h
Musée du Quai Branly – Salle de cinéma

La prochaine séance de notre séminaire sera en collaboration avec le projet ANR Fabriq’Am  ayant pour objet l’analyse de la « mise en patrimoine » d’éléments culturels qui constitue  l’un des moyens par lesquels les groupes amérindiens recherchent une visibilité et une reconnaissance dans un paysage social et politique marqué aujourd’hui dans la plupart des pays latino-américains par le multiculturalisme institué en mode de gouvernance.

Pour illustrer ce propos nous projetterons le film « El Caballito y la Mascara » de Gaël Vince et Guillaume Darras :  A Tamulté de la Sabanas se répété chaque année durant la fête patronale la danse d’un cheval-jupon et d’un masque qui rejoue la Conquista. Le duo de danseurs accompagne les processions en l’honneur de Saint François. Dans le même temps, un professeur tente avec ses élèves de préserver les traditions locales donnant une version impeccablement chorégraphié de cette tradition.

A l’appui de ce film nous discuterons de l’aspect de cette tradition et de son impact sur la vie aujourd’hui dans ce village du Mexique.

Séminaire «  l’Amérique Latine par l’image et pour l’image »

Ce séminaire propose une réflexion sur l’Amérique Latine en s’appuyant sur la présentation et l’analyse de films documentaires. Serge Gruzinski a montré comment les images ont servi le monde colonial pour propager la culture occidentale et ont tenté d’uniformiser les mondes vaincus des Amériques. Le cinéma documentaire contemporain nous montre une Amérique Latine en reconstruction et réappropriation d’images et d’identités. Sur la base de projections de films et en invitant le(s) auteurs et/ou réalisateur(s), nous poursuivrons cette réflexion.

Seront abordées dans cette approche, la construction du film bien sûr, mais aussi la reconstruction de l’Amérique Latine d’aujourd’hui à travers ses images : celles qu’elle a subies, celles qu’elle véhicule mais aussi celles qu’elle se réapproprie pour se reconstruire. A l’appui de ce film nous discuterons de l’aspect de cette tradition et de son impact sur la vie aujourd’hui dans ce village du Mexique.

Patrick Deshayes, professeur à Lumière Lyon 2. EREA (LESC – Institut des Amériques)
Helios Figuerola Pujol, EREA-LESC

Prochain séminaire FRAO : projection du film « Une justice entre deux mondes » d’Eric Beauducel- 22 mai Paris EHESS amphi Furet

Formation à la recherche dans l’aire océanienne

Amphitéâtre François Furet, EHESS
105 bd Raspail, 75006 Paris, le jeudi de 10h à 13 h

Nous avons le plaisir de vous inviter, jeudi 22 mai, au séminaire de la FRAO (Formation à la recherche dans l’aire océanienne), à l’amphithéâtre François Furet, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 PARIS.

Nous projetterons le film « Une justice entre deux mondes« , du réalisateur Eric Beauducel (2013, 57 mns).

En Nouvelle-Calédonie, la France a mis en place un système judiciaire sans équivalent dans le monde, où essayent de cohabiter deux mondes, celui du droit écrit et l’oralité de la coutume kanak. Le film « Une justice entre deux mondes » suit le quotidien de ces magistrats confrontés à une réalité complexe qui les oblige à repenser chaque jour la justice qu’ils connaissent.
Audiences itinérantes, officiers publics chargés des « procès verbaux de palabres », assesseurs coutumiers, la justice calédonienne est ainsi devenu pour certains un extraordinaire laboratoire d’idées, pour d’autres, une façon idéaliste et trop théorique de rendre la justice. 

La projection suivie d’une discussion avec Jean-Paul Jean, avocat à la Cour de cassation, et Benoît Trépied (IRIS-CNRS). 

On peut voir la bande-annonce du film ici: B.O. Une justice entre deux mondes
L’annonce des séances de la FRAO est disponible sur calenda

Assassinat de Galeano, un responsable zapatiste et manifestation prévue ce dimanche 18 mai à Paris

La tension est vive au Chiapas après l’attaque violente contre l’un des centres régionaux de l’EZLN, dont le solde est une école détruite, une quinzaine de blessés et l’assassinat prémédité de Galeano, l’un des responsables régionaux de la « Petite école » zapatiste, dernière initiative importante des zapatistes. En raison de cette situation (détails donnés dans le texte joint), l’EZLN a annoncé la suspension de toutes ses activités publiques, notamment d’importantes réunions nationales et internationales qui devaient se tenir fin mai et début juin.
C’est une attaque particulièrement violente, qui vise le cœur de l’autonomie zapatiste et, notamment l’initiative qui avait pour but de la faire largement connaître. L’indignation est vive.
Si l’on considère que la construction de l’autonomie zapatiste est un exemple de construction d’une autre forme d’organisation politique et sociale, on ne peut rester indifférent à une telle attaque.

Communiqué EZLN 8 mai 2014_La douleur et la rage

Nous vous invitons à signer et à faire signer le texte de l’appel en manifestant votre accord et en indiquant votre nom à l’adresse suivante : chiapas@solidaires.org

Un rassemblement est prévu dimanche prochain, 18 mai, à Paris.

Appel au rassemblement dimanche 18 mai : tract manif 18 mai 14h Paris

 

Mexique : Manifestation

Justice pour Galeano !

Halte à la guerre contre les communautés

zapatistes !

Dimanche 18 mai 2014 – PARIS

14h00 – Place de l’Hôtel-de-Ville

Suivie d’un Rassemblement à 16h30 à La fontaine des Innocents

-Châtelet/Les Halles

 

Le 1er janvier 1994, date d’entrée en vigueur de l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain), les sans-terre, les sans-voix, les « oublié-e-s de toujours » que sont les          Indien-ne-s, occupent  au cri de « ya basta ! » (ça suffit !) plusieurs villes du Chiapas, État riche en ressources, où la population est la plus pauvre du Mexique. L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) apparaît publiquement pour la première fois et, avec elle, tou-te-s les Indien-ne-s en lutte déclarent la guerre pour la dignité, la justice et la démocratie, ainsi que la reconnaissance de leurs droits et de leur culture.  Le feu et la parole qui ont surgi de la forêt Lacandone ont offert une alternative au capitalisme.

 Tout au long de ces vingt années, des groupes, collectifs, organisations,nsyndicats et individus très divers ont accompagné et soutenu chacune et chacun à sa façon leur cheminement… tout au long de ces années nous ne les avons pas oublié-e-s !

 Face aux zapatistes, le pouvoir, à tous les niveaux, a toujours répondu par la répression, la violence et les assassinats. Il se sert de ses militaires et paramilitaires pour mener cette guerre.

Mais les zapatistes restent fermes et continuent à construire leur autonomie pacifiquement, sans chercher à prendre le pouvoir, sur la base d’assemblées communautaires, s’organisant en communes autonomes. De nombreuses réalisations pour la mise en place d’une autonomie durable voient le jour – écoles, cliniques, coopératives, transports, agriculture, artisanat – dans une région où la plupart des paysan-ne-s sont privé-e-s des services de base.

 Le 2 mai 2014, des groupes paramilitaires ont attaqué le caracol de La Realidad, siège du Conseil de bon gouvernement zapatiste de la région. Le bilan de cette attaque se solde par la destruction d’une clinique et d’une école autonome, par plusieurs blessés par balle dans une lâche embuscade et l’assassinat de Galeano. Il a été clairement ciblé pour son rôle dans

l’organisation de la Petite École (Escuelita) qui symbolise la nouvelle initiative zapatiste internationale et nationale. Cette attaque est d’une telle gravité que le Conseil de bon gouvernement, représentation civile des communautés zapatistes de la région, a fait appel à l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Le commandement de l’EZLN a répondu positivement à l’appel du Conseil et est chargé par celui-ci de faire face à la situation créée par cette attaque.

Un coup porté contre l’un-e d’entre nous est un coup porté contre tou-te-s !

Justice pour Galeano !

Halte à la guerre contre les communautés zapatistes !

Solidarité avec les zapatistes !

Nous lançons un appel aux associations, collectifs, individus, à signer et à faire signer cette lettre collective de solidarité.

Envoyez vos signatures àchiapas@solidaires.org

 

Alternative Libertaire,

Collectif Grains de sable,

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL),

Compagnie Tamerantong,

Espoir Chiapas,

Fédération anarchiste,

Fédération SUD éducation,

Les trois passants,

Secrétariat internationale de la CNT,

Union syndicale Solidaires.

Hommage franco-mexicain à François Lartigue – jeudi 22 mai 16h-20h – visioconférence, Paris Ouest Nanterre

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LE  PROGRAMME  COMPLET  EST  TÉLÉCHARGEABLE  ICI : Programa E Homenaje_F_Lartigue-E

Prochaine séance séminaire FRAO : projection du film « L’élu du peuple – Pouvanaa te Metua » – jeudi 15 mai, EHESS Paris

Nous avons le plaisir de vous inviter à la cinquième séance, jeudi 15 mai, du séminaire de la FRAO (Formation à la recherche dans l’aire océanienne), à l’amphithéâtre François Furet, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 PARIS, de 10h à 13h.

 

Nous projetterons le film « L’élu du peuple – Pouvanaa te Metua« , de la réalisatrice Marie-Hélène Villierme (2012, 90 mn).
La projection sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice Marie-Hélène Villierme, qui permettra d’aborder à la fois la figure politique de Pouvanaa a Oopa et la réception de ce film par les différents acteurs et publics concernés.
La sortie du film s’inscrit dans un moment politique particulier, la garde des sceaux Christiane Taubira ayant annoncé 
en février 2014 son intention de saisir la Commission de révision des condamnations pénales d’une requête en révision de la condamnation de Pouvanaa a Oopa, « au vu des éléments, versés au soutien de la requête et issus des archives, sur le contexte politique et judiciaire de l’affaire, ainsi que des témoignages produits ».  
Résumé. C’est à la fin des années 1940 qu’apparaît dans les Etablissements français d’Océanie (la Polynésie française aujourd’hui) une vie politique locale. Pouvanaa a Oopa, premier Tahitien élu député en 1949, est aussi le leader charismatique du premier parti politique, le RDPT (Rassemblement des Populations Tahitiennes).
Il s’oppose avec force à l’administration coloniale française à en devenir très gênant lorsque le choix est pris d’implanter un centre d’expérimentations nucléaires dans le Pacifique. Au nom de la raison d’Etat, une stratégie se met en place pour isoler l’homme par qui le plan national pourrait échouer. Victime d’une machination, en octobre 1958, il est arrêté, emprisonné et condamné à 15 ans d’exil.
Comme des signes du destin, les dates de naissance (1895) et de mort (1977) de celui que le peuple appelle le « Metua », s’insèrent entre deux faits hautement symboliques : l’année de naissance marque la signature du traité d’annexion de son île natale par la France. L’année de sa disparition coïncide avec celle de la mise en place du premier statut d’autonomie de gestion du Territoire de la Polynésie française.
Mise en images à partir d’archives et pour la première fois, le destin politique de Pouvanaa a Oopa, l’orchestration de sa mise à l’écart, sert de fil rouge pour traverser une page peu connue et pourtant décisive de l’histoire polynésienne récente.
Un extrait de ce film est visible ici: 

 
L’annonce des séances de la FRAO est disponible sur calenda

Projection du film colombien « Resistencia en la linea negra » Cinéma La Clef jeudi 17 avril 2014



PROCHAINE PROJECTION ORGANISÉE PAR EL PERRO QUE LADRA
En partenariat avec De la Plume à l’Ecran

Resistencia en la linea negra : Jeudi 17 avril 2014
Un film du collectif Zhigoneshi, 2011, 84′
Colombie

Prix du meilleur long-métrage Panorama du cinéma colombien 2013

À travers un voyage révélateur, et partant d’une intimité rarement divulguée publiquement, une équipe de réalisateurs autochtones brandissent les caméras pour montrer au monde les actions que leurs autorités spirituelles – les Mamos – ont entreprises pour faire face aux graves menaces pesant sur leur territoire ancestral.

Un travail documentaire étonnant et rare aussi bien dans ses prises de position politiques que dans sa forme audiovisuelle.

Jeudi 17 avril 2014 à 20h
au Cinéma La Clef – 34 rue Daubenton Paris 5è
M° Censier-Daubenton
Entrée : tarification du cinéma
Contact : delaplumealecran[at]yahoo.com
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Dans la section Ciné’Portrait du dernier C@mérindien, revue trimestrielle d’analyse et d’actualité du cinéma amérindien publiée par De la Plume à l’Ecran, vous pourrez découvrir l’article « A travers le dialogue et l’image, nous réclamons la reconnaissance » dans lequel nous retranscrivons l’interview d’Amado Villafaña, du collectif Zhigoneshi, réalisée en juin dernier par El Perro que Ladra.

Pour vous abonner au C@mérindien :
http://delaplumealecran.org/#camerindien

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El Perro que ladra assure la diffusion du film en France qui aura lieu au cinéma La Clef en avril et mai, et sera accompagnée de divers débats, avec de nombreux invités. Si parmi vous, certains ont des envies et/ou des idées créatives pour soutenir ce film pendant cette aventure de cinq semaines, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Contribuez à diffuser le message des Mamos de la Sierra le plus loin possible…

 

Prochain séminaire SOGIP « Les enjeux de la cartographie des territoires autochtones » – jeudi 10 avril 9-13h, EHESS Paris

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous inviter à la 6ème séance du séminaire SOGIP 2013-2014 « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones » coordonné et animé par Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC et Laurent Lacroix, postdoctorant LAIOS-SOGIP, le jeudi 10 avril 2014. De 9 h à 13 h.

La séance se déroulera en salle du Conseil A au sous-sol, EHESS, bâtiment Le France, 190 198 avenue de France, 75013 Paris. Ouvert à tous.

Séance : Les enjeux de la cartographie des territoires autochtones

La cartographie connaît un regain de popularité dans le traitement des questions autochtones. Qu’il s’agisse de définir des territoires aux fins de reconnaissance, ou d’identifier les ressources qu’ils contiennent, pour les protéger ou pour les exploiter, les autochtones sont aujourd’hui conduits par divers moyens à représenter leurs territoires avec de nouvelles techniques et selon des modes de représentation tout aussi nouveaux – principalement destinés à plusieurs types d’interlocuteurs (ONG, société civile, Etat, entreprises). Nous examinerons la nature de certains projets cartographiques concernant des territoires autochtones, les modalités de fabrication de cartes, leurs usages et leurs finalités pour évaluer l’importance de tels outils dans la mobilisation des peuples autochtones pour la revendication ou la défense territoriale. Nous nous intéressons aux effets multiples de la cartographie des mondes autochtones dans la perspective ouverte aujourd’hui, et toujours problématique, d’un monde entièrement balisé.

Irène Hirt (Département de géographie et d’environnement de l’Université de Genève) – Cartes et revendications territoriales autochtones : controverses et paradoxes.

La cartographie en contexte autochtone (produite par ou pour des organisations ou des communautés autochtones) poursuit plusieurs objectifs: défendre des droits à la terre et au territoire ainsi que des droits pour le contrôle et l’accès aux ressources naturelles ; revitaliser la culture et l’identité autochtones, entre autres en favorisant des processus de réappropriation de l’histoire, des savoirs locaux, et du lien culturel et spirituel au territoire ; décoloniser les imaginaires et les récits hégémoniques de la nation et du territoire. Cette cartographie, qui mobilise principalement le langage, les techniques et les modes de représentation de la cartographie étatique moderne, porte toutefois à controverse, aussi bien aux yeux des individus et des groupes autochtones concernés que des chercheurs œuvrant dans ce domaine de recherche-action. Elle est considérée comme un outil à « double-tranchant »: d’un côté, elle s’avère quasiment incontournable pour défendre des droits fonciers ou territoriaux au sein des Etats concernés, favorisant en outre, dans bien des cas, des processus d’« empowerment » social et territorial; de l’autre, de par son inscription dans un contexte de domination politique et culturelle, elle tend simultanément à imposer des présupposés spatiaux, épistémologiques et ontologiques aux peuples autochtones, fragilisant leurs propres modes de construction du savoir et leurs propres territorialités. Les principaux enjeux, paradoxes et controverses autour de cette cartographie seront examinés dans la première partie de cet exposé. Dans la seconde, des exemples concrets seront proposés, sur la base de plusieurs expériences de recherche menées au Chili, en Bolivie et au Canada.

François-Michel Letourneau et Fabrice Dubertret (CREDA-IHEAL)  – Rendre explicite une présence invisible: vers un atlas mondial des territoires autochtones.

Le territoire se place au coeur des sociétés autochtones. Si la reconnaissance de droits territoriaux différenciés est indispensable au maintien de l’intégrité culturelle et économique de ces peuples, elle reste subordonnée aux Etats englobant ces sociétés. Or, ces mêmes Etats voient souvent dans la reconnaissance de droits territoriaux différenciés un frein à leur développement, d’autant plus que ces terres sont souvent riches en ressources naturelles. Ainsi, les réponses des Etats aux revendications territoriales autochtones présentent une grande variabilité.
Par une approche géographique de la question autochtone, centrée sur la question territoriale, le présent projet vise à l’élaboration d’un Atlas mondial recensant les territoires reconnus, revendiqués, ou occupés par les peuples autochtones. La mise en place d’une catégorisation globale des régimes de reconnaissance territoriales rendra possible une comparaison mondiale des réponses offertes par les Etats. Aussi, une approche collaborative permettra la confrontation de différentes sources d’information, telles que les informations officielles des Etats, les apports des ONG et les contributions directes des peuples autochtones, dressant un aperçu complet de la situation et des controverses entourant la question territoriale autochtone.

Samuel Diéval (RainForest Foundation) – Cartographie pour les droits dans le Bassin du Congo.

Deuxième par la taille après l’Amazone, la forêt tropicale humide du bassin du Congo couvre plus de 180 millions d’hectares et s’étend à travers toute la République Démocratique du Congo (RDC), la majorité de la République du Congo, le sud-est du Cameroun, le sud de la République Centrafricaine, le Gabon et la Guinée équatoriale. Cette zone constitue un régulateur vital du climat de toute la région, un puits de carbone d’importance mondiale et une vaste réserve de biodiversité. D’après certaines sources, l’Homme serait présent dans le Bassin du Congo depuis plus de 50000 ans et la population, essentiellement rurale, y est aujourd’hui estimée à 50 millions d’habitants. Elle comprend environ un demi-million d’autochtones chasseurs-cueilleurs couramment appelés « Pygmées », la plupart menant encore, et au moins partiellement, un mode de vie nomade. La forêt constitue une ressource absolument vitale pour les populations locales. Elle leur apporte nourriture, eau, refuge, pharmacopée tout en représentant un élément essentiel de leur culture et de leur sphère spirituelle. De façon générale, les régimes fonciers des pays du bassin du Congo confèrent à l’Etat la propriété de l’ensemble du territoire national. Ceci implique que les communautés locales et autochtones n’ont pratiquement aucun contrôle ou titre légal reconnu sur les territoires qu’elles occupent traditionnellement. Aujourd’hui, une grande partie des forêts de la région a été allouée à titre de concessions à des sociétés forestières, agricoles et minières, dont la plupart doivent encore renforcer leurs considérations sociales et environnementales. Il est largement reconnu que l’absence de reconnaissance des modes coutumiers d’occupation et d’utilisation des terres et ressources forestières est source de conflits et d’insécurité et peut entrainer l’augmentation de la pauvreté, la destruction de l’environnement et la violation des droits de l’homme et des peuples.
La cartographie participative est un outil qui permet aux communautés forestières et peuples autochtones de mettre en évidence avec précision les terres qu’ils occupent et utilisent, et qu’ils peuvent utiliser pour sécuriser des droits sur les terres et les ressources forestières. Rainforest Foundation UK et ses organisations partenaires dans le bassin du Congo (Organisations non gouvernementales, agences gouvernementales, institutions spécialisées) mettent en œuvre des projets de cartographie participative dans le bassin du Congo depuis plus de 15 ans et ont développé des approches méthodologiques et des outils technologiques, comme l’Accompagnement des Communautés à la Cartographie de leurs Espaces de vie Traditionnels (ACCET) et la base de données géo référencée MappingForRights.com, pour accompagner les communautés forestières dans la promotion de leurs droits aux terres et aux ressources.

En fin de séance, nous aurons également le plaisir d’accueillir Nirupa Dewan (enseignante, Ligue des Droits de l’Homme du Bangladesh) actuellement en Europe pour témoigner des violations des droits humains perpétrées à l’encontre des peuples autochtones du Bangladesh et en particulier des femmes, notamment dans les Chittagong Hill Tracts. Avec Paul Nicolas (géographe, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme d’Aix-Marseille), ils nous présenteront la situation actuelle des Jummas  (Chittagong Hill Tracts, Bangladesh), à travers un ensemble de cartes. Ils montreront comment ces derniers ont été mis à l’écart à partir du 19ème siècle, puis en partie dépossédés du contrôle de leur territoire à partir du milieu du 20ème siècle.

Prochain séminaire FRAO : Projection du film « Le Gendarme Citron » de Gilles Dagneau – jeudi 10 avril, EHESS Paris

Formation à la recherche dans l’aire océanienne

Amphitéâtre François Furet, EHESS
105 bd Raspail, 75006 Paris, le jeudi de 10h à 13 h
Nous avons le plaisir de vous inviter à la quatrième séance, jeudi 10 avril, du séminaire de la FRAO (Formation à la recherche dans l’aire océanienne), à l’amphithéâtre François Furet, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 PARIS.

 Nous projetterons le film « Le Gendarme Citron« , du réalisateur Gilles Dagneau (2008, 52 mns).

La projection suivie d’une discussion avec le réalisateur, Gilles Dagneau. 

Le Gendarme Citron

Dans les années 1950 et 1960, Robert Citron, gendarme, mais avant tout homme éclairé, découvre la Nouvelle-Calédonie pour y vivre une formidable aventure humaine et cinématographique. Tout son temps libre, il le consacre à filmer les Kanak dans leurs activités quotidiennes et coutumières, avec intelligence, respect, curiosité et désir de comprendre. Tournées à l’île des Pins et à Canala, ces images rares – dont certaines sont exceptionnelles, comme le cycle complet de l’igname ou la scène de désenvoûtement collectif – constituent l’unique témoignage filmé de la culture Kanak de cette époque. Elles ont été acquises par le Centre Culturel Tjibaou, et sont aujourd’hui décryptées par les collecteurs du patrimoine Kanak. Portrait d’un humaniste qui a permis « la rencontre des hommes ».

Filmographie: Tjibaou, le pardon (2006),
Tiano, la parole déchirée (2003),
La vallée du Tir (2000),
Jean-Marie Tjibaou, la parole assassinée (1997),
Remenber New Caledonia (1996),
Le bridge (1986)

L’annonce des séances de la FRAO est disponible sur calenda
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Projection-débat autour du documentaire « Resistencia en la linea negra » Colombie – 9 avril Cinéma La Clé 20h

 

Séminaire Gouverner le Vivant au Muséum d’Histoire Naturelle: philosophies autochtones, politique de la connaissance et « Buen vivir »

by

La prochaine séance du aura lieu le vendredi 11 avril, de 10h30 à 12h30, au MNHN, dans le grand amphi d’entomologie, 45 Rue Buffon, 75005 Paris.

National Geographic, July 1977. Gimi people of Papua New Guinea: Linked by an “umbilical cord” at a ritual, a young man and his mother dramatize maternal influence, rarely acknowledged publicly.

Ontologies as emergent: Indigenous philosophical propositions concerning the past, the present, and possible futures

Paige West (Columbia University, New York)

Discutant : Philippe Descola (Collège de France)


Much has been said of late about the multiple forms of knowing, being, seeing, feeling, and narrating worlds among people and peoples with whom anthropologists work. In this paper I push this conversation forward by asking about the emergent natures of ontological propositions. I do this based on eighteen years of research on the island of New Guinea. Gimi speaking peoples in the Eastern Highlands of Papua New Guinea have elaborate philosophical propositions concerning historic and contemporary social worlds. In this paper I describe Gimi philosophy in general and discuss specific ethnographic examples that allow us to understand how Gimi philosophers come to understandings about possible futures given

Présentation et discussion en anglais

Prochaines séances:

– Séance 10 : vendredi 23 mai 10h30-12h30, MNHN, grand amphi d’entomologie, 45 Rue Buffon, 75005 Paris

L’IPBES Gouvernance internationale de la biodiversité : Autour du livre The Politics of Knowledge and Global Biodiversity

Alice Vadrot (ICCR Foundation/ University of Vienna)

Discutant : Florian Charvolin (CNRS, Centre Max Weber)

– Séance 11: jeudi 5 juin, 10h30-12h30 amphi de paléontologie, galerie de paléontologie, 2 rue Buffon, 75005 Paris

Pacha Mama, Buen Vivir, Samak Kusay : entre alternative au développement et instruments politiques

Franck Poupeau (CNRS-The University of Arizona)
Adrian E. Beling (UAH et université Humboldt de Berlin)

Discutant : Laurent Lacroix (SOGIP-LAIOS- EHESS)

VOCEAS 2014 Presentación Libro: La disputa por el templo. Política, religión y etnicidad en un municipio de G uerrero

by

Présentation à Mexico d’un livre sur les Nahuas de Guerrero, en mémoire de François Lartigue.

Journée d’Etude sur l’oeuvre de Raymonde Carasco et Régis Hébraud – 25 mars EHESS Paris

Les Hauts plateaux Tarahumaras furent le grand chantier visuel de Raymonde Carasco et Régis Hébraud. Outre cette fresque poétique consacrée à la culture rituelle des Indiens Tarahumaras, l’œuvre de Raymonde Carasco comporte des portraits filmiques ainsi que de très nombreux écrits, dont certains encore inédits. Coorganisé par l’Université de Toulouse II-Le Mirail, l’EHESS, l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, le Cinéma du Réel et la Cinémathèque de Toulouse, le colloque « L’œuvre de Raymonde Carasco et Régis Hébraud » (25 mars 2014) explorera cette indispensable « écriture du voir ».
 L’Œuvre de Raymonde Carasco

et Régis Hébraud

25 mars 2014 – Journée d’Etudes à l’EHESS

Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Iiac-Laios)

Université Paris 3 (Sorbonne nouvelle) / Université de Toulouse 2 – Le Mirail

 Cinéma du Réel / Cinémathèque de Toulouse

09h00 – 12h30 « Êtes-vous venus là où personne ne vient ? »

Travail de la pensée, travail du film

Présidente de séance : Nicole Brenez

9h00• Nicole Brenez & Corinne Maury

Accueil

9h10• Nicole Brenez (Professeur, Université Paris 3 Sorbonne nouvelle)

Du courage. Quelques enjeux du travail de Raymonde Carasco et Régis Hébraud

« Vision accueillante et poreuse aux positions d’autrui, œuvre autonome et tranchante quant à sa fabrique, ses stylèmes, ses principes et ses enjeux – rien moins que la description, la dilection pour l’étranger, l’exactitude, la fidélité, le hors-limite – l’œuvre de Raymonde Carasco et Régis Hébraud s’engendre d’une série ouverte d’exigences de dépassement et de franchissement (d’ordre pratique, formel, anthropologique, éthique) au nom desquelles, souverainement, quelque chose de la mimésis sous nos yeux se reconfigure. »

9h30• Régis Hébraud (Cinéaste)

Réaliser un film Tarahumara. « Ce cinéma, c’est moi, c’est ma vie… » Raymonde Carasco

« Le désir d’écrire de Raymonde Carasco et le « saut dans l’image ». Analyse du processus de réalisation d’un film de/avec Raymonde Carasco.  Première période (1977-1987) : un voyage = un film. Deuxième période (1995-2004) : approche de la pensée chamanique. »

10h• Caterina Pasqualino (Chargée de recherche, CNRS)

Le ciné-performance de Raymonde Carasco

« Pour restituer au plus près le rapport que les Indiens Tarahumaras d’Amérique latine entretiennent sur le plan émotionnel avec un au-delà chtonien, Raymonde Carasco a donné forme à une ethnographie poétique. Prenant une certaine distance vis-à-vis du contexte social, elle a choisi de filmer la matérialité des faits, parfois en plans rapprochés, comme une abstraction. En dépassant les clivages entre acteur et spectateur, et entre rituel et performance filmée, l’auteur nous ouvre au monde imaginaire des Tarahumaras. »

10h30• Aude Fourel (artiste plasticienne et vidéaste)

Gradiva, figure cinématographique

« Expérimentation de la caméra dans le non-vouloir-saisir, mise en scène du corps-événement et de la rencontre, montage-intervalles : ‘C’est cette dimension nouvelle d’une ‘verticalité’ qui introduit une discontinuité entre les éléments sonores et les éléments visuels de l’image’. (Raymonde Carasco, « La cinématographie, le cinéma et l’exigence du fragment », 1984). »

11h• Térésa Faucon (Maître de conférences, Université Paris 3 Sorbonne nouvelle)

Marcher, monter, danser. Tisser le vêtement du temps

« Gradiva, Gradiva-Western, Tutuguri, Tarahumaras 78, Tarahumaras 2003, pour ne citer que cinq films, travaillent le lien entre le cinéma et la danse par le geste sculptant la matière-temps et plus particulièrement par le lien marcher/monter. Nous verrons comment caméra et montage chorégraphient le dialogue entre les pas et le sol, interrogent son paradoxe (‘laisser une marque et partir’), l’intervalle entre deux pas, entre deux images ; comment le montage le plus souvent, ou le ralenti parfois, se réapproprient cette forme chorégraphique et en proposent un équivalent cinématographique. »

11h30• Ricardo Matos Cabo (Programmateur)

L’attente : l’espace sonore dans les films de Raymonde Carasco et Régis Hébraud

« C’est par l’attente que les Tarahumaras non pas s’approprient, mais approchent, apprivoisent l’événement à venir. Attendre. Capter le temps. Non pas le temps qui passe, mais du temps, ce qui va se passer.  »

[Tarahumaras 87, Rites d’Hiver, Los Matachines]

12h• Vincent Deville (Maître de conférences, Université Paul Valéry Montpellier 3)

Filmer ce désert : l’invention du paysage tarahumara dans La Fêlure du temps de Raymonde Carasco et Régis Hébraud

« Dernier volet de la série des voyages et des films Tarahumaras de Raymonde Carasco et Régis Hébraud, La Fêlure du temps accomplit l’exploit de représenter dans un même geste une genèse et un crépuscule. Genèse du monde tarahumara d’une part, et crépuscule d’autre part, à double titre puisqu’il marque à la fois la fin d’une civilisation fondée sur des gestes, rituels, marches et danses, filmés ici comme pour la dernière fois, et la fin de la fresque cinématographique Tarahumara. »

12h30• Fin de la matinée – Pause déjeuner

14h00 – 18h00

« Comment l’écriture raconte à partir d’un voir initial »

Présidente de séance : Corinne Maury

14h• Monique Peyriere (Chercheure au Centre Pierre Naville, Université d’Evry, chercheure associée au Centre Edgar Morin)

Le pas de Gradiva. L’écriture du voir : présentation des Carnets de Raymonde Carasco par Monique Peyriere et Régis Hébraud

14h30• Gabriela Trujillo (professeur à l’Ecole du Louvre et à NYU)

La connaissance du jour – fantômes, passages et arcanes. Poétique surréaliste dans l’œuvre de Raymonde Carasco

« Passer par Artaud, penser les fictions (Julien et Rupture), observer l’approche esthétique de Bousquet et Michaux développée par Raymonde Carasco, et même son humour dans son approche de Barthes. »

15h• Corinne Maury (Maître de conférences, Université Toulouse 2 – Le Mirail)

Les lumières et les ombres de Joë Bousquet au regard des mots-images de Raymonde Carasco

« Dans un mouvement analytique en aller-retour entre l’œuvre de Bousquet et les textes de Raymonde Carasco, nous tenterons de révéler la puissance du voir-poétique de Joë Bousquet que l’écriture essayiste de Raymonde Carasco éprouve et révèle en s’appuyant sur des notions empruntées à l’étude des formes filmiques. L’écriture de Bousquet serait-elle de composition(s) cinématographique(s) ? L’œuvre de Raymonde Carasco (tant ciné-expérimentale qu’essayiste) a-t-elle été irriguée / modelée / rythmée par la poésie visuelle de Joë Bousquet ? »

15h30• Olivier Penot-Lacassagne (Maître de conférences, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

Artaud/Carasco : confrontations

« ‘Confronter mon voir et le voir d’Artaud’, écrit Raymonde Carasco. Pour Raymonde Carasco, l’œuvre ‘indienne’ d’Artaud est à la fois une référence et une médiation ; un territoire où se mouvoir (la Sierra Tarahumara) et un savoir poétique à travailler. L’intertextualité est certes abondante ; mais loin d’être asphyxiante, elle favorise la libre invention d’un imaginaire qui se construit peu à peu, film après film. La confrontation devient alors approche, rencontre, parcours, déplacement. Elle est lecture, captation, détournement ; palimpseste, écriture propre, invention de soi ; affirmation d’une altérité. »

16h• Marie Martin (Maître de conférences, Université de Poitiers)

Sur le fil du zigzag. Frayages barthésiens dans les textes de Raymonde Carasco

« Hors-cadre Eisenstein, sans chercher à élucider la teneur exacte du troisième sens barthésien ni à entrer dans sa logique intime et subjective, n’en retient pas moins l’idée d’une écoute filmique fondée sur la dissémination photogrammique – hors-cadre cinéma. Le Portrait ovale, au cœur de l’effraction logique, zigzag, d’un raisonnement d’Eisenstein sur la ‘composition premier plan’ (par opposition à l’identification-cadre du gros plan), retrouve une nouvelle fois Roland Barthes – avec Poe, Bousquet, Godard et Dreyer. Comme S/Z est la théorie en acte de la lecture, Le Portrait ovale est celle de la figure. »

16h30 Pause

17h• Pascale Criton (musicienne, compositrice)

Stepping, pièce « in process » pour flûte, violon, violoncelle, guitare et trombone, composition originale, 8 minutes avec projection d’images de Régis Hébraud.

17h30• Echanges avec l’audience, en présence de Régis Hébraud.

18h• Fin de la Journée d’études.

La Journée a lieu dans l’Amphithéâtre de l’EHESS,

105 bd Raspail, 75006 Paris.

Responsabilité scientifique :

Nicole Brenez & Corinne Maury

Egide :

Régis Hébraud

Comité scientifique :

  • Vincent Deville
  • Térésa Faucon
  • Ricardo Matos Cabo
  • Caterina Pasqualino
  • Serge Pey
  • Monique Peyriere
  • Lionel Soukaz
  • Gabriela Trujillo

Première séance Ceped – projection du film « les enfants du déracinement, mémoires du peuple Garifuna en Amérique centrale » – 25 mars 18h30

Le Ceped  a le plaisir de vous convier à la nouvelle saison du  « Ceped fait son cinéma… »

La première séance se tiendra le 25 mars 2014 à 18h30 précises*

Le film « Les enfants du déracinement, mémoires du peuple Garifuna en Amérique centrale »
sera présenté.

Il s’agit d’un film en version  originale en espagnol « Los Hijos del destierro », sous-titrée en français.
Ce film a été réalisé par Melesio Portilla Viveros et Carlos Agudelo (URMIS) en a  été le conseiller scientifique. Carlos Agudelo assistera à cette présentation.La projection sera suivie d’une discussion animée par Carola Mick (Université de Paris Descartes-Ceped) et d’un débat avec la salle.
 
Résumé
Vers le milieu du XVIIème siècle, des africains fuyant l’esclavitude se réfugient dans des îles des petites Antilles où ils cohabitent avec les « Indiens Caraïbes » pendant environ un siècle. De cette rencontre naît un groupe ethnique particulier, « les garinagu » – et leur culture « garífuna » -, longtemps connus sous le nom de « Caraïbes noirs ».
À la fois partisans et victimes de la confrontation entre les pouvoirs coloniaux français et anglais dans la région, les « Caraïbes noirs » sont vaincus et déportés vers l’Amérique Centrale en 1797, puis survivent aux guerres des XIXème et débuts du XXème siècle en se dispersant dans quatre pays de la région : le Honduras, le Guatemala, le Nicaragua et le Belize. Au cours de cette mobilité, le groupe conserve et développe ses principales valeurs identitaires, notamment la langue et la culture.
Au début du XXème siècle, les « Caraïbes noirs » entament un processus de réactivation de leur identité et de leur mémoire historique, conçues depuis lors comme des ressources dans leur lutte pour la reconnaissance et l’inclusion sociale. Un siècle plus tard, au début du XXIème siècle, ils occupent des postes de représentation dans les hautes instances de décision politique de leurs pays respectifs, ils obtiennent la reconnaissance de leur langue et de leur culture comme “Patrimoine intangible de l’humanité” par l’UNESCO et consolident un réseau transfrontalier dans les quatre pays d’Amérique Centrale et avec les Communautés de migrants aux États-Unis.
 
•Support original: video digital Dvcam – Support de diffusion: DVD
•Date de réalisation: 2010 – Durée: 50 minutes
•Production: projets de recherche scientifique AFRODESC (ANR, France, IRD) y EURESCL (Europe)

Journée d’Etudes FABRIQ’AM « Patrimonialisation et régimes d’historicité – Nostalgie et patrimoine » – 26 mars MAE Université de Nanterre

Dans le cadre des journées d’études fabriq’am, « la fabrique des patrimoines: mémoires, savoirs et politique en amérique indienne aujourd’hui », (http://fabriqam.hypotheses.org) aura lieu mercredi 26 prochain  :

PATRIMONIALISATION ET RÉGIMES D’HISTORICITÉ (I)

NOSTALGIE ET PATRIMOINE

 Présentation. La nostalgie : entre expression émotionnelle, discours et pratique de circonstances
Laurence Charlier (CERMA-Mondes Américains)
Nostalgie cherche preneur(s). Les peintures d’Amatiwana Trumai 
Emmanuel de Vienne (EREA-LESC) et Sophie Moiroux (EREA)
Les Trumai (Amazonie brésilienne) sont des familiers de la nostalgie. Elle est même la tonalité principale de l’appartenance à ce groupe “pauvre” de la société pluriethnique et Haut Xingu. Les Trumai échouent en effet depuis plusieurs décennies à exhiber les mêmes signes spectaculaires d’indianité que leurs voisins et parents de la région. Dans ce contexte, Amatiwana occupe une place singulière : il a dû renoncer à la chefferie à cause de maladies répétées et graves depuis la fin de son adolescence. Cette vie de souffrances et d’exils chroniques le rend emblématique de son propre groupe. Dans cette présentation, on s’efforcera d’éclairer par ce contexte les peintures à l’huile sur toile qu’Amatiwana exécute depuis les années 60. Figurant pour la plupart la vie qu’il estime avoir perdue (la mythologie, les rituels, la faune et la flore du Xingu), ces toiles  produisent autant la nostalgie qu’elle ne l’expriment. Nous chercherons à comprendre comment, en dépassant la seule analyse des oeuvres pour examiner leurs parcours et leurs destinataires idéaux ou réels.
Nostalgies en miroir. Chamanismes inter-ethniques et représentations patrimoniales  en  Colombie
Anne Marie Losonczy (EPHE, CERMA-Mondes Américains)
L’urbanisation et l’élitisation de pratiques rituelles amérindiennes emblématisées comme ‘chamaniques’ et impliquant la prise rituelle de l’ayahuasca (‘yajé’ en Colombie) créent des scènes ritualisées dans de nouveaux espaces, privés ou institutionnels (universités, centres médicaux, etc) où se déploie une alternance entre conflit, échange et malentendu performatif autour de diverses représentations patrimoniales du rituel et du breuvage hallucinogène. Cette alternance est soutenue par des dispositifs nostalgiques : celui  d’une « nostalgie globale » ou d’une « nostalgie d’ancêtres » des usagers de l’élite urbaine internationale ou locale et celui, récemment approprié d’une nostalgie structurelle qu’expriment et mobilisent chamans et leaders indiens. L’apprentissage de cette dernière fait partie des nouvelles formes de transmission ethnique de la « culture ». Les figures de la perte et de la renaissance, qui sont communes à ces dispositifs articulent cependant des rapports au passé à des échelles différentes.
Attachements nostalgiques et patrimonialisation du troc dans les Andes argentines
Olivia Angé (Musée du Quai de Branly)
Les foires de troc andines furent importées par les Espagnols pour approvisionner les centres urbains et miniers sur lesquels s’articulait la société coloniale. L’organisation économique précolombienne se caractérisait quant à elle par l’absence générale de marché. La circulation des denrées s’inscrivait plutôt dans le cadre des relations de parenté qui unissaient les habitants des différentes zones écologiques de la cordillère. Le système de troc contemporain est publiquement reconnu comme un vestige de ces réciprocités interécologiques, de même que les foires lors desquelles ces transactions se trouvent condensées. A l’heure actuelle, ces scènes d’échange sont envisagées comme des pratiques culturelles emblématiques de l’identité indigène, en dépit de leur origine européenne. Dans la cordillère argentine, des institutions étatiques et non gouvernementales prêchent pour la sauvegarde de ces rencontres  dites  « ancestrales » qu’elles estiment menacées par l’intégration croissante des paysans à l’économie capitaliste. Dans le but explicite d’inciter les paysans à « préserver cette tradition », de nombreuses institutions consacrent des fonds à la perpétuation d’anciennes  rencontres et à l’implémentation de nouvelles. Néanmoins, l’ethnographie des foires révèle l’existence de conceptions divergentes concernant les pratiques que ces interventions visent à conserver. En comparant les représentations que les paysans se font du troc, avec celles des instances  patrimoniales, cette présentation montre que la coopération entre ces différents acteurs repose sur une nostalgie structurelle partagée pour un système d’échange ancestral dans lequel la réciprocité parfaitement équilibrée n’aurait pas été mise à mal par la décadence moderne. Ce faisant, cet examen des différentes appréciations du troc dans les Andes argentines montrera que la nostalgie continue de constituer un moteur important des interventions patrimoniales, en dépit des définitions post-modernes des concepts de culture et de patrimoine désormais en vigueur sur la scène internationale. English version
14h-18h – Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative – Salle 308
Maison Ethnologie et Archéologie René-Ginouvès, Université de Nanterre
Pour plus d’informations
Laurence Charlier : charlier.laurence@yahoo.fr

Prochain séminaire FRAO : projection du documentaire « Pain ou coco, Moorea et les deux traditions » – jeudi 20 mars 10-13h – Paris EHESS

Séminaire de la FRAO 2014
 
Formation à la recherche dans l’aire océanienne
 
Amphitéâtre François Furet, EHESS
105 bd Raspail, 75006 Paris, le jeudi de 10h à 13 h
 Nous avons le plaisir de vous inviter à la troisième séance, jeudi 20 mars, du séminaire de la FRAO (Formation à la recherche dans l’aire océanienne), à L’amphithéâtre François Furet, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 PARIS.
Nous projetterons le fim « Pain ou coco. Moorea et les deux traditions » réalisé par Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer (présentation ci-dessous) projection suivie d’une discussion avec Jean-Claude PENRAD (MCF EHESS)
présentation du documentaire
Pain ou coco, Moorea et les deux traditions 

Résumé. En 1999, la paroisse protestante de Papetoai, à Moorea (Polynésie française) se divise. Au cœur du conflit, la tahitianisation de la sainte-cène, le pain et le vin étant remplacés par la chair et l’eau de coco. Onze ans après, ce film documentaire revient sur la vie quotidienne, les réflexions et les interrogations des membres des paroisses protestantes de Papetoai et du village voisin de Haapiti, qui tentent, chacun à leur manière, de concilier la culture polynésienne et l’héritage chrétien issu des missions du 19ème siècle. Prenant appui sur des recherches menées en Polynésie française depuis 1995, le film montre, en donnant la parole aux habitants de Moorea, comment les identités se construisent et évoluent au croisement de l’histoire, de la mémoire culturelle et de l’économie touristique.

voici le lien vers un extrait du documentaire :

L’annonce des séances de la FRAO est disponible sur Calenda

Les 20 ans du soulèvement zapatiste à la Maison des Métallos : exposition, lectures et débats – 28-30 mars 2014

À VENIR À LA MAISON DES MÉTALLOS

Les 20 ans du zapatisme à travers l’œuvre de Beatriz Aurora

En janvier 1994, a eu lieu le soulèvement zapatiste au Chiapas, l’État du Mexique le plus pauvre. L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), menée notamment par le sous-commandant Marcos, renonce rapidement aux actions armées: elle ne se bat pas pour prendre le pouvoir au Mexique, mais pour l’autonomie des populations indiennes, en mettant en avant l’esprit communautaire, la revendication de cultures longtemps méprisées, la défense de la nature, la libération des femmes et la solidarité internationale. Le groupe des rebelles, composé de plusieurs dizaines de milliers d’Indiens, instaure des communes autonomes autogérées.
À l’occasion des vingt ans du zapatisme, nous proposons en partenariat avec le collectif Grains de sable une exposition de peintures de Beatriz Aurora et des compagnons zapatistes et un débat pour faire le point précédé d’une lecture d’extraits des Contes rebelles du sous-commandant Marcos.

28 > 30 mars

+ en savoir plus

EXPOSITION

L’ŒUVRE DE BEATRIZ AURORA

Cette exposition retrace l’histoire du zapatisme à travers des tableaux de Beatriz Aurora, peintre installée au Chiapas. L’exposition comporte également huit tableaux de compagnons zapatistes.
vendredi 28 mars > 19h > 22h30
samedi 29 mars > 14h > 21h30
dimanche 30 mars > 14h > 20h
entrée libre

LECTURE ET DÉBAT

UNE AUTRE RÉALITÉ NOMMÉE AUTONOMIE

La lecture de deux Contes rebelles du sous-commandant Marcos précède un débat pour faire le point sur l’autonomie au Chiapas avec l’intervention de participants à l' »escuelita » zapatiste.

samedi 29 mars > 16h
entrée libre

Accès
94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e
Mº ligne 2 arrêt Couronnes
Mº ligne 3 arrêt Parmentier
Bus ligne 96 arrêt Maison des métallos
Station Vélib nº 11032
Tarifs
www.maisondesmetallos.org/billetterieRésa
reservation@maisondesmetallos.org
01 47 00 25 2001 47 00 25 20Info
info@maisondesmetallos.org
01 48 05 88 2701 48 05 88 27

Prochain séminaire « Le film comme outil de reconnaissance : créativité et politiques des peuples autochtones » autour du Chili – Résistance ou comment faire face à la criminalisation de la lutte pour la terre 12 mars EHESS Paris

Bonjour
Nous avons le plaisir de vous inviter à la prochaine séance du séminaire

Le film comme outil de reconnaissance : créativité et politiques des peuples autochtones

organisé par Irène Bellier (CNRS, IIAC/LAIOS), Barbara Glowceswki (CNRS, LAS) et Jessica de Largy Healy (MQB)
10:00 – 13:00
amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris

12 mars 2014 :
Chili – Résistance ou comment faire face à la criminalisation de la lutte pour la terre

  • Gabriela Chihuailaf (Doctorante en études cinématographiques et audiovisuelles , EDESTA  école doctorale esthétique, sciences et technologies des arts, de l’université Paris 8) présentera Kallul Trawun, un film de Francisco Huichaqueo (25’), artiste mapuche, plasticien, vidéaste et contextualisera l’émergence et les  développements du cinema mapuche

 

  • Irène Bellier introduira la discussion sur le documentaire de Christophe Coello et Stéphane Goxe, 2011, 82’. La Tierra siempre la tierra  (Retour en terre mapuche). Pour Stéphane Goxe : « Ce qui est au cœur du dispositif de Retour en terre mapuche (Mari Chi Weu), c’est non seulement de retourner sur les pas de quelques-uns des personnages du premier film, mais en même temps de leur soumettre des extraits de ce premier film où ils intervenaient. De soumettre à l’épreuve du temps les paroles et propos qu’ils tenaient à la fin des années 1990, de voir quel effet ils produisent à dix années d’écart, sachant que ces dix années ont été des années de lutte, de répression, de clandestinité et d’emprisonnement pour la plupart des personnages de Mari Chi Weu. »
À lire :
  • • Ana Guevara et Fabien Le Bonniec, 2008, «Wallmapu, terre de conflits et de réunification du peuple mapuche », Journal de la société des américanistes 94 (2) (http://jsa.revues.org/10631)

Le film comme outil de reconnaissance : créativité et politiques des peuples autochtones

2e et 4e mercredis du mois de 10 h à 13 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 11 décembre 2013 au 26 février 2014 ; puis (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 12 mars 2014 au 9 avril 2014

Nous proposons, suite aux cinq années de notre séminaire “Images et politiques de l’autochtonie” (ouvert aux masters), une nouvelle formule qui mettra en perspective les conditions de conception, de production et de réalisation de la « matière » des images des films analysés, au regard des enjeux de la reconnaissance.

Nous interrogerons la notion de « reconnaissance » telle qu’utilisée, particulièrement en anthropologie, tant au niveau politique et juridique contemporain, que dans le vaste champ de la circulation des images qui donnent à connaître des situations et conflits (sociaux, culturels, économiques, etc) en les reconnaissant, soit comme « déjà vues » ou comparables à ce qui est connu, ou au contraire comme révélation, découverte, critique, etc.

L’objectif est de mettre en valeur les processus de « création » des acteurs autochtones concernés et de ceux qui collaborent avec eux (cinéastes, anthropologues, juristes, etc) face aux discours véhiculant des notions préconçues d' »authenticité culturelle » qui bloquent concrètement les stratégies modernes de reconnaissance. Ce phénomène de rejet s’observe tant dans le non respect des droits humains que dans le déni des revendications territoriales : voir par exemple une déclaration de Jean Leclair au workshop SOGIP 2011 à propos de la manière dont les Cours canadiennes examinent l’authenticité des modes de vie ancestraux  (http://www.sogip.ehess.fr/?lang=en).

Nous prévoyons d’analyser des films réalisés par des autochtones (pour la télévision ou le WEB) en Australie, en Guyane française, et dans d’autres pays d’Océanie ou d’Amérique latine. Voir par exemple un film réalisé en 2013 par la télévision Maori au Brésil:
http://www.maoritelevision.com/tv/shows/native-affairs/S07E003/native-affairs

Deuxième séance séminaire FRAO – Projection de « Grassroots, ceux qui votent » (Eric Wittersheim), suivi d’un débat avec Jean-Louis Briquet – 13 mars, Paris EHESS

Nous avons le plaisir de vous inviter à la deuxième séance, jeudi 13 mars, du séminaire de la FRAO (Formation à la recherche dans l’aire océanienne), à l’Amphithéâtre François Furet, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 Paris.

Nous projetterons le film Grassroots, ceux qui votent (présentation ci-dessous), projection suivie d’une discussion avec le politiste Jean-Louis Briquet (CNRS, CESSP-Paris 1).

Bande annonce :

Grassroots, ceux qui votent

réalisation: Éric Wittersheim
(2003 – 85 min)
Prix du jury au Festival du film océanien

Présentation

Avril 2002 à Port-Vila, capitale du Vanuatu, un petit paradis fiscal du Sud Pacifique. Les élections approchent. Les médias sont rares et la campagne se déroule dans la rue. Malgré la lucidité et l’humour dont fait preuve la population du Vanuatu (les « grassroots », la populace), la politique prend ici un tour dramatique. Il y est question de domination, de liberté et du sort d’un si petit pays dans un monde globalisé.
Face aux grands partis en place, un seul homme semble proposer une alternative : Saby Natonga, un self made man qui s’est déjà imposé dans le foot et les affaires. Il conteste la domination économique des Blancs et des Chinois.

Et pour gagner, il compte sur le soutien de sa communauté émigrée en masse dans les quartiers pauvres de la capitale. Le problème, c’est qu’il n’est pas vraiment très démocrate…

Construit comme une tragédie, « Grassroots » raconte une histoire simple et universelle : celle de la conquête du pouvoir.

Séminaire de la FRAO 2013-14

(Formation à la recherche dans l’aire océanienne)

Amphithéâtre François Furet, EHESS

105 bd Raspail, 75006 Paris, le jeudi de 10h à 13h.

Alban Bensa (EHESS), Yannick Fer (GSRL-CNRS), Gwendoline Malogne-Fer (GSRL), Marie Salaün (Université de Nantes), Eric Wittersheim (EHESS).

 En 2013-2014, le séminaire abordera l’Océanie contemporaine à travers la projection et l’analyse d’une série de films, documentaires ou de fiction, consacrés à cette région. La structuration d’une industrie audiovisuelle régionale – notamment autour de festivals organisés en Nouvelle-Calédonie (Anûû-rû âboro), en Polynésie française (FIFO, Festival international du film océanien), et en France métropolitaine (Festival de Rochefort) – et le développement d’une anthropologie visuelle en Océanie contribuent aujourd’hui à la constitution d’un champ d’études à part entière. On dispose désormais d’un ensemble de films suffisamment large pour croiser les regards et éclairer ainsi les réalités et les représentations de l’Océanie : qu’ils soient réalisés par des anthropologues ou des cinéastes, ces films soulèvent des enjeux méthodologiques importants et permettent de mieux comprendre la complexité de ces sociétés insulaires. Chaque projection sera suivie d’une discussion avec le réalisateur et/ou avec des chercheurs spécialistes des enjeux évoqués par le film.

6 mars : Black Harvest (1992, Grand Prix au Cinéma du Réel), de Bob Connolly et Robin Anderson, présenté par l’équipe du séminaire

13 mars : Grassroots, Ceux qui votent (2003, prix du jury au Festival international du film documentaire océanien), réalisé par Eric Wittersheim, cinéaste et ethnologue (IRIS-EHESS). La discussion sera animée par Jean-Louis Briquet (CNRS, CESSP-Paris 1)

20 mars : Pain ou coco. Moorea et les deux traditions (2012), un film réalisé par Gwendoline Malogne-Fer et Yannick Fer, tous deux chercheurs au GSRL. Discussion animée par Jean-Claude Penrad (EHESS-IMAF).

27 mars : Le Ciel dans un jardin (2003), de Stéphane Breton, cinéaste et ethnologue (EHESS-LAS), en présence du réalisateur

3 avril : Cannibal Tours (1988) de Dennis O’Rourke. La discussion sera animée par Anne Doquet, chercheuse à l’IRD (IMAF)

10 avril : Le Gendarme Citron (2008), réalisé par Gilles Dagneau (en présence du réalisateur). Dans cette séance consacrée aux relations raciales en Nouvelle-Calédonie, nous verrons aussi Enculés de Kanaks (1998), réalisé par Manu Bonmariage (émission « Strip Tease »)

15 mai : Pouvanaa Te Metua. L’élu du peuple (2011, prix du public au Festival international du film documentaire océanien), en présence de la réalisatrice du film, Marie-Hélène Villierme

22 mai : Une Justice entre deux mondes (2013), réalisé par Eric Beauducel. Discussion animée par Jean-Paul Jean, avocat à la Cour de cassation et par Benoît Trépied (IRIS-CNRS)

5 juin : Samson and Delilah, un film de Warwick Thornton (2009, Caméra d’or au Festival de Cannes), la discussion sur la représentation des Aborigènes sera animée par Martin Préaud, postdoctorant (SOGIP-EHESS) et Estelle Castro (laboratoire TransOceanik, CNRS-LAS-James Cook University, sous réserve)

Prochain séminaire SOGIP « Perspectives comparatives sur les droits des Peuples autochtones » sur le thème « le développement en question « bien vivre » ou « vivre mieux »? », Paris, EHESS, 13 mars 9h-13h

L’équipe SOGIP a le plaisir de vous inviter à la 5ème séance du séminaire SOGIP 2013-2014 « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones » sur le thème :

Le développement en question : « bien vivre » ou « vivre mieux » ?

Le jeudi 13 mars 2014. De 9 h à 13 h.

En salle du conseil A, R -1, bâtiment Le France, 190 198 avenue de France, 75013 Paris. Ouvert à tous.

Depuis 20 ans, les représentants des peuples autochtones critiquent les programmes de développement qui les concernent ou les affectent. Ils sont aujourd’hui engagés, au niveau international, dans une révision des Objectifs du Millénaire et la définition de leur contribution à l’agenda dit post-2015. La distinction entre les perspectives du « bien vivre » (option autochtone) et du « vivre mieux » (option occidentale) mérite d’être revisitée, à partir des indicateurs, des critères, des logiques de mesure du développement. Est-il possible de proposer des critères alternatifs à ceux proposés par les agences de développement ? Comment mesurer ce que développement durable veut dire dans la temporalité du court terme des projets dits de développement ? Est-il possible de concilier des tendances totalement contradictoires par le seul usage d’une catégorie à la mode ?

•    Raphaelle Pariset (CERAPS/CNRS/Université Lille 2) – Une expertise normalisatrice. Les impensés sociaux et culturels de la mesure du développement.

Depuis une dizaine d’années, des indicateurs développement présentés comme « culturellement pertinents » sont élaborés au sein d’organismes internationaux comme le PNUD ou au sein d’agences nationales comme la Commission nationale pour le développement des peuples autochtones (CDI) au Mexique. La « pertinence culturelle» des indicateurs est présentée comme un modèle d’action ancré dans la connaissance du tissu social qui traduirait une expression du « bien vivre ». Elle passe par l’utilisation et la transformation du savoir des sciences statistiques et sociales. Il semble en effet que la finalité des « indicateurs avec identité » comme pratique de ciblage renvoie à la construction d’une catégorie d’intervention de l’action publique.
Cette communication propose d’appréhender de manière critique la construction d’indicateurs de développement et considère deux d’entre eux élaborés au Mexique, l’Indice de développement humain – peuples autochtones (IDHPI) et l’Indice de retard social (IRS). Présentés comme alternatifs, ceux-ci s’avèrent des plus classiques et s’inscrivent dans une logique institutionnelle historique. Loin de ne renvoyer qu’à un seul discours « calculateur » de cadrage de la question autochtone, l’action néo-indigéniste passe par des instruments de gouvernement qui se traduisent dans des pratiques et des modalités concrètes de gestion des populations indiennes. En plus d’être une technique intellectuelle, ce sont des dispositifs de pouvoir qui constituent une des facettes de l’« art de gouverner » les populations autochtones, dans le sens où ils contribuent à les « façonner ». Si les savoirs experts sont présentés par leurs promoteurs comme traduisant une vision neutre et apolitique de la question autochtone, ils renvoient à une expertise normalisatrice et à une forme de production sociale du politique spécifique, celle du « vivre mieux » occidental, construite à partir des activités techniciennes de la CDI et du PNUD.

•    Denis Chartier (CEDETE, Université d’Orléans) – La guerre des Mondes. Du télescopage entre modèles de développement durable  en Amazonie brésilienne.
L’Amazonie brésilienne est le théâtre d’une confrontation entre différents modèles de développement durable. Schématiquement, il existe d’un côté une version « molle » du développement durable, portée par les grands propriétaires terriens,  par les « organisations du capital ». Il s’agit ici d’accéder à un « vivre mieux » par la croissance économique, en favorisant des conceptions productivistes et néodéveloppementistes parées de leurs plus beaux atours « verts ». De l’autre côté, existe une version du développement durable en rupture avec le récit dominant productiviste et développementiste, plutôt portée par les paysans familiaux et les populations autochtones (caboclo, amérindiens). Dans ce cas, ce sont les capacités de reproduction des écosystèmes qui déterminent un développement qui s’appuie sur les pratiques des populations traditionnelles (pratiques à travers lesquelles on mobilise de plus en plus les notions de justice environnementale, de buen vivir, de biens communs, de Terre-mère).
À partir des résultats de terrains, réalisés principalement auprès de populations caboclo dans des réserves extractivistes, dans des réserves de développement durable et autour du site du barrage de Belo Monte (Para-Brésil), nous questionnerons ces différentes versions du développement durable et tenterons de cartographier les Mondes qui s’entrechoquent ici. Nous montrerons que ces différentes conceptions du développement, que ces différentes visions du Monde s’interpénètrent, se télescopent et rendent extrêmement difficile l’émergence, la mise en place et la pérennisation de modèles de développement alternatifs favorisant un « vivre bien » plutôt qu’un «vivre mieux ».

•    Jean-Michel Sourisseau (CIRAD) – Ruralité et développement durable en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, le référentiel du développement durable diffusé à l’échelle internationale semble avoir peu influencé les représentations locales du développement, et notamment du développement rural. La configuration politique spécifique de décolonisation négociée (enclenchée à partir de 1988), et la dépendance au modèle d’économie assistée (construit dans la relation avec la France), ont conduit à « neutraliser » cette référence globale. L’espace discursif est d’abord occupé par les notions de rééquilibrage et de destin commun, qui présentent la particularité de ne pas relever de la stratégie dépolitisante induite par les programmes de développement durable et préconisée à l’échelle internationale. Ce n’est ainsi qu’au milieu des années 2000 que des acteurs, pour la plupart extérieurs au territoire, ont introduit le discours du développement durable par rapport à des enjeux spécifiques (négociations minières, politique environnementale). Ce discours sera repris pour « mettre en forme » des opérations déjà en cours, et notamment les opérations de développement local et agricole. Mais au final les dispositifs de politique publique mis en œuvre continuent de se référer davantage au rééquilibrage et au destin commun qu’à la rhétorique classique du développement durable, à savoir la prise en compte simultanée de l’environnement naturel, de l’économique et du social.

Pour plus d’information http://www.sogip.ehess.fr

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